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Suite à la révélation de l’implication de l’extrême droite lilloise dans les meurtres de la Deûle (l’assassinat de Hervé Rybarczyk et de 4 autres victimes poussées dans le canal), nous avions publié un article détaillé sur les relations troubles liant les militants fascistes accusés des meurtres, la police, la douane et les services de renseignement lillois ainsi que les trafficants d’armes qui fournissent les djihabistes. Ces collusions posent des questions extrêmement grâves : l’État ou ses représentants auraient-ils enterrés ces meurtres pour protéger ces nervis fascistes et leurs trafics en tout genres (armes, drogues…) ?

Cet article avait alors été lu par plus de 40 000 personnes et partagé près de 10 000 fois sur les résaux sociaux. Silence assourdissant des autorités mises en causes ainsi que des responsables PS aux commandes…

Aujourd’hui, Mediapart plublie une enquête extrêmement détaillée sur ce même sujet. Mediapart s’est procuré les conversations Facebook des suspects et a receuilli des témoignagnes plus qu’inquétants de militants identitaires et de policiers au fait du dossier. Cette enquête nous éclair sur les raisons de l’interdiction systématique des rassemblements et manifestations concernant l’affaire des pousseurs de la Deûle. L’enquête montre que d’autres meurtres pourraient également avoir été commis par ces nazillons.

Morceaux choisis :

Pourtant, deux ans s’écoulent avant que le juge saisi de l’affaire, Jean-Michel Gentil, ne fasse procéder, fin avril, à l’audition du principal suspect et de ses complices.

Un délai incompréhensible, vu la gravité des faits, insupportable aux yeux des proches.

« Il y a un raté, c’est clair, estime l’avocat de la famille d’un noyé. La pseudo-enquête de la PJ de Lille était inacceptable. Elle l’est plus encore aujourd’hui. Jusqu’à présent, il y avait un argument fallacieux pour refuser la piste criminelle, qui consistait à dire : il n’y a pas de trace. Malheureusement, trace ou pas trace, on se fait tuer quand même. Il n’est pas exclu que ce groupe ait sévi quelque temps. »

 […]

Entre les mains des juges, le décryptage des messages d’Antoine Denevi, alias « Antoine Flakos », sur Facebook dévoile ses nombreux échanges avec Yohan Mutte, inscrit sous le nom « Yohan Yo Wolf », entre 2011 et 2012. Il est question d’affrontements avec « les rouges », de combats avec des hooligans, des affichettes de Troisième voie, mais aussi de drogue et d’armes. Un message prouve que les deux hommes ont rendez-vous le soir de la disparition du musicien des Ashtones, le 11 novembre 2011, à Lille.

Le 28 novembre 2011, un messager envoyé par Claude Hermant, fondateur de la Maison flamande, que l’on sait en contact étroit avec la police, avertit Mutte qu’il doit « se calmer avant les élections ». « Il va vouloir te faire peur », résume Mutte à Denevi. Le message, dont on ne sait pas s’il est lié à l’affaire de la Deûle, passe très mal chez les JNR.

« Me battre dans les rues, j’arrêterai pas pour Claude ou les flics », réagit Mutte sur Facebook, qui ajoute curieusement : « Bah, 5 ou 10 ans de prison à notre âge ça va encore. »

« Mes couilles, répond Denevi, il faut couper les ponts avec ceux qui copinent avec les flics. Moi je suis pas skin, mais je suis avec vous, et on est underground, alors on s’en cale, on fera ce qu’on veut, où on veut, quand on veut… »

« Des kilos de poudre j’en ai passé, et des AK47 [fusil d’assaut kalachnikov – ndlr]  j’en ai vendu…, poursuit-il. Mais c’est pas pour ça que j’ai copiné avec les flics. Cette semaine je ramène un AK, et on s’amuse tous dans une forêt ou quoi ? » lance-t-il encore.

Vu la gravité des faits, et les questions que cela pose sur l’implication des autorités et dirigeants locaux comme nationaux, nous publions ici l’intégralité de l’enquête du texte de Mediapart (sans les photos). Si vous en avez les moyens, soutenez l’énorme travail de fond fourni par le journal en vous y abonnant.

Noyé dans la Deûle: le meurtre «involontaire» des néonazis d’Ayoub
5 juin 2017, par Karle Laske

Le 11 novembre 2011, le musicien Hervé Rybarczyk est mort noyé à Lille, poussé dans le canal de la Deûle par des néonazis lillois, membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), l’ancien « service d’ordre » de Serge Ayoub, aujourd’hui dissous. Les suspects, en partie identifiés depuis deux ans, ont été mis en examen, fin avril, pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

À Lille, la rumeur désignait un « pousseur ». Un « sérial pousseur » même, qui précipitait les badauds, la nuit tombée, dans le canal de la Deûle. Et voilà qu’ils sont trois. Ils ont jeté le guitariste Hervé Rybarczyk dans l’eau, la nuit du 11 novembre 2011. Ces « pousseurs » étaient des militants d’extrême droite, membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), l’ancien « service d’ordre » de Serge Ayoub – dissous après la mort de Clément Méric, en juin 2013. Ils ont réglé son compte à Rybarczyk, comme les skinheads qui ont balancé Brahim Bouaram dans la Seine, en marge d’un rassemblement du Front national, le 1er mai 1995.

Âgé de 42 ans, le musicien punk qui a croisé la route des néonazis revenait d’un concert de son groupe, les Ashtones, dans une salle aujourd’hui fermée, La Chimère, boulevard de Montebello. Il avait prévu de rejoindre son amie, non loin de là. « Il avait disparu d’abord, se souvient Jean-Jacques, bassiste des Ashtones. Pendant quelque temps, on a cherché où il avait pu passer. Ses proches s’inquiétaient, puis on a retrouvé son cadavre dans la Deûle. » Loin de La Chimère, sur la commune de Loos. Sans que l’on comprenne encore pourquoi ni comment il s’était promené si loin.
À l’époque, son corps est le cinquième qu’on repêche en 13 mois dans ce canal qui fait le tour de la citadelle Vauban, à Lille. Ces noyés deviennent « les disparus de la Deûle ». Des hommes qui ne se connaissaient pas, mais réunis par un destin commun. Tous jeunes. Ils ont quitté leurs amis en fin de soirée, dans le vieux Lille, n’ont pas donné signe de vie pendant plusieurs jours, avant d’être repêchés dans la Deûle… dans un même périmètre géographique pour quatre d’entre eux. Le 11 octobre 2010, il y a eu John Ani, 33 ans ; le 5 février 2011, Thomas Ducroo, 26 ans ; le 20 février 2011, Jean-Mériadec Le Tarnec, 22 ans, et le 22 septembre 2011, Lloyd Andrieu, 19 ans. L’enquête est confiée à la PJ de Lille. Lors de l’annonce du classement sans suite de trois premières affaires, en juillet 2014, le procureur Frédéric Fèvre assure que « tout laisse à penser qu’il s’agit de décès accidentels sur fond d’alcool et de stupéfiants ».

Les proches n’y croient pas. L’éventualité d’un ou plusieurs crimes homophobes est souvent évoquée. « On avait supposé qu’il y avait des équipes qui faisaient du “casse pédés” parce que ça jouxtait le jardin Vauban, connu pour être un lieu de rendez-vous nocturne, se souvient un policier lillois. Mais c’était un mélange de rumeur et de parano. » Aucun des cinq ne fréquentait l’endroit, pas même John Ani, seul gay revendiqué des disparus. « Concernant Hervé, les gens parlaient d’un suicide. C’était bizarre parce qu’il était excessif, mais pas suicidaire », poursuit Jean-Jacques.
En mars 2015, moins d’un an après le classement de l’enquête, deux skinheads placés en garde à vue dans l’affaire des violences d’un groupuscule basé dans la Somme, le White Wolf Klan (WWK), désignent sur procès-verbal le chef de leur groupe, Jérémy Mourain, comme l’un des « pousseurs » d’Hervé Rybarczyk. Au moment des faits, Mourain vient d’entrer aux JNR, un service d’ordre aux allures de milice, qui parade lors des manifestations du mouvement Troisième voie, refondé en 2009 par l’ancien skinhead Serge Ayoub, après 20 ans de mise en sommeil. Des clichés montrent Mourain formant la garde d’honneur de Serge Ayoub, lors d’une manifestation rue de Rivoli, devant la statue de Jeanne d’Arc, à Paris, le 13 mai 2012. À côté de lui, un autre « pousseur » de la Deûle, Yohan Mutte, JNR également…
Mourain lui-même a parlé des faits à ses amis du « Klan ». Il avait eu une « forte histoire » à Lille, avec Mutte. Ils avaient vu arriver le musicien avec une guitare. Rybarczyk avait un certain style vestimentaire, un look de punk, des badges aussi. Ils l’avait frappé et l’avaient balancé dans le canal. Voilà ce que se rappelaient les skins de la Somme. « Sur une écoute, Mourain avait dit aussi : “Il faudrait pas que la police regarde de trop près ma période lilloise” », explique un ancien du « Klan ».

En juillet 2015, peu après la transmission à Lille des révélations des membres du WWK, l’enquête est donc rouverte sur l’ensemble des dossiers de la Deûle et confiée à la gendarmerie. Pourtant, deux ans s’écoulent avant que le juge saisi de l’affaire, Jean-Michel Gentil, ne fasse procéder, fin avril, à l’audition du principal suspect et de ses complices. Un délai incompréhensible, vu la gravité des faits, insupportable aux yeux des proches. « Il y a un raté, c’est clair, estime l’avocat de la famille d’un noyé. La pseudo-enquête de la PJ de Lille était inacceptable. Elle l’est plus encore aujourd’hui. Jusqu’à présent, il y avait un argument fallacieux pour refuser la piste criminelle, qui consistait à dire : il n’y a pas de trace. Malheureusement, trace ou pas trace, on se fait tuer quand même. Il n’est pas exclu que ce groupe ait sévi quelque temps. »

Le 13 mai 2012, rue de Rivoli à Paris, devant Serge Ayoub, les deux JNR impliqués, à droite sur la photo, Yohan Mutte et Jérémy Mourain. © Lionel Préau
Le 13 mai 2012, rue de Rivoli à Paris, devant Serge Ayoub, les deux JNR impliqués, à droite sur la photo, Yohan Mutte et Jérémy Mourain. © Lionel Préau
Les trois « pousseurs » sont mis en examen fin avril pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », « en réunion », « avec préméditation ou guet-apens » et « avec arme ». À ce stade de l’enquête, les mis en cause admettent avoir jeté le musicien à l’eau, sans toutefois vouloir le tuer. Et la preuve contraire n’est pas apportée. Les hommes du groupe ayant pris la précaution d’ôter la puce de leur portable lors de l’agression, la préméditation semble en tout cas établie.

« On s’est toujours dit que ça n’était pas un accident, ni un suicide, a commenté la fille du musicien, 25 ans aujourd’hui, dans La Voix du Nord. Ce n’était pas son profil. On pensait qu’il avait été victime d’un dingue ou d’un tueur de la Deûle, surtout avec les quatre autres affaires de l’époque. […] On entend souvent parler de skinheads qui n’aiment pas les punks. Et mon père avait un look de punk. Je n’avais jamais pensé que cela puisse aller jusqu’à un meurtre. »

L’affaire replace sous les projecteurs l’ancien leader de Troisième voie, Serge Ayoub. L’homicide « involontaire » d’Hervé Rybarczyk a été commis par deux de ses hommes. Et c’est la quatrième fois, au moins, que son entourage ou ses militants se trouvent impliqués dans une affaire criminelle. En octobre 2000, deux anciens JNR, Régis Kerhuel et Joël Giraud, ses bras droits à l’époque, écopent de 20 ans de prison pour avoir empoisonné un jeune Mauricien de 23 ans, James Dindoyal. Ils l’ont balancé par-dessus une digue près du Havre, après lui avoir fait avaler un mélange de bière et de soude. En juin 2013, c’est Esteban Morillo, membre de Troisième voie, qui frappe mortellement Clément Méric, à Paris. L’événement provoque la dissolution du mouvement d’Ayoub et de son service d’ordre.

En 2015 enfin, Serge Ayoub est entraîné lui-même par Jérémy Mourain dans l’affaire du WWK pour « complicité de tentative de meurtre » d’un nationaliste autonome, des faits survenus en décembre 2012, à Estrée-Mons, dans la Somme. La victime, Clément Guisembert, est invitée par Mourain avec d’autres militants à une soirée qui vire au cauchemar dans un garage. Le lieu est fermé par des complices, il est bastonné avec ses amis, touché par plusieurs coups de couteaux, puis balancé dans une fosse à vidange. Mourain le laisse partir.

« Bah, 5 ou 10 ans de prison à notre âge, ça va encore »

Les agresseurs expliquent aux enquêteurs que les nationalistes autonomes (NA) se sont mal comportés le 13 mai 2012, rue de Rivoli, quittant les lieux lorsque Ayoub a pris la parole. Ce dernier avait aussi été traité de « sale juif » par les NA, et Ayoub avait dit à Mourain « tu me boucles ça » ou « règle-moi ça ». En garde à vue, le dirigeant skinhead se souvient d’avoir dit à Mourain « qu’il fallait dégager » les NA, mais il nie avoir commandité l’agression et même avoir été au courant. Au contraire, il aurait « ordonné » à Mourain « que cela ne se reproduise pas », « car cela nuit à nos rapports avec les autres mouvements ».

Lors de la perquisition de son domicile, les policiers découvrent des écussons des JNR et une casquette White Power Ku Klux Klan. À son procès d’Amiens, Serge Ayoub, après avoir rappelé aux juges que sa mère avait exercé de hautes fonctions dans la magistrature, résume : « En fin de compte, je suis accusé d’avoir voulu faire tuer des gens que je ne connais absolument pas, pour des raisons qui n’existent pas, par des personnes que je connais peu, dans un lieu où je n’étais pas ! » Il est relaxé, le 30 mars. Jérémy Mourain est condamné à neuf ans de prison et peu après mis en examen pour les faits de la Deûle.

« On en a marre, se plaint Me Nicolas Brazy, l’avocat d’Ayoub joint par Mediapart. Mon client traîne ça comme un boulet : un non-lieu a été requis, une relaxe a été prononcée et voilà qu’on vient l’embêter pour d’autres faits. Serge Ayoub n’est pas concerné par l’affaire de la Deûle. Et par ailleurs, Mourain n’a pas agi en qualité de JNR. »

 

Jérémy Mourain était pourtant bien JNR au moment de la mort d’Hervé Rybarczyk. Tout comme Yohan Mutte. Ce dernier est aussi très proche d’un ancien hooligan de Lens, Antoine Denevi, responsable Nord-Pas-de-Calais de Troisième voie, interpellé en Espagne en mai 2016, et qui vient de faire un an de détention préventive dans l’affaire des armes slovaques obtenues par Amedy Coulibaly, le terroriste de l’Hyper Cacher. Une affaire trouble qui révèle les liens d’une figure identitaire lilloise, Claude Hermant, avec les services de police et de gendarmerie (lire ici et là nos enquêtes).

Entre les mains des juges, le décryptage des messages d’Antoine Denevi, alias « Antoine Flakos », sur Facebook dévoile ses nombreux échanges avec Yohan Mutte, inscrit sous le nom « Yohan Yo Wolf », entre 2011 et 2012. Il est question d’affrontements avec « les rouges », de combats avec des hooligans, des affichettes de Troisième voie, mais aussi de drogue et d’armes. Un message prouve que les deux hommes ont rendez-vous le soir de la disparition du musicien des Ashtones, le 11 novembre 2011, à Lille.

Le 28 novembre 2011, un messager envoyé par Claude Hermant, fondateur de la Maison flamande, que l’on sait en contact étroit avec la police, avertit Mutte qu’il doit « se calmer avant les élections ». « Il va vouloir te faire peur », résume Mutte à Denevi. Le message, dont on ne sait pas s’il est lié à l’affaire de la Deûle, passe très mal chez les JNR.

« Me battre dans les rues, j’arrêterai pas pour Claude ou les flics », réagit Mutte sur Facebook, qui ajoute curieusement : « Bah, 5 ou 10 ans de prison à notre âge ça va encore. »

« Mes couilles, répond Denevi, il faut couper les ponts avec ceux qui copinent avec les flics. Moi je suis pas skin, mais je suis avec vous, et on est underground, alors on s’en cale, on fera ce qu’on veut, où on veut, quand on veut… »

« Des kilos de poudre j’en ai passé, et des AK47 [fusil d’assaut kalachnikov – ndlr] j’en ai vendu…, poursuit-il. Mais c’est pas pour ça que j’ai copiné avec les flics. Cette semaine je ramène un AK, et on s’amuse tous dans une forêt ou quoi ? » lance-t-il encore.
Dans un échange du mois de décembre, Mutte évoque sa convocation par… Serge Ayoub. « Serge est au taquet sur moi
, annonce Yohan Mutte. Je vais me prendre un de ces fumant. » — « Bah shoote-le », rétorque Denevi. — « J’te le dis perso mais tu le dis à personne
, poursuit Mutte. Il parle que je rende mes couleurs… » — « Fallait te prévenir avant, que les JNR c’était un club de retraités », s’amuse Denevi. — « Convoc’ demain », conclut Mutte, qui s’apprête à recevoir sa « sanction ». Le sujet n’est pas précisé.
La sanction, si sanction il y a eu, n’a pas été très sévère. Puisqu’on l’a vu, Mourain et Mutte se sont retrouvés, cinq mois plus tard, au premier rang des cérémonies du 13 mai 2012…

La nouvelle du meurtre d’Hervé Rybarczyk par les skinheads tourne jusque dans les milieux antifas lillois. « On a su que c’était eux très vite, commente un antifa. Ils s’en vantaient… Pour nous, c’était impossible à prouver, mais on était au courant. Et si nous on l’était, les keufs le savaient aussi… »

« Mourain traînait avec Mutte, raconte un identitaire lillois. Leur truc c’était de casser la gueule à des étudiants à dix contre un. Ils s’amusaient à aller sur des événements – comme le festival de rock Béthune Rétro – ou dans certains quartiers pour chercher des “extrême gauche”, pour chasser. Ils sortaient pour défoncer les mecs. » Cette bande est repérable et connue. Il y a Mourain, dit « le Picard », Mutte, « le Grand », Denevi, alias « Mgb » ou « Main gros bis », mais aussi Thomasz S., dit « Gamin », parti depuis en Savoie animer l’antenne française du groupe néonazi « Blood and Honour ». Les skins conduisent souvent ces attaques, après s’être dopés à la cocaïne ou autre. « T’as vu que j’ai quand même des produits qui rendent plus fou que t’es déjà ah ah », se vante Denevi auprès de Mutte, au lendemain d’un affrontement.

Mourain était « capable de demander à un tiers sous la menace d’une arme de se jeter dans le canal »

Les 20 juin 2011 et le 30 novembre 2012, la bande attaque le Resto soleil, une pizzéria fréquentée par des antifas. Le 17 avril 2013, Mutte et Denevi s’en prennent aux employés d’un bar gay du Vieux Lille, le Vice & versa, après la dispersion de la Manif pour tous.

Denevi s’échappe. Mutte est interpellé avec deux autres identitaires lillois. Alors que le procureur demande six mois plus tard une peine « d’avertissement » face à ces « violences à caractère homophobe » – douze mois de prison dont six ferme –, Mutte, qui écope de six mois avec sursis, est relaxé par le tribunal du chef d’injures à caractère homophobe.

À Ham, dans la Somme, Mourain crée le White Wolf Klan en juillet 2013, à la suite de la dissolution de Troisième voie. Six mois après le guet-apens du garage. « Le Klan a été créé quelques jours après la dissolution, précise à Mediapart un ancien membre de la bande. Mourain voulait son indépendance, il voulait être seul à diriger. » Le WWK est un groupe calqué sur une organisation de motards, un pseudo-club de motos couvrant l’activité réelle du Klan, alors qu’aucun membre n’est titulaire du permis moto, ni même propriétaire d’une moto… Selon la définition d’un ancien membre, White était « un rappel de la race aryenne », Wolf, celui du « chien-loup qui gardait les camps de concentration » (sic) et le « k » de Klan « pour le rapport à la langue allemande »…

Le « Klan » devait être capable de vivre en autarcie, par le vol ou le racket. Très hiérarchisé et présidé par Mourain, le « Klan » se composait d’un vice-président, d’un sergent d’armes, chargé des conflits, d’un trésorier, des « street fighters » et des voleurs. À l’entrée officielle, des blousons noirs de style bombers sont distribués, portant les couleurs du « Klan », une tête de loup et le grade. Les futurs membres, baptisés « prospects », subissaient des violences et des brimades tout au long de leur intégration. Gifles, coups de battes de base-ball, coups de pied. Mourain était « capable de demander à un tiers sous la menace d’une arme de se jeter dans le canal », a expliqué Boris G., l’un des prévenus.

À Amiens, lors de l’audience du mois de mars, les faits de la Deûle n’ont pas été évoqués, pas plus qu’à l’instruction, puisqu’ils avaient été transmis à Lille. En revanche, plusieurs membres du « Klan » ont raconté qu’ils avaient été jetés dans le canal de la Somme, du côté de Ham, près du domicile de Mourain.

S’il a tourné le dos à Mourain, procès oblige, Serge Ayoub est resté lié à Yohan Mutte. Il y a peu, l’ancien chef de Troisième voie a intégré son ancien JNR au sein de son nouveau « club de moto », le Black Seven, anciennement dénommé Praetorians MC, qui réunit à Berzy-le-Sec, dans l’Aisne, d’anciens membres de son service d’ordre – le site antifa La Horde les a identifiés ici. « Ayoub a quitté Paris, mais il lui faut une garde rapprochée, explique un policier. Il a compris que ce qui compte, c’est d’avoir 15 gros bras près de lui, s’il veut rester actif. »

L’ancien chef de Troisième voie reste présent sur la scène politique de la droite radicale. En octobre dernier, il a pris la parole à la 10e journée de Synthèse nationale, une revue animée par Roland Hélie, un ancien du Parti des forces nouvelles (PFN) – son intervention est en ligne ici. Une journée placée sous le thème de l’offensive nationale et identitaire, et qui a vu défiler à sa tribune Carl Lang, du Parti de la France, et les représentants de Civitas, de la Ligue du Sud, et Jean-Marie Le Pen, lui-même.
Les membres du club de moto Black Seven, autour de Serge Ayoub. © DR
Les membres du club de moto Black Seven, autour de Serge Ayoub. © DR
Le dossier lillois renferme encore quelques zones d’ombre. Auteur d’un livre sur les noyés de la Deûle qui paraît en juin 2015, Gilles Durand, journaliste à la rédaction lilloise de 20 Minutes, constate que la piste de l’extrême droite est inconnue des enquêteurs. Mais il s’aperçoit surtout que la mort d’Hervé Rybarczyk n’a jamais été incluse dans le dossier. « Personne ne savait où était passé ce dossier, explique-t-il à Mediapart. La PJ ne l’avait pas. Le commissariat renvoyait sur la sûreté urbaine… Et l’on me disait : “Pourquoi vous intéresser à ça puisque c’est un suicide ?” Or, ses proches m’avaient dit : “C’est impossible qu’il se soit suicidé.” » On explique aussi au journaliste que la mort du guitariste n’a pas de lien avec les quatre noyés précédents. « Mais quel était le lien entre les quatre autres ? » demandait-il. Peu après la sortie de son livre – Noyés de la Deûle, la contre-enquête, aux éditions Les Lumières de Lille –, un informateur anonyme vient dire à Gilles Durand que « Rybarczyk n’est pas tombé tout seul » et lui donne quatre noms, qu’aucune source officielle ne confirme.

La version officielle, martelée par le procureur Frédéric Fèvre, restait l’abus d’alcool et la chute accidentelle. Alors adjoint au maire de Lille chargé de la sécurité, Roger Vicot, actuel maire de Lomme, abonde dans le même sens : « La rumeur se contente de dire “c’est très étrange”, et ne relève pas le vrai point commun : tous étaient complètement ivres. » Récemment questionnée par La Voix du Nord, Martine Aubry a fait savoir qu’elle n’avait pas été « vraiment convaincue par la thèse judiciaire d’une série de chutes accidentelles ». La maire de Lille aurait « toujours eu des doutes sur cette affaire », a indiqué son cabinet. Elle n’en avait rien dit publiquement à l’époque.

Une autre noyade intrigue désormais, celle de Lloyd Andrieu. « Il n’a pas d’eau dans les poumons, c’est une noyade blanche, résume le journaliste de 20 Minutes. Il est mort avant de tomber à l’eau, ou pendant qu’il tombait. Par ailleurs, son portable avait disparu et il a été remis en marche six mois plus tard. » Des inconnus aurait ramassé ce téléphone dans la rue. Deux indices sérieux qui plaident en faveur d’une agression ou d’un événement ayant touché le jeune étudiant de 19 ans avant sa noyade.

Karl Lakse, Mediapart : https://www.mediapart.fr/journal/france/050617/noye-dans-la-deule-le-meurtre-involontaire-des-neonazis-d-ayoub


Lille Antifa

Le groupuscule fasciste « Génération Identitaire » (reformation de « Unité Radicale »,  groupuscule dissous après que l’un de ses membres ai tenté d’assassiner Chirac) va ouvrir un local « réservé aux blancs » au 8 rue des Arts (quartier des gares) à Lille.

Mais la résistance s’organise face à cette nouvelle « maison flamande » qui – à coup sur – sera le théâtre de ratonnades racistes et de nouveaux affrontements :

  • Une manifestation organisée par des associations, syndicats, organisations politiques et habitants opposés à ce que des néo-nazis aient pignon sur rue est d’ores et déjà prévue ce samedi 24 à 17h place de la République, jour de l’inauguration de cette nouvelle verrue dans le centre ville (voir l’appel ci-après).
  • Une pétition déjà signée par plus de 50 000 personnes a été lancée.
  • Une page Facebook exigeant la fermeture du lieu et regroupant les initiatives à ce sujet vient d’être créée.
  • Des militants antifascistes sont aller à plusieurs reprise rue des Arts pour informer les habitants de la présence de ces nouveaux voisins encombrants. Résultat : affiches aux fenêtres des maisons, pétitions dans les bars et tags et stickers sur les murs réclamant la fermeture de « La Citadelle » ont fleuris dans cette rue jusque ici multi-culturelle et sans problèmes.
  • Des tracts (ci-après) ont été diffusés sur les marché de la ville afin d’informer la population.

Tract à propos de "La Citadelle" à Lille

L’appel à la manifestation :

Samedi 24 septembre à Lille : manifestation contre l’ouverture du local fasciste « La Citadelle »

Fidèles à leur doctrine, les « identitaires » lillois ont annoncé leur intention d’ouvrir un estaminet réservé aux blancs dans le centre ville de Lille. L’inauguration de ce bar ségrégationniste explicitement nommé « La Citadelle » doit se dérouler le 24 septembre.

Le mouvement identitaire de la métropole fût créé par le tristement célèbre Claude Hermant sur les cendres de divers groupuscules fascistes et néo-nazis de la région. Le père fondateur du mouvement croupit en prison depuis le début de l’année 2016. Le leader identitaire avait trouvé une solution efficace afin de financer sa famille politique ainsi que son commerce (La Frite Rit, rue Solférino à Lille) : vendre des armes de guerres aux malfrats et aux terroristes. C’est ainsi que 4 pistolets automatiques Tokarev et 2 fusils d’assaut Kalachnikov remilitarisés et vendus par Hermant ont servis à Amedy Coulibaly (Daesh) pour massacrer des juifs lors de l’attentat de l’Hyper Cacher à Paris.

La Citadelle Lille

Il est à noter que les autorités n’ont toujours pas jugées nécessaire de fermer l’établissement malgré l’instauration de « l’état d’urgence ». Pas étonnant quand l’on sait que Claude Hermant été couvert par rien de moins que des fonctionnaires de de la douane, de la gendarmerie et de la DCRI, que le chef de la police municipale de Lambersart fêtait son anniversaire à la Maison Flamande et que la police a donné une liste de noms et d’adresses de militants libertaires aux identitaires, en toute illégalité.

Mais Claude Hermant n’est pas le seul proche de « La Citadelle » à fricoter avec les djihadistes : un autre identitaire, Antoine Denevi est également emprisonné dans le cadre de cette affaire de trafic d’armes. Ce militant de l’extrême-droite nordiste est un proche parmi les proches de Aurélien Verhassel (sulfureux porte parole de « Génération Identitaire » et de leur local « La Citadelle »). En plus de partager les mêmes idées suprématistes et militer ensembles au sein de l’ultra-droite, Antoine Denevi et Aurélien Verhassel partagent une passion commune : le hooliganisme. Les 2 hommes font en effet parti d’une même bande de hooligans (proches de la « LOSC Army » et de la « Youth Lens ») qui sévissent autour des stades et des bars de la région. Denevi a été arrêté au début de l’été à Malaga et a été extradé vers la France. D’autres identitaires qui étaient employés dans la friterie de Claude Hermant ont été arrêtés lors du démantèlement de ce réseau de trafic d’arme.

Lille Antifa, La Citadelle

Comment expliquer que des militants prônant le « white power » et ayant une haine viscérale des non-blancs et des musulmans puissent en venir à fournir des armes aux djihadistes afin de commettre des attentats sur le sol français ?
La réponse est tout autant financière qu’idéologique. De manière tout à fait pragmatique, l’argent accumulé par les fascistes lillois grâce aux ventes d’armes sert à financer leurs groupuscules extrémistes ainsi qu’à améliorer leurs propres trains de vie. Il serait d’ailleurs judicieux que l’État se penche sur la provenance des fonds permettant aux identitaires d’ouvrir commerces (La Frite Rit, bars, restaurants) ainsi que locaux politiques (La Maison Flamande, La Citadelle) dans une ville aux loyers aussi élevés que la capitale des Flandres.

De plus, lorsque des attentats sont commis sur le sol européen les djihadistes et l’extrême droite se renforcent mutuellement : les djihadistes tentent de profiter de l’extrême précarité économique ainsi que du racisme systémique (promu par les identitaires et repris jusque dans les rangs du Parti Socialiste) subi par les jeunes issus des anciennes colonies françaises afin de recruter et de promouvoir leur fanatisme mortifère. Plus les musulmans (ou assimilés) sont stigmatisés, plus leurs conditions de vies deviennent insupportables, et plus Daesh espère recruter des jeunes en recherche d’idéal et en rébellion contre cette société qui les a abandonnés. Leur calcul est simple : plus les musulmans seront discriminés, plus le repli communautaire sera important, et plus les organisations sectaires tel que Daesh, qui prônent une idéologie ultra-réactionnaire, seront attirantes.
La stratégie de l’extrême-droite est très similaire : chaque attentat est suivi d’une déferlante islamophobe stigmatisant encore plus les musulmans n’ayant pourtant rien à voir avec les fanatiques takfiristes. Plus les djihadistes massacrent en Europe, plus le ressentiment islamophobe augmente et plus l’extrême-droite (dont c’est le fond de commerce) se rapproche des portes du pouvoir.
La « gauche » de gouvernement, complice, vient piocher dans le catalogue de nouvelles mesures discriminantes élaborées par l’extrême-droite afin de masquer leurs trahisons économiques et sociales (loi travail, loi Macron…) ainsi que leurs échecs en matière de sécurité (incompétence des services secrets, soutien à la Turquie qui joue double-jeu avec Daesh, lois sécuritaires qui ne restreignent que les libertés du peuple sans impacter les terroristes…).
L’omniprésence du discours sur la « laïcité », l’interdiction de la viande Halal dans certaines cantines, le harcèlement policier des femmes voilées, les arrêtés anti-burkinis, le refus d’accueillir réfugiés et migrants sur le territoire national ou encore le renoncement sur le droit de vote des étrangers rendent de plus en plus crédible et légitimes les mouvements d’extrême-droite dont le corpus idéologique est – dans les faits – déjà appliqué.

L’extrême-droite sort donc renforcée par les attentats commis par les djihadistes, et réciproquement, ces derniers ont eux tout intérêt à ce que les thèses racistes de l’extrême-droite s’appliquent en Europe. En quelque sorte deal gagnant-gagnant bien que contre-nature.

Lille Antifa, La Citadelle

La Citadelle doit être inaugurée le 24 septembre à Lille. Elle sera le repère de racistes décomplexés, allant jusqu’à publier des vidéos d’eux effectuant des saluts nazis. Aurélien Verhassel et sa petite équipe de néo-nazis et de hooligans sont des habitués des agressions gratuites contre ceux qu’ils assimilent à des non-blancs ou à des militants progressistes. A n’en pas douter, si nous ne faisons rien, les rues du centre ville vont se transformer en terrain de chasse pour néo-nazis comme c’était le cas il y a peu encore dans le vieux Lyon avant que les militants antifascistes locaux ne reprennent les choses en main.
Mais Lille n’est pas Lyon, et ni l’argent des djihadistes, ni la complicité de la police, ni les méthodes violentes de l’extrême-droite ne nous empêcheront de bouter à nouveau les identitaires hors de notre ville car nous sommes mieux organisés, plus déterminés et numériquement supérieurs.

En 1888, c’est dans l’estaminet lillois « A la liberté » que fût entonnée pour la première fois l’Internationale. Cet hymne à la classe ouvrière et à la solidarité entre les peuples fût composé par un ouvrier de l’usine Fives-Cail, le célèbre Pierre Degeyter.
128 ans plus tard, le peuple de Lille va lui rendre le plus beau des hommages en empêchant l’ouverture d’un autre estaminet, qui lui prône un racisme totalement décomplexé, la haine entre les peuples et la défense des intérêts de la bourgeoisie : « La Citadelle ».

Rendez-vous samedi 24 septembre à 17h place de la République afin de manifester contre l’ouverture du local fasciste « La Citadelle ».

Premiers signataires : Action Antifasciste NP2C, Syndicats étudiants et lycéens de la CGT, CNT, FUIQP, Alternative Libertaire, collectif Archimède (étudiants en lutte de Lille 1)…

Bar

 


Claude Hermant sur W9

Dans la foulée des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hypercacher une autre information était tombée. Elle affirmait que Claude Hermant, l’un des fondateurs de la Maison Flamande, ex-membre du DPS et très proche de Génération Identitaire, était mêlé à un trafic d’armes. Après un long silence des médias et des services de justice, nous en savons plus depuis quelques jours. Ce dernier serait, selon les journalistes de la Voix du Nord, à la tête d’un important trafic d’armes qui alimenterait la criminalité organisée et les terroristes de Daesh.

En effet, les armes retrouvées chez Amedy Coulibaly (le preneur d’otage de l’Hypercacher) correspondraient aux armes vendues par Claude Hermant. Parallèlement, ce dernier aurait renseigné les policiers comme l’atteste une partie des échanges mails publiés ces derniers jours dans la presse. La porosité existante entre les fascistes lillois, identitaires et les services de police n’est donc pas un mythe. Après avoir dénoncé ces relations pendant de nombreuses années, elles se vérifient une nouvelle fois et restent incontestables. Dans cette histoire, Hermant ne représente qu’un rouage d’un système bien huilé qui lie les services de police et les fascistes de tout poil dans le but de maintenir l’état des choses. Avant il y avait le SAC, désormais il y a Génération Identitaire. Ayant établi ce constat, lorsque l’on connait la nature des lois dites « anti-terroristes » votées ces dernières semaines on peut s’interroger sur la manière dont elles seront utilisées. Qui viseront elles et dans quelles mains les précieux renseignements pourraient tomber ? Souvenez vous de l’affaire des coordonées de militants libertaires fournis à l’extrême-droite lilloise par la police.

Le gouvernement, ses services et l’extrême droite (FN et Génération Identitaire en tête) n’ont qu’un seul but : alimenter la stratégie de la tension. Faire voter des lois liberticides, s’appuyer sur l’extrême droite et cultiver la peur du terrorisme porte généralement ses fruits dans une période marquée par les licenciements et le vote de réformes anti-sociales à l’instar de la fameuse loi Macron. Tant qu’il y aura des « idiots du village » comme Hermant pour fournir des armes à quelques paumés, les organisations politiques, du PS à Génération Identitaire, pourront en tirer profit et concrétiser leurs projets dans la peur et l’apathie généralisée. La fameuse « union nationale » que l’on nous a tant vendue, c’est celle du gouvernement, des flics, des fascistes et des terroristes qui ne désirent qu’une chose : le renforcement du capital et son maintien grâce à des formes liberticides de gouvernance.

L’Union Internationale que nous proposons, c’est celle qui va des travailleurs de Sambre et Meuse qui se font licencier actuellement aux migrants de Calais qui se font traquer par les flics et les fachos. Cette Union est celle de ceux qui n’ont rien à perdre et qui ont tout à gagner en combattant le système capitaliste et ceux qui le pérennisent et en profitent : des opportunistes du PS aux fascistes de Génération Identitaire et de Daesh.

Action Antifasciste NP2C


La Frite Rit Lille

Claude Hermant, fondateur du mouvement identitaire lillois, proche de la boutique néo-nazie Tribann, de Serge Ayoub et impliqué dans les affrontements autour de « La Frite Rit » (son commerce) en octobre a été placé en détention suite à un trafic d’armes de guerres.

La Voix du Nord et la presse belge indiquent que le clan Hermant aurait pu fournir les armes ayant servi au djihadiste Amedy Coulibaly lors de l’attaque de l’Hyper Cacher à Paris qui a causé la mort de 4 juifs.

D’autres membres des groupuscules néo-nazis et identitaires de Lille semblent impliqués dans le trafic, l’un des assayant du bar gay « Le Vice Versa » lors des mobilisations homophobes contre le mariage pour tous est également en détention.

Voici une compilations des différentes réactions des collectifs militants lillois suite à cette affaire. N’hésitez pas à nous envoyer ceux que nous aurions manqué.

 

Communiqué du collectif Pour la Fermeture de la Frite Rit (le commerce de Claude Hermant) :

Contrairement à l’avis des plus de 5 000 lillois ayant rejoins notre page, la mairie et la prefecture ont préféré fermer le bar « Le Resto Soleil » (toujours sous le coup d’une fermeture administrative) plutôt que la Frite Rit.

Dès octobre, nous alertions pourtant sur le fait que Claude Hermant de la Frite Rit était un homme dangereux. Hermant n’a eu aucun scrupule à utiliser des armes en pleine rue Solférino. Pire, il le faisait avec le complicité de la police : lors de la fameuse soirée du 25 octobre 2014, Hermant appellait les policiers par leurs prénoms et ceux-ci lui permettait de patrouiller équipé d’un flash-ball.
Autre fait troublant : des internautes nous ont envoyé des photos de policiers gradés attablés aux côtés de Hermant à la Frite Rit en d’autres occasions.
Une enquête avait déjà été ouverte en 2009 quand la police avait fourni de manière illégale une liste d’informations personnelles de militants anarchistes à Claude Hermant alors leader du local néo-nazi « La maison Flamande » : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Metropole_Lilloise/actualite/Secteur_Metropole_Lilloise/2009/07/17/article_affaire-de-la-video-de-la-maison-flamand.shtml

Difficile de croire que les activités de trafic d’armes d’un tel personnage étaient inconnues des forces de l’ordre alors qu’il détaillait lui même son CV jusque dans les colonnes de Libération : mercenariat en Afrique et dans les pays de l’Est, opérations de déstabilisation dans les banlieues pour le compte du FN, tentative d’infiltration et manipulation de groupes antiracistes… http://www.liberation.fr/societe/2001/06/06/confessions-d-un-fantome_367082

Comment expliquer qu’une ville et un gouvernement se réclamant de la gauche aient fait fermer un bar qui créait du lien et de la mixité sociale, qui permettait l’expression culturel et qui servait de lieu de réunion à un grand nombre d’associations afin de protéger le commerce d’une personne dangereuse pour la société et que les autorités savaient pertinement être un marchand de mort (La Voix du Nord révèle qu’une enquête pour trafic d’armes était en cours depuis mai 2014).

Comment expliquer que des membres du clan Hermant aient pu commettre une agression homophobe ultra-médiatisée en 2013 (info La Voix du Nord) sans que la police n’intervienne avant aujourd’hui pour les faire stopper leur trafic d’armes de guerres ? https://luttennord.wordpress.com/2013/04/23/portraits-et-relations-des-neo-nazis-de-troisieme-voie-ayant-attaque-le-bar-gay-du-vieux-lille/

Ces faits troublants et ces négligences ont peut-être eu pour conséquences d’avoir permis un massacre de juifs en plein Paris.
Les forces de l’ordre, la ville de Lille et la préfecture du Nord doivent maintenant rendre des comptes.

Les lieux et groupuscules extrêmistes dangereux qui préparent la guerre civile et assurent un soutien logistique (même indirect) aux djihadistes tel que La Frite Rit et Génération Identitaire doivent être interdits.

Le collectif « pour la fermeture de la frite rit » rèclame plus que jamais :

  • la fermeture de la Frite Rit
  • la dissolution du groupuscule fasciste Génération Identitaire
  • la levée de la fermeture administrative du Resto Soleil
  • l’abandon des poursuites contre ceux qui sont accusés de s’être opposé au marchand d’armes Hermant
  • une enquête afin de déterminer les responsabilités et éventuelles sympathies au sein des forces de l’ordre, de la préfecture du Nord et de la ville de Lille

https://www.facebook.com/pages/Contre-la-fermeture-du-Resto-Soleil/572393556225955

Réactions de l’Action Antifasciste NP2C :

Les dernières nouvelles divulguées par la presse quotidienne régionale nous informe que Claude Hermant, sa compagne et un troisième homme sont désormais en détention provisoire. Le 3ème homme serait semble t’il un des assaillants du bar gay le vice-versa, bar qui avait subi une violente agression homophobe en 2013, en marge d’une manifestation contre mariage pour tous. Il pourrait donc s’agir de Flavien Metgy, employé lui aussi de la Frite Rit, ancien membre du groupuscule fasciste Troisième Voie (dissout suite à la mort de notre camarade Clément Méric) et leader identitaire local.

Contre les ordures nazislamistes qui fourniraient des armes aux assassins tueurs de juifs, l’Action Antifa NP2C compte bien organiser des tournées de sécurisation devant La Frite Rit et tous les lieux de réunion identitaires. Si les autorités ne font rien contre les soutiens actifs des obscurantistes djihadistes, nous nous en chargerons.

Et pas en gilet fluo.

 


Le Resto Soleil est à nouveau condamné à une fermeture administre par la prefecture de Lille. La préfecture invoque le non-respect de certaines réglementations (ce que conteste le Resto Soleil) ainsi qu’une bagarre ayant eu lieu devant La Frite Rit, un autre commerce connu pour ses sympathies fascistes situé dans une autre rue à plus de 500m du Resto Soleil.

Au cours de cette bagarre Claude Hermant, figure bien connue de l’extrême-droite locale, a tiré au flash ball en pleine rue sous l’oeil approbateur de la police. La Frite Rit n’a reçu reçu aucune sanction de la part des autorités. Ca ne nous étonne plus. Le PS mène une politique raciste, xénophobe et antisociale : cadeaux incessants aux patrons, allégeance au néo-libéralisme US (TAFTA), assassinat des constestataires (Rémi Fraisse),  traque des migrants à Calais, chasse aux Rroms, islamophobie… Nous ne devons pas nous étonner que le gouvernement choisisse le camp des racistes identitaires plutôt que celui des antifascistes. Le système défendra toujours le système.

Une manifestation de soutien au Resto Soleil aura lieu demain dimanche à 11h30 au marché de Wazemmes (métro Gambetta). Malgré certains accents à la limite du poujadisme avec lesquels nous sommes en désaccord, nous avons décidé de relayer cet appel du collectif BAL de défense des Bars Lillois :

CADEAU DE NOËL POUR LE RESTAU SOLEIL

2 mois de fermeture administrative

à partir du jeudi 11 décembre 2014

RENDEZ-VOUS SUR LE MARCHÉ DE WAZEMMES

DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 11H30

/côté métro Gambetta/

Ça vous étonne ? Ce sont les fêtes, le Restau Soleil, encore une fois,
ce dangereux éta­blissement terroriste lillois, est donc mis à l’amende.
Rien de nouveau dans les arguments, qui ont déjà été réfutés par le
Tribunal Administratif de Lille, il y a quelques années. Vous le verrez
dans le communiqué et l’arrêté du Préfet en pièces attachées.

Sauf celui-ci ; il y a eu une bagarre à 500 mètres de chez lui, rue
Solférino, entre deux militants antifas­cistes et des militants
extrémistes de droite. Dites, est-ce à un cafetier de s’occuper de
l’ordre public aussi loin de chez lui ? Oui, devant son établissement.
Mais à cinq cent mètres ? A quoi sert la police municipale ? A
verbaliser sans cesse les plus faibles et à fer­mer les yeux devant les
plus puissants.

Dans le climat ouvertement raciste d’aujourd’hui de chasse à l’Arabe,
véhiculé par tous les médias d’une façon assez générale, il n’est pas
étonnant, à mon avis, que les services de l’État ou ceux d’une grande
ville comme Lille soient aussi contaminés.

Autre constat, qui n’est peut-être que mon opinion là aussi, hauts
fonctionnaires de l’État ou hauts politiques ne connaissent plus rien à
l’économie réelle. Trop loin. Trop bien au chaud dans leurs bureaux.

Le Restau Soleil emploie 16 personnes, jeunes étudiants pour la plupart,
qui vont se re­trouver sans salaire pendant deux mois et sans pouvoir
payer leur loyer. Car, sans doute ces messieurs ou dames de la Haute
ignorent qu’il y a quatre mois de carence quand on s’inscrit à Pôle
Emploi avant de toucher une indemnité. Dans l’économie libérale
d’aujour­d’hui, c’est essentiellement la jeunesse qui trinque, c’est
elle la plus au chômage en Eu­rope, regardez les statistiques : 75
millions de chômeurs en Europe. Et la jeunesse c’est elle qui fréquente
le Restau Soleil, parce que c’est un lieu sans clivages.

Deux : une petite entreprise sans rentrées d’argent pendant deux mois,
elle fait quoi ? L’URSSAF, les charges qui courent, les Impôts, les
banques, personne ne lui fera de ca­deau. Donc, dans cette fermeture
encore, on peut y voir aussi le Bâillon de la Censure, le Bâillon de la
Musique, le Besoin d’asphyxier les petits pour faire de la place aux
plus gros. Mais ceci est juste mon avis.

Richard Pernollet, membre du collectif BAL de défense des Bars Lillois

Voici également le communiqué officiel du Resto Soleil et l’arrêté de la prefecture :

Communiqué Resto Soleil

A


Lutte En Nord, toujours bien informé, livrait dès jeudi les identités des participants de « la manif pour tous », militants néo-nazis, ayant agressés des clients d’un bar gay du Vieux-Lille.

Frigide Barjot ne pourra plus nier que des groupuscules d’extrême-droite participent aux « manifs pour tous » ni qu’ils commettent des actes homophobes violents. Les assaillants reconnaissent eux-mêmes avoir participé à la manifestation lilloise de mercredi avant de commettre leurs forfaits. Ils sont membres – et pour certains responsables – de Troisième Voie, des JNR et de La Maison Flamande. Ces individus sont coutumiers des agressions racistes, des attaques de bars gays ou réputés de gauche, de l’organisation de concerts et de manifestations néo-nazis.

Ils sévissent depuis quelques années dans le Nord de la France sans que jamais la police, toujours bienveillante envers les extrémistes de droite, ne les inquiète. Il aura fallu qu’ils agissent dans le contexte hyper-médiatisé de l’opposition au mariage pour tous pour enfin être appréhendés. Sans cela, et sans la vigilance des militants antifascistes, combien de temps auraient t-ils encore pu nuire, agresser, discriminer ?

Leur procès à été reporté au 13 mai. A noter que le très médiatique Claude Hermant, leader de la Maison Flamande de Lambersart (local et organisation d’extrême-droite aujourd’hui mise en sommeil), président de la Maison de l’Artois (jumelle artésienne de La Maison Flamande créée par Nicolas Colin) et porte-parole du Front Populaire Solidariste (avec Serge Ayoub) était présent en soutien à la comparution de ses camarades. Toujours lors de cette comparution de vendredi, deux autres militants de Troisième Voie ont été interpellés pour port d’armes prohibées (des matraques).

Petite biographie des boneheads qui ont agressé les clients du vice&versa ce mercredi après la manif pour tous.

Tomasz Szkatulski alias « Gamin »

Tomasz Szkatulski, leader des skinheads néo-nazis de Lille.

Néo-nazi lillois multirécidiviste, Tomasz a déjà été emprisonné à plusieurs reprises. Il a entre autres été condamné pour avoir attaqué un SDF à coup de chaine de vélo parce qu’il était d’origine africaine. Gamin serait actuellement recherché pour l’agression homophobe commise mercredi au vice&versa dans le Vieux-Lille.

Thomas

Thomasz apprécie la publicité que lui fait France 3. Il aimera également la notre. Thomasz, n’oubli pas de verser le pourcentage convenu pour les ventes générées à SOS racisme, merci.

Tatoué « White Power » dans le cou et « LOSC Army » sur les doigts (firme hooligan de Lille), Thomasz est de tous les mauvais coups. Après avoir un temps animé le comité de soutien aux prisonniers politiques néo-nazis Resistance POW (pour Prisoner Of War – tout un programme), Gamin s’est rapproché de La Maison Flamande, de La Maison de l’Artois et de Troisième Voie.

Il avait participé aux deux attaques du bar Le Resto Soleil, rue Kolb à Lille, orchestrées par les boneheads néo-nazis (voir nos articles sur la première et la seconde attaque).

Thomas S. (Gamin)

Gamin (à gauche) avec Bubsy, le chef de Troisième Voie Nord.

Thomasz est également le gérant d’une boutique en-ligne de vêtements faisant l’apologie du IIIème Reich dont voici quelques productions :

Sweat divison SS Charlemagne, promotion des concerts néo-nazis Blood and Honour, runes...

Sweat de la LVF, promotion des concerts néo-nazis Blood and Honour (sang et honneur – Blut und Ehre – était un slogan des jeunesses hitlériennes), runes celtiques scandinaves…

Yohan Mutte

Yohan Mutte (au centre) portant son t-shirt JNR. On notera la présence de Renaud Cuignet (à droite), gérant du tattoo-shop « Passion Tattoo » à Armentières et également membre des JNR.

Autre militant néo-nazi bien connu, Yohan Mutte a participé mercredi dernier à « la manif pour tous » avant d’agresser des personnes pour la seule raison qu’elles étaient supposément homosexuelles. Yohan est membre de la garde personnelle de Serge Ayoub : les JNR (Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires). Sorte de milice de Troisième Voie composée de gros bras tous plus décérébrés les uns que les autres, les JNR sont une organisation ultra-violente qui fait le coup de poing contre les immigrés et les militants homosexuels, anarchistes, communistes et d’autres courants progressistes. Ils assurent également la sécurité lors de concerts néo-nazis et des évènements organisés par Troisième Voie.

Yoan jouant les gros bras pendant un discours de Serge Ayoub

Yohan (au centre droit) jouant les gros bras pendant un discours de Serge Ayoub – dirigeant de Troisième Voie, chef des skins nazis parisiens dans les années 80 qui se serait rangé…

Encore Yohann Mutte (au fond à gauche) avec Serge Ayoub.

Encore Yohan Mutte (au fond à gauche) avec Serge Ayoub présentant « Salut Public », le journal de Troisième Voie.

Yohan Mutte était aux côtés de Tomasz Szkatulski lors des deux attaques du Resto Soleil. Il le côtoie également aux abords des stades de foot en tant que hooligan du LOSC (tatouage « Rijsel Firm » dans le cou – Risjel est la traduction de Lille en flamand).

Yohann accoudé au bar de la Maison Flamande à Lambersart

Yohan accoudé au bar de la Maison Flamande (devenu le Guet à Pintes) à Lambersart.

Quand il n’est pas en train d’essayer de faire régner la terreur dans les bars de la rue Solférino (voir cet article sur son implication dans des actes racistes commis au bar le Magnum), Yohan travaille à Eaux du Nord, tout comme Flavien Metgy. Sympa l’ambiance au boulot…

yohann Mutte

Yohan Mutte dans le cortège des JNR lors d’un défilé imitant ceux des fascistes mussoliniens.

Yohann Mutte assurant la sécurité d'un meeting du Front Populaire Solidariste

Yohan Mutte assurant la sécurité d’un meeting du Front Populaire Solidariste avec d’autres JNR.

Flavien Metgy alias « Fléau »

Flavien Metgy

Flavien Metgy, l’un des « salariés du mois » à Eaux du Nord.

Flavien Metgy s’est également fait arrêter après avoir commis l’agression homophobe du vice&versa. Comme les autres membres de la petite bande, c’est un néo-nazi patenté membre des groupuscules Troisième Voie, Maison Flamande et Maison de l’Artois.

Flavien dit ne pas boire souvent et avoir un problème avec l'alcool. Ça se voit.

Flavien ne boit pas souvent. Mais alors quand il boit…

Flavien avait déjà fait parler de lui le 26 juillet 2011 lors de l’attaque de syndicalistes CGT et CNT qui tractaient sur le marché d’Auchel, l’agression alors organisée par « La Maison de l’Artois » de Nicolas Colin et de Claude Hermant, encore lui (ce dernier explique également le survivalisme sur M6 à ses heures perdues). Suite à l’attaque, Flavien Metgy était à la une d’un journal local. Il n’a, bien entendu, pas été inquiété par la police.

Flavien Metgy

Flavien Metgy lors de l’attaque des syndicalistes sur le marché d’Auchel (à l’extrême-gauche – pour une fois – portant une veste en jean). Au centre avec une casquette marron : Claude Hermant.

Le "führer" Flavien n'a pas l'habitude de boire.

Le « führer » Flavien n’a pas l’habitude de boire, et il n’est pas d’extrême-droite. Yohan Mutte (avec le pseudo en cyrilique) et Alex « Division Charlemagne » (en référence à la SS du même nom dont il porte le blason tatoué dans le cou) non plus.

 

Jean-Philippe B.

Le plus jeune membre du commando.

Au vice&versa, comme auparavant lors des attaques du Resto Soleil, ces nazillons ont dû fuir devant la détermination des clients à se défendre. Face aux agissements des milices d’extrême-droite, seule l’action directe et collective permettra de les repousser, encore et toujours. Ils sont dangereux, aussi bêtes que méchants, et ils comptent des amis dans les forces de l’ordre. Pourtant ils sont loin d’être imbattables. Ils ne sont qu’une poignée et nous sommes des millions.


Hier soir les organisations et militants homophobes regroupés dans le collectif « la manif pour tous » ont déambulé dans Lille pour cracher leur haine des personnes LGBT. Après la dispersion du rassemblement, des participants ont sauvagement attaqué un bar gay du Vieux-Lille, le vice&versa.

Après avoir fait le tour du centre ville de Lille en voiture, où ils ont reçu un accueil hostile des passants, les extrémistes se sont rassemblés vers 20h Place de la République.

Drôle de mélange que formait cette cinquantaine de personnes : catholiques intégristes BCBG et boneheads aux tatouages explicites. On y retrouvait des militants d’extrême-droite ultra-violents bien connus : membres du groupuscule nazi-skin JNR / Troisième Voie, militants de Génération Identitaire (« célèbres » pour avoir occupé la mosquée de Poitiers), militants de l’ex Maison Flamande de Lambersart impliqués dans les actes racistes commis au bar le Magnum et dans les attaques du bar Le Resto Soleil. Les drapeaux français et flamands des nazillons côtoyaient les drapeaux roses et bleus de « la manif pour tous » sans que cela ne pose de problème aux organisateurs. Les néo-nazis avaient d’ailleurs annoncé leur présence à la manifestation sur la page Facebook de l’évènement :

Néo-nazis à la manif par tous

Génération Identitaire

Frigide Barjot, trop célèbre porte parole de « la manif pour tous » déclarait que la manif pour tous n’était pas gangrené par l’extrême droite : « […] je vous prends au défi, de me montrer une image de gens d’extrême droite […] ». Pour nous, des gens qui s’opposent à l’égalité des droits des les personnes homosexuelles sont des militants d’extrême-droite. Mais en plus des masses de bourgeois-cathos-fascistes-réacs qui composent « la manif pour tous », il est indéniable que l’extrême-droite la plus radicale et violente participe à ces évènements. Voici quelques photos d’extrémistes reconnus hier soir place de la République lors de la manif pour tous, juste avant l’attaque du vice&versa :

Décidemment Yohann aime le cochon

Yohann, militant  à Troisième Voie, impliqué au Magnum et au Resto Soleil.

Yohann

Toujours Yohann, notez sa présence dans la liste des invités.

Admiez le White Power dans le cou...

« Gamin », vendeur de vêtement néo-nazi sur internet, avec un tatouage White Power dans le cou.

Bubsy

Bubsy (à droite), chef de section des JNR (Jeunesse Nationaliste Révolutionnaire) du Nord, star d’un reportage diffusé sur M6 ou il exhibe ses tatouages néo-nazi avec Gamin.

C’est le climat intensément homophobe instauré par les opposants au mariage homosexuel, les catholiques intégristes de France, le Front National et une large majorité de l’UMP qui rend possible le passage à l’acte de ces extrémistes. Barjot et sa meute promettent du sang et des larmes, les nazillons exaucent leurs voeux.