Archives de octobre, 2015


L’association Cause Animale Nord a fait parler d’elle en septembre après l’agression raciste qu’elle a perpétré à l’encontre d’un SDF étranger à Paris.

Son président Anthony Blanchard et plusieurs de ses adhérents ont volé le chien du SDF en faisant preuve d’une extrême violence. Voici la vidéo de l’attaque :

Cause Animale Nord est également connu pour ses écrits xénophobes et ses liens avec l’extrême-droite radicale (entre-autre avec Troisième Voie, groupuscule néo-nazi interdit suite à l’assassinat de Clément Méric).

Hier, quelques militants de Cause Animale Nord – dont Anthony Blanchard – ont ditribué des tracts rue de Béthune à Lille. L’accueil du public a été plutôt houleux :

Cause Animale Nord

Problème : comme trop souvent avec Cause Animale Nord, cette version est totalement mensongère. Plusieurs lecteurs de Lutte En Nord témoins de la scène nous ont contacté afin de rétablir la vérité.

Alors que l’association raciste pavanait rue de Béthune, des passants les ont reconnu puis pris a parti à propos du vol du chien. Le ton est monté est il a été demandé à Blanchard et ses amis d’extrême-droite de partir. Les différents témoignages que nous avons reçus sont unanimes : l’atercation n’a duré que quelques secondes, et, Blanchard étant beaucoup moins démonstratif que sur la vidéo ou il agresse un SDF sans défense, aucun coup n’a été porté.

On est bien loin donc de « l’agression très brutale » dont parle le mythomane raciste. Blanchard avait déjà été pris en flagrant délit d’affabulation lorsqu’il affirmait que les papiers de la chienne volée étaient des faux, il récidive.

Lorsque vous croisez les adhérents de Cause Aniamle Nord, n’hésitez pas à faire comme ces passants : signifiez leur que les racistes – qu’ils prétendent défendre la cause animale ou non – ne seront jamais tolérés à Lille !

Vous pouvez également dire à Cause Animale Nord ce que vous pensez de leurs méthodes sur leur page Facebook, par téléphone (06 88 19 86 96) ou en leur écrivant :

Cause Animale Nord
52 bis Boulevard Carnot
59000 LILLE

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Action Antifa Bruay

Deux rassemblements auront lieu demain, mercredi 21 octobre, en soutien aux migrants du parc des Olieux :

  • Rendez vous à 10h devant la DDCS, 175 rue Gustave Delory (métro « mairie de Lille »), pour exiger des places d’hébergement digne pour tous
  • Rendez vous à 10h (début de l’audience) au TGI de Lille, avenue du peuple belge, pour soutenir un jeune convoqué devant le Juge des Libertés et Détention

Le mercredi 14 octobre 2015, une centaine de personnes se sont rassemblées au parc des Olieux à l’appel du collectif. Des tentes ont été installées sur le terrain où une trentaine de mineurs étrangers vivent jour et nuit depuis 4 mois, sans autres solutions en attendant une avancée de leur situation et que le département prenne enfin ses responsabilités.

Le soir même, 12 agents de la brigade anti-criminalité (BAC) sont venus contrôler les personnes présentes sur place en soutien et le lendemain, la police municipale est venue prendre des photos du campement.

Ce même jour, un jeune convoqué à la Police aux Frontières (PAF) afin de récupérer ses papiers a été placé au centre de rétention de Lesquin. Il est convoqué au tribunal de grande instance de Lille (TGI), devant le juge des libertés et de la détention (JLD) ce mercredi 21 octobre à 10h.

Le jeudi 15 octobre 2015, six jeunes étaient convoqués à la PAF afin de récupérer leurs papiers d’identité, confisqués suite à un contrôle ayant eu lieu la semaine passée. Ils en sont ressortis avec de nouvelles convocations pour les jours prochains, cette fois-ci pas tous en même temps.

Le vendredi 16 octobre 2015, un rassemblement était appelé à Villeneuve d’Ascq, métro Triolo, à destination de la cellule des mineurs étrangers isolés (MIE) du département du nord. Une cinquantaine de personnes étaient présentes et une délégation a été reçue. La directrice territoriale, celle du pôle enfance-famille ainsi que celle de la cellule MIE se sont engagées à une prise en charge de 20 jeunes d’ici ce début de semaine.

Le samedi 17 octobre 2015, un atelier de coiffure en soutien aux jeunes du parc a eu lieu ainsi que la boum mensuelle et joyeuse, où l’on s’est déhanché.e.s comme des oufs.

Le dimanche 18 octobre 2015, la réunion d’organisation hebdomadaire a eu lieu durant laquelle nous avons abordé différents sujets comme : la préparation des repas, le journal, des cours de français, accompagnements juridiques et de santé…

Par ailleurs, un rassemblement pour exiger des places d’hébergement est prévu pour ce mercredi 21 octobre 2015, à 10h devant la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS), 175 rue Gustave Delory, au métro « mairie de lille ».

Ce dimanche s’est fini en beauté par une soirée de soutien, ayant permis de récolter des fonds qui serviront pour les différents besoins liés à la situation.

Durant tous ces derniers jours, de nombreuses personnes sont passées sur le parc manifestant leur soutien en apportant du café, de la nourriture, ou simplement de la considération. Continuons à affirmer notre soutien en passant régulièrement sur le terrain.


Libérons Georges Ibrahim Abdallah

Manifestation Samedi 24 Octobre à 14h00, place de la République Lille !

Il y a un peu plus d’un an l’armée israélienne bombardait Gaza occasionnant des milliers de morts et des pertes matérielles colossales. Ces violences terroristes, dont le caractère inhumain n’est plus à démontrer, sont les fruits d’une politique coloniale en cours depuis 1948. Depuis quelques semaines, les visées impérialistes d’Israel ont réveillé les instincts de résistance du peuple palestinien. De nombreuses manifestations ont lieu dans les territoires palestiniens opposant des pierres aux chars sionistes comme 1987 et en 2000, dates des deux premières intifadas. C’est sans tergiverser que nous devons condamner avec vigueur les assassins qui sont à la tête de l’Etat d’Israel.

Condamner cette politique terroriste c’est condamner ceux qui la rendent possible ici en France. Pour cela nous devons soutenir la résistance palestinienne en descendant dans la rue massivement, en boycottant les produits israéliens et en exigeant la libération de tous les prisonniers de la cause palestinienne.

Concrètement, la France a ses prisonniers politiques, ses prisonniers de la cause palestinienne. L’exemple le plus charismatique est celui de Georges Ibrahim Abdallah, embastillé depuis 1984. Il commence sa trente deuxième années de prison ce 24 octobre 2015. La France le maintient en détention pour des faits qui n’ont jamais été prouvés mais aussi parce qu’il maintient ses engagements anti-impérialistes et son soutien à la résistance palestinienne. Aujourd’hui le gouvernement socialiste, largement influencé par Netanyahou et Obama, refuse de le libérer. S’inscrire dans le combat de nos frères palestiniens, c’est exiger ici et maintenant la libération de Georges Ibrahim Abdallah. S’inscrire dans le combat de nos frères palestiniens, c’est exiger que les USA et Israel n’aient plus la mainmise sur la justice française. Descendons dans la rue pour combattre l’impérialisme israélien sous toutes ses formes et pour soutenir la résistance palestinienne.

Nous exigeons dès à présent la libération de Georges Ibrahim Abdallah, et affirmons notre soutien à la résistance du peuple palestinien pour sa libération.

Liberté pour Georges Ibrahim Abdallah!
Liberté pour la Palestine!

Premiers signataires :
Comité solidarité Georges Abdallah Lille, Collectif de soutien à la résistance palestinienne (CSRP59), Comité « Libérez les » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59/62), UJFP, Action Antifasciste NP2C, Comité solidarité basque Lille, AFPS Nord Pas de Calais, Collectif « Bassin minier » pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, PCF Grenay, Génération Palestine, CSP59, Génération Palestine, Jeunes Communistes 59/62, Front Uni de L’Immigration et des Quartiers Populaires (FUIQP).


Sud Étudiant.e.s organisera le mercredi 28 octobre 15h à la Maison Des Étudiants (MDE) de l’Université de Lille 1 une conférence sur le thème de la pédagogie dans le contexte de la révolution au Rojava (Kurdistan) :

Le Kurdistan est une région qui s’étend sur le territoire de 4 États : la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Ce qu’on appelle le « Rojava », l’Ouest en kurde, c’est le Kurdistan Syrien.
Pendant la guerre civile syrienne, en 2013, le Rojava a déclaré son autonomie. Depuis, les rojaviens tentent de mettre en place un système politique et social basé sur l’autodetermination (les villages et cantons sont dirigés par les habitant-e-s, réuni-e-s en assemblées générales), l’égalité des sexes (principe de co-mandatement avec un homme et une femme pour chaque assemblée, assemblées locales et générales en non-mixité femmes), la défense des minorités ethniques et religieuses, des principes écologistes et la socialisation des moyens de production. Notamment pour ces raisons, ils subissent des assauts répétés de DAESH (l’Etat islamique).

Dans ce contexte de guerre civile et de révolution, une « académie » (université) de sciences humaines,et a lancée une campagne de solidarité internationale, « Des livres pour Rojava ». Cette académie fonctionne sur des bases pédagogiques alternatives à ce qu’on connaît dans nos universités occidentales. Elle s’inscrit notamment dans le refus de la hiérarchie entre « sachant-e-s » et « non sachant-e-s ».

Le syndicat SUD Étudiant-e-s Lille organise une discussion avec Yasin Duman, qui a rédigé un mémoire sur le fonctionnement politique du Rojava et la résolution des conflits dans cet espace. Il viendra nous expliquer les méthodes pédagogiques alternatives du Rojava et discuter avec nous de l’organisation politique de cet espace.

Venez nombreuses et nombreux !

SUD – Solidaires Étudiant.e.s Lille


Mise à jour : Alternative Libertaire et la CNT appellent également au rassemblement.

Suite à l’attentat d’Ankara ayant causé la mort de 86 camarades de la gauche pro-kurde turque, l’Action Antifassciste NP2C appelle à se rassembler mardi 13 octobre à Lille en soutien à la résistance kurde et aux révolutionnaires turques: PKK, HDP, DHKP, DAF…

Rendez-vous à 19h au métro Gambetta.

Rassemblement pro-kurdes mardi soir, hommage aux victimes de l’attentat d’Ankara
Nous avons appris aujourd’hui la mort de près d’une centaine de camarades militants turcs au cours d’un lâche attentat dans la ville d’Ankara.

Le bilan s’alourdit d’heures en heures, nos frères assassinés aujourd’hui étaient issus de différents courants de la gauche d’opposition à l’ordure Erdogan (président turc) : HDP (principal parti d’opposition), organisations pro-kurdes, partis communistes etc… Ils défilaient en ce jour pour réclamer la paix à l’état turc, qui, sous prétexte de combattre l’état islamique, s’acharne à attaquer les positions des citoyens kurdes dont ils combattent les légitimes revendications nationales, économiques sociales et féministes.

L’appel que nous lancions cette semaine au rassemblement de mardi soir prochain prend aujourd’hui encore plus de sens. La lutte en faveur de la résistance kurde et pour la paix a aujourd’hui été durement touchée.

Que l’attentat viennent des chiens de l’état islamique ou des milices pro-Erdogan, la seule alternative viable et pacifiste se trouve aujourd’hui dans le soutien inconditionnel aux forces de résistance kurdes en Turquie, en Irak et en Syrie. Dans la solidarité avec les forces d’opposition à Erdogan en Turquie, qu’ils viennent du HDP, des communistes ou des groupes anarchistes.

Mardi, nous rendrons hommage aux combatants kurdes morts pour leur dignité, PKK, YPG, HPG… ainsi qu’aux forces progressistes qui, en Turquie, combattent pour la paix au péril de leur vie.

Solidarité Internationale /// No pasaran

 

Rassemblement de soutien aux révolutionnaires Kurdes mardi 19h au métro Gambetta

Depuis plusieurs mois, nos camarades kurdes du PKK et des YPG combattent avec autant de hargne que de succès l’Etat Islamique et son principal soutien: le gouvernement turc. En parallèle de la guerre totale engagée contre les obscurantistes islamistes, le PKK mène une révolution socialiste autogestionnaire, féministe et écologiste dans les territoires qu’il contrôle.
La Révolution du Rojava est volontairement ignorée par les journaux occidentaux pourtant si prompts a médiatiser les soulèvements financés par la CIA.

Alors que la France condamne les manœuvres de Poutine en Syrie, les chiens impérialistes du gouvernement Hollande ferment les yeux sur les meurtres barbares commis par Erdogan. Pire, ils l’accueillent en grande pompe à Strasbourg.
Encore la semaine passée, Haci Birlik un camarade kurde (le frère d’une député du HDP) a été abattu par 28 balles. Son corps a été traîné au bout d’une corde dans toute la ville de Sirnak par un véhicule de la police turque. Le but assumé de ce crime inhumain est de terroriser la population kurde et les militants progressistes du HDP.

D’une part, les gouvernements occidentaux s’acharnent sur la résistance kurde et leur soutiens européens: 36 camarades ont encore été arrêtés dernièrement en Belgique.
D’autre part, les milices fascistes du gouvernement turc peuvent assassiner des militants kurdes dans nos rues sans être inquiétés. Souvenons-nous des trois militantes du PKK assassinées en plein Paris il y a trois ans. Les terroristes turcs n’ont jamais été inquiétés et ont toujours bénéficié de l’intrigante inertie de l’État français.

Nous devons dénoncer avec fermeté l’attitude de toute la racaille politicienne qui, réunie sous la bannière de l’OTAN, a décidé d’entrer en guerre contre l’Etat Islamique en fermant les yeux sur le génocide des kurdes.
Rappelons que c’est la résistance communiste du Kurdistan et sa branche armée qui, à Kobané comme ailleurs, combat l’Etat Islamique sur le terrain. Ce sont nos camarades qui ont permis de stopper la progression de Daesh. Notre devoir est de les soutenir par tous les moyens. Vive la résistance armée du PKK ! Vive le Kurdistan libre !

Rendez vous mardi. A cette occasion nous récolterons des fonds pour l’envoyer aux révolutionnaires qui en ont aujourd’hui tant besoin.

 


Violences policières à Tourcoing

Photo © La Voix du Nord

Des membres du FUIQP 59-62 se sont rendus à Tourcoing, dans le quartier du Pont-Rompu où une nouvelle grave violence policière avait eu lieu lundi dernier (28 septembre), pour recueillir la parole de la victime et des témoins, et leur signifier notre soutien dans toutes leurs futures mobilisations.

Lundi en milieu d’après-midi en bas de chez lui, Nabil Zane, 28 ans, est témoin d’un des nombreux contrôles d’identité effectués par les CRS dans le quartier. Tout se déroule « normalement », avant que, quelques minutes plus tard, un deuxième car de CRS n’arrive et commence un nouveau contrôle sur les mêmes jeunes. « Les jeunes leur ont dit qu’ils avaient déjà été contrôlés, et dans le même temps le premier car est revenu, confirmant la version des jeunes. Les CRS se sont arrêtés. Un jeune les a remercié d’avoir été « gentils »… Ça a énervé les CRS qui l’ont mal pris, et on répondu « toi, tu vas venir avec moi » », nous raconte le jeune père de famille.

Le ton monte, Nabil Zane s’approche de la scène pour filmer… il n’a pas le temps de sortir complètement son téléphone qu’un policier le bombarde de gaz lacrymogène à bout portant, d’un jet continu de plusieurs secondes. « Je suis rentré me nettoyer le visage avec de l’eau. Le lendemain matin, je me suis réveillé tout gonflé, impossible d’ouvrir les yeux. Aux urgences, on m’a dit que j’étais brûlé au deuxième degré on m’a fait un pansement comme celui que vous voyez là. »

Malheureusement, lorsqu’on habite un quartier populaire, la violence d’État ne s’arrête jamais. Le lendemain, mardi 29 septembre, Nabil est au volant de sa voiture avec son épouse et son bébé de 14 mois, et croise une nouvelle fois les CRS, qui le montrent du doigt en riant. Ils lui demandent de s’arrêter pour un contrôle.
– « Pourquoi vous m’arrêtez ?
– Comment ça pourquoi ? T’as vu ta tête ? C’est quoi ce pansement ?
– Justement j’allais porter plainte contre vous pour ça.
– Porter plainte ?! Ah ben merci, tu nous donne une bonne raison de t’embarquer maintenant. »

Un des CRS le plaque violemment contre sa voiture, le menotte, et l’amène au commissariat pour lui signifier sa garde à vue « pour outrage. » Nabil Zane demande à voir son avocat et un médecin. « Le médecin est arrivé, je lui ai dit que j’avais besoin d’aller à l’hôpital, toutes mes cloques s’étaient ouvertes sous mon pansement, mon visage ruisselait de sang et de pus. Il a juste écouté mon cœur, et m’a dit « c’est bon, t’as rien, tu peux passer la nuit en garde à vue. » »

Les policiers de Tourcoing n’ayant daigné appeler l’avocat de la victime que tard dans la soirée, il était bien sûr injoignable (les habitants nous confirment que cette méthode est très souvent utilisée ici). Le lendemain matin, mercredi, l’avocat en colère fait part de ce qu’il s’est passé au Procureur de la République, qui demande expressément la fin de la garde à vue… ce que refuse le commissariat de Tourcoing ! Nabil Zane pourra enfin sortir, retrouver sa famille et se faire soigner au bout de 24 heures.

Depuis, les violences des policiers se multiplient à Tourcoing, notamment dans les quartiers du Pont-Rompu et de la Bourgogne (d’où était originaire le jeune Pierre-Eliott Zighem décédé dans des circonstances « non-élucidées » au mois de juin). Provocations physiques, verbales (« On est chez nous », « On est Français nous », ou encore des CRS répondant à un homme du quartier les invitant à discuter de la situation autour d’un sandwich « Un sandwich ? Sûrement pas, c’est halal ! »).

Le FUIQP relaiera toutes les demandes et mobilisations proposées par la victime, sa famille et les habitants du quartier du Pont-Rompu.

 

Une nouvelle fois, c’est chargé de lourds témoignages que nous revenons de Tourcoing. Le quartier de la Bourgogne, déjà endeuillé par la mort du jeune Pierre-Eliott Zighem (17 ans) au mois de juin, est encore et toujours la cible de provocations de la part de la Police Nationale et des CRS nationaux.

Ceux-ci sont présents par dizaines, dans le cadre d’un plan anti-drogue, et entre insultes racistes et provocations incessantes lâchent aux habitants des phrases telles que : « On est là pour un mois, de toute façon, vous n’avez qu’à attendre qu’on se barre ! »

Abdel (52 ans), figure incontournable du quartier nous raconte sa soirée du mardi 29 septembre (soit, alors même que Nabil Zane, le brûlé du Pont-Rompu, était en garde-à-vue) : « J’étais dans mon lit, tranquillement, je reçois un appel qui me dise de venir tout de suite, parce que mon fils Hichem (18 ans) est en train de se faire brutaliser par la Police. J’arrive en courant, je vois trois ou quatre voitures de police, mon fils à terre m’appelant, frappé. Un policier veut me matraquer directement. Heureusement, un autre me connaissait, et a dit à son collègue de me laisser passer. D’ailleurs, ils se sont un peu embrouillés pour ça. Je me suis approché de mon fils, et très rapidement, ils sont revenus à la charge pour me ceinturer et me balayer, avec la bombe lacrymogène à dix centimètres de mon visage. »

Heureusement, toute la scène est filmée par des voisines. En apprenant cette information, les policiers de Tourcoing se sont rapidement montrés beaucoup plus conciliants avec Hichem, sorti de garde-à-vue le lendemain matin. Il lui était reproché d’être en possession de 4,5 g de drogue. « C’est impossible, aucun de mes fils ne touche à ça », promet Abdel. On entend d’ailleurs dans la vidéo plusieurs personnes crier que les policiers ont sciemment mis de la drogue dans la voiture d’Hichem. En garde-à-vue, connaissant bien cette méthode répandue, il a eu le réflexe de demander une analyse ADN et un test d’empreintes sur le sachet de drogue. Cet obstacle, en plus de celui de la vidéo, ont résolu la Police de Tourcoing à relâcher Hichem, en lui promettant qu’il n’y aurait « aucune suite » (confirmant ainsi qu’il n’était pas en possession de drogue), et lui demandant de « ne pas ébruiter l’affaire. »

Évidemment, Abdel et Hichem n’ont pas suivi ces consignes et ont souhaité rapidement témoigner, alors que les provocations ne cessent pas. Le salon de thé « Le Mascara » a par exemple été gazé sans aucune raison cette semaine, d’après le témoignage des clients habitués.

Le ras-le-bol des Tourquennois-es les pousse à se réunir et à réfléchir à des formes de mobilisations afin de faire connaître, et surtout cesser ces injustices. Le FUIQP s’associe à leur lutte, et relaiera chacune d’elles.

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)