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La retraite aux oubliettes

Parce qu’elle parle de tout sauf de la redistribution des richesses

Tout est envisagé pour sauver le navire, tout sauf… de prendre de l’argent à ceux qui en ont le plus : les patrons, les actionnaires… L’augmentation significative des cotisations patronales et la réappropriation des richesses produites sont les grands absents des solutions pour résoudre le financement des retraites . À titre d’exemple, le bénéfice des seules entreprises françaises du CAC 40 c’est 212 milliards d’euros pour 2007-2009…

Parce que le « déficit » annoncé est un mensonge

Le « déficit » des caisses de retraite est estimé à 20 milliards d’euros en 2020, alors que les cadeaux faits aux patrons à travers les exonérations de cotisations s’élèvent à près de 30 milliards d’euros compensées par les aides de l’État via l’impôt (une perte de 3 milliards d’euros dans les caisses de la Sécu). Auxquelles il faut ajouter les 20 milliards d’euros donnés au patronat chaque année avec le crédit impôt compétitivité. N’oublions pas d’ailleurs que ces cotisations ne sont pas des « charges » mais bien une partie de nos salaires mis en commun pour financer la « protection sociale » . Réduire ces cotisations pour les entreprises, c’est réduire nos salaires !

Parce que derrière la réforme, ce sont les fonds de pension qui guettent

En affaiblissant le régime général, l’État encouragera la capitalisation. Cela permettra au patronat des assurances de mettre la main sur les colossaux volumes d’argent que représentera le  « marché des retraites ».

Parce qu’elle est aussi parfaitement idéologique

Il s’agit, pour la classe dirigeante, de renforcer sa domination sur la population. En détruisant le régime de retraites par répartition, elles veulent aussi mettre à bas le principe de la solidarité collective. Que chacun se débrouille pour sa retraite : les riches paieront des assurances privés ; les pauvres travailleront plus vieux, ou devront se contenter de minima sociaux.

Parce que le capitalisme n’est plus supportable

L’État veut faire payer aux salariés une crise capitaliste dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité. Il est temps de mettre un terme à la casse sociale et de construire un mouvement qui renverse la vapeur. Il faut en finir avec ce capitalisme criminel qui conduit la société – et la planète – à sa perte !

Si le gouvernement a un vrai plan de bataille pour briser le service public et les systèmes de solidarité, force est de constater que ce n’est pas notre cas. Les journées d’action espacées ne nous permettent pas de construire le rapport de force nécessaire à renverser la vapeur : la stratégie des grandes centrales syndicales nous mène à la défaite.

Il est important que nous puissions tous nous retrouver afin de faire converger nos forces et de construire, en assemblées générales, un vrai mouvement social. Seul un mouvement de grève reconductible et déterminé nous permettra d’imposer un véritable rapport de force, pour porter à bien nos revendications justes et nécessaires.

La CNT revendique :
– Annulation de toutes les exonérations de cotisations sociales patronales
– Départ à la retraite à taux plein à 60 ans et à 55 ans pour les salariés ayant effectué des travaux pénibles
– Indexation des pensions sur les salaires
– Garantie d’un taux de remplacement à 100% du salaire net (calcul sur la base des 6 meilleurs mois) et d’une pension supérieure au SMIC
– Fusion de tous les systèmes de retraite complémentaire (Agirc-Arrco, RAGP, etc.) dans le régime de base, et remplacement de tout modèle contributif par points par un système à prestations définies
– Harmonisation de tous les régimes par le haut afin de mettre fin au corporatisme et aux inégalités entre régimes
– Suppression des retraites par capitalisation et des plans d’épargne entreprises obligatoires
– Exclusion du patronat des instances de gestion des organismes de solidarité
– Suppression des entreprises de prévoyance privée (AG2R, Malakoff Médéric, Vauban Humanis, etc.) et réintégration dans le régime générale de Sécurité sociale
– Refus de toute étatisation de la Sécurité sociale, c’est-à-dire de sa gestion par l’État et de son financement par l’impôt (suppression de la CSG-CRDS et retour à la cotisation sociale)

Télécharger ce tract confédéral de la CNT (2 pages)

Dossier confédéral de la CNT sur les retraites :

Des réformes consternantes, notre système de retraite par répartition en a déjà connu depuis 1993 : 1995, 2000 (pour les retraites complémentaires du secteur privé), 2003, 2010… 2013 sera de nouveau une année de réforme ! Le gouvernement Ayrault, dans la droite ligne des projets du Medef, compte bien utiliser une nouvelle fois le pseudo-argument du déficit pour justifer la contre-réforme de notre système de retraite et plus généralement, de la Sécu. Celle-ci s’inscrit dans la continuité des politiques d’austérité et de précarisation menées depuis quelques années : accords de compétitivité facilitant les licenciements (Accord national interprofessionnel – ANI), multiplication des contrats précaires, flexibilité, gel des salaires). Objectif : casser les systèmes de solidarité par le système de capitalisation.

Manifestation inter-syndicale à Lille :

mardi 10 septembre 2013, 14h30, porte de Paris, Lille


La SNCF ’’prend en otage’’ un militant du mouvement contre la réforme des retraites

45 000 euros c’est ce que demande la SNCF à un militant pour avoir participé à l’action de blocage des voies de la gare Lille Flandres le 18 octobre 2010 en plein mouvement contre la loi des retraites.

Ils étaient 70 personnes à bloquer les voies, quelques heures après deux personnes ont été interpellées pour cette action en rejoignant une manifestation lycéenne. Une semaine plus tard un troisième militant était interpellé et c’est le seul à avoir été placé en garde à vue pendant 44 heures puis à être poursuivi en justice.

Pourquoi un tel acharnement sur une seule personne lors d’une action collective organisée par un syndicat (Sud rail) ?

Pourquoi une entreprise publique telle que la SNCF demande-t-elle autant d’argent à une personne en situation précaire alors que l’occupation des voies n’a duré qu’une heure et avait le support des employés de la SNCF en grève ?

SNCF considère alors qu’une seule personne peut être la cause de ce blocage ?!

Il se trouve que ce militant a été très actif dans les actions et les manifestations lors du mouvement. Il y a là une volonté inacceptable de « punir » une personne militante pour son engagement solidaire des grévistes.

Nous, salarié-e-s du privé ou du public, chômeur-se-s, précaires, étudiant-e-s, lycéen-ne-s, syndiqué-e-s ou non, avec ou sans papiers, AG de lutte de Lille, exigeons que la SNCF arrête de chercher un coupable à cette action collective et retire sa plainte absurde et injustifiée !

Solidarité contre la répression ! Venez au procès le 8 février 2011 à 14h au TGI de Lille !!!

contact : agdeluttelille@gmail.com

Premiers signataires : UL CNT Lille, Turbulences sociales, GDALE

 


Téléchargez la version PDF du tract.

Malgré huit journées d’action particulièrement suivies, il apparaît que même avec 3,5 millions de personnes dans les rues, les défilés ne permettent pas d’être correctement entendus. Ce n’est pas vraiment une surprise, mais beaucoup d’entre nous l’avaient un peu oublié.

Partout en France, les blocages dans les raffineries, dans les centres de traitement des ordures et dans bien d’autres sites se multiplient. Incontestablement, l’obstination de l’État et du patronat a imposer leur réforme des retraites aura poussé la lutte à retrouver des pratiques syndicales disparues depuis trop longtemps.

L’unité à la base

Le mouvement social actuel a permis de retrouver des pratiques intersyndicales à la base, fondées sur une représentativité de terrain. Malgré les divergences entre syndicats, les travailleurs et travailleuses ont su privilégier leurs intérêts et développer une mobilisation commune, loin des défilés par cortèges syndicaux cloisonnés.

L’interprofessionnalisme

Alors que depuis plusieurs années, l’heure était plutôt au repli sur soi et à la lutte catégorielle ou par entreprise, la mobilisation contre la réforme des retraites a permis de retrouver des actions où se mêlent tous les corps de métiers et d’industrie, chacun soutenant l’autre avec un même objectif.

L’action directe des travailleurs

Souvent montrée du doigt, l’action directe des travailleurs s’est largement développée depuis quelques semaines, dans son sens premier : loin de la violence individuelle ou d’une avant-garde éclairée, qui reste sans effet, il s’agit de mettre en avant l’action collective des travailleurs et travailleuses sans passer par des intermédiaires ni procuration. Plus concrètement, organiser des actions syndicales à la base sans attendre le feu vert des dirigeants syndicaux ni déléguer à des représentants qui négocient et décident sans tenir compte de l’avis des travailleurs et travailleuses.

L’autogestion des luttes

Les assemblées générales souveraines se sont multipliées, dans le public comme le privé, sectorielles ou interprofessionnelles, pour décider collectivement de la grève, de sa reconduction ou non, ainsi que des actions syndicales à mener. Avec, en outre, un respect des décisions prises par chacun, vers une réelle autonomie des travailleurs et de leurs collectifs de travail.

La solidarité de classe

Tous les salariés ne pouvant faire grève en même temps – notamment les précaires et/ou isolés –, les syndicats ont repris à leur compte les idées de caisse de grève, de blocage par des camarades extérieurs à l’entreprise, pour éviter les sanctions pour les travailleurs de l’entreprise elle-même. La réforme des retraites a renforcé la conscience de classe de tous : face au patronat et à l’État, nous avons tous les mêmes intérêts, et nous devons être solidaires pour gagner.

Le blocage de l’économie

Contrairement à ce qu’affirme la propagande d’État, les grève reconductibles et les blocages ne sont pas un choix mais une nécessité ! Comment penser sérieusement que des grèves peuvent se résumer à des défilés dans les rues, encadrés par les forces de l’ordre ? L’histoire, notamment en juin 1936, a souvent montré que nos droits, nos acquis sociaux ont été arrachés (et pas demandés poliment) à l’issue de luttes très dures et généralement en utilisant le seul moyen à la disposition des travailleurs et des travailleuses : la grève et le blocage de la production sur le lieu de travail. C’est ce que nous redécouvrons dans le mouvement actuel !

Généraliser, aujourd’hui et demain…

Ce sont ces pratiques de lutte, intergénérationnelles, fondées sur l’action collective et la solidarité de classe, qui peuvent nous permettre de gagner aujourd’hui et de forcer le gouvernement et les patrons à reculer. Cette lutte doit nous servir de base pour renforcer les réflexes et pratiques nécessaires à nos victoires actuelles et futures. Soyons sûrs de notre force, car c’est bien nous qui travaillons et qui produisons les richesses : unis nous pouvons tout, isolés nous ne pouvons rien.

Ne lâchons rien ; continuons de développer, dans le mouvement actuel, comme dans ceux qui suivront :

  • l’unité syndicale à la base ;
  • les prises de décisions collectives en assemblées générales souveraines pour permettre à tous les grévistes de s’approprier la lutte ;
  • les actions collectives de blocage d’entreprises et voies d’accès aux zones où sont produites les richesses ;
  • le partage des informations sur les luttes et initiatives ;
  • la solidarité interprofessionnelle ;
  • les caisses de grève pour nous permettre de tenir et de gagner ;
  • les grèves reconductibles ou tournantes, qui bloquent la production de richesse et donc des profits…

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons ! C’est tous ensemble qu’il faut lutter, c’est tous ensemble qu’on va gagner !

Et si nous arrivons au retrait de la réforme ?

Rien ne sera gagné car les luttes défensives sont toujours un aveu de faiblesse. Il nous faut porter des perspectives nouvelles. À la CNT, nous pensons que la gestion des caisses d’assurances doit être assurée par les travailleurs eux-mêmes comme ce fut le cas dans le passé avec les sociétés de secours mutuels. Utopique ? Non, car il ne s’agit que d’étendre les pratiques de lutte aujourd’hui en place. Que les patrons paient leurs cotisations sociales sans exonérations, nous saurons très bien les redistribuer égalitairement par nous-mêmes !

L’unité face aux provocations policières

L’État sait bien que quand les intérêts de ses maîtres financiers sont menacés, il faut utiliser la répression. Fermetures administratives d’universités, police devant (voire dans) les établissements scolaires, CRS envoyés sur les piquets de grève ou les opérations de blocage, réquisition des travailleurs par décrets, utilisation de l’armée pour nettoyer les rues, terrorisation par l’utilisation du Flash-Ball ou de gaz lacrymogènes, harcèlement des jeunes des quartiers populaires, instrumentalisation de l’extrême droite, et surtout vrais policiers déguisés en faux « casseurs » pour faire dégénérer les manifestations. Ne cédons pas aux rumeurs et aux différentes provocations étatiques. La seule réponse à ces provocations est le maintien de la prise de décisions à la base par les travailleurs eux-mêmes et la construction d’un rapport de force collectif et solidaire.

Tract confédérale de la CNT du 28 octobre 2010


Vidéo du cortège des « syndicalistes pour la grève générale » organisé à Lille le samedi 2 octobre 2010 à l’occasion de la manifestation pour le retrait du projet de loi sur les retraites.

Retraites : préparons la grève reconductible !

Publié: 28 septembre 2010 par durruticolumn dans Infos, Syndicalisme
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Suite à la manifestation du 23 septembre 2010 qui a rassemblé plus de 3 millions de salariés, du public comme du privé, l’intersyndicale nationale, à laquelle la CNT n’est malheureusement toujours pas invitée, a décidé de continuer la mobilisation en appelant à une manifestation le samedi 2 octobre et à une journée de grève et de manifestation le mardi 12 octobre.

Si la CNT aurait préféré que la grève soit reconduite dès le 24 septembre, comme cela a d’ailleurs été le cas dans certains lieux ou certains secteurs, et si elle estime que ces dates sont trop éloignées, elle appelle néanmoins l’ensemble de ses adhérent.e.s et sympatisant.e.s à participer massivement à ces mobilisations.

En outre, la CNT continue de considérer que face à l’arrogance de classe du gouvernement, quelques journées isolées ne suffiront pas. La victoire des salarié.e.s est cette fois indispensable et les organisations syndicales ne doivent plus subir les défaites de 2003 ou 2007. La CNT appelle donc toutes ses structures syndicales, à tous les niveaux géographiques et industriels, à œuvrer pour la construction d’un mouvement de grève générale reconductible dès le 13 octobre. Sachant que ce mouvement ne pourra réussir que dans l’unité syndicale, elle réitère son appel à toutes les structures syndicales des autres centrales à l’unité d’action la plus large pour lancer cette dynamique.

La CNT soutiendra toute initiative de reconduction de la grève ou visant à populariser cette dynamique auprès des salarié.e.s.

Le vote final du projet de loi aura lieu le 20 octobre au Sénat. Nous ne pouvons plus reculer. Il faut exiger collectivement le retrait de ce contre-projet de réforme des retraites et de ses appendices (comme la destruction du service de la médecine du travail  – cf. article http://www.cnt-f.org/spip.php?article1378).

Organisons-nous pour imposer :

  • la retraite à taux plein à 60 ans pour tous et à 55 ans pour les salarié.e.s ayant effectué des travaux pénibles,
  • le retour aux 37,5 annuités public-privé,
  • l’indexation des pensions sur les salaires,
  • la garantie d’un taux de remplacement de 75% du salaire brut (calcul sur la base des 6 derniers mois),
  • pas de pensions inférieures au SMIC,
  • le refus des retraites par capitalisation,
  • la gestion des organismes de solidarité par les salarié.e.s eux-mêmes,
  • la hausse des salaires, induisant automatiquement une augmentation des cotisations.

Le recul social ne se négocie pas, il se combat !

Paris, le 27 septembre 2010
Confédération Nationale du Travail


Déclaration commune de syndicats CGT, SUD / Solidaires, CNT, FSU, STC, CDMT, STU pour la grève générale reconductible !

Pour le retrait du projet de loi sur les retraites et pour nos revendications
Syndicalistes pour la grève générale
Syndicats de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la CNT, de la CDMT, de la CTU, du STC, … Ensemble, nous construisons la grève générale pour le retrait du projet de loi sur les retraites ! Ensemble, pour un syndicalisme de lutte plus fort et plus efficace.

Le projet de loi sur les retraites est encore une preuve que la lutte des classes existe, et que la classe sociale qui n’est pas la nôtre la mène activement. Les annonces catastrophistes à coup de milliards qui manqueraient pour nos retraites ont pour seul but de masquer la réalité : patrons et gouvernement veulent nous faire travailler plus longtemps et nous payer moins, pour dégager encore plus de profits sur notre travail.

Pourtant, de l’argent il y en a … dans les poches du patronat et des actionnaires.

Sur seulement 3 ans, de 2007 à 2009 (année de crise !), les entreprises françaises du CAC 40 ont fait 212 milliards de bénéfice. En 2009, ces mêmes entreprises ont distribué 39 milliards d’euros à leurs actionnaires. Les « niches fiscales » réservées aux 1% les plus riches représentent 3 milliards par an, les cadeaux au patronat sous forme d’exonérations de charges sociales, 15 milliards chaque année.
Largement plus que les sommes, parfois fantaisistes, qu’on nous dit nécessaires dans 40 ans !

Avant la fin du travail des enfants, les patrons expliquaient « ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! ».
Avant la journée de 8 heures, les patrons expliquaient « ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! ».
Avant les 40 heures, les patrons expliquaient « ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! ».
Avant les 35 heures, les patrons expliquaient « ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! ».
Avant la retraite à 65 ans, les patrons expliquaient « ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! ».
Avant la retraite à 60 ans, les patrons expliquaient « ce n’est pas supportable économiquement, on ne peut pas ! ».
Aujourd’hui, c’est pareil ! Mais le rapport de forces entre classes sociales étant ce qu’il est, gouvernement et patrons ne luttent plus contre la réduction du temps de travail mais pour le rallonger.

2 ans de plus pour avoir droit à la retraite, c’est comme nous reprendre 24 années de congés payés, comme s’il fallait les rembourser avant de partir en retraite !

Il faut arrêter ça ! Retrait du projet de loi, annulation des contre-réformes des retraites qui se succèdent depuis 1993, prise en compte des revendications syndicales sur les travaux pénibles et dangereux, l’égalité professionnelle entre femmes et hommes, etc. Soyons à l’offensive ! Nous sommes légitimes à vouloir récupérer le fruit de notre travail, à vouloir en décider l’utilisation pour le bien être collectif.

Les journées de grève et manifestations interprofessionnelles de ces derniers mois, et aussi plusieurs luttes sectorielles, confirment que les travailleurs et travailleuses veulent se battre. L’expérience montre que face à des enjeux comme le projet de loi sur les retraites ou pour obtenir satisfaction sur nos revendications, la répétition de journées isolées ne permet pas de gagner.

En 2009, la grève générale a débouché sur des acquis en Guadeloupe et en Martinique..
En France, la même année, les journées d’action de janvier, mars, avril, mai n’ont rien donné et se sont terminées par une mobilisation affaiblie en juin. Tirons le bilan de nos expériences, ne recommençons pas la même chose en 2010. Mars, mai, juin, septembre, nous étions des millions dans la rue ; cela crée un rapport de forces, mais il faut maintenant l’utiliser, assumer l’affrontement social … c’est ce qui nous permettra de gagner.

Nos collectifs syndicaux CGT, FSU, Solidaires, CNT, CDMT, CTU, STC déclarent travailler ensemble à construire un mouvement d’ampleur, la grève générale pour le retrait de ce projet de loi sur les retraites et pour la satisfaction de nos revendications !

Au-delà de cet important enjeu, nos sections syndicales, syndicats, unions interprofessionnelles, fédérations, réfléchissent ensemble aux moyens à mettre en œuvre pour renforcer le syndicalisme de lutte : réunissons-nous à la base, dans les entreprises, les services, les villes … opposons-nous solidairement aux méfaits du patronat … échangeons sur nos pratiques … travaillons ensemble nos revendications … dégageons des axes revendicatifs précis et unifiants … faisons connaître les luttes …
Maintenant, il faut agir !

C’est au nom de « la crise » que gouvernement et patronat veulent nous imposer de nombreux reculs sociaux. Le projet de loi sur les retraites est l’attaque frontale et générale ; mais l’offensive patronale se traduit aussi par les licenciements, la précarité, les salaires bloqués, des conditions de travail exécrables, etc.

Mais cette crise, c’est celle de leur système économique : le capitalisme qui repose sur l’exploitation de la grande majorité (salarié-e-s en activité, au chômage, en retraite, en formation) par une minorité (patrons et actionnaires). Cette crise, c’est celle de leur système politique. Celui des services rendus contre quelques légions d’honneur, celui des conseils aux milliardaires pour se soustraire à la loi pendant qu’est prônée la « tolérance zéro » contre la délinquance, celui qui nie le droit à l’autodétermination des peuples, qui attise le racisme, les discriminations. Celui où la démocratie est remplacée par l’élection de politicien-ne-s professionnel-le-s qui considèrent n’avoir aucun compte à rendre de leur mandat.

Patronat, banques, institutions internationales (FMI, Banque mondiale, …) sont autant de relais du capitalisme engagé dans une offensive globale contre la classe ouvrière : destruction des services publics, gel ou baisse de salaires, démantèlement des garanties sociales, répression antisyndicale … les recettes du capitalisme sont internationales. Le syndicalisme doit aussi répondre à ce niveau, avec une détermination bien plus grande que cela ne se fait actuellement.

Syndicalistes, nous pensons que c’est l’action directe et collective des travailleurs et des travailleuses qui fait changer les choses. Notre démarche n’est pas proclamatoire mais soucieuse de construire la grève générale nécessaire. Il ne s’agit pas d’exiger des structures syndicales nationales d’agir en dehors des mandats décidés dans le cadre de leur fonctionnement interne.

Nous voulons :

Rassembler, coordonner, les nombreux collectifs syndicaux de lutte. Pour cela nous appelons toutes les structures, tous les syndicalistes qui se reconnaissent dans cet appel à provoquer des réunions locales afin d’en faire l’outil d’un débat syndical renouvelé à la base.
Unir nos efforts, entre sections syndicales, syndicats, unions interprofessionnelles, fédérations,
Construire un réseau syndical utile à toutes celles et tous ceux qui veulent défendre et pratiquer un syndicalisme de lutte, un syndicalisme qui affirme que nos intérêts sont opposés à ceux de nos exploiteurs.
Gagner sur les retraites !
Syndicats de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la CNT, de la CDMT, de la CTU, du STC, …
Ensemble, nous construisons la grève générale pour le retrait du projet de loi sur les retraites !
Ensemble, pour un syndicalisme de lutte plus fort et plus efficace.


Ni négociable, ni amendable, retrait du projet de contre-réforme des retraites !

Communiqué confédéral de la CNT suite à la grève générale du 7 septembre 2010.

Nous étions près de 3 millions, en France, à manifester le mardi 7 septembre 2010, contre le hold-up programmé du pouvoir sur les caisses de retraite. De plus en plus nombreux à affirmer que l’argument démographique avancé par le gouvernement pour nous faire travailler plus longtemps est une vaste escroquerie !
Il s’agit simplement pour la classe possédante, sous prétexte de « sauver le système par répartition », d’augmenter ses profits et de continuer à éliminer toutes formes de solidarité entre travailleurs.
Le financement des caisses d’assurance retraite, maladie ou chômage n’est pas un problème ! Les richesses existent, et le seul vrai problème c’est leur répartition et leur concentration par une petite minorité de privilégiés décorés par leurs amis ministres.
Continuons à nous mobiliser à la base, dans l’unité, face à un patronat de combat pour qui la « crise » est un bon prétexte pour récupérer ce que des années de luttes sociales ont permis de lui arracher.
Deux « journées d’actions » et de grèves ont d’ores et déjà été prévues dans la continuité du 7 septembre : les 15 et 23 septembre 2010. Si la CNT n’était pas tenue à l’écart de l’intersyndicale qui a proposé ces deux dates, nous aurions vraisemblablement proposé d’agir directement dans la dynamique et le rapport de force instaurés le 7 septembre. Mais, la réalité est autre… Malgré son insatisfaction, la CNT appelle à poursuivre la lutte et à participer aux différentes dates annoncées, en ayant en perspective de transformer des journées sans lendemain en grève générale reconductible.

  • La CNT invite les travailleurs à se saisir de la journée du 15 septembre, jour du vote par les députés du projet de loi, pour rejoindre les initiatives en préparation au niveau local et en définir les modes d’action.
  • La CNT appelle à se joindre massivement à la nouvelle journée de grève et de manifestation du 23 septembre appelée par l’intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-CGC-FSU-Unsa ainsi que FO et Solidaires, mais également à en préparer dès aujourd’hui la reconduction dans l’unité syndicale à la base, seule condition nécessaire à une victoire des salariés.
  • La CNT appelle tous les travailleurs à discuter en assemblée générale des échéances futures.
  • La CNT soutiendra toutes les initiatives de reconduction de la grève.

Ne restons pas isolés et divisés. Regroupons-nous et organisons-nous pour arriver à une grève générale illimitée, seule capable de stopper le rouleau compresseur capitaliste et d’amorcer un futur débarrassé de la précarité, de l’exploitation et des inégalités.

Nous ne lâcherons rien ! C’est au patronat de payer, pas aux salariés !

Paris, le 9 septembre 2010
Confédération Nationale du Travail (CNT)
http://www.cnt-f.org

Manifestation du 23 septembre 2010 à Lille : rassemblement à 14h30, porte de Paris.