Archives de août, 2008


Oi Polloi à la Rumeur

le 04 septembre 2008
57, rue de Valenciennes 59000 Lille

+ guest

À partir de 20h306€

La Rumeur
M° Porte de Valencienne


hambourg : occupation
du consulat de france et campement antiraciste

Du 16 au 24 juillet se déroulaient à Hambourg une initiative croisée de „campement antiraciste“ et „campement climatique“. Environ un millier de personnes participaient au campement divisé en divers „quartiers“ et parsemé de chapiteau et marabouts, bars, tente radio, tente informatique, tente de presse, tente „out of action“, cusine collective vegan et pr

ix libre..

Quelques retours sur le campement :

Du coté „climatique“, il s’agissait dans la foulée des „climate camp“ oragnisés depuis trois ans en Angleterre et avant les actions contre le sommet sur le climat de Copenhague en septembre 2009, de marquer un refus clair du système capitaliste et de ses solutions sécuritaires, technologiques et productivistes face à la menace climatique. Hambourg avait été choisi en particulier dans le but de bloquer et pointer du doigt la construction d’une centrale de production éléctrique au charbon par le trust suédois champion de la production de CO2, Vartenfall. Du coté „antiraciste“, les actions et le contenu politique des nombeux ateliers, débats et préparations de campagnes étaient focalisé sur une offensive contre les structures de répression des réfugiés/sans-papiers, contre les „lagers“ et autres centres de rétentions et contre les déportations et les diverses institutions et entreprises qui y collaborent. La semaine avant le campement, quelqu

es maisons de politiciens ont été attaquées à coups de pavés, oeuf de peinture et graffitis, et des voitures de l’entreprise gérant la vente de bouffe dans les centre de rétention ont été brûlées. Ceci a eu pour effet de porter à son comble une attention médiatique et politique sur le campement, ainsi que la mise en place d’un quadrillage policier annoncé comme „sans pitié“. Les tabloïd dépotoirs du groupe springer, Bild en tête titraient sur les „chaos campers“ où les 10 000 casseurs censés venir détruire la ville tandis que les politiciens locaux divisés autour de la coalition parti conservateur/parti des verts qui gère la ville se battaient sur les mesures à prendre. Malgré tout des actions nombreuses et diversifiées, spontanées ou préparées et annoncées de longues date, ont pu avoir lieu chaque jour. Cela allait de jeux de pistes pour découvrir le hambourg raciste à une auto-réduction de bouffe et bloquage d’un supermarché aldi pour soutenir les luttes des immigrés esclaves de l’industrie des fruits et légumes en espagnes et des caissiers de supermarché allemands, en passant par d’autres dégradations nocturnes, une journée de manifestation à Lübeck avec des collectifs autonomes de „réfugiés“ devant les bâtiments de formation de Fro

ntex, la police des frontières, où l’occupation d’un pont contre la construction d’un barrage au Kurdistan. Sans rentrer ici dans un compte-rendu exhaustif et détaillé de ces nombreuses initiatives, la fin du campement a été marquée le mercredi par l’intrusion de 40 personnes cagoulées en pleine journée dans les bureaux traitant les demandes de papiers des étrangers équivalent aux préfectures françaises. En moins de deux minutes selon la police, les ordinateurs, et mobiliers se sont faits saccagés et les locaux ont été recouvert de jets d’extincteur plein de peinture rouge. Le vendredi l’aéroport de hambourg a été fortement perturbé toute la journée par l’addition de barricades, fête de rue et sound system, poubelles enflammées, banderoles ainsi qu’une une manifestation de 900 personnes sur les divers gr

ands axes routiers qui y menaient. 300 personnes avaient même réussi par petit groupe et divers biais créatifs à s’introduire, puis à se retrouver dans l’aéroport pour envahir les terminaux et foutre le ouaille conre les déportations. Si l’on ajoute à cela la force d’entropie et de paralysie créée par la seule présence de centaines de policiers et contrôles à tous les carrefours, coins de rue et accès à l’aéroport, le bloquage fut relativement réussi. Un paquet d’arrestations individuelles ou de masse ont quand même eu lieu au cours de la semaine, mais généralement sans que celles-ci puissent prêter à des inculpations graves, à part semble-t-il pour deux personnes mises en causes dans le cadre de l’action „commando“ dans les locaux du „bureau des étrangers“ et dont l’une est actuellement sous contrôle judiciaire et en attente d’un potentiel procès.

L’occupation du consulat de France :

C’est dans le cadre de ce campement que le jeudi 21 août, lors de la journée d’actions décentralisées contre les déportations, le consulat de France de Hambourg a été occupé en soutien aux luttes des sans-papiers et aux personnes inculpées et incarcérées dans le cadre de la répression contre les dits „anarcho-autonomes“ par le gouvernement français. Une quarantaine de personnes ont réussi à rentrer dans le consulat, alors que la plupart des institutions et bâtiments officiels ou cibles potentielles d’actions étaient surveillées par des cohordes de policiers suite à l’action dans le bureau des étrangers. Une banderole de solidarité avec les sans-papiers a été accrochée du balcon par dessus le drapeau français tandis qu’une autre sur le perron demandait la libération de ’Isa, Juan et Damien. Après un début de bousculade autour de la machine à fax et quelques débats avec le consul et le personnel offusqués de l’occupation et de la banderole sur la façade alors que „la nation était en deuil suite à la mort de soldats français en Afghanistan“, les occupants ont fini par obtenir un engagement clair surl’envoi de faxs au gouvernement français. Les policiers appelés à la rescousse ont vaguement tentés d’interpeller les occupants lors de leur sortie du consulat, mais sans succès. Vous trouverez ci-joint le texte du fax et tract diffusé en allemand et français lors de cet

te action. Diverses émissions de radio et diffusions de textes ont déjà été organisées en Allemagne sur cette affaire, à l’heure où vont s’ouvrir les procès 129A (articles de loi qualifiant les actions de „terrorisme politique“), concernant notamment des personnes inculpées sur des affaires d’incendie de voitures de l’armée.

Occupation du Consulat de France : En solidarité avec les Sans-Papiers et pour la libération de Isa, Juan et Damien

Dans le cadre de la journée d’action contre les expulsions, nous occupons aujourd’hui le consulat français de Hambourg. Nous dénoncons la politique du gouvernement Sarkozy qui a demultiplie la repression contre les sans-papiers avec des quotas de 25000 expulsions par ans, des rafles dans les rues, des charters et de nouveau centres de retention. Nous soutenons les centaines de sans-papiers enfermé-e-s qui se sont lancé-e-s dans une lutte permanente contre l’existence même des centres de rétention : mutineries, grèves de la faim, communiqués, refus de rentrer dans les chambres, refus d’être compté-e-s, parloirs sauvages…

Régulièrement, des milliers de personnes se sont déplacées vers les centres de rétention pour manifester leur solidarité. En juin, les sans-papiers qui y étaient enfermés ont finalement incendié leur prison et ainsi détruit complètement le plus grand centre de rétention de France. Alors que le gouvernement accuse les collectifs de soutien aux sans-papiers d’etre des incendiaires, des mutineries et départs de feu, comme récemment a Mesnil-amelot, continuent maintenant dans d’autres centres de rétention.

Du soutien aux sans-papiers à diverses autres lutte

s dans les universités, les banlieues, contre les élections ou la construction de nouvelles prisons

, des pratiques d’actions directes, d’occupations, bloquages, sabotages et grèves sauvages ont porté les résistances de ces dernières années en France. Aujourd’hui le gouvernement agite le spectre du terrorisme pour tenter de juguler la contestation, faire passer de nouvelles lois sécuritaires et tenter de diviser le mouvement en isolant certains militant-e-s et formes d’actions plus gênantes que d’autres.

En janvier, Bruno, Ivan et Damien étaient arretés alors qu’ils se rendaient a une manifestation devant le centre de rétention pour sans-papiers de Vincennes avec des fumigènes et clous pour crever les roues de fourgons de police. Ils se sont vu accusés d’avoir voulu préparer une bombe. Peu aprés, de nouvelles arrestations ont eu lieu. Les personnes mises en cause avaient cette fois avec elles des fumigènes, des plans de prisons et guides de sabotage, leur ADN correspondraient a celui retrouvé lors d’une tentative d’incendie de voiture de police pendant la période des élections présidentielles de 2007. Il n’en faut pas plus au gouvernement et aux médias pour étab

lir l’existence d’une mystérieuse organisation terroriste « anarcho-autonome » d’île de France et parler de la menace d’un retour de la „lutte armée“. Le décalage entre l’effet d’annonce médiatique, les accusations fantasmées et la maigre réalité des pièces à charge dont dispose la police, ainsi que les diverses manifestations de solidarité à l’égard des inculpées pourraient finir par forcer le gouvernement à faire marche arrière…où à s’enflammer définitivement commeil l’a fait en juin en accusant le Réseau Education Sans Frontières et aures organisations de soutien aux sans-papiers d’être aussi des incendiaires, ou en demandant à ce que des personnes fichées comme anarcho-autonomes soient systématiquement déférées devant les magistrats anti-terroristes lors de banales arrestations.

Qui qu’il en soit, Juan, Isa, Damien, Ivan sont aujourd’hui toujours incarcérés ou en attente de leur procès dans le cadre d’une instruction anti-terroriste. Bruno est parti en cavale pour se libérer du contrôle judiciaire drastique auquel il était soumis. Ils risquent des années de prison. Nous occuppons aujourd´hui le Consulat de France pour que les poursuites contres eux cessent et affirmer que les actions de soutien en leur faveur continueront en Fr

ance et ailleurs. A L’heure où le gouvernement français massifie le fichage adn et politique (edvige) dela contestation, nous pensons qu’il est primordial de ne pas laisser cours à la diabolisation et à la répression de formes d’actions illégales qui ont toujours fait partie intégrante des moyens par lesquels il était possible que des mouvements de résistance pèsent face aux pouvoirs en places et à ses milices. C

’est de notre solidarité que dépendent les possibilités de continuer à contester dans les années à venir.

Liberté pour Isa, Juan et Damien. Fermeture de tous les centres de retention. Pour la liberté de mouvement et une pratique solidaire de l’autonomie de la migration.

27 Août 2008 : Manifestation des sans papiers du Csp59

Publié: 27 août 2008 par luttennord dans Rendez vous

Manifestation hebdomadaire des sans-papiers à 18h place de la République à Lille !

Remballe ton pape !!!

Publié: 25 août 2008 par luttennord dans Infos, Rendez vous

Remballe ton pape !!!

appel contre la venue du pape en France

Remballe ton pape ! Pourquoi nous nous opposons à la venue de Benoit XVI Les 12, 13 et 14 septembre prochain, le Pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger) sera pour la première fois en France, invité par Nicolas Sarkozy. Cette présence du Chef du Vatican, cautionnée par l’Etat français, est inacceptable et constitue une attaque contre le mouvement social pour plusieurs raisons.

Une attaque contre la séparation de l’Eglise et de l’Etat : Par cette invitation, Nicolas Sarkozy confirme sa position sur une « laïcité positive » qui ne devrait pas avoir « le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes ». Il n’hésite pas à promouvoir l’intrusion de la pensée chrétienne dans les affaires publiques quand il dit que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». Malgré les protestations, la rentrée prochaine verra « l’éducation civique » remplacée une « l’instruction civique et morale » aux relents de catéchisme républicain et d’obéissance aveugle aux règles. N’oublions pas aussi qu’en 2007, Christian Vanneste, député UMP-CNI du Nord, a envoyé à des établissements scolaires l’ouvrage « Homme et femme, il les créa », condamnant les théories de l’évolution et l’homosexualité.

Il y a une persistance des liens structurels entre État français et autorité vaticane. Le Président de la République a accepté le titre de chanoine. Christine Boutin, actuelle ministre du logement et de la ville, est nommée depuis 1995 au Conseil Pontifical pour la famille du Vatican, et son cabinet ministériel compte un prêtre, Jean-Marie Petitclerc. Ces exemples constituent une attaque contre la laïcité instituée par la loi.

Une attaque contre les femmes Les propos à l’encontre des femmes et de leurs droits tenus par l’Eglise catholique en général, et par Benoît XVI en particulier, sont rétrogrades, sexistes, misogynes et lesbophobes. Dans sa lettre encyclique Evangelium Vitae, il semble nécessaire à Ratzinger de rappeler les paroles prêtées à Dieu envers Eve, suite au prétendu « péché originel » : « Le désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi » (Genèse, 3, 16).

La supériorité divine des hommes sur les femmes organise la société dans toutes ses sphères : Ratzinger ajoute que « les femmes qui le désirent librement pourront consacrer la totalité de leur temps au soin du ménage […], tandis que celles qui désirent avoir d’autres activités pourront le faire, avec des horaires adaptés, sans être mises devant le choix de devoir sacrifier leur vie de famille. » A l’heure où les femmes occupent une large part des emplois précaires et consacrent une majorité du temps qu’il leur reste au travail domestique gratuit, Benoît XVI tient à leur rappeler leur place : le foyer et la famille. La famille, défendue par Ratzinger, est surtout le premier lieu de la violence domestique.

Une attaque contre le droit à la contraception et à l’avortement

Le catéchisme de l’Eglise catholique perdure : « le plaisir sexuel est moralement désordonné quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d’union. »

Puisque la norme est que sexualité et reproduction soient intimement liées, c’est tout d’abord au droit à l’avortement que l’Eglise catholique s’en prend. Des milliers de femmes meurent chaque année dans les pays où l’avortement est illégal. Là où il est légalisé, le droit des femmes à disposer de leur corps est attaqué sans relâche. En France, où 40 % des femmes avortent une fois dans leur vie, les services hospitaliers qui le pratiquent sont de moins en moins financés, sous l’influence d’un lobbying actif de l’Eglise catholique. Cette dernière promeut également l’extension de la clause de conscience – le droit des médecins à refuser de pratiquer l’avortement notamment – et indique qu’il s’agit d’un devoir.

Une attaque contre nos vies : le pape complice de la propagation du VIH L’Eglise catholique s’en prend globalement à la majorité des moyens de contraception, y compris le préservatif qui permet de se protéger de nombreuses maladies sexuellement transmissibles et, notamment, du virus du Sida (VIH).

Dans un contexte mondial où la pandémie du VIH progresse et fait des ravages, continuer d’interdire des méthodes de protection des vies humaines, comme le préservatif, qui sont simples, peu coûteuses et efficaces est criminel.

Une attaque contre le droit de choisir son genre et sa sexualité

La Bible condamne l’homosexualité et Ratzinger décrit « l’inclination particulière de la personne homosexuelle » comme « un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral ».

Par ses propos, l’Eglise permet de légitimer toutes les discriminations et violences commises envers les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transexuel-le-s et intersexes (LGBTI). Elle fait perdurer un ordre moral qui condamne à la sous-citoyenneté toutes celles et ceux qui ne veulent pas s’y conformer. Cet ordre suppose qu’il n’existe que deux genres, « naturellement » déterminés par deux sexes, hommes et femmes nécessairement complémentaires, niant ainsi l’existence des personnes transgenres, transsexuelles et intersexes.

Une attaque contre la solidarité et les luttes sociales A propos des immigré-e-s, le Pape a souligné que quiconque leur apportait son aide devait le faire « dans le respect de la loi faite pour assurer le bon déroulement de la vie sociale. » On voit que quand il s’agit de gens que la police rafle et emmène en centre de rétention, les capacités de protestation de l’Eglise catholique ne se sont pas beaucoup améliorées depuis la Seconde guerre mondiale.

Mais, plus globalement, Benoît XVI tient à envoyer un message clair contre l’émancipation : « il serait criminel de prendre les éléments de la piété populaire et de les orienter vers un plan de libération purement terrestre, lequel se révèlerait rapidement comme rien d’autre qu’une illusion ». Pour tous et toutes les opprimé-e-s, pour tous ceux et celles qui voudraient lutter pour voir leur situation s’améliorer ou qui aspirent à un monde meilleur, il suffirait de courber l’échine pour pouvoir atteindre le bonheur… mais seulement après la mort.

Nous sommes contre la violence et les discriminations de l’Eglise.

Nous sommes pour le droit de faire ce que nous voulons de notre corps, sans avoir à répondre à une norme, à une esthétique, qu’elle soit religieuse, sociale ou idéologique.

Nous sommes pour le droit de choisir nos sexualités, sa/son/ses partenaires.

Nous réaffirmons que l’accomplissement des femmes ne passe pas par la maternité, qu’elle n’est pas un destin biologique mais doit rester un choix.

Nous exigeons :

  • que l’Eglise ne s’immisce pas dans la politique,
  • que l’Eglise arrête de faire des déclarations criminelles,
  • que les gouvernements français mettent tout en place pour s’affranchir de l’idéologie catholique,
  • le libre accès et la totale gratuité des moyens de contraception et de l’avortement.

Premiers signataires : Marche mondiale des femmes, Panthères roses, Alternative libertaire, Offensive libertaire et sociale, Scalp , Ligue communiste révolutionnaire

Agression Bonehead dans le centre ville de Lille

Publié: 23 août 2008 par luttennord dans Infos

C’est un article de Nord éclair qui relate les faits, une agression d’un sdf par un militant néo-nazi bien connu des Antifascistes lillois.

Pas de bonehead dans notre ville, aucun lieu pour les fascistes

Source : Nord Eclair – 20/08/2008

« Un dossier nauséabond » déclare d’emblée la procureure Anne-Lise Cau. Ce mercredi, devant la présidente Nourith Reliquet, un jeune homme fluet et au crâne rasé passe pour une agression gratuite. Victime: un SDF avec béquilles.
L’action se déroule à 14 h 05 avenue Gustave Delory à Lille devant le supermarché LIDL. L’agression va avoir des témoins privilégiés: une patrouille de police passe par cette artère du centre-ville et avise un jeune homme qui, à coups de chaîne, « s’acharne », c’est le terme utilisé par les policiers, sur un homme à terre et replié en boule. Soyons clairs: une homme de race européenne agresse un Nord-Africain, comme le signale le premier rapport policier.
Le jeune agresseur, Tomasz Szkatulski, 24 ans, est interpellé illico. Sur son cou, un tatouage s’étale bien visible: il est écrit « white power » avec un poing fermé entre les deux mots. « L’agression n’a rien à voir avec mes opinions » expliquera hier devant la présidente le jeune adepte du « pouvoir blanc ».

Le problème, c’est que cette agression survenue lundi, même si la circonstance aggravante de « racisme » n’a pas été retenue, semble n’avoir pas beaucoup de raisons discernables. Selon la thèse développée hier par le prévenu, le SDF, qui possède un nom patronymique d’origine nord-africaine, a voulu « caresser » le chien American Staff du prévenu et de sa petite amie qui se promenaient. « Il a dit des mots incompréhensibles dans une langue que je ne connais pas » déclare le prévenu. « Cela me semblait des menaces » complète le jeune homme. Et d’ajouter: « Le clochard avait des béquilles mais il marche comme tout le monde ». Objection de la procureure Anne-Lise Cau: « La victime a une entorse et les béquilles ne sont pas superflues ainsi que l’indique le médecin légiste ».
Bref, comme Tomasz Szkatulski aurait repoussé le SDF, qui se mettait en danger avec le chien d’attaque, la future victime se serait montrée menaçante en brandissant une béquille, selon la jeune fille. « J’ai été frappé d’un coup de béquille, j’avais très mal à l’omoplate » assure le prévenu.

Autre version fournie par le prévenu: « Il faisait très chaud; mon amie était en tee-shirt et en mini-jupe, il la regardait et j’ai pensé que ce qu’il disait était des propros malveillants ». La procureure Anne-Lise Cau s’insurge: « C’est un dossier nauséabond et, même si nous n’avons pas la preuve que le racisme a joué un rôle, il flotte un drôle de parfum autour de cette agression. Le prévenu dit avoir été frappé: personne n’a vu cela, sa petite amie ne le dit pas et il n’y a aucune trace de coup sur l’omoplate. L’homme en béquilles ne pouvait sérieusement menacer le prévenu et, s’il a regardé sa copine court-vêtu, le prévenu n’a qu’à demander à son amie de ne pas porter de mini-jupe ».
Le tableau s’assombrit quand la procureure souligne qu’en 2006, le même jeune homme a déjà été condamné pour une agression au couteau. Ici, la médecine légale atteste de deux jours d’immobilisation pour le S.D.F. blessé aux mains, aux bras et au thorax. Bref, Anne-Lise Cau demande l’application de la peine-plancher: un an de prison.
En défense, Me Mickaël Andrieux se bat avec vaillance: « C’est une rixe et nous ne pouvons prétendre qu’elle est d’origine raciste. Mon client est victime de ses opinions qu’il ne peut cacher avec ce tatouage ancien ». Jugement: douze mois de prison dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve.

Le préfêt CANEPA : Chasseur de sans papiers…et de soutiens

Publié: 21 août 2008 par luttennord dans Infos


jusqu’où ira le préfet canepa dans sa traque des sans papiers ?

La police, sur les trousses d’un Sans-Papiers, fait irruption chez un Soutien.

Jusqu’où ira le Préfet CANEPA dans sa traque des Sans Papiers et la criminalisation de la solidarité ?

Le mercredi 31 juillet dernier, à 7 heures, 3 policiers débarquent au domicile roubaisien d’un soutien des Sans-Papiers. Ils tambourinent à sa porte. Notre camarade encore endormi ouvre et se retrouve nez à nez avec des policiers. L’un d’eux exhibe sa plaque et demande à vérifier son identité. Le Soutien entre dans son appartement à la recherche de sa carte d’identité. Les policiers choisissent ce moment pour entrer dans l’ appartement. Ce stratagème leur permet de s’assurer que le Soutien ne cache pas un Sans-Papier qu’ils recherchent. Ils sont, disent-ils, sur les traces d’un Thaïlandais sous le coup d’une obligation de quitter le territoire, assigné à résidence et qui ne se serait pas présenté au commissariat de police. Cette traque menée au petit matin par des policiers débarquant au domicile d’un Français, solidaire de la lutte des Sans-Papiers, montre, que les atteintes aux libertés et droits des étrangers menacent de manière concrète les droits fondamentaux de l’ensemble des citoyens du pays berceau des droits de l’homme.

Alors que pendant la période des vacances, la vie politique tourne au ralenti dans l’ensemble de l’Hexagone, le Préfet CANEPA, comme le Président SARKOZY, pratique la politique du harcèlement permanent. Il espère sans doute, avant de partir, pouvoir dire , comme son mentor, que depuis qu’il est là, « désormais, quand il y a une lutte des Sans Papiers, personne ne s’en aperçoit ». Aveuglé par cette obsession, Monsieur CANEPA amène les policiers à traquer les Sans Papiers jusqu’aux abords de leur local où la semaine dernière un Sans-Papier a été arrêté, embarqué avec la personne qui l’accompagnait à la permanence juridique. Ce harcèlement atteint son paroxysme avec les contrôles policiers au faciès devant l’entrée même de la Préfecture et qui se poursuit jusqu’aux guichets. C’est ce qu’a subi un ex Sans-Papier, régularisé en décembre dernier sur des critères d’insertion et, à qui les services de Monsieur CANEPA réclame un contrat de travail, avant de renouveler son récépissé. D’anciens Sans-Papiers, ont également signalé qu’à la place de leur carte de 10 ans qu’ils viennent renouveler, ils reçoivent des récépissés ou des cartes d’1 an !!! Le CSP59 a été également saisi par de nombreux cas de Sans-Papiers qui ont été extraits du CRA, soustraits à la justice par le Préfet CANEPA pour être expulsés en catimini. Comme on peut le voir, le contexte général de la chasse aux Sans-Papiers, conduit Monsieur CANEPA, représentant de l’Etat dans la Région à d’incroyables abus de pouvoir.

Les contrôles massifs au faciès, les enfermements et en fin de compte les expulsions, ne peuvent nous faire oublier que le rapport de force est en train de changer. Grâce à la lutte des Sans-Papiers, l’opinion publique a évolué, elle est favorable à la régularisation des travailleurs Sans-Papiers. 69% des Français estiment en effet que les Sans-Papiers jouent un rôle important dans l’économie et la société française. Le sort des travailleurs Français est donc lié à celui des Sans-Papiers, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, de la protection sociale, des retraites, de la précarité, des services publics, … K. Marx avait raison : « les travailleurs à peau blanche ne peuvent s’émanciper là où les travailleurs à peau noire sont marqués au fer rouge ». Comme ils l’ont démontré l’été dernier et à travers la marche de Lille à Paris, les Ch’ti Sans-Papiers et leurs Soutiens sauront passer de la situation actuelle de résistance à la contre-offensive en s’inscrivant massivement dans les luttes qui se préparent pour cette rentrée. N’en déplaise à Monsieur CANEPA.

RASSEMBLEMENT TOUS LES MERCREDIS, PLACE DE LA REPUBLIQUE à 18h.

LE 23 AOUT 2008 : 12ème ANNIVERSAIRE DU COUP DE HACHE DE ST BERNARD : PLACE DE LA REPUBLIQUE,
A 14 H DEPART DE LA MARCHE VERS LESQUIN

—  Comité des Sans Papiers 59 (CSP59) 42 rue Bernos 59000 Lille
tel : 0680575061 e-mail : csp59 Czb wanadoo.fr
infos : leblogducsp59.over-blog.com
Manifestation tous les mercredis 18 h 30 Place de la République / Lille


lettre de damien, en prison à villepinte

Nouvelles de l’instruction antiterroriste

Durant la période éléctorale qui a vue l’arrivée de Sarkozy à la présidence, l’ambiance est à la colère et à la révolte. De manifs sauvages à des bris de vitrines de permanences d’élus, de nombreux actes marquent cette période. Début mai, il y eu aussi une tentative d’incendie d’une voiture de flic devant un commissariat de Paris. C’est pour cette tentative qu’Isa, Juan et aujourd’hui Damien sont en détention préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient été retrouvés sur l’engin incendiaire. Tous les trois sont sous le coup d’une instruction antiterroriste.

Salut à tous les camarades,

C’est une triste nouvelle qui me pousse à écrire cette lettre. A l’heure où elle sera rendue publique, je serai en prison, enfermé dans une cellule pour un temps que j’ignore. Il y a une semaine j’ai reçu une convocation de la juge antiterroriste Houyvet pour le 14 août en tant que mis en examen dans le cadre de l’instruction sur la supposée « Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne ». Pour mémoire, j’avais déjà été interpellé le 19 janvier avec Ivan et Bruno qui étaient en possession de fumigènes. J’avais alors été placé sous contrôle judiciaire.

Je suis donc convoqué le 14 août car les flics et les experts en charge de ces affaires prétendent avoir recoupé mon ADN prélevé sur un de mes habits en Garde-à-vue le 19 janvier (j’avais alors refusé de le donner volontairement) avec l’un de ceux relevé sur une bouteille remplie d’essence retrouvée sous une dépanneuse de la police en mai 2007, au moment de l’élection présidentielle. Dans cette affaire, Isa et Juan sont déjà incarcérés. Je sais donc en me rendant à cette convocation que je n’ai aucune chance d’en sortir à l’issue et pourtant je m’y rends. Si je tiens à écrire cette lettre, ce n’est pas pour me justifier ni pour chercher un assentiment collectif. J’ai fait ce choix après réflexion et après en avoir discuté longuement et collectivement. Ce fut évidemment une décision difficile mais je l’assume pleinement. J’avais seulement envie d’expliquer cette décision à toutes celles et tous ceux avec qui j’ai déjà partagé des moments de vie et de lutte et parce que cette situation peut toucher d’autres personnes et qu’il est bon de partager les expériences. Si je le fais dès aujourd’hui, c’est parce que je sais bien qu’il sera plus difficile de communiquer ensuite.

Dans cette affaire, mon ami Bruno a fait un choix différent, il a préféré la cavale pour des raisons tout à fait compréhensibles. Je lui souhaite de tout cœur bon vent et j’espère que tous les charognards de la répression ne retrouveront jamais sa piste. Nos choix ne sont pas les mêmes mais ne s’opposent pas entre eux. Libre, en cavale, sous contrôle judiciaire ou enfermé, ces situations sont différentes mais quelle qu’elles soient, nous restons animés par le même désir de liberté et le même envie de révolte face à ce qui nous opprime.

Dans ma situation, il n’y avait que peu de possibilités : partir ou me rendre à la convocation, soit l’exil ou la prison. Je ne voulais pas ne pas m’y rendre et attendre qu’ils viennent m’arrêter chez moi ou m’enlever en pleine rue. Quant à partir, je ne me voyais pas refaire ma vie à des milliers de kilomètres ni vivre caché dans la crainte permanente d’être arrêté. Bien que, je le répète encore, je comprends et soutiens tous ceux qui ont fait ces choix, mais moi je ne me le sentais pas, voilà tout. Restait donc me rendre à cette convocation et aller quelques temps en taule, ce qui ne signifie pas que j’accepte mon sort. Aller en taule tout en continuant à lutter pour la liberté, sans oublier ce qui nous anime politiquement, sans renier ce qu’on est, des révoltés contre l’ordre des choses, contre la marche de ce monde qui se prétend naturelle et contre la résignation.

Quant aux faits qui me sont reprochés, je nie une quelconque participation à cette action, je conteste ce rapport d’expertise et par là tout le système judiciaire et sa cohorte d’experts qui font maintenant de l’ADN l’élément indiscutable prouvant la culpabilité, l’empreinte génétique devenant la preuve absolue. J’affirme néanmoins ma pleine solidarité avec toutes celles et tous ceux qui, lors de la dernière élection présidentielle, ne se sont pas contentés de rester dans leur coin mais sont descendus dans la rue pour gâcher la fête de l’arrivée au pouvoir d’un nouveau chef et exprimer avec rage leur refus d’être gouvernés, chacun à leur manière.

Cette révolte se poursuit aujourd’hui de différentes manières, dans les centres de rétention, dans les lycées ou dans les rues et j’espère de toute ma détermination et de toute ma rage que les murs qu’ils construisent ne suffiront à nous séparer et à briser nos solidarités et nos révoltes.

A bientôt, Damien.