Archives de juillet, 2009

La Répression monte d’un cran : Communiqué du GAARE

Publié: 21 juillet 2009 par luttennord dans Infos

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la répression monte d’un cran : communiqué du gaare

Communiqué de soutien avec les ExpulséEs de la Clinick et contre la répression d’Etat.

A l’aube de la fête nationale, la répression de cet état sécuritaire et fascisant s’est montrée sous son plus vilain jour. Les scènes de violences policières se sont ainsi multipliées ces derniers jours.

Fin juin à Calais, on comptait 3000 porcs pour 500 êtres humains venus au camp No Border. Ce dernier s’étant transformé en zone sous haute surveillance et pression, il n’était plus possible en France de résister, de protester contre l’ordre établie. La dictature s’était installée le temps d’un camp.

Peu de temps après, c’est une militante lilloise, proche des inculpéEs du 23 mai (manifestation anti-répression), qui s’est fait agresser suite à une possible collusion entre porcs et fachos, préfigurant ce qui se passe déjà dans d’autre pays (cf Indymedia Athens). En effet, des groupes d’extrême droite locaux se sont procurés des informations connues des seules forces de l’ordre (identités et adresses des inculpéEs).

Revenons un peu en arrière, un mois auparavant, c’est un activiste lillois, qui avait pris 6 mois de sursis pour avoir un lance pierre et des cagoules au fond de son sac. Coupable de participer à cette manifestation anti-répression, coupable de déranger un peu trop la porcherie locale, le juge a gentillement suivi le procureur, qui a sagement prêté l’oreille aux porcs venus en masse ce jour là au tribunal.

Alors quand un camarade (le sixième de l’année) perd son œil à Montreuil (cf site de la clinik), notre rage explose, notre dégout se propage contre cet état, devenu sécuritaire et ultra violent réduisant au néant tout espace de liberté. Résistons touTEs ensemble et démasquons nos ennemies. Dénonçons le fichage et la surveillance de la population, battons nous contre les violences policières et pour l’émergence de foyers de vie dans nos quartiers.

Nous brûlerons les fichiers de surveillance, détruirons les caméras de surveillance, anéantirons les fabricants de flash ball et de tasers, briserons les vitrines des agences immobilières.

Ré-approprierons nos rues, nos immeubles, et nos vies !

Solidarité avec les expulséEs de la Clinique !

Groupe d’Actions Autonomes contre la Répression d’Etat (Gaare)

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Appel pour l’interdiction immédiate du flash-ball

Publié: 18 juillet 2009 par luttennord dans Infos
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appel – pour l’interdiction immédiate du flash-ball

Mercredi 8 juillet, Joachim Gatti, 34 ans, cinéaste, a perdu un œil touché au visage par l’un des nombreux « flash balls » tiré par des policiers contre un groupe de manifestants pacifiques qui protestaient contre l’expulsion d’un bâtiment occupé à Montreuil. Selon de nombreux témoignages, tous les tirs visaient au-dessus de la taille.

Nous ne saurions recenser l’ensemble des blessures irréversibles dues à l’utilisation de plus en plus fréquente de ces armes dans le « maintien de l’ordre », tant lors de manifestations que dans le quotidien des interventions des forces de police. Rappelons toutefois qu’en moins d’un an, au moins trois manifestants ont été grièvement atteints à l’œil : ce fut le cas de Pierre, 17 ans, un lycéen Nantais lors d’une manifestation à l’automne dernier et Joan, 25 ans, un Toulousain qui participait à une autoréduction dans un supermarché ce printemps.

En 2002, lors de la dotation en flash ball de la police le gouvernement et les syndicats de policiers s’étaient voulus rassurants ( ?) affirmant que ces armes étaient « non létales » et que leur usage resterait exceptionnel et rigoureusement encadré (suivant le principe de « proportionnalité de la riposte »)… Les faits démontrent qu’il n’en est rien.

Assurée de son impunité, la police utilise quotidiennement ces flash ball de façon offensive, ignorant délibérément ces fameux principes supposés régler leur utilisation et sans hésiter à s’en servir de manière à occasionner le maximum de dégâts (tirs à bout portant, tirs délibérés à la tête, etc.).

Ce qui c’est passé à Montreuil, Toulouse ou Nantes, s’inscrit dans une logique d’utilisation croissante et quotidienne d’une répression expéditive pour faire régner l’ordre : arrestations et interrogatoires d’enfants, multiplication des gardes à vues, criminalisation du syndicalisme, dispersions brutales et violentes de rassemblements « non encadrés » (manifestations, rassemblements, fêtes, concerts), etc.

Parce que nous ne pouvons accepter une telle surenchère de la violence policière ; parce que nous ne pouvons nous résoudre à accepter une société où la réponse à tout conflit ou tensions sociales soient les « tirs tendus » de flash ball : nous demandons l’interdiction immédiate de cette arme, avant que l’irrémédiable ne se produise.

Pour signer en ligne
http://petitions.samizdat.net/001-p…

Le dossier d’information
http://petitions.samizdat.net/flash-ball

De l’utilisation de la justice en milieu anarchiste

Publié: 16 juillet 2009 par luttennord dans Infos

De la justice en société anarchiste

jeudi 4 décembre 2003

Pour les anarchistes, l’appareil judiciaire (tribunaux, prisons) fait partie avec la police et l’armée, des institutions répressives de l’état avec pour mission fondamentale le contrôle social et la protection des biens. Il pérennise l’exploitation économique, les inégalités sociales générées par le capitalisme et sanctionne ceux qui le combattent ou enfreignent ses lois. Cette vision partisane, même si elle est confortée par la réalité quotidienne des sanctions prononcées, nous amène à « condamner » en bloc les prisons, où s’entassent essentiellement pauvres, marginaux et personnes d’origine étrangère devenues indésirables depuis que le chômage s’est installé en France. La Justice est pour nous synonyme de prétention despotique des juges à nous dicter la morale que les puissants veulent faire respecter aux justiciables, sans se l’appliquer à eux-mêmes : de façon viscérale, nous refusons à quiconque le droit de nous imposer sa morale.

Pourtant, il est bien évident que même en société anarchiste, les conflits d’intérêts, les déviances, les litiges entre individus ou avec tel ou tel organisme de la société subsisteront. Ils sont aujourd’hui régulés par cette même Justice, dont quelques-uns pensent encore qu’elle est là pour faire respecter les lois de la République, c’est-à-dire un ensemble de dispositions pour protéger les individus qui la composent, poser les limites et les règles comportementales. Les lois étant élaborées à travers le filtre de la représentation politique, il est logique qu’elles soient rarement favorables au peuple mais il arrive quelquefois qu’un juge tranche en faveur du plus faible, quand les abus sont par trop criants.

Le nombre de conflits sera infiniment moins important lorsque les tensions, frustrations et injustices liées directement à l’exploitation de l’homme par l’homme disparaîtront avec la suppression du système capitaliste. Mais il restera encore bien des raisons de se disputer : comment envisager une gestion des conflits, des litiges sans retomber dans un système répressif inacceptable ? D’abord, les règles communes, indispensables dans toute société, devront être élaborées collectivement et rediscutées autant que nécessaire, dans le souci d’être le mieux que possible adaptées à l’éthique émergente : ces règles font partie du contrat social que chaque individu peut refuser mais en sortant également de tous les services collectifs qui l’accompagnent. Par exemple, la nécessité d’une contribution aux tâches collectives (travail) ne peut être refusée qu’en renonçant à l’accès aux biens, services et ressources collectifs qu’elles fournissent. Comme pour la police ou l’armée, il est dangereux (et contradictoire avec la rotation des tâches) d’instaurer une caste judiciaire chargée de régler les différends.

Mais il n’est pas plus équitable d’instaurer des tribunaux populaires style assises, les compétences de jurés tirés au hasard n’étant pas une garantie d’objectivité. Les représentants du peuple chargés de régler les conflits (quels que soient les domaines : emploi, relations sociales) pourraient être élus pour une durée déterminée par secteur géographique ou professionnel, avec des clauses de contrôle et de révocabilité, afin d’avoir toujours à l’esprit qu’ils doivent rendre compte de leurs décisions, les justifier. La procédure judiciaire, une fois établis les faits de la façon la plus objective possible (à défaut en tenant compte des points de vue contradictoires), au lieu de chercher d’abord la sanction, devrait s’efforcer, lors de réunions de conciliation, de trouver les voies d’une réparation, qui permette à la fois à la « victime » d’être indemnisée, d’obtenir réparation matérielle ou morale du préjudice causé, et au « coupable » de sortir de cette situation de marginalisation, de rupture sociale pour reprendre une place digne, de se reconstruire un espace social. En ce sens, la prison, même si elle ne consistait qu’en la privation de liberté (et c’est loin d’être le cas !) ne peut pas être une réponse constructive puisqu’elle n’est qu’une punition (et la victime sauf à être sadique ne peut s’en satisfaire) et qu’à de rares exceptions près elle a tendance à aggraver pour le détenu, sa famille et ses proches, les ruptures avec la société et accroît ses difficultés économiques et relationnelles. Dans la façon de rendre la justice aujourd’hui, ce qui se rapproche le plus d’une possible décision de justice en société anarchiste, ce sont les « travaux d’intérêt général ». Les dégâts matériels peuvent assez souvent trouver une équivalence de dédommagement, la difficulté vient des préjudices moraux, qu’on ne saurait compenser par une somme d’argent (que l’on espère aboli !) ou quelle que forme de torture que ce soit du condamné. L’essentiel du travail de la justice sera un questionnement psychosocial des protagonistes et de leur environnement pour ouvrir les pistes, dans le dialogue (y compris vif, vengeur ou affectif) sinon à une réconciliation (le terme est un peu provocateur) au moins à la possibilité de cohabiter à nouveau librement et sans heurts. Même dans les cas de troubles mentaux, l’enfermement n’est pas une thérapie et doit rester une étape de courte durée.

Ces quelques réflexions pour alimenter la lutte qui, de l’incarcération de José Bové à Montpellier à la manifestation samedi 15 novembre devant la prison de la Santé, proclame une solidarité avec tou.te.s les prisonnier.e.s. Si 260 manifestants de la Santé, en marge des 80 000 des forums sociaux, ont été interpellés et contrôlés jusque tard dans la nuit à Paris, pour la simple expression de leur soutien aux plus marginaux d’entre nous, c’est que remettre en cause le bien-fondé de l’incarcération est réellement subversif : un pas de plus, et c’est la prison dans nos têtes qui saute. Et ça, aucun gouvernement ne souhaite que nous y parvenions.

Bob


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Hortefeux dissout Jeunesse Kémi Séba : un coup d’épée dans l’eau
Par Jean-Yves Camus | Chercheur en science politique | 15/07/2009 | Rue89

Le ministre de l’Intérieur a présenté en Conseil des ministres, le 13 juillet, le décret de dissolution de l’organisation Jeunesse Kémi Séba, qui, selon lui, « a pris sournoisement le relais de la Tribu Ka », dissoute en 2006 à la suite des incidents commis par le groupe, rue des Rosiers à Paris, très fréquentée par la communauté juive.

Jeunesses Kémi Séba (JKS) avait pris le relais, début 2007, de Génération Kémi Séba (GKS). JKS n’avait pas « sournoisement », mais au contraire très ouvertement, propagé l’idéologie du fondateur de la Tribu KA. La preuve : le groupe, dirigé depuis Evry par une femme, Soumaya Fall, avait posté sur son site Internet, toujours accessible le 14 juillet, des vidéos incitant les jeunes des quartiers à « prendre les armes » pour « éradiquer le sionisme ».

Le ministre de l’Intérieur a tenu des propos très fermes pour justifier son projet de décision :

« Depuis trois ans, Stellio Capo Chichi [le nom d’état-civil de Kémi Séba, ndlr] et ses sympathisants, en dépit de plusieurs condamnations judiciaires, ont continué à propager une idéologie raciste et antisémite et à se livrer à des actes intolérables de provocation et de violence.

Je n’accepterai aucun de ces groupuscules, aucun de ces actes, aucune de ces violences. Elles n’ont pas leur place dans notre République. »

Une ogranisation secondaire du Mouvement des damnés de l’impérialisme

Cependant, cette fermeté cache une réalité que connaissent tous les spécialistes des radicalités politiques : les mesures de dissolution, que beaucoup contestent au plan du principe, sont également inefficaces, les mouvements visés ayant en général anticipé la décision (qui est préalablement notifiée aux intéressés) et prévu leurs arrières.

Illustration pratique : Jeunesse Kémi Séba était une organisation secondaire des séparatistes raciaux et de leur gourou, la principale, le Mouvement des damnés de l’impérialisme (MDI), restant légalement actif.

D’alleurs, au moment même où le ministre de l’Intérieur prenait la décision de disssoudre JKS, Kémi Séba réalisait une opération politique assez intéressante : rallier à son organisation une partie des déçus de la mouvance Dieudonné.

En effet, le MDI vient de récupérer Ginette Skandrani, qui fut canddidate sur la Liste antisioniste aux élections européennes. Plus nouveau : l’arrivée au sein du mouvement de Serge Thion, qui participait en décembre 2006 à la conférence négationniste de Téhéran. Ancien chercheur au CNRS, exclu de cette institution en 2000, cet ancien militant d’ultra-gauche est considéré comme étant l’un des fondateurs du plus gros site francophone diffusant les idées négationnistes, l’AAARGH.

Selon la revue l’Arche, il aurait utilisé l’anagramme transparent de « Serge Noith » pour signer, sur le site islamiste radical Quibla, un texte republié ensuite sur dieudo.net/2007 et prétendant que « l’affaire du jeune homme enlevé, torturé et tué par des voyous, sent le Carpentras à plein nez ». Autrement dit, que le meurtre de Ilan Halimi serait une manipulation des « éléments les plus extrémistes de la droite hypersioniste à Paris ».

Prenant la précaution de préciser que « le Bureau Politique du MDI se trouve en désaccord avec ses travaux révisionnistes », le mouvement de Kémi Séba a affecté Serge Thion (qui émet également, en tant que spécialiste du Cambodge, des doutes sur les massacres des Khmers Rouges) au suivi de l’anti-impérialisme et de la question palestinienne. Sur laquelle son idée est connue : Thion est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Les crimes du sionisme ».
Uen branche vouée aux Français « de souche »

Enfin, le MDI ayant une branche spécifiquement vouée au militantisme vers les Français « de souche », pour promouvoir son programme de séparation raciale, celle-ci est prise en mains par Thomas Tribout, alias Thomas Demada.

Ancien militant du groupe d’extrême-droite, dirigé par Alain Soral, Egalité et Réconciliation, également passé par le groupe nationaliste-révolutionnaire Réseau Radical, Tribout avait collaboré en 2007 au site La Banlieue s’exprime, autre pilier du réseau Dieudonné.

Au final donc : un effet d’annonce qui laisse le groupuscule de Kémi Séba intact.

Lille Collusion Flics/Fafs, rendons coup pour coup !

Publié: 11 juillet 2009 par luttennord dans Infos

EcussonbacLille

Le 23 mai 2009 à Lille a eu lieu une manifestation contre la répression d’État qui s’est terminée devant la maison flamande de Lambersart gérée par la Jeunesse Identitaire (groupe d’extrême droite) et Terre Celtique.

Un manifestant ayant enfoncé la porte de cette maison, les forces de l’ordre ont procédé à 26 interpellations. Lors de celles-ci, un agent des forces de l’ordre en civil a photographié un par un les visages des interpellé-e-s au sol. Plus tard, il est passé dans les cellules du commissariat central de Lille et a demandé à chacune des personnes photographiées, à ce moment là placées en garde à vue, leurs noms, prénoms et dates de naissance (renseignements qu’il a noté en dessous des photos).

Le soir même, les personnes présentes devant le commissariat, venus soutenir les interpellé-e-s, ont fait l’objet d’un contrôle et d’une prise d’identité.

Le 3 juin 2009, au Fac bar de Lille 2, a eu lieu une soirée organisée par l’association « gégéne ».Yohan, Pierre et Fatima, présent-e-s le 23 mai à la manifestation, y ont rencontré le trésorier de la Vlaams huis (maison flamande), qui les a menacé de violences physiques, a fait un salut nazi, et a qualifié les manifestant-e-s du 23 de « bisounours ».

Le 9 juin, la maison flamande a mis en ligne une vidéo sur le site youtube : un montage de photos de « black blocs » suivi de photos de l’incident du 23 puis de remerciements adressés aux 26 interpellé-e-s sur la musique du générique des « bisounours » (y figurent prénoms, 1ères lettres des noms de famille, et villes de résidence donnés aux policiers). Soulignons le fait que l’une des interpellé-e-s, originaire d’Italie, habitant en Belgique, a donné comme lieu de résidence le nom de son village italien inconnu des autres interpellé-e-s et manifestant-e-s.

Il se pose alors la question de l’étendue des informations dont dispose la maison flamande ainsi que de leur provenance. Comment ont-ils réussi à accéder à des informations dont l’accès est censé être réservé à la police ?

La vidéo a été retirée d’internet le 14 juin au soir mais a été enregistrée avec des impressions d’écran par des manifestants du 23.

Le vendredi 3 juillet, deux hommes aux crânes rasés ont interpellé et dévisagé devant chez lui Yohan (dont l’identité a été prise devant le commissariat central le soir du 23 mai).

Le lundi 6 juillet 2009, Yohan a effectué son dernier jour de TIG au zoo de Lille (date qu’il a reçue de la médiatrice le jeudi 2 juillet). Il a pris une pause cigarette vers midi et a aperçu les deux hommes du 3 juillet le suivre. A 13 heures il est sorti du zoo, les deux hommes l’ont suivi, interpellé puis poursuivi en courant.

Le même jour, peu avant 20h00 sur le boulevard Victor Hugo à Lille, Hélène (dont l’identité a été prise devant le commissariat central le soir du 23 mai) a été interpellée par deux hommes (dont la description correspond a celle de ceux qui ont suivi Yohan quelques heures plus tôt) alors qu’elle sortait de chez son ami Antoine (interpellé lors de la manifestation du 23). Ils lui ont entaillé plusieurs fois le visage (joue droite et cou) avec un couteau en la menaçant : « C’est de la prévention, la prochaine fois j’appuie plus fort. Tu diras à tes petits copains de se calmer et d’arrêter leurs conneries. ».

Nous déposons donc plainte contre X pour avoir divulguer ou s’être procurer illégalement des informations personnelles sur les personnes mises en garde à vue le 23 mai suite à la manifestation.

Des inculpé-e-s du 23

Par mesure de sécurité, les prénoms des témoins ont été changé


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A propos de notre expulsion et de la soirée du 8 juillet
5 blessés dont un grave.

Communiqué de l’Assemblée de la Clinique en exil.
A propos de notre expulsion et de la soirée du 8 juillet

La Clinique occupée était un lieu d’habitation et d’organisation politique depuis janvier 2009. Elle a été expulsée le 8 juillet à 6h du matin par 200 flics, le RAID et les vigiles. Le quartier de la Croix de Chavaux a été entièrement quadrillée pendant deux heures.

A 19h, nous nous sommes rassemblés à l’entrée de la rue piétonne autour d’une cantine de rue pour informer de l’expulsion du matin, et affirmer que nous continuerons à occuper la rue quoi qu’il arrive. Nous avons distribué des tracts et pris la parole. Plusieurs bagnoles de flics nous surveillaient depuis la place. A la fin de la cantine, des feux d’artifice partis de devant la Clinique ont embrasé le ciel. Nous sommes allés devant l’entrée de la Clinique gueuler notre colère, notre rage de voir ce lieu que nous avons fait vivre repris par des flics et des vigiles, avec la destruction comme seul horizon.

Alors qu’on était juste devant, les flics se sont équipés et ont chargé violemment. Les gens ont commencé à courir pour se protéger. C’est à ce moment là qu’ils ont tiré dans le tas au flashballs à hauteur de tête: cinq personnes ont été touchées : épaule, clavicule et tête. L’une des personnes a perdu un oeil.

Les flics ont continué à poursuivre les gens jusqu’à la rue piétonne. Plusieurs personnes ont été arrêtées durant la soirée. Trois personnes sont en garde à vue depuis 48h, avec des risques de poursuites pour couvrir le fait qu’il y ait des blessés.

Les tirs de flashball avaient pour objectif de blesser, au risque de mutiler ou de tuer. Tirer plusieurs coups à bout portant au niveau de la tête n’est pas une erreur. Au moindre trouble, les consignes sont claires : mater. On ne peut pas se dire que la violence de la police lors de cette soirée est une « bavure », elle s’inscrit dans une tension permanente: contrôles d’identités, menaces depuis qu’il y a eu les avis d’expulsion. La police fait son travail : défendre une propriété privée en centre-ville, éviter qu’il y ait du bruit ou de la résistance lors d’une expulsion, faire que rien ne se passe.

Nous ne voulons pas que la police tire sur des gens en silence. Nous ne voulons pas de police du tout.

L’Assemblée de la Clinique en exil. 10 juillet 2009, Montreuil.

Dimanche 12 juillet, Assemblée de la Clinique en exil, Place du marché à la Croix de Chavaux. 15h.

Lundi 13 juillet, Manifestation rendez-vous Rue piétonne Croix de Chavaux (M9), Montreuil, 19h précise.

Pour être informé des suites : il y a aussi le blog de la Clinique

http://laclinique.over-blog.net et laclinique93@gmail.com

la brique n°16 / calais : la politique du barbelé

Publié: 11 juillet 2009 par luttennord dans Infos

la brique n°16 / calais : la politique du barbelé

La Brique d’été est de sortie. Pour ce numéro, retour sur le camp no border de Calais et un cahier central  » Poésies » + les rubriques/chroniques habituelles avec des sujets sur Henin-Beaumont, la Corse, les gardes-à-vue qui se multiplient…

Si vous partez pendant cet été, n’hésitez pas à venir chercher des numéros à « distribuer » au cas où.

On rappellera que La Brique est un journal sans sub’ et sans pub’, qui vit – difficilement – de ses ventes et de ses abonnements. A bon entendeur !

Édito

Calais est un territoire privilégié pour les forces de l’ordre qui peuvent se lâcher sur les migrant-es. On le savait, mais on ne s’attendait quand même pas à ça : durant le camp no border, le déploiement policier a été complètement démesuré. Imaginez donc : 2500 flics, la police montée, un hélico, des flics postés en « snipers » (avec caméras) pendant le défilé, canons à eau… pour un camping de 500 personnes et une manif.

Au-delà du coût financier (on parle d’une dizaine de millions d’euros), l’État a envoyé un message on ne peut plus clair à la population : l’ennemi intérieur, ou extérieur, ne passera pas. Bien aidé dans leur propagande par les médias locaux, les autorités se sont payées un entraînement grandeur nature à la guerre urbaine, la « cité des bourgeois » étant en état de siège. En bonus, un repérage en bonne et due forme de tous les lieux squattés par les migrants.

Que penser, dans une « démocratie », d’une ville où la liberté de circulation est restreinte (accès limité au centre, contrôle au faciès) ? Que penser de ces fonctionnaires zélés qui viennent retirer des affiches no border sur les vitrines de certains commerces ? Que penser, enfin, des infiltrations, par la police, de groupes militants comme le Centre Culturel Libertaire ? Rien de très nouveau sous le soleil, diront certain-es.

Ça fait un ptit moment, depuis qu’on édite ce canard, qu’on vous met en garde contre les dérives sécuritaires. Et ce n’est pas Jean-Claude Lenoir, vice-président de l’association d’aide aux réfugiés Salam, qui nous contredira. Déjà « en sursis », celui-ci est passé en procès le 23 juin pour « outrage à CRS ». Verdict le 21 juillet. Ce n’est pas non plus « Zetkin », activiste qui informe depuis des années sur les exactions policières à Calais (via Indymedia Lille) et dont le procès a été reporté au 6 octobre, qui ne corroborera pas à cette version (voir ici). Ni la vingtaine de gardé-es à vue suite au blocage du CRA de Lesquin. Ni les cinq personnes qui passeront en procès en novembre 2009 suite à des interpellations pendant le no border.

Calais n’a pas l’apanage de la foudre d’Etat. La question qui se pose n’est pas tant celle de la criminilisation des militant-es (cf. Strasbourg) ou des classes populaires (cf Villiers-le-Bel) mais bien celle de l’étouffement de toute idée contestataire au nom d’une démocratie qui se voudrait pacifiée.

Face à tout ça, savoir comment lutter et résister devient essentiel. On peut opposer la force à la force, comme les black blocks. On peut assurer sa propre information, comme l’a pu faire le camp no border avec son journal Nomade. On peut aussi résister en mettant un peu de poésie. On peut se positionner du côté sensible des choses face aux gestions froides des technocraties modernes. À vous de dessiner les pistes que nous nous ferons un plaisir de relayer.

Le collectif de rédaction