Articles Tagués ‘Clément Méric’


Affiche 5 juin 2015 Clément Méric

Une manifestation antifasciste aura lieu le vendredi 5 juin à Lille à l’appel de l’Action Antifasciste NP2C, de Sud, de la CNT, des JC, de l’UEC, du Parti de Gauche, d’Alternative Libertaire et des Jeunes Ecologistes.

Rendez-vous est donné sur le parvis des halles de Wazemmes à 18h00.

Voici le texte d’appel à la manifestation diffusé par l’AFA N2PC :

Cela fait désormais deux ans que notre camarade Clément Méric a été assassiné par les fascistes de Troisième Voie. Evidemment, notre tristesse est toujours aussi intense, et elle fut doublée d’un sentiment d’injustice lorsque le meurtrier fut libéré un an après les faits, bénéficiant ainsi d’une incroyable complaisance de la part des autorités. Cela fait écho à l’acquittement des deux flics qui ont tué Zyed et Bouna. La justice, faisant fi de la légitimité préfère se cacher derrière le masque de sa légalité bourgeoise dont les laquais, flics et fascistes, sont les principaux bénéficiaires.
Mais ne nous y trompons pas, la mort de notre camarade a dynamisé l’ensemble de la contestation radicale antifasciste et anticapitaliste ces deux dernières années. Loin des beaux discours et de la révolution de salon, ces mouvements ont agi partout en France et parfois à l’étranger pour faire progresser nos idéaux. Au delà de nos idées et de nos symboles, c’est bien dans la pratique que nous avons concrétisé notre union en agissant très régulièrement avec des camarades habitant aux quatre coins de l’hexagone et de l’Europe. De Bruxelles à Calais, de Paris à Marseille, de Saint-Etienne à Nantes nous avons réussi à impulser un nouveau souffle dans notre combat.
Lors des grandes manifestations spontanées qui eurent lieu après la mort de Clément Méric, nous scandions qu’il ne fallait surtout pas déserter la rue. Le meilleur hommage que nous pouvions lui rendre était de prolonger son combat. Et cela ne se résumait pas uniquement à fustiger les discours et agissements des groupuscules néo-nazis, des identitaires, qui ne représentent qu’eux mêmes. Notre combat c’est de dénoncer les agissements des flics qui ratonnent à Calais main dans la main avec les nazis de la région. C’est réagir face aux pratiques racistes du maire d’Haubourdin à l’égard des populations Rroms. C’est aussi dénoncer les manœuvres du gouvernement Hollande qui profite de la stupeur qui a suivi les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher pour faire passer la loi sur le renseignement.

Ainsi, l’autoritarisme et les discours sécuritaires vendus depuis des années par toutes les tendances de la droite sont appliqués par un gouvernement « socialiste ». Le constat peut être amer pour certains, pour nous la situation était claire dès le départ, les « socialistes » représentent à nos yeux le pire cancer que la gauche ait connu au cours de son histoire. Sur la base de ce constat, nous devons prendre conscience, une fois pour toute, qu’il n’y a rien à attendre de ces porcs auxquels les élections leurs avaient permis de récupérer, pendant quelques semaines, la couleur rose qui les caractérise.

Nous ne devons plus gober leur soupe indigeste servie à tous les scrutins. Mitterrand n’avait pas le monopole du cœur, la famille Lepen n’a pas celle du fascisme. Par conséquent n’oublions pas que la loi scélérate sur le renseignement a été rédigée par des socialistes et votée de concert avec toute la droite de l’hémicycle le 5 Mai dernier. Cette mesure va de pair avec toutes les mesures antisociales qui matraquent depuis quelques années les plus pauvres au profit des quelques parasites sociaux qui se disputent l’intégralité du gâteau. A ce sujet, souvenez vous aussi que ce sont les « socialistes » qui ont aussi voté la loi Macron, le pacte de responsabilité, qui traquent des Rroms, les migrants de Calais et qui libèrent Morillo. Ici même à Lille, c’est la maire « socialiste » qui ferme le bar progressiste le Resto Soleil afin de protéger la barbouze identitaire Claude Hermant, informateur de la police et soupçonné d’avoir fourni des armes au terroriste antisémite Coulibaly.

Nous savions depuis longtemps que le Parti Socialiste était du côté du système, des capitalistes, des dominants et des racistes, ceux qui ont voté pour François Hollande n’auront plus l’excuse de ne pas savoir.

Le gouvernement assume ouvertement ses positions : son ennemi ce n’est ni la finance, ni les fascistes, ce sont les travailleurs, les étrangers et les forces révolutionnaires.
Le système de production capitaliste, déterminant l’ensemble des rapports sociaux, pousse les patrons et leurs valets à se prémunir de toute révolte dans une période où ils désirent engranger de plus en plus de profits au détriment d’une très large majorité de laissés-pour-compte. Il faut bien se rendre à l’évidence, cette loi sur le renseignement ne vise pas les quelques djihadistes et leurs épisodiques coups d’éclats. Elle cible avant tout ceux qui désirent bouleverser l’ordre des choses en foutant en l’air, une bonne fois pour toute, le système actuel. Hier le droit romain était là pour préserver le système de production esclavagiste, aujourd’hui le droit est là pour préserver le système qui l’a enfanté : le capitalisme. Légaliser les écoutes massives, permettre aux flics de poser des balises GPS sur le véhicule de personnes « suspectes », etc. autant de mesures qui représentent un bond en avant vers une société totalement cadenassée. Le but ultime étant de préserver les intérêts du capital.
Cette année, l’hommage que nous rendrons à notre camarade se fera en dénonçant cette loi sur le renseignement qui fera de nous tous des terroristes à leurs yeux. En réalité les terroristes sont ceux qui ont voté cette loi. Toute cette racaille qui, du Medef aux bancs de l’assemblée, ne désire qu’une chose : asseoir son pouvoir en généralisant le contrôle de la population. Ce texte de loi est un maillon supplémentaire leur permettant de nous surveiller, de nous écouter, de nous ficher en toute liberté sans qu’il n’y ait aucun office de contrôle pour pallier les dérives liberticides. Cela concerne tout le monde et doit nous pousser à sortir dans la rue, à dénoncer ce projet avec vigueur. Malgré la léthargie de nombreuses organisations politiques de gauche anesthésiées par l’allégeance prêtée au gouvernement, nous devons impulser des rassemblements sur la base de notre opposition à ce projet de société. Nous devons redonner du sens aux luttes anticapitalistes et antifascistes récupérées et tuées dans l’oeuf depuis maintenant trop longtemps par les opportunistes de tout poil. Dans ce rapport de force qui nous oppose au terrorisme d’Etat, nous devons démontrer que rien n’est encore joué, que l’histoire n’est pas finie.

Action Antifasciste NP2C


Acta non verba CNT Lille

« Acta non verba » est un film documentaire présentant différentes initiatives antifascistes en France et à l’étranger. Il a été réalisé en 2014 par Hazem (militant antifasciste marseillais) avec la participation de Nosotros (Marseille), Lucio (Paris), FTP (Marseille), Antira football (Hambourg), Rote Flora (Hambourg), Askatasuna (Turin), Antifa Boxe (Turin), Moscow Death Brigade (Moscou), P. Silaev (Moscou), La Horde et Quartiers libres (Paris-banlieue).

« Acta non verba » sera projeté le dimanche 1er février 2015 à Lille (entrée gratuite). La projection sera suivie d’un débat avec le réalisateur.

Rendez-vous à 17h à la Maison des syndicats CNT de Lille, 32 rue d’Arras.

Présentation du film par son réalisateur :

Il n’est pas facile d’expliquer pourquoi et comment j’ai mené ce projet de documentaire, et j’ai longtemps hésité sur la manière de le faire. Au départ, « Acta non verba » est né de plusieurs constats : celui de la montée des extrêmes droites en Europe, de leur renouvellement théorique et de leurs nouveaux visages ; celui aussi du désarroi de la gauche, de notre immobilisme et de tout ce qui nous coupe des réalités du monde qui nous entoure.

La mort de Clément Méric fut un vrai choc pour moi, tout comme son traitement médiatique. Je me suis rendu compte à cette occasion à quel point nous étions mal compris et mal organisés… Aussi, pour moi, faire « Acta non verba » répondait à un besoin : dans un monde où le support visuel s’impose, j’ai voulu réaliser un documentaire qui parle de nos luttes, de ceux qui ne baissent pas les bras et qui continuent à expérimenter.

En présentant différents collectifs, en France et à l’étranger, j’ai voulu montrer nos projets et nos contradictions, mais surtout faire un état des lieux, donner la parole à ceux qui sont présents sur le terrain.

En réponse aux stéréotypes et aux fausses représentations que certains donnent de l’antifascisme, j’espère que ce documentaire, fait par des militants, permettra aux spectateurs de mieux comprendre nos raisons d’être, nos espoirs, nos aspirations ainsi que la logique de nos actes.

Bande-annonce :


Manifestation pour Clément Méric à Lille

Le 5 juin 2013, Clément Méric, jeune militant antifasciste, était assassiné par des militants d’extrême droite.

Quelques mois plus tard, c’était au tour de Pavlos un antifasciste grec d’être tué par des militants du parti néo-nazi Aube Dorée.

Ces deux exemples ne sont malheureusement pas isolés. Leurs combats étaient les notres, celui de milliers de personnes luttant au quotidien contre les idées réactionnaires, contre le racisme et la xénophobie. Clément et Pavlos se battaient contre les discriminations, ils défilaient contre l’homophobie, le sexisme ou les violences policières.

Les récents scores électoraux de l’extrême droite et la banalisation de leurs idées par la classe politique nous rappelle une fois de plus que ce combat doit se poursuivre. Nous nous devons de continuer la lutte pour honorer la mémoire de nos camarades et que c’est bien là le meilleur hommage. Tous et toutes ensemble uni-es contre l’extrême droite ne les laissons pas nous diviser.

Rendez vous le jeudi 05 juin à 18h00 devant les Halles du Marché de Wazemmes.


Clément, assassiné une deuxième fois

Publié: 26 juin 2013 par durruticolumn dans Antifascisme, Infos
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Clément : NI OUBLI NI PARDON

Il n’aura pas fallu trois semaines pour que Clément Méric, militant engagé contre l’extrême droite, soit assassiné une deuxième fois. Depuis ce matin, tous les médias reprennent en coeur une information dont l’exclusivité revient à RTL. Une exclusivité dont on pourrait se passer volontiers. C’est le destin cruel mais, semble-t-il, tout naturel pour une presse qui cherche à savoir, pour sans doute ensuite départager, qui a commencé le premier à frappé sur l’autre. Voilà, Clément Méric est assassiné une deuxième fois, accusé d’un comportement « agressif » – selon Le Figaro – envers de simples skinheads, à qui l’on n’enlève pas le fait d’être d’extrême droite, mais qui en tout état de cause, faisaient bien gentiment leurs courses – comme tout un chacun finalement.

C’est ce « jeune gauchiste » qui a porté le premier coup à Esteban Morillo, de plus frappant « par derrière ». La vidéo ne dure que quelques secondes. Elle ne permet pas de savoir si l’auteur des coups mortels était armé d’un poing américain ou non. Mais selon RTL qui a eu l’exclusivité de la visionnée, elle est une preuve irréfutable pour savoir ce qu’il s’est vraiment passé cette fin d’après midi du 5 juin. Non, il n’y a pas de paradoxe, enfin en tout cas pas au yeux des journalistes, sans doute peu scrupuleux, qui n’ont pas hésité à en tirer une conclusion qui risque de peser sur l’opinion publique. Non, malgré la brièveté des images et le manque de visibilité, toute l’affaire s’éclaircit d’un coup. Seulement la vérité reste seule immuable, ce 5 juin, l’extrême droite a versé le sang, a été jusqu’à tuer un militant qui avait pour engagement de lutter contre une idéologie de violence et de haine.

Les faits sont là, seulement les choses semblent avoir changé aujourd’hui. Après plusieurs années de sarkozysme, ce n’est pas, comme aiment à le penser certaines personnes, une parole de droite qui se serait décomplexée, mais bien une justification de l’injustifiable. En jouant sur la peur, les idées sécuritaires et xénophobes, la droite a laissé s’installer en France une opinion réactionnaire. Il y a deux jours une simple information relayée en toute pudeur par la presse nous apprenait que le « Front Républicain » n’existait plus, enterré dans la ville de Villeneuve-sur-Lot. Celui-ci a disparu dans une quasi indifférence générale. Une indifférence que Clément Méric n’aurait peut être pas partagé, non pas parce qu’il affectionnait ou se sentait proche des partis dits républicains mais parce que, sans doute, comme quelques uns, il ne pouvait concevoir le Front National ou tout autre parti d’extrême droite comme des partis classiques ayant leur créneau d’expression libre pour distiller des idées mortifères.

La publication par RTL et par leurs confrères d’articles décrivant l’affaire comme une simple rixe qui aurait mal tourné est l’exemple parfait de cette digue brisée par les assauts répétés d’une droite coupable et d’une certaine gauche, qui, parce qu’inactive et préférant expulser des Rroms plutôt que de lutter contre la misère sociale, est rendu partiellement complice. Le problème n’est plus de savoir si une personne comme Esteban a le droit de distiller sa haine et son aversion pour tout ce qui ne pense et n’est pas comme lui, mais de savoir si c’est bien lui qui a agressé Clément Méric et ses camarades en premier. Pourtant les journalistes semblent avoir oublié une chose: les idéologies totalitaires qu’Esteban glorifie ont tué, et les coups qu’elles continuent à porter sont faits pour tuer. Les idées que Clément, lui, défendait n’ont jamais eu cette finalité.

Sans doute Esteban n’avait pas prévu de tuer ce jour là, mais parce qu’idolâtre des idées fascistes, la mort était dans son camp.

Alors oui ! Vous avez raison messieurs les journalistes, Clément n’a pas été assassiné par Esteban, Clément a été assassiné par le fascisme. Oui vous avez aussi raison, la responsabilité de la mort n’est qu’en partie imputable à Esteban, c’est aussi celle de politiciens charognards n’hésitant pas à reprendre les idées les plus rétrogrades pour obtenir quelques voix de plus.

Mais non, messieurs les journalistes, Clément Méric n’a pas porté le premier coup contre les néo-nazis. Non Clément Méric n’est pas un agresseur au même titre que ces individus, qui, se sentant légitimés par des propos nauséeux, peuvent impunément agresser dans la rue des immigrés, des femmes voilées, des homosexuels ou des militants progressistes. Clément Méric défendait des idéaux qui vont à l’encontre de la haine, ceux portés par les militants antifascistes et les militants progressistes, des idées anti-autoritaires qu’ils continueront à porter bon gré mal gré. Cette lutte anti-fasciste nous n’avons pas attendu que vous la validiez ou non, à l’avenir il en sera de même.

Un camarade antifasciste.

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Meurtre de Clément Méric : halte aux mensonges !

Publié: 25 juin 2013 par durruticolumn dans Antifascisme, Infos
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Clément

Communiqué de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue et de Solidaires Etudiant-e-s

Meurtre de Clément : halte aux mensonges !

Depuis ce matin, l’ensemble de la presse en ligne reprend une information de RTL, au sujet d’une vidéo de la mort de notre camarade et ami Clément, sans la vérifier. A l’instar des journalistes qui diffusent ces calomnies nous n’avons pu visionner cette vidéo. Nous rejetons toutefois formellement l’interprétation qui en est faite. Les camarades présents avec Clément le 05 juin maintiennent leur version :

-oui il y a eu des échanges verbaux à l’intérieur du magasin devant les
messages ouvertement racistes et tombant sous le coup de la loi arborés
par les skinheads

-l’agression physique survenue à l’extérieur du magasin est le fait des
skinheads qui se sont approchés, ont encerclé nos camarades puis les ont agressés. Les militants néonazis étaient armés de coups de poing américains et ont tué Clément Méric.

Il est donc impossible que des images montrent Clément se précipiter vers
son agresseur pour lui porter un coup dans le dos. C’est au contraire
Esteban qui a quitté le centre de la rue pour se diriger vers Clément. Les militants d’extrême droite eux-mêmes n’ont jamais prétendu que Clément se soit précipité vers eux pour les frapper par derrière.

Les mensonges relayés dans la presse ne font qu’ajouter à la douleur de
ses proches.

Paris, le 25/06/13


Photo La Voix du Nord

Photo La Voix du Nord

Plus d’un millier de personnes ont à nouveau défilé hier à Lille pour honorer la mémoire de Clément Méric, syndicaliste à Solidaires étudiant-es et militant à l’Action Antifasciste Paris-Banlieue, tué par les fascistes de Troisième Voie pour ses idées. De la place de la République à la Grand Place en passant par la rue du Molinel et la rue de Béthune, les nombreux manifestant-e-s – sans drapeaux ni signes d’appartenance partisane – ont chanté des slogans antifascistes, ont déclenchés des fumigènes et se sont recueillis pour rappeler que l’extrême-droite et que, si nous ne l’arrêtons pas, elle tuera encore. Non-blancs, homosexuel-le-s, musulman-e-s, juif-ve-s, militant-e-s progressistes, tous sont dans la ligne de mire.

Après quelques lectures de textes, la police, toujours prompte à protéger les fascistes, a bloqué certains manifestant-e-s afin qu’ils ne puissent pas se rendre au rassemblement d’opposition aux « veilleurs » homophobes place de l’Opéra. Une personne a été interpellée sans aucune raison apparente et un groupe de militant-e-s s’est retrouvé bloqué pendant plus d’une heure par la « Brigade Anti Criminalité ».

Une centaine de militant-e-s pour l’égalité, accompagnés des Sambaktivistes, a tout de même réussi à passer entre les mailles du filet et a bruyamment rappelé aux homophobes, comme les deux semaines précédentes, que la rue appartient à ceux qui sont pour le progrès social et la fin des discriminations sexuelles. Pendant ce temps-là, une dizaine de gros bras des JNR et de Troisième Voie (groupes qui sont pourtant en passe d’interdiction) pavanaient autour du magasin néo-nazi Tribann, rue du Port, et dans le centre ville, sans que la police ne trouve rien à y redire…

Photo La Voix Du Nord

Photo La Voix Du Nord