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Il n’aura échappé à personne que ce week-end, en avoinant les quelques flics qui lui faisaient face, le « Gitan de Massy » aura symbolisé la détermination de tous ceux qui depuis deux mois sont dans la rue. A gauche, la lecture de cet événement est ambivalente: certains accordent un total soutien à Christophe D. quand d’autres le fustigent.

L’argumentaire des seconds se concentre uniquement sur l’activité du « boxeur de CRS » sur le réseaux sociaux. En effet, si l’on se penche sur son compte Facebook, force est de constater que l’on nage dans le flou le plus total: blagues douteuses, like d’une photo de Marion Maréchal-Le Pen, de la page de la CGT, de Le Média, des Insoumis et bien évidemment des Gilets jaunes.
Sa récente déclaration vidéo, où il explique son geste du weekend dernier, n’éclaircit pas les choses: « ni d’extrême-gauche, ni d’extrême-droite, il est avant tout Français ». De quoi brouiller tous les repères pré-établis des moines-militants droits dans leur dogme.

Le prolétariat porte en lui de multiples contradictions qui échappent évidemment aux grilles d’analyses des rats de bibliothèques pétris d’idéalisme petit-bourgeois. Des contradictions auxquelles Christophe D. n’échappe pas, c’est un français parmi tant d’autres, à l’image de millions de travailleurs impliqués dans le combat des gilets jaunes, il n’est ni meilleur ni pire. Malgré tout, cette situation met en lumière le niveau de déconnexion d’une partie de l’extrême gauche. Coupée de la population, que ce soit celle des quartiers ou des campagnes, ces militants fantasment un prolétariat imaginé sur le modèle des affiches soviétiques d’antan, déjà un marteau et une faucille dans chaque main.

Vu qu’ils n’y comprennent rien, ces derniers rejettent en bloc tout ce qui leur échappe. Christophe D. et d’autres en ont fait les frais, traités au mieux de “beaufs”, au pire de “fascistes”. Toute une partie de la gauchosphère y est allé de son petit commentaire, sûrs de tenir face à eux un horrible militant d’extrême droite, allant même jusqu’au découpage vidéo image par image digne des pires youtubeurs complotistes (De ce point de vue, le militant des Enragés décroche la palme. On en rigole encore). Une posture confortable qui permet surtout de garder les mains propres et de faire l’économie de toute autocritique.

A défaut d’occuper le terrain, ces donneurs de leçons savent être bruyants sur le net lorsqu’il s’agit de distribuer bons points et cartons jaunes. Pendant ce temps l’extrême droite, les sociaux démocrates ou les libéraux tentent de jouer leur rôle habituels de récupérateurs.

Pour notre part, nous avons décidé de soutenir ce mouvement et d’y participer, chaque semaine, dans la rue, sans s’empêcher pour autant d’y condamner certains égarements. Allant même au contact physique des militants fascistes quand on les y croise.

Fidèles à cela, nous ne voyons pas en quoi Christophe D échapperait à notre solidarité. Nous avons remarqué le clivage que pouvait susciter notre positionnement.
Sur le même modèle, nos déclarations sur le journal raciste Charlie Hebdo avaient suscité les mêmes réactions en janvier 2015. Après coup, certains nous avaient tourné le dos. A posteriori, nous ne regrettons pas d’avoir saisi cette occasion pour séparer le Bon Grain de l’Ivraie.

Aujourd’hui l’histoire se répète, depuis plusieurs semaines une large partie de la population est dans la rue pour des revendications légitimes, notre place de révolutionnaires est à leurs côtés, encourageant leurs visées sociales, condamnant les ambitions réactionnaires.
Ceux qui, dans notre famille politique, sont en total désaccord avec nous peuvent passer leur chemin.


Depuis plusieurs jours l’ambiance est détestable aux abords du lycée BEAUPRÉ d’haubourdin. Depuis que les lycéen-es ont décidés de rejoindre le mouvement de contestation pas un jour ne passe sans qu’ils ne subissent l’intimidation et la répression policière comme lundi 09 décembre avec arrestations à la clefs.

C’est conjointement que la police municipale et la nationale s’organisent pour d’une part empêcher tout blocage du lycée et ensuite chasser les élèves qui faute de ne pouvoir s’organiser mettent en place des barricades qu’ils enflamment.

Depuis ce début de semaine les élèves  ne peuvent tout simplement plus rejoindre leur lycée sans subir une fouille au corps, vider leurs poches et leurs sacs.

Les gaz lacrymogènes et le flashball sont de sortie quotidiennement alors qu’a proximité immédiate du lycée se trouve une école primaire et une école maternelle.

La stratégie de la tension mis en place par la préfecture et la mairie d’haubourdin est scandaleuse et doit cesser au plus vite. Cette situation est à la fois dénoncée par des professeurs du lycée, des habitants du quartier et des parents d’élèves choquées.

 

 


Al jazeera vient de diffuser un reportage dans lequel on redécouvre ce qu’est Génération Identitaire : un groupuscule fasciste ultra-violent, qui ratonne dans les rues de Lille et prépare la guerre civile avec la bénédiction d’une police corrompue.

 

Le reportage (vous pouvez activer les sous titres dans la barre du bas) : 

 

 

Dans ce bar reportage, on apprend entre autre que :

  • Rémi Falize, un membre de la Citadelle et proche de Aurélien Verhassel, a planifié en détail un potentiel attentat à la voiture bélier sur le marché de Wazemmes
  • les identitaires ont commis en direct une agression gratuite et ultra-violente contre des jeunes filles rue Solférino. La seule raison de cette agression est que les jeunes filles sont identifiées comme arabes par le groupe. L’une des jeunes filles est rouée de coups avec des gants de frappe par Rémi Falize, les identitaires font aussi usage de gaz lacrymogène
  • les identitaires, et leurs proches membres de la LOSC Army sont les auteurs de très nombreuses agressions dans la métropole (qu’ils racontent eux même), sans même parler des nombreux saluts nazis et des références incessantes au 3ème Reich qu’ils profèrent
  • Aurélien Verhassel et d’autres membres de Génération Identitaire sont employés par le Rassemblement National pour écrire les discours, en tant que attachés parlementaires ou encore pour assurer la sécurité du parti
  • Sébastien Chenu et Philippe Eymery, deux responsables du Rassemblement National élus au conseil régional travaillent en collaboration étroite avec les identitaires : le premier est proche de Verhassel tandis que le second emploie comme assistant un cadre de la Citadelle
  • des policiers, y compris des commissaires, fréquentent assidûment le bar nazi

 

Verhassel et ses sbires déclarent également de manière on ne peut plus claire qu’ils sont un groupe fasciste (« la forme a changé mais pas le fond »), qu’ils sont une milice au service du RN, qu’ils ont des armes, que le jour venu ils seront prêt à descendre les immigrés…

 

Nous avions prévenu, Al Jazeera l’a filmé : qu’attendent Martine Aubry et la préfecture pour faire fermer ce local raciste ?

Ce n’est visiblement pas une priorité de la mairie ni du gouvernement, probablement trop occupés à lâcher leurs flics sur les lycéens et les gilets jaunes qu’à s’occuper des milices néo-nazies dont sont proches certains policiers…

 

Pourtant, les crimes et délits commis par les identitaires lillois au cours des dernières années sont tous plus insupportables les uns que les autres :

 

  • En septembre, Aurélien Verhassel, chef de Génération Identitaire Lille et quelques uns de ses nervis sont condamnés pour avoir frappé des passant rue Solférino simplement parce-qu’ils n’étaient pas blancs.
  • En mai, Verhassel, toujours lui, et son ami Yohan Mutte (voir ci-après) ont été arrêtés ensembles, ils étaient soupçonnés d’avoir planifié des agressions en marge d’un match de foot à Bordeaux, action préparée dans le local néo-nazi du secteur : le Menhir.
  • Fin mars, en plein mouvement contre Parcoursup, une dizaine d’identitaires, menés par le même Verhassel ont attaqué deux jours de suite les étudiants de Lille 2 mobilisés. Le second jour, ils ont mené une charge aux côté de la police, escortés par un camion siglé et des agents équipés de Flashball. Les identitaires étaient armés de barres de fer et de bombes lacrymogènes, ce qui n’a pas posé problème aux policiers qu’ils semblaient connaître. Heureusement, ils ont été repoussés par les militants présents sur place.
  • En avril 2017, Claude Hermant, l’ancien chef des identitaires du Nord, ainsi qu’une douzaine d’autres militants d’extrême-droite, tous proches de Verhassel et des “pousseurs de la Deûle” (voir ci-après), sont emprisonnés pour avoir vendu des armes de guerre à Amedy Coulibaly. Le djihadiste a utilisé les fusils mitrailleurs vendus par les identitaires pour massacrer 5 personnes lors de l’attaque de l’Hyper Cacher, en janvier 2015. Claude Hermant était enregistré comme indic de la douane et de la gendarmerie, et était régulièrement en contact avec les services de renseignement. Son trafic était couvert par les autorités, en échange d’informations. Des membres des forces de sécurité ont d’ailleurs été condamnés lors du procès du groupe.
  • Depuis mai 2017, une bande d’identitaires menée par Yohan Mutte (l’ami de Verhassel, avec lequel il a été arrêté à Bordeaux) est suspectée d’être les assassins de l’affaire des “noyés de la Deûle” (2011). Ces membres de la Citadelle auraient poussé dans la rivière Hervé Rybarczyk, guitariste du groupe Ashtones, car identifié comme un opposant, et 5 autres personnes car soupçonnées (parfois à tort) d’être homosexuelles. La police et les autorités avaient à l’époque étouffé l’affaire en concluant à “des suicides”, “des accidents” et à “la loi des séries”. Peut-être parce-que ces identitaires étaient mêlés au trafic du groupe Hermant ?
  • En novembre 2016, les identitaires de la Citadelle agressent un groupe de jeunes communistes rue Puebla, en raison de leur appartenance politique.

 

Face la paupérisation généralisée que cause le capitalisme (1% de la population possède 99% des richesses), et au cataclysme climatique dont il est la cause, un changement de société profond devient inéluctable.

Comme en Italie avec Salvini, au Brésil avec Bolsonaro ou aux Etats-Unis avec Trump, la bourgeoisie française, son État et sa police, semblent parier que le dernier rempart face aux révolutionnaires sera le fascisme. L’extrême-droite sera – comme cela a toujours été le cas dans l’Histoire – les garants de leurs intérêts et de leurs privilèges.

 

Les partis et représentants de la bourgeoisie n’hésitent pas à collaborer activement avec les fascistes. Dernier exemple en date : en septembre Les Républicains ont invité Verhassel et d’autres cadres identitaires lors de leur université d’été du Touquet pour discuter “union des droites”. Même la soit disant “gauche socialiste” les laisse proliférer, répandre leur idéologie raciste, homophobe et sexiste, et commettre des agressions ; sans rien tenter pour les freiner.

 

Pire, les identitaires et la police lilloise entretiennent de longue date des relations troubles. Ils n’hésitent pas à travailler ensembles (comme l’illustre l’affaire Hermant), y compris pour réprimer le mouvement progressiste, comme lors de l’attaque de Lille 2, ou il y’a quelques années, lorsque la police livra à Claude Hermant les noms et adresses de militants libertaires interpellés au cours d’une manifestation.

 

Face aux agressions racistes, face au laisser faire des élus et face à la collusion entre la police et les identitaires : fermons la Citadelle et les autres des locaux fascistes partout en France (locaux du Bastion Social, le Menhir, locaux de l’Action Française…) !

 

Grande manifestation 23 décembre 14h, Place de la République à Lille.

 

#FermonsLaCitadelle #InterdisonsGénérationIdentitaire #AutoDéfensePopulaire

 

Premiers signataires : Action Antifasciste NP2C, Alternative Libertaire 59, CNT Lille, Groupe Terrain Autonome NP2C, NPA Lille, SUD Étudiant-e-s

L’event facebook : https://www.facebook.com/events/194074338211372/


Al Jazeera vient de diffuser la première partie d’un reportage tourné à La Citadelle, le bar raciste ouvert par Génération Identitaire à Lille :

Dans ce bar reportage, on apprend entre autre que :

  • Remi Falize, un membre de la Citadelle et proche de Aurélien Verhassel, a planifié en détail un potentiel attentat à la voiture bélier sur le marché de Wazemmes
  • les identitaires ont commis en direct une agression gratuite et ultra-violente contre des jeunes filles rue Solférino. La seule raison de cette agression est que les jeunes filles sont identifiées comme arabes par le groupe. L’une des jeunes filles est rouée de coups avec des gants de frappe par Remi Falize, les identitaires font aussi usage de gaz lacrymogène
  • les identitaires, et leurs proches membres de la LOSC Army sont les auteurs de très nombreuses agressions dans la métropole (qu’ils racontent eux même), sans même parler des nombreux saluts nazis et des références incessantes au 3ème Reich qu’ils profèrent
  • Aurélien Verhassel et d’autres membres de Génération Identitaire sont employés par le Rassemblement National pour écrire les discours, en tant qu’attachés parlementaires ou encore pour assurer la sécurité du parti
  • Sébastien Chenu et Philippe Eymery, deux responsables du Rassemblement National élus au conseil régional travaillent en collaboration étroite avec les identitaires : le premier est proche de Verhassel tandis que le second emploie comme assistant un cadre de la Citadelle
  • des policiers, y compris des commissaires, fréquentent assidûment le bar nazi

Verhassel et ses sbires déclarent également de manière on ne peut plus claire qu’ils sont un groupe faciste (« la forme a changé mais pas le fond »), qu’ils sont une milice au service du RN, qu’ils ont des armes, que le jour venu ils seront prêt à descendre les immigrés…

Nous avions prévenu, Al Jazeera l’a filmé : qu’attendent Martine Aubry et la préfecture pour faire fermer ce local raciste qui prépare la guerre civile ?
Ce n’est visibilement pas une priorité de la mairie ni du gouvernement, probablement trop occupés à lacher leurs flics sur les lycéens et les gilets jaunes qu’à s’occuper des milices néo-nazies dont sont proches certains policiers…


Texte de l’AFA NP2
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Cette semaine, Russia Today relayait un message des hautes autorités iraniennes appelant l’État français à la retenue dans la répression du mouvement. Dans le même temps, le site Nordpresse relayait un article parodique dans lequel le dictateur Bachar Al Assad menaçait la France de frappes aériennes si celle-ci ne modérait pas la répression. Si ces deux informations prêtent à sourire, elles mettent en lumière le traitement médiatique différentiel d’une révolte suivant que celle-ci touche la France, l’Europe ou le monde.

Depuis les émeutes du samedi 1 décembre, dont la dimension insurrectionnelle est indéniable, le discours médiatique a évolué : passant d’une bienveillance de façade à une volonté assumée de terroriser l’ensemble de la population.
On ne compte plus les déclarations d’hommes politiques, de syndicats de policiers ou de journalistes mettant en garde les éventuels participants à la manifestation du 8 décembre. « S’il y a dix morts ce weekend, il n’est pas sûr qu’on puisse garder le ministre de l’intérieur » affirmait encore hier un proche du chef de l’État, conditionnant chacun à l’idée d’une répression meurtrière.

Quand les journalistes déclarent, plein d’emphase, que les violences sont inacceptables, les policiers, quant à eux, demandent plus de moyens et une carte blanche pour réprimer. Soufflant l’idée qu’ils auraient peurs, et qu’ils seraient fatigués, on prépare chacun à l’idée qu’ils pourraient tirer.
Si ce discours vise le mouvement des Gilets Jaunes, il n’épargne pas les lycéens mobilisés depuis une semaine. A la répression physique, se joint la répression judiciaire et l’on ne compte plus les gardes à vues mais aussi les peines de prison ferme qui visent à casser la dynamique actuelle.

Pourtant, l’État français et ses supplétifs médiatiques n’étaient pas avares de superlatifs lorsqu’il s’agissait de dénoncer les agissements des polices vénézuéliennes, iraniennes, égyptiennes, libyennes ou ukrainiennes, pour ne citer qu’elles. Lorsque ces pays furent traversés de révoltes, le moindre journaliste « people » se transformait en Albert Londres, pro de l’investigation, déjouant les faux-fuyants et les chausses trappes, capable de dévoiler aux yeux du monde les dessous des complots les plus nébuleux.

« Vous vous rendez compte : la police ukrainienne (aux ordres de Moscou) a utilisé des balles en caoutchouc pour disperser la foule, la police du dictateur (en devenir) Erdogan a utilisé des gaz lacrymogènes pour évacuer la place Taksim. »

On serait en droit d’attendre un traitement équivalent lorsque la répression s’abat sur nous, sous leurs yeux.
Mais non, ils préfèrent justifier les agissements des séides de Macron. Ils préfèrent justifier les blessés, les mutilés et passer sous silence les morts comme à Marseille.

Mais qu’on se le dise. La bourgeoisie française commence à avoir peur et malgré tout, il ne faut rien lâcher. Nous vous invitons à rejoindre les manifestations, que ce soit à Paris ou en province. S’ils ne veulent rien lâcher, nous prendrons tout.

#giletsJaunes #macron #macronDemission #Lyceens #castamère #paris#police #mantesLaJolie #répression#superbeMontageDeDominiqueDeLaCompta

Paris is on fire !

Publié: 2 décembre 2018 par kheynialo dans Infos, Rendez vous
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Paris is on fire, nouveau monde is terrified

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Depuis le mois d’octobre, sur les réseaux sociaux et surtout depuis le 17 novembre, la France est secouée par le mouvement dit des « gilets jaunes ». De semaine en semaine, celui-ci se durcit, au point de nous amener à une situation quasi insurrectionnelle.

Vers une réelle convergence des luttes ?

Si il a pu être dénigré à ses débuts dans les milieux de gauche, il n’en reste pas moins qu’il s’agit là d’un réel mouvement populaire, spontané. Il a les défauts de ses deux qualités. On assiste même progressivement à une mutation dans les revendications.
Le coup de gueule sur le prix de l’essence s’est étoffé des combats énoncés par les différents corps et groupes sociaux en lutte depuis plusieurs années : Cheminots, luttes contre les violences policières, personnels de santé, étudiants, ambulanciers, précaires. Il est à noter que depuis le début, le mouvement à la Réunion est marqué par la lutte anti-impérialiste et la lutte des classes.

De Saint-Denis (93) à Saint-Denis (97) : une classe en lutte.

Ce samedi 1er décembre, ce n’est pas le prix du carburant qui a réuni des milliers de prolétaires dans les rues des quartiers chics de la capitale. Des cortèges en route vers des objectifs précis ont défilé au chant de « Macron démission ». Des tags sur l’Arc de Triomphe (symbole de l’impérialisme français) demandent la revalorisation des salaires et des minimas sociaux. Il ne s’agit plus là de doléances de petits artisans poujadistes mais de revendications de classes.
Les cibles visées par les différents groupes dans plusieurs villes tendent à confirmer cela. A Paris, autour des Champs Élysées ce sont les voitures de police et de luxe qui ont été touchées, ce sont des magasins et des banques.
En province, ce sont des préfectures qui ont été prises d’assaut, comme au Puy-en-Velay. La réaction des médias bourgeois, très conciliants avec les revendications « anti-taxes » primaires du début, trouvent désormais toujours plus d’éléments de langage fallacieux pour discréditer le mouvement. D’une certaine façon, et avec une force rarement vue depuis la fin des années 70, la peur change de camp.

Nous ne sommes pas dupes, nous étions à Paris, nous avons vu les militants d’extrême droite présents dans le cortège parisien. Nous ne sommes pas dupes, nous suivons les réseaux sociaux, nous connaissons les soutiens plus que sulfureux du mouvement, nous connaissons les thèses complotistes, racistes, fascisantes, misogynes et LGBTphobes de certains influenceurs du mouvement. Mais nous savons surtout, et depuis longtemps, qu’un mouvement de masse ne peut pas être parfait, nous savons que ne pas soutenir ni participer à un mouvement qui tend à l’insurrection serait une erreur politique – pour ne pas dire historique.
Nous ne pouvons nous résoudre à laisser un mouvement de grande ampleur, loin d’être monolithique, aux militants d’extrême droite.

Contre les violences sociales, policières, LGBTphobes, racistes, l’ultra libéralisme et l’ultra droite, construisons sur le terrain une solidarité de classe.
Pour une société de liberté, d’égalité, de savoir et de partage, tolérante et écologiste, construisons sur le terrain une solidarité de classe.
Tous-tes ensemble pour la grève générale.

« La révolution n’est pas un dîner de gala »

 

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Alors que le 4 septembre s’ouvrira le procès aux assises des assassins de notre camarade Clément Méric, il nous paraît important de rappeler certains faits de l’actualité récente dans lesquels se sont illustrées les organisations fascistes auxquelles appartenaient les assassins Esteban Morillo et Samuel Dufour.

Dès le lendemain du meurtre de Clément en juin 2013, l’ignoble ballet médiatique visant à renvoyer dos-à-dos victimes et assassins commençait. C’est alors qu’est mise en avant la fable de la  « guerre de gangs », une version soutenue par l’extrême-droite et dont le but est de créer une écoeurante symétrie entre un jeune militant syndicaliste révolutionnaire, luttant contre les discriminations et pour l’égalité sociale, et des bandes fascistes dont l’activité principale consiste à agresser, et parfois à tuer, ceux qu’ils identifient comme des adversaires : militants de gauche ou personnes racisées.

Aurélien Verhassel, proche de la bande de Serge Ayoub et chef de la section lilloise de génération identitaire, passera d’ailleurs en délibéré le 11 septembre pour avoir commis une agression raciste dernièrement à Lille.

En plus d’être une insulte aux proches de Clément, considérer sa mort comme résultante d’une banale “guerre des gangs” tend à masquer la réalité d’une extrême-droite structurée en réseaux interconnectés. Ce discours a aussi tendance à isoler ce meurtre d’une série d’actions violentes et mafieuses au coeur desquelles se trouvent pourtant les mêmes protagonistes, qui n’ont évidemment jamais été inquiétés par les dissolutions de 2013.

Les misérables gesticulations de Morillo, recouvrant ses tatouages fascistes, ne sauraient faire oublier qu’il s’agit bien d’un assassinat politique illustrant les méthodes habituelles de cette clique de nervis. (https://www.lesinrocks.com/2018/08/30/actualite/proces-des-agresseurs-de-clement-meric-cest-un-meurtre-politique-rappellent-les-antifas-111119014/)

Depuis 2013, l’extrême droite n’a cessé de croître. Des résultats électoraux du FN au développement des groupuscules radicaux, nous traversons une phase de renouveau politique des organisations racistes et islamophobes. Depuis le mouvement homophobe de La manif pour tous, le nombre d’agressions commises par l’extrême droite ne cesse d‘augmenter ; des locaux identitaires et néo-fascistes ouvrent partout en France et des groupuscules royalistes que l’on croyait aux oubliettes réapparaissent.

Dans le nord de la France cela n’a pas été de tout repos, affaires de meurtres, de vente d’armes aux terroristes de l’hyper casher, ouverture d’un local “réservé aux blancs”… nous allons ici retracer une brève chronologie des évènements récents :

En 2013, lors de l’assassinat de Hervé Rybarczyk (https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille-metropole/noyes-deule-principal-suspect-du-meurtre-herve-rybarczyk-est-sorti-prison-1475223.html), à Lille c’est Claude Hermant qui domine le jeu, il est à la tête d’une organisation identitaire locale: la “maison flamande” (Vlaams huis),. C’est à cette période  qu’Hermant décide de fusionner la “maison flamande” avec les organisations “Troisième Voie” et “Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires” au sein du “Front Populaire Solidariste” . Troisième Voie et les JNR ont été créées et sont dirigées d’une main de fer le célèbre Serge Ayoub alias “batskin”.

http://www.cnt-f.org/59-62/tag/front-populaire-solidariste/?mcat=8

https://www.streetpress.com/sujet/1505057102-maison-flamande-claude-hermant

A ce moment, Esteban Morillo, l’assassin de Clément, est membre de ces organisations. A Lille, Yohan Mutte et plusieurs skins de la maison flamande font quant à eux partis de la garde rapprochée d’Ayoub. Des liens se tissent entre l’extrême droite lilloise et parisienne et des passerelles évidentes apparaissent.

 

Screen Shot 2018-09-03 at 12.59.37 PM.pngSerge Ayoub et Claude Hermant.

 

Aurélien Verhassel, actuel chef des identitaires lillois, est alors un des militants de la maison flamande. Il y côtoie notamment Yohan Mutte mais aussi Tomasz Szkatulski, un skinhead néo nazi régulièrement incarcéré pour des agressions de SDF. Ce dernier fonde alors la marque “Pride”, des vêtements ouvertement fascistes qu’il décide de vendre une boutique tenue par la clique Hermant: “Tribann”.


https://luttennord.wordpress.com/tag/tribann/

A ce moment les agressions sont épisodiques, attaques de bars gays, de lieux étiquetés politiquement à gauche, de personnes racisées… Mais les affaires vont s’accélérer et prendre un tournant beaucoup plus dramatique.

Claude Hermant tout d’abord est inculpé pour trafic d’armes. Lui et plusieurs de ses proches (sa compagne, des militants d’extrême droite de la maison flamande, un salarié de sa friterie située rue Solférino..) sont arrêtés dans le cadre d’une enquête où il est mis en cause pour des ventes illégales d’armes dans le nord de la France et la Belgique. En effet, il s’avère que depuis des années Hermant vend des armes de guerre sous couvert d’être un “indic” de la gendarmerie :

http://www.liberation.fr/france/2017/09/11/claude-hermant-l-identitaire-indic-juge-pour-trafic-d-armes_1595616

Ce business, dont les recettes irriguaient très certainement la bande d’Hermant et celle d’Ayoub, s’arrête en janvier 2015 avec la tuerie de l’Hyper Casher. Les enquêteurs découvrent alors que les armes retrouvées sur le terroriste islamiste Amedy Coulibaly ont été fournies par Claude Hermant. Cette découverte provoque évidemment l’arrestation de celui-ci et de ses complices.  

 

Une fois de plus  cette séquence révélera d’ailleurs les liens entretenus par l’extrême droite et la police. Celle-ci couvrira son “indic” quelques mois afin de se protéger jusqu’à finir par le laisser tomber. L’ambiguïté de cette relation n’est pas nouvelle et bon nombre de policiers fréquentent depuis toujours la maison flamande. Cette proximité permettra d’ailleurs à Claude Hermant d’obtenir en 2009 une liste de militants antifascistes interpellés au cours d’une manifestation par la police.  https://www.raslfrontrouen.com/des-taupes-brunes-dans-la-police-chti/

 

Suite à l’affaire Coulibaly, Hermant se retrouve malgré tout devant la justice, ses amis policiers le lâchent complètement et il écope d’une peine de 7 ans de prison. Il est encore actuellement incarcéré.

Une autre affaire dramatique va alors ressurgir. Il y a plusieurs années à Lille une série de décès vont se produire le long de la rivière de la Deûle, on découvre en quelques mois plusieurs cadavres noyés, certains portent la trace de coups, la rumeur prend de l’ampleur, on parle de crimes homophobes, d’un “pousseur de la deûle” etc. Très vite les médias et la police tiennent à calmer le jeu, ils nient toute probabilité d’assassinats, pour eux il s’agit de personnes ivres ou à tendances suicidaires, une triste série d’accidents sans aucun lien entre eux.

Ce n’est pourtant pas ce qu’il s’est passé, et il faudra plusieurs années pour que la vérité éclate au grand jour.

 

C’est une série de révélations sur des bandes ultra violentes d’extrême droite dans le nord et en picardie qui va permettre d’en savoir plus. Jérémy Mourain, proche d’Ayoub (encore lui), et membre des JNR est alors un ami proche de Yohan Mutte (membre de troisième voie, des JNR et de la maison flamande)

 

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Diverses photos de Mutte, Mourain, Ayoub, et d’autres membres des organisations TV et JNR (dont est également membre Morillo, l’assassin de Clément Méric).

 

Suite à une série d’agressions et de règlements de compte, la justice commence à s’intéresser au groupe de Mourain (white wolf klan). Mourain finit par être jugé et incarcéré :

https://www.streetpress.com/sujet/1485772451-le-white-wolf-klan-groupe-neonazi

 

Alors qu’il est en prison et sous écoute policière il téléphone à un ami et lui explique qu’il a tué quelques années auparavant une personne à Lille.

La police fait alors rapidement le rapprochement avec une affaire en cours, celle d’un des meurtres de la Deûle où elle soupçonne la bande Mourain/Mutte et comparses.

Lisez l’excellent article de MédiasCités : https://www.mediacites.fr/lille/enquete-lille/2018/05/11/laffaire-des-noyes-de-la-deule-refait-surface/

On découvre alors que non seulement la bande d’Ayoub et d’Hermant aurait tué une voir plusieurs personnes, mais que la police se serait rendue complice des agissements en couvrant partiellement ces agissements. En effet la police, pour des raisons qui nous échappent (et dont elle sera peut-être amenée à expliquer), aurait eu en main des éléments tenus secrets et aurait volontairement gommé la dimenssion politique de l’assassinat d’Hervé Rybarczyk.

La police va d’ailleurs être dessaisie de l’affaire au profit de la gendarmerie, on apprend alors dans l’article de médias cités :

Mais pourquoi donc la gendarmerie est-elle saisie de l’affaire ? Officiellement, il s’agit de porter un nouveau regard sur une enquête complexe. Mais en off, certains avancent que la police ne serait peut-être pas allée assez loin dans ses investigations. Voire que des policiers entretiendraient des relations très étroites avec l’extrême-droite identitaire“

 

Lors de ces dernières années de nombreuses autres affaires se sont déroulées, attaque du kebab “Aspendos” à Wazemmes par une bande d’extrême droite menée par les identitaires auxquels se joignent des hooligans du Losc, agressions de personnes non blanches rue Masséna, attaque de militants communistes, agressions de militants LGBT, attaques de migrants ou de bénévoles à Calais par le groupe Sauvons Calais (dont le chef Kévin Rêche est un ami de la quasi-totalité des personnes mentionnées ci-dessus), etc. Une chronologie détaillée et exhaustive serait longue, mais une brève recherche sur le net et dans la presse régionale permet de constater les visées criminelles et racistes de ces militants d’extrême droite.


Avec l’incarcération d’Hermant et la fin de la maison flamande, un espace se libère à l’extrême droite. Aurélien Verhassel, dont nous avons brièvement parlé précédemment, va alors en profiter pour développer un nouveau groupe identitaire sur les ruines des précédents : c’est ainsi qu’apparaît la section lilloise de génération identitaire, conglomérat d’anciens de la maison flamande, de Troisième voie, des JNR, etc. On change le nom mais l’on garde les mêmes méthodes. Yohan Mutte est un ami de Verhassel, il sera présent aux premières réunions de ce nouveau groupe. Son ami Willy, un autre skin néo nazi, est lui aussi un membre très actif de GI et s’investit dans l’édification de leur local ouvert en 2016 : La Citadelle.

 

Verhassel, qui dirige La Citadelle, n’hésite pas à présenter ce local comme “réservé aux blancs”. Malgré son apparence policée il est lui aussi mêlé à des affaires d’agressions racistes. Dans l’une d’entres elles il encourt d’ailleurs 8 mois de prison ferme, verdict en septembre :

http://www.lavoixdunord.fr/409570/article/2018-07-03/huit-mois-de-prison-ferme-requis-contre-le-chef-des-identitaires-lillois-pour

 

Les témoignages mettant en cause des militants de Génération Identitaire se multiplient depuis l’ouverture de leur local. Que ce soit à Lille à Arras où ailleurs, ils n’hésitent pas à faire le coup de poing comme lorsqu’ils ont attaqué en 2018 des étudiants grévistes de l’Université Lille 2. La façade a changé mais les méthodes sont les mêmes et ceux qui ont tué Clément hier sont les mêmes qui ratonnent dans les rues de Lille et de Paris aujourd’hui.

https://www.campuslille.com/index.php/entry/agression-violente-d-etudiants-de-lille-apres-une-assemblee-generale-par-des-militants-d-extreme-droite

 

A travers ce texte nous voulons établir une filiation entre le passé et le présent, entre les assassins de Clément et ceux qui à Lille ou à Paris n’hésitent pas à taper les noirs et les arabes, les LGBT et les militants progressistes. Agresser en groupe est une pratique récurrente pour l’extrême droite. Contrairement à ce que soutiendra certainement Morillo et une partie des journalistes : la mort de Clément Méric n’a rien d’accidentelle, elle est résulte uniquement de la tactique préconisée par Ayoub et Hermant hier et par Verhassel aujourd’hui.

 

Enfin, nous voulons insister sur le fait que les dissolutions de 2013 ont été un coup d’épée dans l’eau, et l’exemple lillois est d’ailleurs probant : le bar raciste La Citadelle a remplacé l’ancienne « maison flamande ».

 

Si nous insistons sur ces lieux c’est qu’ils occupent une place centrale dans la structuration locale de l’extrême droite : ils permettent aux militants de se rencontrer, de discuter et de s’organiser pour frapper. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les agressions de Lille 2 mentionnées précédemment ont été commises par un groupe de Génération Identitaire qui s’est retrouvé à La Citadelle pour commettre son méfait.

Les meurtres de Clément et d’Hervé n’ont donc rien d’accidentel. Ils découlent d’une logique :  la violence comme moteur de groupes se revendiquant racistes et fascistes.


ACTION ANTIFASCISTE NP2C

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https://luttennord.wordpress.com/2017/06/05/assassinats-de-la-deule-par-lextreme-droite-lilloise-lenquete-explosive-de-mediapart/

En savoir plus sur les liens entre les skins nazis, et les identitaires à lille :
https://luttennord.wordpress.com/2014/05/25/tribann-identitaires-nazi-et-fiers/

 

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