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Bruxelles Aube Dorée Casapound

Ce 4 octobre 2014, le MAS – un mouvement fasciste français – organise un meeting en Belgique avec deux eurodéputés d’Aube dorée (Grèce) et le président de Casa Pound (Italie). Ces deux organisations ouvertement fascistes, néonazies et violentes n’ont rien à faire dans nos quartiers!

Aube Dorée est une organisation néonazie et violente qui attaque les immigrés, les musulmans et les Roms dans les rues et les marchés d’Athènes où encore les syndicats et les citoyens dans les manifestations et sur les piquets de grève. On se souvient que ces militants ont assassiné le rappeur Pavlos Fyssas en pleine rue l’année dernière. Les liens de cette organisation avec la police grecque sont nombreux et leur assurent une totale impunité en Grèce. Comme toutes les formations d’extrême-droite, ils attaquent tout ceux qui refusent de marcher au pas derrière leur chef.

Casa Pound est peut être moins connue sous nos latitudes, il s’agit d’un mouvement italien qui se veut « le fascisme du XXI siècle ». Ils sont considérés comme un modèle pour énormément de mouvements d’extrême droite européens, ils se réclament notamment héritiers de Mussolini et se basent sur des milices de rues animées par leur organisation étudiante! Extrêmement violents, en 2006, ils ont attaqué des étudiants du secondaire à coup de ceinture dans une manifestation pour une école démocratique. Un chef, une nation « éthique », … cette organisation avance à visage masqué pour ressortir des poubelles de l’histoire une horreur sans nom.

Face au désastre social que nous imposent les gouvernements et les spéculateurs, ces formations prétendent combattre le « système ». L’histoire a prouvé que tout ce qu’ils proposent c’est de la barbarie, des massacres et des guerres. Pour nous, les réponses aux crises du capitalisme passent par la mobilisation solidaire et unitaire des 99%.

Nous refusons de laisser les fascistes et les nazis répandre leur haine du « musulman », du « juif », de l’étranger ou du militant. Ils sont dangereux et il faut les arrêter partout et toujours ! Faisons entendre notre voix. Arrêtons ce meeting.

Rejoignez la contre manifestation populaire et antifasciste ce samedi 04 octobre à la Gare Central

USE, JOC Bruxelles, EGA, Blockbuster, Initiative de Solidarité avec la Grèce qui Résiste, FEWLA, JAC; LCR-SAP, interrégionale du Front Antifasicte, ACV jongeren, COMAC, Les Jeunes FGTB Charleroi & sud hainaut, Jeunes FGTB, Agir Action Pour La Paix, Action Antifasciste NP2C…

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Vu les derniers événements qui se sont produits en Grèce, nous avons décidé de dédier le concert du 20 octobre prochain aux antifascistes grecs récemment arrêtés.
Lettre des 15 antifascistes arrétés :

“Aujourd’hui l’état a déclaré la guerre civile, ceux que les couteaux des fascistes ne tuent pas, sont envoyés en prison par les décisions de justice de la junte.

Nous appelons ceux qui luttent et qui ressentent que DIGNITÉ, SOLIDARITÉ, ÉGALITÉ ET LIBERTÉ  ne sont pas des mots vides de sens mais une façon de vivre, à prendre conscience du moment historique que nous vivons et à agir en conséquence.

LES IDÉES ne peuvent être réprimées, ni emprisonnées.

Les 15 arrêtés antifascistes.”

Rappel des faits (source)

La nuit du 15 septembre a vu la première patrouille à moto dans le centre d’Athènes avec des distribution de flyers et des slogans contre les attaques néo-nazies. Le 22 septembre, une autre manifestation antifasciste à moto fut réalisée avec succès.

Dans la soirée du dimanche 30 septembre, une troisième intervention-patrouille antifasciste à moto passait dans le centre d’Athènes, mais a vite été entravée par des néo-nazis. En conséquence, les compagnons en ont environ démolis trois près de la rue Phylis, dans le secteur d’Aghios Panteleimonas, dans le centre  d’Athènes. À environ 21h00, alors qu’un des fascistes gisait toujours à terre, blessé, les dernières motos de la manifestation ont été attaqué en représailles par plusieurs brutes de l’unité de police à moto DELTA.

Quasiment tout les antifascistes à moto ont été prise en chasse et attaqué, d’abord dans le voisinage de la place Amerikis (non loin du centre de la communauté tanzanienne qui a été mis à sac par des fascistes il y a de ça quelques jours), ensuite dans l’avenue Alexandras, mais aussi alors qu’ils se dirigeaient vers Exarhia. Là aussi plusieurs jeunes ont été persécuté et arrêté par les flics.Plusieurs motos ont été laissé en plan et éventuellement confisquées par la police. Peu de temps après, les camarades se sont rassemblés dans les squats du centre d’Athènes afin de défendre les lieux.

Parmi un nombre non confirmé de compagnons blessés par les flics, un antifasciste a sérieusement été blessé. Pas loin de 23 personnes qui ont participé à l’action ont initialement été reporté manquant… Parmi eux, 15 ont été arrêté dans différents lieux et enfermé au quartier général de la police [GADA] dans l’avenue Alexandras, sans aucun accès aux avocats.

Un rassemblement a été appelé pour le lundi 1er octobre à 13h00 au tribunal d’Evelpidon en solidarité avec les arrêtés. La procédure a été reportée à jeudi, alors qu’assistaient au rassemblement plus de 300 compagnons. Dans la soirée, plusieurs unités de police ont sauvagement attaqué les personnes venus en solidarité au sein du tribunal et les ont harcelé dans les rues aux alentours, avec pour résultat plusieurs détentions (4 d’entre-elles se sont transformées par après en arrestations).

Les 15 antifascistes qui ont été arrêté le 30/9 sont toujours détenus à GADA – ils doivent passer devant le tribunal le jeudi 4/10 au matin. Les 4 compagnons arrêtés le 1/10 vont être détenus à GADA jusque vendredi, le 5/10, date à laquelle ils vont probablement passer en procès au tribunal d’Evelpidon.

Les antifascistes qui ont pris part à l’action n’ont pas encore publié leur propre version des  événements mais ont notifié qu’il y a un besoin de collecter plus de 10.000 euros pour les dépenses légales et cautions. De plus, tard dans la soirée du mercredi 3/10 , ils ont appelé à une assemblée ouverte à l’École Polytechnique pour discuter des dernières informations sur les 15 arrêtés de la patrouille-intervention antifasciste (30/9), des 4 arrêtés lors du rassemblement de solidarité au tribunal d’Evelpidon (1/10) et des actions à venir. L’assemblée a été suivie par plus de 300 sympathisants.

La même nuit, une vidéo de l’intervention du 30/9 a été publiée, avec des prises peu avant le coup répressif. De plus, tous les 19 otages à GADA ont envoyé un premier retour :

Mercredi 03 octobre 2012.
Quelques mots des cellules de détention du 7em étage du quartier général de police d’Athènes.

Bien que trois jours aient passés depuis notre arrestation lors de la manifestation antifasciste à moto et collage le dimanche 30 septembre, nous pensons qu’il est bon de clarifier quelques trucs même maintenant.

Après un appel ouvert le dimanche 30 septembre, une manifestation antifasciste à moto et collage, qui est partie d’Exarchia, s’est déroulée dans le centre d’Athènes. Cette manifestation venait en réponse aux pogroms fascistes et attaques contre les immigrés qui se trouvent dans plusieurs quartiers du centre d’Athènes par des gangs fascistes déguisés en “résidents” ou “comités de commerçants”, soutenus par les gangs étatiques officiels.

Là tout de suite, nous ne sommes pas intéressés d’analyser ou expliquer ici les relations connues et rabattues entre Aube Dorée [Chrissi Avgi] et la police grecque.

Juste après que la patrouille est été attaqué par des partisans d’Aube Dorée(-citoyens), il y a eu un assaut de la part des flics de l’unité de police à moto DELTA, qui ont suivi l’arrière de la manif mais sont aussi passés dans les rues parallèles.

Au final, 15 combattants antifascistes ont été attrapé, hommes et femmes. Ils ont été blessé à différents endroits de leurs corps, comme la tête, les bras et jambes, alors que les flics ont aussi utilisé des tasers (armes qui causent des chocs électriques).

Nous avons été emmenés au 6em étage du quartier général de la police, en face du département de la protection de la constitution étatique, où la nuit fut accompagnée de tabassage, menaces, tirage et brûlage de cheveux de la part des équipes de DELTA qui ont pris nos photos pour leurs albums privés alors qu’ils continuaient à nous garder.

Des menaces telles “Maintenant nous savons qui vous êtes, nous allons vous enterrer comme vos grands-parents pendant la guerre civile” sont révélatrices du terrorisme que ces crétins prétoriens des équipes DELTA ont tenté de nous infliger. Au même moment, nous n’étions pas autoriser à communiquer avec des avocats ou des médecins pendant 19 heures consécutives. Le jour suivant, après qu’ils aient fait un transfert – un spectacle afin de prendre nos profils suspects, ils nous ont en fin de compte emmené au tribunal de l’ancienne école militaire d’Evelpidon.

Alors que nous étions toujours au tribunal, les forces de police anti-émeute ont attaqué les personnes solidaires rassemblées, battants férocement nombre d’entre eux. Un total de 25 personnes ont été détenu, et au final 4 arrêtés ont été inculpé. Depuis le moment de leur arrestation, ils ont été transféré au 6em étage du quartier général de la police, où les flics mirent en place la même tactique d’intimidation, incluant des fouilles corporelles humiliantes. Après une décision vengeresse sans précédent, la détention provisoire des 4 arrêtés a été prolongé en trois jours de plus (jusqu’à vendredi), et la détention provisoire des 15 premiers arrêtés fut étendue à jeudi.

Ils nous ont amené aux cellules de détention du 7em étage du quartier général de la police, dans un quartier surpeuplé (prévu pour 30 personnes alors qu’en ce moment 80 personnes “vivent” là dans des conditions incroyablement sordides), dans une tentative de “briser nos nerfs”. Malgré tout, nous avons rencontré un sentiment de solidarité sincère exceptionnel des gens qui ont été “oublié” depuis plus de trois mois dans cet endroit.

Au sein de la “crise économique” de plus en plus de gens se dirigent vers la pauvreté et la destitution, le cannibalisme social est récompensé comme une vertu, le fascisme montre sa tête dans nos localités et quartiers, l’offensive de l’État s’intensifie à tous les niveaux; dans cette période, des options qui promeuvent l’auto-organisation, la solidarité, la camaraderie et l’action directe sont celles qui, non seulement, peuvent tenir dans ce chemin de la peur qu’ils essaient d’imposer dans nos vies, mais sont aussi la perspective d’une organisation sociale différente.

Vous avez besoin de profondément saisir ce qu’est vraiment le fascisme
Le fascisme ne mourra pas simplement de lui-même; vous avez besoin de l’écraser.

Les arrêtés du 30/9 et du 1/10
(Quelques uns parmi nous, fiers descendants de brigands/symmorites anarcho-communistes.)


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Pour l’unité, contre la police !

Nous co-signions hier avec les Jeunes FGTB et la JOC un appel à manifester ce mercredi 27 juin à la Place Poelaert. Nous souhaitons assortir cette appel d’une légère mise au point concernant deux phrases de cet appel.

Premièrement : nous ne souhaitons pas établir un contrôle démocratique de la police. La police est l’organe armé du régime capitaliste. La démocratie parlementaire est le visage politique du système économique capitaliste. La question que nous nous posons est la suivante ‘Si la police ne commettait pas de bavures, si le Comité P parvenait à condamner les débordements policiers : est-ce-que ça en ferait quelque chose de bien ?’. Non, la police resterait garante de la solidité du système, la violence de la police se justifie par la légitimité auto-proclamée du système qui s’en sert.

Le propre d’un mouvement révolutionnaire est de vouloir faire la révolution : de renverser la classe dominante, par tous les moyens nécessaires. Soyons sérieux un instant : la classe dominante ne se laissera pas abattre, elle se défendra (et elle se défend déjà contre tout ce qui la menace, elle et son ordre). Elle se défendra par des moyens que nous connaissons tous : la police, l’armée, le contrôle social et la répression. Dès lors que nos actes menaceront la classe dominante, elle se défendra. Nous ne devons pas faire en sorte que nos actes ne provoquent pas la répression, nous devons nous préparer à faire face à la répression.

Ensuite, l’appel ‘exige’ de la ministre Milquet et du bourgmestre Thielemans qu’ils rendent des comptes. Nous n’avons rien à faire de leurs comptes, ils ne sont pas nos élus et ne nous représentent pas. Ils ne représentent que leurs intérêts et ceux de leur classe. Nous n’avons rien à demander à un gouvernement dont nous désirons la chute.

Enfin, nous désirons l’unité de la lutte antifasciste à côté de l’antifascisme institutionnel et capitaliste qui ne visent à combattre l’extrême-droite que pour protéger leur système. Nous voulons rappeler notre enthousiasme d’appeler à une manifestation contre la répression et le fascisme et de construire l’unité antifasciste et anticapitaliste dans la rue.

Manifester contre la répression et le fascisme : c’est avant tout manifester contre le système qui les crée et les nécessite.

Antifa BXL, Radicalement antifasciste, anticapitaliste et révolutionnaire, 21 juin 2012

No Border Bruxelles: Plaintes contre la police

Publié: 5 octobre 2010 par luttennord dans Infos
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La semaine dernière à Bruxelles, le camp No Border a été marqué par de très nombreuses arrestations arbitraires et violences policières, donnant notamment lieu à des scènes de torture et de violences sexuelles dans les commissariats de Bruxelles. Ces violences ont commencé à partir du dimanche 26 et ont pris une grande ampleur à partir du mercredi 29 : il y a eu plus de 500 arrestations et des dizaines de personnes blessées.

Après un premier état de choc, de nombreuses personnes (des gens de Bruxelles et d’ailleurs en Belgique) sont bien décidées à ne pas laisser passer ces graves évènements : quelques dizaines de plaintes ont déjà été envoyées à la Legal Team, un suivi juridique des personnes toujours incarcérées est mis en place et une manifestation contre la répression sera organisée bientôt. De plus en plus d’associations prennent position sur les arrestations arbitraires et les violences policières, certains syndicalistes réagissent aussi.

Nous envoyons ce mail pour demander que toutes les personnes arrêtées fassent parvenir, si elles le souhaitent, une plainte à la Legal Team (contact). Plus nous aurons de plaintes, plus nous serons en position de force.

Pour que votre plainte soit effective, nous avons besoin de :

Votre nom et prénom

Votre adresse

Votre date de naissance

(Optionnel, un autre moyen de vous contacter, mail ou téléphone)

Un récit aussi détaillé que possible de votre arrestation et de votre détention (coups et blessures, insultes, humiliations, vols…)

Si vous avez toujours des traces des coups et blessures, un constat fait par un médecin nous sera très utile.

Pour rappel vu que ce n’était pas clair pour tout le monde : les arrestations préventives effectuées par les flics sont illégales au regard du droit belge, de même que la prise de photo si vous avez donné votre identité. N’omettez aucun détail.

Nous nous allons nous renseigner pour savoir si il est possible que les gens restés anonymes durant la détention portent plainte (mais il est évident que pour la plainte en elle-même vous devez donner vos coordonnées). Nous enverrons bientôt un autre mail à ce sujet.



Récit «d’arrestation administrative» massive et indistincte pour «trouble à la tranquilité» et retour critique

Bruxelles, le 2 octobre 2010, dans la nuit.

1.

Tout d’abord, aucun détail ne sera donné sur ces évènements, de nature à compromettre la sécurité de camarades ou compagnon-e-s sur le récit des faits (de par leur nature, et leur caractère fantasmé ou réel), et dont la présentation reste dans ce texte purement pratique dans le but de mener un retour critique sur ce qui s’est passé ce soir. Aucune manifestation n’a réellement eu lieu. Il n’y a donc pas matière à débat sur ce sujet, mais sur ce qui s’est finalement passé, et ce qui aurait pu se passer.

2.

Tout d’abord, ici comme ailleurs, les arrestations préventives, comme à Copenhague, comme ailleurs, redeviennent, partout en Europe, la norme. Le délit d intention, et les arrestations «en amont de toute violation de la loi» ne sont plus du ressort de la science-fiction mais du présent. Notre présent. Et si les condamnations juridiques tarderont peut-être à se généraliser, les détentions interminables existent déjà, et annoncent ce qui peut être à venir.

Avant la manifestation, plusieurs discussions ont eu lieu, de différentes façons, en se questionnant de savoir si la manifestation serait déclarée, si nous irions, pourquoi et comment ? Pointant d’un moment à l’autre, d’une discussion à une autre, la dangerosité d’une telle manifestation, et le risque de finir toutes et tous arrêtéEs, car non-déclarée et non-autorisée dans Bruxelles (certainEs ignorant même jusqu’au fait qu’elle ait été interdite) dans les circonstances particulières qui sont celles de cette semaine et dans un contexte particulier. Plusieurs d’entre nous, loin de dénier l’évidente nécesité que représente le besoin essentiel et même vital de nous affirmer politiquement sans aucune espèce d’autorisation, ont rappeléEs que tout n’est pas question que de «bonne volonté», mais aussi de circonstances. La situation belge n’est pas la situation grecque, qui n’est pas la situation italienne, qui n’est pas la situation française ou espagnole. Et décembre 2008 ici n’est pas le printemps 2006 là-bas, etc.

Nous devons, tout en préservant intacte notre éthique et nos désirs, savoir faire germer l’anarchie dans des contextes et des configurations différentes. En clair : nous préoccuper au moins autant de nous-mêmes que le bassin dans lequel nous sommes plongéEs à tel ou tel moment, en tel ou tel lieu. Dépasser la simple révolte existentielle.

3.

En définitive, si il ne peut y avoir une mesure, et une prise en compte des paramètres environementaux, sociaux, physiques, matériels, culturels, ponctuels ou permanents, numériques, idéologiques, stratégiques, politiques et policiers qui définissent notre situation, à tel endroit, à tel instant : nous devons accepter l’idée que nous [allons] aller droit dans le mur.

Si rien ne permet de faire en sorte qu’il doive pouvoir exister, dans les limites du bon sens, une position souhaitable entre opportunisme et rigidité abstraite, entre bonne volonté et rationalisme plat. En bref, si nous devons bannir tout pragmatisme en le sacrifiant sur l’autel de l’attachement entêté : alors nous devons nous résigner à penser que nous nous battons contre des moulins, que nous restons sagement là où on nous attend, que nous demeurons en fin de compte sinistrement prévisibles, et que tôt ou tard, nous le payerons cher. Avec une «monnaie» qui est la seule qui représente réellement quelque chose pour nous : notre liberté, celle de toutEs les autres, et notre capacité à l’étendre à l’infini.

4.

Pour nombre de camarades et compagnon-e-s, il était évident qu’organiser une manifestation en plein Bruxelles, dans un tel contexte, avec un tel dispositif policier était voué à connaître la fin malheureuse qui a été celle d’aujourd’hui. Et nous osons affirmer que cela aurait pu être bien pire, et que nous avons de la chance, si le mot n’est pas ridicule.

Mais que cela aurait pu être bien mieux. Ce pourquoi nous nous y sommes malgré tout rendu. Parce que nous étions déterminéEs, avec des intentions et des motivations variées, mais aussi et d’abord parce que les mots d’ordre de cette manifestation étaient aussi les nôtres. Malgré tout. Mais nous avions imaginé aussi que d’autres pourraient être capables de ne pas rester accrochéEs à une idée de départ avec trop d’aveuglement : comme à qui on dit «Il y a de l’orage dehors, la sortie est compromise» qui réponde «Non, nous allons sortir». Malheureusement, ici ou ailleurs, aujourd’hui ou demain : les tôles, les commissariats, les hôpitaux psychiatriques, les centres fermés pour mineurs, les centres de rétention et tout le reste seront toujours là demain, et peut-être même après-demain. Et peut-être qu’il sera toujours temps de faire quelque chose sans aller là où il y a le plus «d’orage» : «au mauvais endroit, au mauvais moment».

5.

Certes, à plusieurs instants, dans plusieurs initiatives différentes, qu’elles proviennent de gens du No Border ou d’ailleurs, ont su répondre et se montrer courageux/ses et déterminéEs devant la police. Ne jamais plier. Mais celle-ci s’est montrée, pour sa part, comme le précisait l’affichette dans nos cellules, comme un personnel «spécialisé dans la gestion des personnes privées de liberté». Impassible, imperturbable, sadique, et froidement violente.

Entre autres spectacles navrants d’autorité de pacotille, les prisonniers d’une cellule ont pu par exemple assister à la pitoyable et pathétique démonstration de virilisme en uniforme du gradé Monsieur Van Der Smissen, qui, suivi de ses sous-flics, s’est alors pris au jeu de provoquer chaque prisonnier avec sa matraque sous l’épaule pour voir qui aurait l’audace de lui tenir tête. Le spectacle aurait pu être risible si l’individu n’était pas connu de plusieurs d’entre nous, notamment des manifestations contre les centres de rétention et pour la liberté de circulation totale en faveur des migrant-e-s, comme un harangueur de troupes, galvanisant la haine de sa meute, et notoirement connu pour ses petites phrases racistes et autres crachats de misérable chiens de garde.

Entre autres situations insupportables : plusieurs individuEs, et en particulier des femmes qui ont résisté à la manière dont on les traitait (si l’on considère que des insultes sexistes et un traitement «de faveur», humiliant et même agressif constituent — sans tomber dans le paternalisme observé chez quelques-uns des hommes — des violences supplémentaires à celle que constitue, de par le fait même qu’elles existent, une arrestation et une garde à vue) ont reçu des coups, ont été plaquées au sol, baffées avec gants plombés lorsqu’elles l’ouvraient trop, devant les regards médusés et enragés, et sous les huées et les cris de plusieurs d’entre nous, alors en cellules. S’ajoutent également les camarades et compagnonEs éclatéEs à coups de genoux, de poings, de clés-de-bras et de gel (sorte de pâte urticante et brûlante) dans le visage, et dans les bus nous menant à nos geôles, dans lesquels nous avons été sommairement jetéEs. Bien sûr, mélangéEs entre passantEs arrêtéEs, camarades criant quand d’autres choisissaient de garder un silence de défiance devant toute cette mascarade.

6.

Nous vient alors une question : Tout ça pour quoi ?

L’ultime majorité des arrestations n’a pas été si rondement menée pour seulement nous effrayer ou nous décourager de toute espèce d’action (Monsieur le bourgmestre et toute sa flicaille ne sont pas bêtes au point de croire que cela suffira — sans non plus nier le fait que certaines personnes ont nécessairement vécu, à travers ces violences, une expérience traumatisante. Les sensibilités et ressentis variants d’unE individuE à l’autre. Si ce qui ne nous tue pas nous rend plus fortEs, ce qui nous tue à petit feu ne nous rend pas plus fortEs.) mais dans un but, lui, tout pragmatique justement ; celui de nous photographier et de nous ficher, suivi d’un hypocrite et «courtois» au-revoir pour l’essentiel d’entre nous qui ont ensuite été relâchéEs (même si nous craignons toujours que certaines personnes — en plus d’autres «suspectéEs» — n’aient toujours pas été relâchéEs).

Nous ne portons strictement aucun jugement de valeur, ni moral, ni même éthique sur le fait d’avoir voulu tenir cette manifestation. Nous disons seulement : camarades, amiEs, compagnonEs, n’oublions pas qu’outre la solidarité et l’attaque, il y a aussi la préservation (comme on dit «prévenir plutôt que guérir»), et le sens, si recherché pour nous de la ruse et de la finesse dans un monde aussi brutal et violent, et qui tend à se perfectionner dans son administration de la misère. N’oublions pas que nos énergies ne sont pas infinies. Que nous ne sommes et ne seront jamais un État (et cela, d’abord parce que nous ne le voulons pas). Que nos ressources, comme nos forces et nos vies sont toujours limitées. Nos relations et notre capacité à construire une propagande efficace aussi. Mais brisons le mythe selon lequel toute stratégie d’adaptation est mauvaise, et reconnaissons que le rejet inamovible de réactivité et de souplesse dans nos initiatives (multiples, variées, créatives) est une stratégie qui, en plus de ne porter aucune puissance, nous conduira encore dans le mur, et peut-être plus rudement encore.

N’oublions pas que, comme pour la religion, il ne suffit pas de détruire le clocher, parce que les murs sont surtout faits par des gens et pas seulement avec des briques.

Apprenons de nos erreurs, aguerrissons-nous des mauvaises expériences,

Et par-dessus tout, en préambule de toute lutte, et en particulier de celles contre tous les enfermements :

Élargissons-nous, multiplions-nous, ne nous laissons pas isoler, surtout ne nous laissons pas enfermer !

Les actions et manifestations contre la machine à expulser continueront !

DÉTRUISONS TOUS LES ENFERMEMENTS !

ABOLISSONS LES FRONTIÈRES !

LIBERTÉ DE CIRCULATION TOTALE !

ABANDON DE TOUTES LES POURSUITES !

Des Anarchistes d’ici et là

Indymedia Bruxelles, 2 octobre 2010.



Cette après-midi plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant le centre de rétention situé au 127bis à Steenokkerzeel dans le cadre des actions proposées au camp No Border de Bruxelles. Les campeurs réclament l’abolition des frontières et la liberté de circulation pour tous.

La police a empêchée la manifestation d’arriver en centre ville puis a arrêté 11 manifestants et molesté l’un d’entre eux. A cette heure tous ont été libérés.

Vous pouvez suivre en temps réel les informations en provenance du camp sur le fil d’actualité fourni par Indymédia Bruxelles.