Articles Tagués ‘sans papiers’


Simple, concret et d’une grande portée politique : le succès des collectes en faveur des réfugié.e.s montre qu’un élan de générosité populaire est possible, loin des discours politiciens xénophobes. Les camarades d’AL du Nord – Pas-de-Calais racontent l’action s’est montée.

Deuxième semaine de septembre, il y a de quoi avoir le cafard : le désespoir de dizaines de milliers de réfugié.e.s stoppé.e.s par l’armée hongroise, la mort par noyade du petit Aylan Kurdi, et par là dessus les discours débectants de Michel Onfray, Marine Le Pen et consorts.

Alternative libertaire, qui s’est mobilisée cet été pour soutenir les camps de migrant.e.s à Paris, martèle que « la seule solution, c’est la liberté de circulation ».

On aimerait faire quelque chose de plus, mais quoi ? Une énième manif où l’on ne retrouvera que les quelques centaines de personnes conscientisées ?

Le week-end du 12-13 septembre, on a le déclic : une bonne vieille action de solidarité concrète, de terrain, simple et efficace. Un appel à la générosité populaire, une collecte de dons pour aider les réfugié.e.s qui vont bientôt arriver dans le Douaisis. L’occasion d’une démonstration publique qu’il y a une alternative à la xénophobie et au repli.

Pendant quatre jours, pendu au téléphone

Première organisation sollicitée, celle où on milite au quotidien : l’union locale CGT du Douaisis [1]. Ni une ni deux, tous les camarades consultés approuvent l’idée avec empressement. Débute un vaste tour de coups de fil. Pendant quatre jours, on est pendu au téléphone avec les différentes organisations pour mettre sur pieds la logistique et faire circuler l’appel le plus largement possible.

Au bout du compte, on peut s’appuyer sur la CGT, FSU, CNT pour les syndicats ; AL, PCF, EELV, PG, Action antifasciste pour les orgas politiques ; Immigration et Droits des migrants, Europalestine, MRAP, Secours populaire pour les assos ; ainsi que sur le Comité des sans-papiers du Nord-Pas-de-Calais.

De tous côtés, des retours positifs, des encouragements : on fonce. Ultime bonne surprise : lorsqu’on va chercher le camion de 30 m3 que nous avons réservé, le loueur nous annonce que puisque c’est pour aider les réfugié.e.s, ce sera gratuit, cadeau de la maison !

Le mercredi 16 septembre, nous stationnons donc dans la cour de l’hôtel de ville. Les militantes et les militants arrivent. Puis, sans qu’on ait à attendre longtemps, des habitantes et des habitants du coin, chargés de sacs : des dizaines de sacs avec des vêtements, des couvertures, des casseroles, des jouets, de la nourriture…

Photos : La Voix du Nord

Photos : La Voix du Nord

Photos : La Voix du Nord

On est rapidement débordés. Débordés par l’émotion aussi. Comme souvent, les plus généreux ne sont pas forcément les plus riches. La larme à l’œil, un bénévole du Secours populaire nous confie que parmi les donateurs, il reconnaît quelqu’un qui est lui-même bénéficiaire de la solidarité de son association. Tout cela fait chaud au cœur. Entraide, poignées de main, rigolade : syndicalistes, communistes, libertaires, antifascistes, associatifs divers coopèrent sans problème, portés par l’événement.

50 m3 en deux jours !

En une heure, les 30 m3 du camion sont remplis. Une petite allocution au mégaphone, au nom de l’UL CGT, et on peut aller stocker le fruit de la collecte. Mais l’élan s’est poursuivi : le lendemain, on en était déjà à 50 m3 ! La presse a couvert l’événement et en a fait un compte rendu honnête.

C’est important, de médiatiser largement une telle action. Parce qu’on ne la fait pas dans la discrétion, pour se donner bonne conscience entre nous, mais pour démontrer que les classes populaires ne sont pas aussi xénophobes que le voudraient les Finkielkraut, Zemmour, Onfray et compagnie, et qu’on peut aller à contre-courant de la fascisation rampante de ce pays.

Eddy (AL Douai) – publié initialement sur le site d’Alternative Libertaire


Refugees Welcome

Nouvelle collecte pour les réfugiés de Lille précédé d’un hommage à Alexander Barmin mardi 18h30 métro Gambetta !

A Lille comme ailleurs l’hypocrisie du pouvoir socialiste atteint son paroxysme : côté pile une campagne médiatique bien orchestrée par la mairie sur la thématique du soutien aux réfugiés (collectes à l’hôtel de ville, site internet, affiches..) ; côté face des rafles systématiques et une répression inouïe à l’encontre des quelques dizaines de réfugiés – y compris mineurs – qui dorment dans les rues de la ville (expulsions, placements en CRA, confiscation systématique des tentes et matelas, contrôles et interpellations musclés – avec des flics qui fredonnent La Marseillaise en effectuant leur sale boulot).

Heureusement, les habitant-es du quartier de Moulins préfèrent les actes aux discours de façade et la solidarité continue : hébergement des personnes les plus vulnérables, repas, aide juridique.
Afin de faire de permettre à cette solidarité de s’exprimer, le collectif de soutien à besoin de soutien :

  • personnes pouvant consacrer du temps
  • nourriture
  • vêtements chauds
  • argent

Comme la semaine dernière, l’Action Antifasciste NP2C organisera une collecte à destination des réfugiés ce mardi à 18h30 au métro Gambetta (Lille Wazemmes).

Il est également possible de donner le mardi soir et le week-end au local de la CNT Lille (32 rue d’Arras à Lille Moulins).

Le rassemblement sera précédé d’un hommage à Alexander Barmin, un jeune militant révolutionnaire russe assassiné par des néo-nazis ce mercredi 16 septembre à Moscou.

Venez nombreux ! #‎refugeesWelcome‬ ‪#‎RIPAlexanderBarmin

Action Antifasciste NP2C


No one is illegal

Ce jeudi 17 septembre 2015, en fin de matinée, une vingtaine de jeunes étrangers ainsi que des habitants du quartier, s’apprêtaient à déjeuner au parc des Olieux comme tous les jours depuis trois mois.
Plusieurs véhicules de la Police Aux Frontières, de la police nationale et municipale ont encerclé le parc et les ont embarqués. A la question posée par une habitante du quartier sur la raison de leur venue, les policiers ont répondu qu’il s’agissait d’un contrôle de papiers en vue d’un hébergement et qu’il n’était pas possible de laisser vivre ces jeunes dans de telles conditions d’insalubrité. Ils ont ajouté que les services de la ville n’allaient pas tarder à tout venir nettoyer. Des habitant-es ont quand même pu récupérer leurs affaires.
Après un long après-midi de vérification à la police au frontière, les
jeunes ont été relâchés. La police a néanmoins conservé les originaux de leurs papiers et leur a donné une convocation pour la fin du mois, le temps pour eux de vérifier l’authenticité de leurs documents.
Cette action des forces de l’ordre n’est pas nouvelle. Dès le début de ce campement, elles sont venues leur confisquer matelas, tentes et réchauds.
C’est quotidiennement qu’elles contrôlent l’identité de ces jeunes (photo de leurs papiers, recensement des noms, comptage en pleine nuit à la lampe torche) et les embarquent régulièrement.
Ces personnes sont arrivées dans le jardin des Olieux à la mi juin, suite à la fermeture d’une église du quartier de Moulins dans laquelle elles étaient hébergées depuis deux ans. Cette situation n’est donc pas nouvelle.

Lorsqu’ils arrivent sur le territoire français, ils doivent être reconnus mineurs par le département pour bénéficier de la protection de l’aide sociale à l’enfance, c’est à dire être mis à l’abri et pris en charge globalement. Cependant la procédure de reconnaissance de minorité prend plusieurs mois durant lesquels ils sont à la merci de la police.
Aujourd’hui, les jeunes du parc des Olieux sont dans ce cas de figure : ils ne sont statués ni mineurs, ni majeurs (d’où le terme mijeurs). De ce fait, ils ne bénéficient d’aucune aide ni de l’état, ni du département, ni de la mairie. Ils sont alors livrés à eux-mêmes, sans lieu où dormir, manger, se laver, s’instruire et vivre comme des jeunes de leur âge.
Le harcèlement de la police a pour finalité d’épuiser ces jeunes et de les décourager dans leurs démarches. Il montre la réalité de l’accueil des étrangers par les autorités. Les discours humanistes, largement médiatisés de ces dernières semaines, cachent mal une gestion maltraitante des étrangers qui ne rentrent pas dans les cases de l’administration. Les distinctions administratives entre demandeurs d’asile et réfugiés économiques, ou majeurs et mineurs stigmatisent et rendent vulnérables ceux qui viennent en France chercher une autre vie.
Au parc des Olieux ce sont des jeunes qui sont ainsi systématiquement criminalisés et harcelés par la police, comme partout ailleurs à l’intérieur et aux frontières de l’Europe : Calais, Lampedusa, Lesbos…

Soutenons ces personnes en continuant à venir passer du temps avec eux au parc.

Fin des harcèlements policiers réguliers, des papiers pour tous ou pas de papiers du tout !

Des habitant-es solidaires avec les jeunes du parc des Olieux.


Appel à manifester En solidarité avec les exilés et contre les VIOLENCES Policières

A Calais, plus de 600 personnes migrantes sont à la rue sans aucun abri suite aux destructions de camps, aux expulsions de terrain et de squats qui se succèdent depuis plus d’un mois.

Le 28 mai, subissant l’expulsion des deux principaux camps de fortune, les personnes migrantes se sont réfugiées sur le lieu de distribution des repas. Le 02 juillet, les autorités préfectorales et municipales ont ordonné l’évacuation du lieu, opération qui s’est traduite par une véritable rafle organisée (arrestations au faciès, parfois violentes ; tri des personnes par nationalités ; placements en rétention, y compris des mineurs, etc…). Cette évacuation s’est faite sans témoin, journalistes et associations étant cantonnés loin du lieu de distribution.

Cette situation est le triste reflet de la façon dont la France traite les étrangers fuyant des pays où ils ne peuvent plus vivre. Les autorités les chassent et les rendent invisibles à force de mépris administratif et d’expulsions. Ces politiques ne font qu’aggraver la situation et intensifient la stigmatisation de ces personnes.

Un seuil a été franchi le 2 juillet à Calais. Réagissons !

VENEZ MANIFESTER EN SOLIDARITE AVEC LES EXILES ET CONTRE TOUTES LES VIOLENCES QUI LEUR SONT FAITES !

MANIFESTATION SAMEDI 12.07.2014 14h, place d’Armes à CALAIS

Si possible, merci de collecter et de ramener de quoi dormir dehors (tentes, duvets, couvertures, bâches, etc…), des vêtements (pulls, sweats, chaussures, etc…), de la nourriture, du matériel de cuisine…

Le collectif « Solidarité avec les Exilés de Calais »

 

Plus jamais ça ?!

Nous pensions avoir été témoins du pire avec la destruction de la jungle afghane en 2009 qui a conduit à la rafle de 278 de ses habitants et leur mise en rétention un peu partout en France, cependant, ce mercredi 2 juillet 2014, une nouvelle étape a été franchie. A 6 heures du matin, plusieurs compagnies de gendarmes mobiles, de CRS, la police nationale et la police aux frontières, se sont livrées à des rafles massives, simultanées et coordonnées de la population migrante de Calais.

Sous couvert d’une opération d’expulsion des lieux de vie dont la date a été maintenue secrète, 600 migrant-e-s ont été gazé-e-s, insult-é-e-s, humilié-e-s, terrorisé-e-s, arrêté-e-s, dans le silence et l’ombre puisque tous les témoins ont été violemment écartés des lieux d’arrestation. Ils-Elles ont été escorté-e-s dans des bus qui les ont éloignés de Calais sans avoir la moindre idée de leur destination finale. 200 d’entre eux et elles sont toujours en rétention et ceux et celles qui ont eu la chance d’être libéré-e-s ne s’en sont pas sorti-e-s indemnes.

Cette démonstration de force et de violence policière répond à une volonté d’éloigner, de décourager et de terroriser les migrant-e-s pour
qu’ils-elles renoncent à s’installer dans le pays de leur choix. Cette opération n’est pas sans rappeler des épisodes historiques fascistes que nos générations s’étaient promis de ne plus jamais accepter, il nous en reviens de remobiliser une résistance.

Aujourd’hui à Calais, les migrant-e-s ont à nouveau été chassé-e-s de la ville. La majorité d’entre eux et elles sont maintenu-e-s à la
périphérie, dans des espaces où le harcèlement policier peut donner sa pleine mesure, à l’abri des regards et en toute impunité. Cette situation nous ramène 10 ans en arrière et nous ne pouvons pas accepter que les acquis de nombreuses années de lutte soient balayées ainsi.

Nous appelons tout le monde à venir à Calais pour s’opposer à cette vague de répression sans précédent.

Venez, dès le samedi 12 juillet pour une manifestation anti-rafle et en solidarité avec les migrant-e-s arrêté-e-s et harcelé-e-s, à 14 heures départ place d’Armes

et pour construire ensemble dans les jours qui suivent une réponse collective pour que cette forme d’oppression ne redevienne pas la norme !

Calais migrant solidarity


Rafle de Calais

Une partie des exilés arrêtés ce matin ont été envoyés dans des centres de rétention, Coquelles (près de Calais) environ 40, Lille – Lesquin, le Mesnil – Amelot, près de Paris. Des personnes en rétention à Rennes auraient été transférées dans des centres de rétention du sud de la France pour libérer des places, et une vingtaine d’exilés arrêtés à Calais seraient attendus à Rennes. Des places (180 à 200) sont disponibles dans les centres de rétention de Plaisir, Palaiseau, Rouen, Rennes, Mesnil Amelot, Wassel.

Des mineurs (une cinquantaine, érythréens et soudanais) ont été transférée dans un camp à Boulogne/Mer, d’autre près de Béthune.

Des exilés ont été envoyés à Boulogne et Dunkerque, probablement dans des commissariats.

Une petite cinquantaine sont encore au lieu de distribution des repas, sans qu’on sache pourquoi ils sont encore retenus là.

Trois cent vingt exilés ont été arrêtés selon la préfecture.

Le président de Salam, un membre de l’Auberge des Migrants et un membre de No Border ont été arrêtés placés en garde-à-vue.

Appel à Solidarité pour Calais !

Plus de 900 personnes sont à Calais en attendant le passage en Angleterre. Une majorité d’hommes, mais aussi des femmes, qui fuient souvent des pays en guerre, et qui souhaitent rejoindre l’Angleterre. Afghans, syriens, erythréens, égyptiens, soudanais, albanais, etc.
Trois squats sont expulsables depuis le 30 mai, dont un espace mixte habitation/centre social (où ont lieu des cours de français, anglais, arabe, des réparations de vélos, et où vivent plus d’une cinquantaine de personnes) et deux squats abritant de nombreux demandeurs d’asile (qui devraient donc être hébergés par l’état).
La mairie a également évacué le 28 mai deux campements où vivaient plus de 500 migrants de toutes nationalités, dans des conditions de vie déplorable, venues se réfugier sous les tentes à la suite des expulsions incessantes de squats.
A la suite de ces expulsions, les migrants ont trouvés refuge a l’aire de distribution alimentaire rue de Moscou, en face d’un des camps expulsé. Quelques uns ont réussit à reconstruire des abris, mais la majorité d’entre eux dort à même le goudron, souvent sans même une couverture. D’autres ont trouvés refuge dans des buissons, des jungles improvisées. Suite à la plainte de la mairie, le tribunal a décidé l’expulsion de ce lieu sans délai.

Ainsi, dans quelques jours, ces centaines de personnes vont être chassées à nouveau, sans aucun endroit où aller.
Les migrant.e.s de Calais, en plus d’être à la rue, manquent de choses essentielles comme la nourriture, des couvertures, des vêtements chauds… Ils ne reçoivent qu’un seul repas par jour, les jours où il y a assez de nourriture pour tout le monde.

Les associations manquent cruellement de matériel, les tentes et vêtements disparaissent au fur et à mesure des expulsions. De nouvelles personnes arrivent chaque jour, sans rien.

Tout ce qui peut être utile :

  • De quoi dormir dehors : Tentes, duvets, couvertures, matelas de sol, bâches, palettes, etc.
  • De quoi s’habiller : Pulls, sweats, chaussures, t­shirt, chaussettes, joggings, coupe vents, etc.
  • De quoi manger : Tout ce qui se mange (sans porc pour la majorité), pates, riz, thé, sucre, etc.
  • De quoi se laver : Brosses à dents, dentifrice, savon, rasoirs, etc.
  • De quoi vivre dans les jungles/squats (s’il en reste) : Réchauds, poêles, casseroles, vaisselle, bougies, etc.
  • De quoi se déplacer : Vélos, roues de vélos, bouts de vélos, outils.
  • De quoi se changer les idées : Livres en toutes les langues, dictionnaires, maillots de football, ballons, crampons, des téléphones, des chargeurs de téléphones, appareils photos, etc.
  • Et surtout, plein de gens, plein d’énergie !

Nous pouvons récupérer vos dons dans le Nord – Pas­ de­ Calais, mais également à Paris, Dijon, Notre Dame des Landes, Rennes, etc.

Plus d’informations sur Calais Migrant Solidarity
et Passeurs d’hospitalités.
Contact sur Calais et ailleurs : 06 45 46 59 86
Dépôt possible au cinéma l’Alhambra (en précisant association « le réveil des voyageurs »)

Contact sur Lille : 07 53 26 34 30
Dépôt possible à l’Insoumise, au CCL.
calaisolidarity@gmail.com
Merci !


Contre les fascistes de Sauvons Calais

Depuis une semaine, le collectif Sauvons Calais appelle à des rassemblements quotidiens pour protester contre l’ouverture d’un squat à Coulogne (commune limitrophe de Calais) par des sans abris aidés par le
collectif No Border. Ces attroupements fielleux de décervelés nostalgiques du troisième Reich se sont
traduits par des jets de pierres et de cocktails Molotov, des menaces envers les personnes hébergées et leurs soutiens, et des tentatives d’entrer en force dans le logement occupé. Tout cela sous les yeux d’une police complaisante.

Face à la montée des violences commises par les nervis d’extrême droite à Calais, en France et dans le reste de l’Europe, il est indispensable de faire obstacle à la diffusion des idées et des actes xénophobes. En solidarité avec les migrant-e-s et les militant-e-s qui les accompagnent, nous nous joignons au rassemblement, samedi 1er mars à partir de 14h30 place d’Armes à Calais.

LA RUE NE LEUR APPARTIENT PAS !
Solidarité Antifasciste.

Premiers signataires : Action Antifasciste NP2C, CNT


Festival de Calais censuré

Communiqué de l’équipe d’organisation du festival :

Quand la censure devient la règle…

Depuis plusieurs mois, des bénévoles engagés auprès des personnes migrantes travaillent en partenariat avec la Maison pour Tous (MPT) de Calais sur l’organisation d’un festival interculturel, intitulé « A l’uni son, united people festival » initialement prévu du 14 au 20 octobre. Une exposition de 6 artistes était prévue, un « Cabaret du peuple » concernant les migrations dans le Nord Pas-de-Calais, ainsi que deux soirées de concerts avec plus de 10 groupes de musique. L’idée était de faire du lien entre des populations de cultures différentes présentes à Calais, rassembler, soutenir et sensibiliser par le biais d’un événement festif.

Vendredi 11 octobre, soit quelques jours avant le début du festival, la mairie de Calais a adressé un courrier à la MPT dans lequel elle exprime son « refus absolu » que le festival ait lieu. Selon elle, cet événement ne rentre pas dans le cadre de la convention qu’elle a signée avec la MPT. De plus, elle prétend que ce festival constitue une sous-location et que, par conséquent, elle n’a pas été informée dans les délais impartis. Pourtant, il ne s’agit pas là d’une sous-location puisque la MPT est, de fait, co-organisatrice de cet événement. La mairie prétexte que ce festival est militant et politique, ce qui ne rentre pas dans le cadre de la convention signé avec la MPT, alors qu’il est avant tout culturel, et il s’agit bien là d’une des missions de la MPT. Finalement, la mairie menaçant de résilier la convention qui la lie à la MPT, cette dernière décide d’annuler le festival, pliant sous la pression. Ainsi, la mairie interdit et censure ce festival, qui est organisé depuis le début dans un souci de neutralité, afin de permettre une large sensibilisation. La maire cherche à diviser quand notre volonté était de rassembler, elle met l’accent sur les clivages, effraye la population et les partis politiques qui ont peur de perdre des voix en prenant partie… Les exilés et les associations subissent une fois de plus les dommages collatéraux de ces querelles politiciennes.

Plus généralement, il est plus que difficile pour les associations calaisiennes d’aide aux migrants de se réunir dans un lieu public ou d’organiser un évènement « civique » ou « social ». Impossible d’avoir une salle à disposition, impossible de se réunir dans l’espace public. Quelles que soient les circonstances, l’actuelle municipalité de Calais fait valoir son veto et empêche ainsi la solidarité de s’exprimer au détriment des droits fondamentaux. Nous dénonçons cet abus de pouvoir et espérons que cette censure municipale ne restera pas sans autre réaction que celle des associations. Au-delà de la remise en cause des libertés d’expression et de réunion, nous espérons que soit dénoncé le sort réservé aux personnes migrantes et refusons que celles-ci soient instrumentalisées dans la perspective des prochaines élections municipales. Le silence, le délaissement ou le harcèlement ne sont pas des réponses à ce que vivent les personnes migrantes présentes à Calais. La stigmatisation et la division ne sont pas des réponses à la souffrance des calaisiens et calaisiennes.

Pour dénoncer ce coup de force, nous appelons à manifester pacifiquementsamedi 19 octobre2013 à Calais à partir de 14h. Symboliquement, nous défilerons bâillonnés (par un foulard ou du scotch) de la Place d’Armes jusqu’à la Maison pour Tous (MPT).

Voir la page Facebook de soutien