Archives de avril, 2009

Ce soir c’est Oi au détour !

Publié: 29 avril 2009 par luttennord dans Rendez vous

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Violence policière sur mineur : le rapport de la CNDS

Publié: 28 avril 2009 par luttennord dans Infos

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Les violences des forces de l’ordre sur les mineurs recensées pour la première fois

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) publie mardi avec son bilan 2008 sa première étude recensant des exemples de « violences illégitimes » des forces de l’ordre envers les moins de 18 ans, bébés, enfants ou adolescents.

Recours « excessif » à la force lors d’une interpellation, fouille de sécurité « injustifiée » ou placement en rétention administrative comparable à de la « maltraitance » : la Commission a traité depuis sa création en 2000 soixante-cinq dossiers concernant des mineurs (environ 10% du total), « dont 50 ont fait apparaître un ou plusieurs manquements ».

Mais, souligne-t-elle, « la répétition de certains manquements donne à penser qu’ils sont beaucoup plus répandus que les chiffres ne le laissent supposer ».

Sur la garde à vue, il est rappelé qu’elle ne peut concerner un mineur qu’à condition d’en informer immédiatement le procureur, et qu’un examen médical doit être demandé « en urgence » en cas de blessure.

En 2005, un jeune homme qui venait d’être violemment plaqué au sol par un policier d’Evry l’interpellant pour outrage et rébellion a été placé en garde à vue « au lieu d’être transporté immédiatement à l’hôpital alors qu’il était incapable de s’alimenter du fait de fractures aux dents et au nez », cite en exemple la Commission.

Face à un mineur, recommande la CNDS, « un policier ou un gendarme doit avant tout éviter toute confrontation violente ». « Vulnérables », « fragiles psychologiquement », les mineurs sont aussi « susceptibles de réactions moins maîtrisées que les adultes », et dans bien des cas une convocation au commissariat serait préférable à une interpellation.

La CNDS critique aussi le placement de familles entières, enfants y compris, dans des centres de rétention administrative (CRA), notamment à Pamandzi (Mayotte) –où « les conditions d’hébergement sont inacceptables »– ou à Cayenne (Guyane).

Depuis que certains CRA sont habilités à accueillir des familles, relève la Commission, « la rétention (qui n’est pas une peine mais en a tous les effets) et l’expulsion de mineurs se banalisent en France malgré les souffrances psychologiques et physiques graves qu’elles peuvent leur causer ».

The Last Border Sound le 09 mai à St Sylvestre CAPPEL

Publié: 28 avril 2009 par luttennord dans Infos, Rendez vous

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c’est une soirée d’information, de discussion et de soutien aux migrants et aux associations…

18h. : projection / débat pour comprendre la situation des migrants « De l’Erythrée à l’Angleterre en passant par Steenvoorde », avec participation des associations

20h30 : concert Les Fumiers (ska punk), Dead Zone (dub punk ska), Brout’chouille (street punk) Burning Lady (punk’n’roll) –

3€   Tout ça se passe le 9 mai 2009 à la salle des fêtes de Saint-Sylvestre-Cappel (entre Hazebrouck et Steenvoorde).

Faut-il interdire Orelsan ?

Publié: 27 avril 2009 par luttennord dans Infos
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Faut-il interdire Orelsan ?

Depuis quelque temps la campagne contre le rappeur Orelsan rappelle de biens mauvais souvenirs. Contre le révisionnisme nous avons eu Gayssot ! Contre le voile, l’UFAL…, par exemple. Souvent le remède incarné par une campagne d’interdiction est pire à long terme que ce qui est dénoncé, et souvent, qui plus est, ne fait qu’en faire la promotion.

Cette recherche du pouvoir d’interdire est aussi malsaine, quant au fond, que les lignes du rappeur. Il y a derrière ces chastes sentiments offusqués comme un parfum de puritanisme. Mais c’est toujours pareil, les puritains s’offusquent sur la scène mais, en fait, font de la propagande au « mal », leur plaisir étant de le voir partout pour en jouir en coulisse, plus largement, en toute bonne conscience. Pourquoi demain ne pas interdire Breillat, Millet ou Houellebecq, comme le dit le texte ci-dessous, mais aussi, la liste est longue, les Robbe-Grillet, la cinéaste Cavani, Sade et… Nietzsche (sans doute l’un des écrivains les plus machiste qui soit). Bref ces pétitionneurs de l’interdiction nous font froid dans le dos ! Qu’est-ce que ça serait s’ils accédaient au pouvoir ! Ils ne nous lacheraient plus, légifieraient, trieraient, nommeraient un ministère de la bienscéance et du politiquement correct, condamneraient…

Orelsan est un poète (ce n’est pas en soit une qualité !), là où certains lapident la femme infidèle, lui il l’avorte à l’opinel. Rien de bien neuf, juste un zest d’imagination pour renouveler la technique du châtiment. Reconnaissons, à ce zélateur de la pensée dominante le droit de chanter ses couplets aussi abjectes soient-ils, et à nous celui de nous donner concrètement les moyens de mener une lutte idéologique et non institutionnelle : les tomates et des sifflets ça existe !

C’est dans cet esprit que nous avons trouvé le texte d’une MJC de Rennes se refusant d’annuler le programme prévu, intéressant et justifié. Il se trouve sur http://oclibertaire.free.fr/ OCL

Appel pour un camp No border à Calais

Publié: 26 avril 2009 par luttennord dans Infos
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Appel pour un camp no border à calais

Le camp No Border de Calais est un projet mené par des militantEs françaisES et belge, et des groupes de soutien français en coopération avec le réseau No Borders britannique. Il vise à mettre en lumière la situation à Calais et dans le nord de la France, construire des liens avec les communatés de migrantEs, contribuer à développer les liens entre les groupes qui les soutiennent, et enfin défier les autorités sur le terrain pour protester contre la répression croissante contre les migrantEs et les militantEs de la région.

Le camp revendique la liberté de circulation pour tous et toutes, la fin des frontières et des contrôles migratoires. Nous appelons à un mouvement radical contre les systèmes de contrôle qui nous divisent entre citoyenNEs et non-citoyenNEs, entre avec et sans papiers. Pourquoi Calais ? Nous avons choisi Calais pour deux raisons essentielles. C’est un lieu important dans l’histoire du développement des contrôles migratoires et depuis longtemps un goulet d’étranglement pour celles et ceux qui cherchent à se rendre en Grande-Bretagne. C’est surtout un lieu d’affrontement entre ceux qui veulent stopper toute migration vers l’Union Européenne et ceux qui luttent pour détruire les barrières entre les peuples, les frontières qui empêchent la liberté de circulation pour tous et toutes, et non pour quelques privilégiéEs.

Depuis le milieu des années 90, des dizaines de millier de migrants ont vécu à Calais sans aucune ressource, contraints de dormir à la dure dans la “jungle” dans l’espoir de pouvoir un jour traverser la Manche vers l’Angleterre. En 1999 la Croix Rouge a ouvert un centre dans la ville voisine de Sangatte, mais celui-ci a du fermer sous la pression conjuguée de la France et de la Grande-Bretagne. Depuis, une présence policière et une répression renforcées obligent des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants à errer dans la région de Calais et le long des côtes du Nord de la France, de la Belgique et des Pays-Bas.

Ils et elles sont régulièrement brutaliséEs par la police, victimes de gaz lacrymogènes, battuEs, arrêtéEs et enferméEs régulièrement au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Coquelles. La police brûle régulièrement leurs abris et les maigres possessions qu’ils contiennent. Les groupes qui les soutiennent en leur fournissant des repas et de l’aide humanitaire subissent une répression croissante par la police et plusieurs militantEs ont été arrêtéEs ces derniers mois. Pendant ce temps, le ministre de l’immigration Phil Woolas a appelé à la construction d’un centre de rétention permanent à l’intérieur du Port de Calais. La partie la plus visible de l’iceberg Calais n’est pourtant qu’une petite partie de l’ensemble des contrôles migratoires européens, une frontière interne majeure au sein du système hi-tech des frontières européennes. Depuis le début des années 2000, l’UE s’emploie à construire “l’Europe Forteresse” en externalisant ses frontières en Asie et en Afrique avec des patrouilles frontalières en Méditerranée, en Lybie et sur la côte Ouest de l’Afrique grâce à l’agence Frontex (Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures), et via sa politique extérieure qui permet de payer des Etats, de l’Ukraine jusqu’au Maroc, pour effectuer à sa place le travail de prévention de l’immigration.

Les droits des migrants sont aussi ceux des travailleurs A travers ce système de contrôle aux frontières, les autorités créent deux sortes de migrants : une minorité de migrants “qualifiés”, considérés comme “utiles” à l’état, et une majorité de travailleurs sans papiers, à laquelle aucun droit n’est garanti et qui se retrouve donc exploitée à loisir sur le marché du travail. C’est pourquoi notre combat pour la liberté de circulation est également un combat pour les droits de tous les travailleurs. La solidaité transnationale marche ! Etablir des liens en travaillant ensemble nous permet d’échanger de l’information à un niveau transnational, et ainsi d’exploiter les failles et les fissures de cette “Europe Forteresse”. En novembre dernier, c’est en partie grâce à un effort de solidarité transnationale que la déportation organisée de réfugiés afghans de Calais à Kaboul a pu être empêchée. Camper et Faire Campagne contre les Frontières Ce camp s’inscrit dans la tradition des camps No Border organisés à travers le monde depuis les années 90. Comme le camp de Lesbos au mois d’août prochain, ce sera un espace pour partager des informations, des compétences et des expériences, un espace pour préparer et réaliser des actions contre le système des frontières qui nous divise tous et toutes.

Depuis des siècles, les puissances impérialistes européennes exploitent la terre, les ressources et les populations de la majorité de la planète pour s’enrichir et devenirs plus puissantes, semant sur leur passage la guerre, la destruction de l’environnement et des inégalités criantes. Tenter le voyage vers le Royaume Uni, c’est lutter contre cette injustice. La situation calaisienne est une conséquence de la politique d’immigration britannique et nous appelons les groupes, réseaux et individus à agir à travers la Manche pour participer au mouvement global de solidarité qui défend leur droit qui défend leur droit à la circulation à travers les frontières.

Egalité des droits pour touTEs ! Personne n’est illégal. Liberté de circulation et d’installation pour touTEs ! http://calaisnoborder.eu.org/

http://london.noborders.org.uk/cala… Contact à Calais : noborder-groupelocal-calais at hotmail.fr

Infos à propos du camp No Border de Lesbos : contact : noborder.lesvos.2009 at gmail.com

Les séquestrer ou bien se passer d’eux ?

Publié: 24 avril 2009 par luttennord dans Infos

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LES SÉQUESTRER, OU BIEN SE PASSER D’EUX ?

« Oui, il y a une forte colère qui s’exprime dans notre pays, oui, il y a un risque révolutionnaire en France ». Ces mots auraient pu être prononcés en 1788 par un ministre de Louis XVI, ou en 1870 par Michel Bakounine, mais ils sont on ne peut plus actuels, en effet leur auteur n’est autre que De Villepin, qui s’y connaît en matière de fraternité avec les classes laborieuses, puisqu’il avait voulu refiler le CPE à la jeunesse de ce pays. Ceci dit, comme observateur de la vie sociale, il ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes, car la réalité est bien pire que ce que veulent bien nous laisser croire les grands médias : ça pète de partout. Ce sont plus de mille conflits sociaux qui se déroulent actuellement en France, soit des dizaines de milliers de travailleurs du privé comme du public ; on connaît les plus emblématiques : SBFM à Caudan, Continental à Clairois, Molex, 3M, Sony, Heuliez, Caterpillar à Grenoble ; on sait que les constructeurs automobiles et leurs sous-traitants sont au cœur de la tourmente, et que les fonds publics ne servent qu’à préparer une productivité toujours croissante, alors que dans le même temps on prépare psychologiquement tous les chômeurs, les lourdés et ceux qui ne le sont pas encore à devoir accepter des baisses de rémunération de 30%, on les amène en douceur à se faire à l’idée de devenir auto-entrepreneur, c’est-à-dire une forme actualisée de la condition de journalier.

Dans ces conditions, on comprend que les crispations deviennent la règle, que revienne le temps joyeux des séquestrations de dirigeants d’entreprise, des occupations, voire même des saccages de sous-préfectures, la Fédération anarchiste y voit des actions de légitimes défense : ceux qui sont violents, ce ne sont pas les ouvriers de Caterpillar qui bloquent leur taule, mais bien ceux qui foutent sur le carreau plus de 700 d’entre eux.

Au demeurant, si la situation actuelle a une vertu pédagogique, c’est bien de montrer quel rôle joue l’Etat dans la vie sociale : ce sont des jugements en faveur des patrons, des promesses de répression (décret anti-cagoule en manif, Sarko nous veut transparents et dociles) ; tous ceux qui pensent que l’Etat est un gentil régulateur des conflits sociaux habité par un fort sentiment d’équité en sont pour leurs frais, les cognes frappent sans discernement. Gageons que la brutalité policière de Strasbourg pendant le sommet de l’Otan n’est qu’un faible aperçu de ce qui peut nous tomber dessus…

Face à la barbarie du Capital et au comportement autoritaire- le masque tombe- de l’Etat, les forces politiques parlementaristes offrent un spectacle pitoyable : c’est un PS, à l’instar de la CFDT, qui a pour toute ambition de rechercher les meilleurs reclassements possibles et qui pas un instant ne remet en cause la pertinence des licenciements, pas plus qu’il ne se rappelle qu’il a pu avoir été opposé à la propriété privée des moyens de production. Plus à gauche, que font le PCF, le Parti de Gauche, le NPA, LO, le POI, en demandant l’interdiction des licenciements, si ce n’est demander de bons patrons pour la classe ouvrière, qui accepteraient d’abandonner quelques miettes pour que tout continue comme avant, l’Etat représentant pour eux le nec plus ultra en matière d’employeur !

De leur côté, les hiérarchies syndicales ont accouché pour toute réponse à la gravité de la situation d’un « premier mai offensif » , le patronat tremble dans ses escarpins et le pouvoir fait dans son froc ! A qui fera-t-on croire à l’efficacité d’une telle sornette ?

Nous sommes à un tournant de l’histoire : le capitalisme montre désormais clairement qu’il est une machine à fabriquer la misère, l’exploitation, l’aliénation, mais il réussit encore à faire croire qu’il est le seul système possible… Et pourtant, des lieux de production qui fonctionnent sans patron, sur le mode de la gestion directe, comme en Espagne en 1936, ou plus récemment en Argentine, ne peuvent pas faire pire que ce qui se fait actuellement ! Et pourtant, débarrassés des parasites qui prélèvent les profits, et de la pieuvre qui prélève les taxes pour entretenir les flics et l’armée, ceux qui n’ont rien pourraient vivre décemment, mettre sur pied des services publics gratuits et des solidarités égalitaires !

Bien évidemment, les puissants de ce monde ne se laisseront pas déposséder sans réagir de l’immensité de leur richesse, et seul un mouvement social généralisé, expropriateur, gestionnaire et international est à même de faire bouger les choses, alors, si au lieu de séquestrer les patrons, on les foutait à la porte ?

Fédération anarchiste

le 22 avril 2009

http://public.federation-anarchiste.org/spip.php?article3910


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21 avril 2009, Moscou

Pas de justice Rien que la police

Aujourd’hui à Moscou, on attendait le verdict dans le procès fait à un antifa, Olesinov, jugé deux fois pour la même affaire, une première fois au tribunal administratif, et une deuxième fois, pour les mêmes faits, pour «  Hooliganisme ».

Arrêté pour une embrouille devant un club, ce militant de la scène Antifasciste de Moscou est en prison depuis le 6 novembre 2008 ; ce qui lui est reproché, ça n’est pas tant la bagarre qui a suivi l’embrouille devant le club, mais son activité militante d’antifasciste radical, qui n’hésite pas à aller au contact des néo-nazis dans la rue. Bien plus que les faits qui ont permis aux flics de l’arrêter, c’est son activisme qu’on lui reproche et qui ont permis au procureur de construire cette affaire. Le verdict devait être rendu la semaine dernière, puis il a été finalement reporté dans un premier temps… au lundi 20 avril, jour-anniversaire de la naissance de Hitler et journée de prédilection pour les fachos en Russie. Le juge s’est rendu à l’évidence et a finalement reporté le verdict à aujourd’hui.

Pas de justice

Dans la station de métro, une vingtaine de flics anti-émeute, un casque et une matraque dans les mains, nous attendent : en haut des escalators, même chose. L’armement est léger, idem pour la protection, mais on sent qu’ici, les flics ne sont pas forcément là pour le maintien de l’ordre.

Devant le tribunal, nous retrouvons une trentaine d’antifas, et au fur et à mesure que le temps passe, la foule devient plus dense. Certains ont le visage masqué (deux civils, qui ne sont d’ailleurs pas des flics, nous apprend-on, mais des volontaires civils, la plupart du temps des fachos, filment sans discontinuer).

Après une demi-heure de tractations, en vain, seuls les journalistes accrédités et quelques représentants d’organisations de défense des droits de l’homme peuvent passer le barrage pour assister à cette audition pourtant publique. Les deux flics qui nous barrent le passage ironisent sur notre ignorance du Russe et concluent par un «Seulement pour les Russes » très compréhensible.

Bilan, seule une dizaine de personnes peuvent pénétrer dans le tribunal, et seulement 3 ou 4 dans la salle, emmenées par l’avocat d’Olesinov, celui qui, au pied levé, a accepté de remplacé Stanislav Markelov, assassiné en janvier dernier dans une rue Moscou, en pleine journée.

Au bout du compte, nous apprenons que Olesinov a été condamné à un an

de prison ; avec ce qu’il a déjà purgé en préventive, il lui reste deux mois à faire. « On s’attendait à bien pire ! » nous disant les copains soulagés. Certes, le procureur avait requis 5 ans… « Pourtant», conclut une copine, « s’il a été jugé coupable, pourquoi la peine est-elle si réduite, et s’il est innocent, alors pourquoi le condamner ? »

Une fois la première réaction de soulagement passée, tout le monde s’organise : pas question de laisser passer le verdict et le maintien en détention d’Olesinov sans rien faire. Un rendez-vous est donné, le soir, à une station de métro.

La police

Nous sommes à l’heure dite à la station de métro, et petit à petit, les antifas arrivent, par petits groupes, plus ou moins visibles. Au bout d’une demi-heure, nous sommes déjà plus d’une centaine. Puis arrivent les consignes, nous sautons dans un métro, descendons quelques stations plus loin, sommes rejoints par une autre centaine d’antifas, et sortons du métro. La plupart sont masqués, car les caméras sont là, et aux endroits stratégiques, certains restent pour orienter les petits groupes.

À peine sortis du métro, dans le froid et la nuit, les antifas déplient les banderoles, sortent les fumigènes… Les slogans fusent, le cortège se met en route : « No Pasaran ! Antifa ! Le fascisme ne passera pas ! Liberté pour Olesinov ! » Le cortège avance au pas de course, se fraye un passage sur la chaussée, stoppant les voitures qui roulent normalement à une allure folle : l’effet est saisissant, plein de force et de rage. Les premiers flics regardent la manif sauvage bouche bée, mais pas longtemps.

En effet, au bout de quelques minutes, alors que le cortège fait demi-tour, les bagnoles de flics arrivent à grand renfort de crissements de pneus. Nous sommes dépassés par une voiture banalisée d’où sortent des civils, qui ne sont pas de la police, d’après ce qu’on nous explique… Et ces mêmes types, l’allure athlétique, le cheveu ras et a priori sans armes, se mettent à chasser la queue de la manif, poussant le cortège à obliquer dans une rue moins fréquentée. Ils attrapent même l’un des antifas, que les autres viennent libérer, mais réitèrent plusieurs fois leurs attaques hyper rapides contre le cortège. Et puis, tout s’enchaîne très vite : pas question de maintien de l’ordre, de discussion, d’atermoiement, pas de gaz lacrymos, pas de sommation. Les voitures de flics arrivent les unes après les autres, et le cortège se fait charger. Un car de flics est arrivé à la rescousse. Les manifestants qui ne se sont pas fait attraper et tabasser à la première charge s’éclatent dans les rues adjacentes, s’enfuient dans les cours des immeubles…

Pendant ce temps-là, nous voyons arriver deux autres cars de flics, puis ensuite trois énormes camions d’OMON en camouflage urbain… À partir de ce moment-là, la chasse commence : en plus des 35 arrêtés et détenus depuis maintenant plus de deux heures au commissariat, il semblerait qu’au moins autant se soit fait attraper dans les cours d’immeubles et tabasser loin des regards. Les gens qui restent aux alentours doivent montrer leur passeport et expliquer leur présence dans le quartier aux OMON qui semblent prêts à embarquer tout ce qui bouge.

Il faut alors activer les avocats, s’enquérir des uns et des autres… À l’heure qu’il est, tout semble être encore très chaotique, et on ne sait même pas si tout le monde va bien : une chose semble sûre, c’est que les antifas, qui représentent une force d’opposition au gouvernement, se sont vus dénier ce soir très clairement, et avec la plus grande brutalité, tout droit d’expression et de manifestation à Moscou.

Tina, SCALP-REFLEX

Aujourd’hui, deux jours après la manif, certains antifas sont encore dans les mains de la police : normalement, dans ce genre de situation, les flics ne peuvent retenir des interpellés que quelques heures, sans faire de prise d’empreintes ni de photos, mais bien souvent, ce cadre (pas bien fixé) n’est pas respecté. Quoi qu’il en soit, il est question deux jours après la manif de militants toujours Détenus, et de certains qui vont passer en procès aujourd’hui.