Archives de septembre, 2010

Manuel du guérillero urbain

Publié: 30 septembre 2010 par luttennord dans Livres

http://editionslibertalia.com/Manuel-du-guerillero-urbain.html

Il y a quarante ans, en juin 1969, le militant communiste brésilien Carlos Marighela rédigea le Manuel du guérillero urbain. Convaincu que seule l’action armée pourrait mettre fin à la dictature militaire au pouvoir depuis le coup d’État de 1964, il livra dans cet opuscule nombre de conseils pratiques à l’attention des ouvriers et étudiants révolutionnaires de son pays. Abattu en novembre 1969, il a payé de sa vie son engagement dans la guérilla urbaine.

Ce texte est un document politique important. Il contredit la théorie du foco, donc du foyer révolutionnaire en milieu rural, conceptualisée par Che Guevara et Régis Debray. Il illustre une certaine vision de la période post-68 et s’inscrit dans un contexte particulier : celui de la radicalisation de certaines franges de la gauche à l’heure de la dénonciation de l’impérialisme et des luttes tiers-mondistes, celui des « années de plomb » et de la lutte armée en Italie, en Allemagne, en Irlande, mais aussi au Proche-Orient et en Amérique du Sud.

Interdit par le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin lors de sa première publication en France sous le titre Pour la libération du Brésil, il fut immédiatement réédité par un collectif de 23 éditeurs (Flammarion, Robert Laffont, Minuit, Maspero, Gallimard, Grasset, etc.).

Dans une longue préface, le sociologue Mathieu Rigouste (auteur de L’Ennemi intérieur, La Découverte, 2009) démontre que le texte a eu une circulation paradoxale : il a en effet inspiré les théoriciens de la contre-guérilla à l’initiative du plan Condor. L’histoire éditoriale saisissante de cet ouvrage est développée en postface.

« Toute personne hostile à la dictature militaire et désireuse de la combattre peut faire quelque chose, pour modeste que soit son action. Ceux qui, après avoir lu ce manuel, auront conclu qu’ils ne peuvent rester passifs, je les invite à suivre les instructions que je propose et à s’engager tout de suite dans la lutte. Car en toute hypothèse et dans toutes les circonstances, le devoir du révolutionnaire est de faire la révolution. »

REVUE DE PRESSE

- Le Monde diplomatique, septembre 2009.
« Être appelé “agresseur” ou “terroriste” dans le Brésil d’aujourd’hui honore le citoyen, puisque cela signifie qu’il lutte, les armes à la main, contre la monstruosité et l’abjection que représente l’actuelle dictature militaire. » Dans ce texte explicitement conçu pour la situation brésilienne, mais interdit dans la plupart des pays — dont la France— où il fut publié entre 1969 et 1970, le communiste brésilien Carlos Marighela lègue ce qu’il a compris de la révolution et de la contre-révolution : « Une concurrence pour s’approprier la population. » Appelant à la lutte armée, en explicitant les méthodes (en termes d’ailleurs très généraux, quand on le lit avec le recul), il parie sur le processus d’autoengendrement « action-répression », supposé favoriser la complicité « entre le peuple et les guérilleros ». Ce sera un pari perdu. En revanche, explique Mathieu Rigouste dans sa préface, il a été pris très au sérieux par l’internationale de la terreur qui l’a utilisé pour mettre au point ses techniques de contre-insurrection : « De nombreuses archives de l’Ecole supérieure de guerre brésilienne parlent du livre comme du “texte de base” employé par les subversifs. » Payant au prix fort son engagement, Marighela fut capturé et exécuté le 4 novembre 1969. Maurice Lemoine.

- Le Matricule des Anges, juillet-août 2009.
Le grand mérite de cette réédition, grâce à la préface très informée de Mathieu Rigouste, c’est de mettre l’accent sur la fortune paradoxale du texte […]. Le modèle de contre-insurrection français, né en Algérie et réhabilité depuis les années 90, semble durablement fasciné par des pratiques (guerre des nerfs, assassinat ciblé, attentats) qu’il s’approprie. GM.

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Pourquoi j’ai tagué la plaque commémorative du cimetière du sud

Publié: 30 septembre 2010 par luttennord dans Infos

Droit de réponse aux brèves parues le 22 septembre dans 20 minutes(http://www.20minutes.fr/article/599…) et sur le site internet de Nord éclair(http://www.nordeclair.fr/Actualite/…).

Détail parmi tant d’autres, inscription rageuse parmi toutes celles qui s’étalent sur les murs de la métropole, mon cri de colère à l’encontre de la vieille France coloniale semble avoir ému la mairie de Lille et la presse régionale. Plusieurs titres de « presse » (Nord éclair, 20 minutes et Métro, pour ce qu’il m’a été donné de voir) se sont en effet empressés de parler d’un tag « insultant » à l’égard des « morts », sans oublier de mentionner ce que prévoyait la loi à l’encontre de ce genre de geste (1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, il me semble). Encore un peu et l’on comparait mon geste à celui des nazis allant profaner des sépultures.

Au lieu de relayer la version policière des faits, ces « journalistes » devraient se demander ce qu’une plaque rendant hommage aux morts de « l’Afrique du Nord » et ayant pour contours la silhouette de notre si bel hexagone, peut avoir d’ « insultant » dans un quartier comme celui de Lille-Sud. Car comprenez bien que les valeureux morts en question avaient pour la plupart la peau blanche et tous, en tous cas, se battaient pour maintenir le joug colonial sur ce que l’on nommait alors l’Afrique « française ». Il n’est pas question, pas une seule seconde, de rendre hommage aux hommes et aux femmes qui sont morts, parfois sous les coups de la torture[1], pour reprendre la liberté que les intérêts politiques et économiques de l’Etat français leur avait délibérément confisqué.

Il faut également être atteint de cécité pour ne pas voir que la « France coloniale » a aujourd’hui encore une actualité ravageuse. Les nouvelles nous le rappellent tous les matins : que ce soit sur le plan extérieur, avec le désastre humain, sanitaire et écologique organisé par AREVA au Niger, ou, à l’intérieur de nos frontières, à travers la guerre raciste menée à l’encontre des immigrés (que ce soit par l’intermédiaire de la BAC ou des bureaux de la préfecture), que les autorités compétentes n’hésitent pas à doubler d’une stigmatisation honteuse des populations musulmanes[2].

Tout cela, nos « journalistes » de la presse régionale l’oublient vite, mais quand on vend de l’information comme on vend une publicité, nul doute que l’on soit frappé d’amnésie. Le résultat est là : tout acte de résistance se trouve systématiquement soupçonné de « terrorisme », s’exposant de la sorte à la flicaille ou à l’intervention des militaires, comme au Niger.

Sur le plan politique, il n’est pas étonnant que la « gauche » municipale réagisse si violemment pour une simple « salissure » qu’elle est d’ailleurs parvenue à effacer en à peine 24 heures. En dehors des intérêts électoralistes certains qu’il y a à ménager les associations d’anciens combattants, je n’oublie pas que son représentant le plus charismatique de ces 30 dernières années, le dénommé François Mitterand[3], que seule l’ignorance la plus crasse peut aujourd’hui amener à encenser, a un jour dit : « La Méditerranée coule en France, comme la Seine coule à Paris ». On connait, par ailleurs, sa responsabilité dans le génocide du Rwanda. Ce qui m’amène à dire que, plainte ou pas à mon égard, le Parti « Socialiste » est depuis longtemps l’ennemi des peuples colonisés.

C’est très simple, vous ne voulez plus de tags « insultants » sur votre mobilier de colons ? Retirez-le. Et d’ici là -parce que c’est tout de même plus beau-, Guerre à la France coloniale !

Un anonyme.

***

[1] Parfois adressés par ces mêmes « morts » qu’il conviendrait aujourd’hui d’honorer.

[2] Et n’oublions pas non plus les sommets de la « France-à-fric », le soutien militaire aux dictateurs corrompus, le discours de Sarkozy à Bamako, le débat sur l’identité nationale ainsi que les petites phrases des différents ministres.

[3] Dont il n’est pas sûr que la statue trônant dans le Parc Matisse reste indemne très longtemps.

Blocage réussie du meeting Frontex à Bruxelles

Publié: 30 septembre 2010 par luttennord dans Infos, Vidéos

Mercredi 29 septembre, à 13h, des activistes ont réussi à perturber et à bloquer une réunion de l’agence Frontex organisée à Bruxelles. Le directeur exécutif de Frontex, des lobbyistes, des entreprises étaient tous invités à cette réunion pour améliorer le contrôle des frontières européennes.Photos Vidéo

Violence contre le bloc anti-capitaliste à Bruxelles

Publié: 30 septembre 2010 par luttennord dans Vidéos

Anti Transpole vaincra !

Publié: 29 septembre 2010 par luttennord dans Infos

Les flamands roses fêtent leurs 20 ans !

Publié: 28 septembre 2010 par luttennord dans Infos, Rendez vous
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Les Flamands Roses fêtent leurs 20 ans !

Nous avons le plaisir de vous inviter à fêter les 20 ans de notre association le
samedi 30 octobre et le dimanche  31 octobre à Lille.
Au programme : rencontres, retrouvailles, discussions, fête, spectacle, expositions...

Cette fête d'anniversaire fera partie de notre 8 ème festival Ô Mots, le festival
littéraire des genres et des sexualités, dans lequel nous proposerons, en lien avec
le week-end d'anniversaire :
- un bistrohomo sur le thème Les mixités au sein de notre association le vendredi 29
octobre,
- des expositions de photos d'archives,
- le spectacle des Drag Kings du Berry le 30 octobre.

Si vous avez des documents (textes, tracts, exemplaires de journaux, articles, etc)
ou des photos à partager, apportez-les : nous pourrons les numériser sur place pour
construire une exposition.

Pour confirmer votre participation ou pour toute question, écrivez à
lesflamandsroses@yahoo.fr, ou au 19 rue de Condé 59000 Lille, ou téléphonez au 03 20
52 28 68.

Les Flamands Roses

Mais aussi :

- Soirée-cocktail des Flamands Roses le samedi 2 octobre à partir de 21h au centre
LGBT et Féministe de Lille Nord Pas-de-Calais 19 rue de Condé à Lille.

- Soyons visibles, soyons actrices de notre santé !
Notamment :

Spectacle Les amazones, de Catherine Gaillard, présidente de Lestime (maison des
lesbiennes de Genève) le 9 octobre au théâtre Le Prato., rencontre avec Catherine
Gaillard lors du brunch du centre à 14h le dimanche 10 octobre. 

Soirée de présentation de la brochure de prévention du cancer du sein réalisée par
le J'En Suis, J'Y Reste, le 16 octobre à 18h au théâtre Le Prato.

- Apéros gay à Lens (29 octobre), Lille (26 novembre) et Valenciennes (17 décembre)
proposés par l'association Aides : http://mobilisationgay.free.fr/
Accueil gay tous les mercredis de 17h à 20h 
par l'association AIDES - 2 rue du Bleu Mouton à Lille.
Dépistage rapide et communautaire du VIH par l'association AIDES - 2 rue du Bleu
Mouton à Lille, tous les mercredis de 17h à 20h ou sur rendez-vous (03 28 520 510).

"Les Flamands Roses" constituent un groupe d'expression gaie et lesbienne.
http://www.lesflamandsroses.com Centre Lesbien, Gay, Bi, Trans et Féministe de Lille
Nord Pas-de-Calais "J'En Suis, J'Y Reste", 19 rue de Condé 59000 Lille (métro Porte
d'Arras) tél.: 03.20.52.28.68. Ils animent "Tata bigoudi", l'émission qui défrise
l'hétérocratie, le dimanche de 21h à 22h sur le 106.6 FM et via Internet :
http://www.campuslille.com. Pour vous désabonner de la liste de diffusion, il vous
suffit de l'indiquer à ce mail. Pour vous inscrire à la newsletter, envoyez un mail
à lesflamandsroses@yahoo.fr avec en objet " inscription newsletter".

Le CICP visité par effraction pendant le week-end du 18-19 septembre 2010

Le CICP, Centre International de Culture Populaire tisse depuis plus de trente ans des liens de solidarité internationale dans le milieu des associations militant pour la paix, la justice et le droit.

Ce centre est né en 1976 d’une volonté de rassembler des associations soutenant des luttes de libération nationale, des luttes contre les dictatures et l’obscurantisme et des associations mobilisées dans le mouvement social ici en France, afin de leur permettre d’exercer leurs activités et de défendre leur liberté d’expression.

Au 21 ter de la rue Voltaire à Paris, le CICP, dans le respect de la diversité et de l’indépendance des associations, fournit un support sous forme de locaux, de mutualisation de services et d’animation du lieu.

Ce lieu a été visité par effraction pendant le week-end du 18-19 septembre 2010. Des vols ont été commis dans les locaux de plusieurs associations. Des ordinateurs, de l’argent et d’autres matériels de travail ont été pris.

Les associations visées sont plus particulièrement celles militant en soutien à la Palestine, aux peuples opprimés, aux sans-papiers et pour le respect des droits des immigrés. Immédiatement après, le domicile du président de l’association Génération Palestine a été également cambriolé en plein jour et des appareils et de l’argent ont été volés. Au cours du même week-end, la façade du siège du MRAP à Paris a été arrosée d’essence.

Nous dénonçons un acte qui vise plus particulièrement les associations de la solidarité internationale et qui les prive d’une partie de leur outil de travail, alors qu’elles agissent dans un contexte très difficile.

Nous sommes convaincus que le meilleur rempart contre ces attaques réside dans une solidarité renforcée.

Que ce cambriolage soit le fait de simples voleurs ou relève d’une volonté délibérée de porter atteinte à certains combats, l’enquête le dira peut-être. Mais de toutes façons, le CICP, aux côtés de toutes les associations de la maison reste vigilant et mobilisé pour la poursuite et l’intensification de son action.

Fait à Paris le 27 septembre 2010

Le CICP

Communiqué : violentes attaques contre la solidarité avec la Palestine

Qui veut la peau de notre solidarité ?

Dans la nuit de samedi à dimanche 19 septembre, le CICP a été cambriolé. Les portes des bureaux de plusieurs associations ont été fracturées, ordinateurs portables et caisses ont été dérobés. La nuit suivante, la devanture du MRAP a été aspergée d’essence. Lundi 20, l’appartement d’Omar Alsoumi, président de Génération Palestine, a été cambriolé à son tour. Au total, les préjudices financiers s’élèvent à plus de 10.000 €.
Le CICP est le siège de nombreuses associations de solidarité internationale et de défense des droits humains. Il héberge notamment les bureaux de l’AFPS, l’UJFP, la CCIPPP, Génération Palestine et de « BDS France ». Le MRAP recueille les fonds pour la campagne « Un bateau pour Gaza » impulsée par le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens », qui regroupe 40 associations et organisations syndicales et politiques.
Ces trois évènements se sont produits en l’espace de 36 heures. Il nous est très difficile de croire à un concours de circonstances. En tout cas, nous prenons ces actes très au sérieux.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou définissait le mouvement international de solidarité avec le peuple palestinien comme une des trois « menaces stratégiques majeures » prioritaires pour son gouvernement. Ron Dermer, un de ses principaux conseillers, affirmait en juillet dans une interview au Jerusalem Post : « le gouvernement israélien va consacrer davantage de temps et de ressources humaines pour combattre ces ONG » (*).
Des groupes qui soutiennent le gouvernement extrémiste israélien multiplient actuellement les procès contre les militants de la campagne pacifique pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions contre l’occupation et la colonisation israéliennes. Des voix, au sein du gouvernement français, se sont élevées pour traiter de « criminels » les appels à ces actions non-violentes de citoyens mobilisés pour la paix et le droit. Nous avons déjà dénoncé l’injustice de ces positions.
Aujourd’hui, nous l’affirmons avec force, les criminels ne sont plus seulement ceux qui violent les droits humains des Palestiniens. Ce sont aussi ceux qui voudraient, par l’intimidation et la menace, faire taire la société civile française mobilisée pour l’application du droit international.

Le gouvernement français doit clarifier sa position : contre la colonisation et les crimes de guerre israéliens et pour la défense de la démocratie et les droits des citoyens. Nous nous battrons pour le respect du droit à l’expression de notre solidarité.
Nous demandons :

  • La fin de toutes les poursuites contre les militants déférés devant les tribunaux au titre de leur implication dans les campagnes de Boycott-Désinvestissement-Sanctions. ;
  • Des enquêtes et des peines sérieuses contre les auteurs de violences ciblant les organisations solidaires du peuple palestinien;

Nos organisations soussignées mettront tout en œuvre, de façon concertée et collective, pour obtenir vérité et justice. Nous demandons un entretien au Ministre de l’Intérieur et au Ministre des Affaires étrangères pour qu’ils clarifient la position du gouvernement français.

* – Cf Pr. Tomas Keenan et Eyal Weizman, Israël et la troisième menace, le Monde Diplomatique, mai 2010.

Premiers signataires : AFPS, CCIPPP, CICP, Génération Palestine, MRAP, UJFP

Avec le soutien de : Parti des Indigènes de la République, Ligue des Femmes pour la Paix (WILPF), Alliance for Freedom and Dignity (AFD France), PSM (Participation et Spiritualité Musulmane)

Collectifs locaux : Chrétiens et Proche-Orient de Grenoble, Collectif Judéo-arabe et citoyen pour la Paix, Farrah-France (Strasbourg) – réfugiés, AIPPP Ass Int. Protect. Patrimoine Palest. (Strasbourg), Handicap-Solidarité – Aide aux blessés et handicapés palest. (Strasbourg), Coordination de l’Appel de Strasbourg (534 organisations de 14 pays européens, signataires de l’Appel)

(Merci d’envoyer les signatures de vos organisations à l’adresse suivante : omar@generation-palestine.org)