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Suite à la révélation de l’implication de l’extrême droite lilloise dans les meurtres de la Deûle (l’assassinat de Hervé Rybarczyk et de 4 autres victimes poussées dans le canal), nous avions publié un article détaillé sur les relations troubles liant les militants fascistes accusés des meurtres, la police, la douane et les services de renseignement lillois ainsi que les trafficants d’armes qui fournissent les djihabistes. Ces collusions posent des questions extrêmement grâves : l’État ou ses représentants auraient-ils enterrés ces meurtres pour protéger ces nervis fascistes et leurs trafics en tout genres (armes, drogues…) ?

Cet article avait alors été lu par plus de 40 000 personnes et partagé près de 10 000 fois sur les résaux sociaux. Silence assourdissant des autorités mises en causes ainsi que des responsables PS aux commandes…

Aujourd’hui, Mediapart plublie une enquête extrêmement détaillée sur ce même sujet. Mediapart s’est procuré les conversations Facebook des suspects et a receuilli des témoignagnes plus qu’inquétants de militants identitaires et de policiers au fait du dossier. Cette enquête nous éclair sur les raisons de l’interdiction systématique des rassemblements et manifestations concernant l’affaire des pousseurs de la Deûle. L’enquête montre que d’autres meurtres pourraient également avoir été commis par ces nazillons.

Morceaux choisis :

Pourtant, deux ans s’écoulent avant que le juge saisi de l’affaire, Jean-Michel Gentil, ne fasse procéder, fin avril, à l’audition du principal suspect et de ses complices.

Un délai incompréhensible, vu la gravité des faits, insupportable aux yeux des proches.

« Il y a un raté, c’est clair, estime l’avocat de la famille d’un noyé. La pseudo-enquête de la PJ de Lille était inacceptable. Elle l’est plus encore aujourd’hui. Jusqu’à présent, il y avait un argument fallacieux pour refuser la piste criminelle, qui consistait à dire : il n’y a pas de trace. Malheureusement, trace ou pas trace, on se fait tuer quand même. Il n’est pas exclu que ce groupe ait sévi quelque temps. »

 […]

Entre les mains des juges, le décryptage des messages d’Antoine Denevi, alias « Antoine Flakos », sur Facebook dévoile ses nombreux échanges avec Yohan Mutte, inscrit sous le nom « Yohan Yo Wolf », entre 2011 et 2012. Il est question d’affrontements avec « les rouges », de combats avec des hooligans, des affichettes de Troisième voie, mais aussi de drogue et d’armes. Un message prouve que les deux hommes ont rendez-vous le soir de la disparition du musicien des Ashtones, le 11 novembre 2011, à Lille.

Le 28 novembre 2011, un messager envoyé par Claude Hermant, fondateur de la Maison flamande, que l’on sait en contact étroit avec la police, avertit Mutte qu’il doit « se calmer avant les élections ». « Il va vouloir te faire peur », résume Mutte à Denevi. Le message, dont on ne sait pas s’il est lié à l’affaire de la Deûle, passe très mal chez les JNR.

« Me battre dans les rues, j’arrêterai pas pour Claude ou les flics », réagit Mutte sur Facebook, qui ajoute curieusement : « Bah, 5 ou 10 ans de prison à notre âge ça va encore. »

« Mes couilles, répond Denevi, il faut couper les ponts avec ceux qui copinent avec les flics. Moi je suis pas skin, mais je suis avec vous, et on est underground, alors on s’en cale, on fera ce qu’on veut, où on veut, quand on veut… »

« Des kilos de poudre j’en ai passé, et des AK47 [fusil d’assaut kalachnikov – ndlr]  j’en ai vendu…, poursuit-il. Mais c’est pas pour ça que j’ai copiné avec les flics. Cette semaine je ramène un AK, et on s’amuse tous dans une forêt ou quoi ? » lance-t-il encore.

Vu la gravité des faits, et les questions que cela pose sur l’implication des autorités et dirigeants locaux comme nationaux, nous publions ici l’intégralité de l’enquête du texte de Mediapart (sans les photos). Si vous en avez les moyens, soutenez l’énorme travail de fond fourni par le journal en vous y abonnant.

Noyé dans la Deûle: le meurtre «involontaire» des néonazis d’Ayoub
5 juin 2017, par Karle Laske

Le 11 novembre 2011, le musicien Hervé Rybarczyk est mort noyé à Lille, poussé dans le canal de la Deûle par des néonazis lillois, membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), l’ancien « service d’ordre » de Serge Ayoub, aujourd’hui dissous. Les suspects, en partie identifiés depuis deux ans, ont été mis en examen, fin avril, pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

À Lille, la rumeur désignait un « pousseur ». Un « sérial pousseur » même, qui précipitait les badauds, la nuit tombée, dans le canal de la Deûle. Et voilà qu’ils sont trois. Ils ont jeté le guitariste Hervé Rybarczyk dans l’eau, la nuit du 11 novembre 2011. Ces « pousseurs » étaient des militants d’extrême droite, membres des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), l’ancien « service d’ordre » de Serge Ayoub – dissous après la mort de Clément Méric, en juin 2013. Ils ont réglé son compte à Rybarczyk, comme les skinheads qui ont balancé Brahim Bouaram dans la Seine, en marge d’un rassemblement du Front national, le 1er mai 1995.

Âgé de 42 ans, le musicien punk qui a croisé la route des néonazis revenait d’un concert de son groupe, les Ashtones, dans une salle aujourd’hui fermée, La Chimère, boulevard de Montebello. Il avait prévu de rejoindre son amie, non loin de là. « Il avait disparu d’abord, se souvient Jean-Jacques, bassiste des Ashtones. Pendant quelque temps, on a cherché où il avait pu passer. Ses proches s’inquiétaient, puis on a retrouvé son cadavre dans la Deûle. » Loin de La Chimère, sur la commune de Loos. Sans que l’on comprenne encore pourquoi ni comment il s’était promené si loin.
À l’époque, son corps est le cinquième qu’on repêche en 13 mois dans ce canal qui fait le tour de la citadelle Vauban, à Lille. Ces noyés deviennent « les disparus de la Deûle ». Des hommes qui ne se connaissaient pas, mais réunis par un destin commun. Tous jeunes. Ils ont quitté leurs amis en fin de soirée, dans le vieux Lille, n’ont pas donné signe de vie pendant plusieurs jours, avant d’être repêchés dans la Deûle… dans un même périmètre géographique pour quatre d’entre eux. Le 11 octobre 2010, il y a eu John Ani, 33 ans ; le 5 février 2011, Thomas Ducroo, 26 ans ; le 20 février 2011, Jean-Mériadec Le Tarnec, 22 ans, et le 22 septembre 2011, Lloyd Andrieu, 19 ans. L’enquête est confiée à la PJ de Lille. Lors de l’annonce du classement sans suite de trois premières affaires, en juillet 2014, le procureur Frédéric Fèvre assure que « tout laisse à penser qu’il s’agit de décès accidentels sur fond d’alcool et de stupéfiants ».

Les proches n’y croient pas. L’éventualité d’un ou plusieurs crimes homophobes est souvent évoquée. « On avait supposé qu’il y avait des équipes qui faisaient du “casse pédés” parce que ça jouxtait le jardin Vauban, connu pour être un lieu de rendez-vous nocturne, se souvient un policier lillois. Mais c’était un mélange de rumeur et de parano. » Aucun des cinq ne fréquentait l’endroit, pas même John Ani, seul gay revendiqué des disparus. « Concernant Hervé, les gens parlaient d’un suicide. C’était bizarre parce qu’il était excessif, mais pas suicidaire », poursuit Jean-Jacques.
En mars 2015, moins d’un an après le classement de l’enquête, deux skinheads placés en garde à vue dans l’affaire des violences d’un groupuscule basé dans la Somme, le White Wolf Klan (WWK), désignent sur procès-verbal le chef de leur groupe, Jérémy Mourain, comme l’un des « pousseurs » d’Hervé Rybarczyk. Au moment des faits, Mourain vient d’entrer aux JNR, un service d’ordre aux allures de milice, qui parade lors des manifestations du mouvement Troisième voie, refondé en 2009 par l’ancien skinhead Serge Ayoub, après 20 ans de mise en sommeil. Des clichés montrent Mourain formant la garde d’honneur de Serge Ayoub, lors d’une manifestation rue de Rivoli, devant la statue de Jeanne d’Arc, à Paris, le 13 mai 2012. À côté de lui, un autre « pousseur » de la Deûle, Yohan Mutte, JNR également…
Mourain lui-même a parlé des faits à ses amis du « Klan ». Il avait eu une « forte histoire » à Lille, avec Mutte. Ils avaient vu arriver le musicien avec une guitare. Rybarczyk avait un certain style vestimentaire, un look de punk, des badges aussi. Ils l’avait frappé et l’avaient balancé dans le canal. Voilà ce que se rappelaient les skins de la Somme. « Sur une écoute, Mourain avait dit aussi : “Il faudrait pas que la police regarde de trop près ma période lilloise” », explique un ancien du « Klan ».

En juillet 2015, peu après la transmission à Lille des révélations des membres du WWK, l’enquête est donc rouverte sur l’ensemble des dossiers de la Deûle et confiée à la gendarmerie. Pourtant, deux ans s’écoulent avant que le juge saisi de l’affaire, Jean-Michel Gentil, ne fasse procéder, fin avril, à l’audition du principal suspect et de ses complices. Un délai incompréhensible, vu la gravité des faits, insupportable aux yeux des proches. « Il y a un raté, c’est clair, estime l’avocat de la famille d’un noyé. La pseudo-enquête de la PJ de Lille était inacceptable. Elle l’est plus encore aujourd’hui. Jusqu’à présent, il y avait un argument fallacieux pour refuser la piste criminelle, qui consistait à dire : il n’y a pas de trace. Malheureusement, trace ou pas trace, on se fait tuer quand même. Il n’est pas exclu que ce groupe ait sévi quelque temps. »

Le 13 mai 2012, rue de Rivoli à Paris, devant Serge Ayoub, les deux JNR impliqués, à droite sur la photo, Yohan Mutte et Jérémy Mourain. © Lionel Préau
Le 13 mai 2012, rue de Rivoli à Paris, devant Serge Ayoub, les deux JNR impliqués, à droite sur la photo, Yohan Mutte et Jérémy Mourain. © Lionel Préau
Les trois « pousseurs » sont mis en examen fin avril pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », « en réunion », « avec préméditation ou guet-apens » et « avec arme ». À ce stade de l’enquête, les mis en cause admettent avoir jeté le musicien à l’eau, sans toutefois vouloir le tuer. Et la preuve contraire n’est pas apportée. Les hommes du groupe ayant pris la précaution d’ôter la puce de leur portable lors de l’agression, la préméditation semble en tout cas établie.

« On s’est toujours dit que ça n’était pas un accident, ni un suicide, a commenté la fille du musicien, 25 ans aujourd’hui, dans La Voix du Nord. Ce n’était pas son profil. On pensait qu’il avait été victime d’un dingue ou d’un tueur de la Deûle, surtout avec les quatre autres affaires de l’époque. […] On entend souvent parler de skinheads qui n’aiment pas les punks. Et mon père avait un look de punk. Je n’avais jamais pensé que cela puisse aller jusqu’à un meurtre. »

L’affaire replace sous les projecteurs l’ancien leader de Troisième voie, Serge Ayoub. L’homicide « involontaire » d’Hervé Rybarczyk a été commis par deux de ses hommes. Et c’est la quatrième fois, au moins, que son entourage ou ses militants se trouvent impliqués dans une affaire criminelle. En octobre 2000, deux anciens JNR, Régis Kerhuel et Joël Giraud, ses bras droits à l’époque, écopent de 20 ans de prison pour avoir empoisonné un jeune Mauricien de 23 ans, James Dindoyal. Ils l’ont balancé par-dessus une digue près du Havre, après lui avoir fait avaler un mélange de bière et de soude. En juin 2013, c’est Esteban Morillo, membre de Troisième voie, qui frappe mortellement Clément Méric, à Paris. L’événement provoque la dissolution du mouvement d’Ayoub et de son service d’ordre.

En 2015 enfin, Serge Ayoub est entraîné lui-même par Jérémy Mourain dans l’affaire du WWK pour « complicité de tentative de meurtre » d’un nationaliste autonome, des faits survenus en décembre 2012, à Estrée-Mons, dans la Somme. La victime, Clément Guisembert, est invitée par Mourain avec d’autres militants à une soirée qui vire au cauchemar dans un garage. Le lieu est fermé par des complices, il est bastonné avec ses amis, touché par plusieurs coups de couteaux, puis balancé dans une fosse à vidange. Mourain le laisse partir.

« Bah, 5 ou 10 ans de prison à notre âge, ça va encore »

Les agresseurs expliquent aux enquêteurs que les nationalistes autonomes (NA) se sont mal comportés le 13 mai 2012, rue de Rivoli, quittant les lieux lorsque Ayoub a pris la parole. Ce dernier avait aussi été traité de « sale juif » par les NA, et Ayoub avait dit à Mourain « tu me boucles ça » ou « règle-moi ça ». En garde à vue, le dirigeant skinhead se souvient d’avoir dit à Mourain « qu’il fallait dégager » les NA, mais il nie avoir commandité l’agression et même avoir été au courant. Au contraire, il aurait « ordonné » à Mourain « que cela ne se reproduise pas », « car cela nuit à nos rapports avec les autres mouvements ».

Lors de la perquisition de son domicile, les policiers découvrent des écussons des JNR et une casquette White Power Ku Klux Klan. À son procès d’Amiens, Serge Ayoub, après avoir rappelé aux juges que sa mère avait exercé de hautes fonctions dans la magistrature, résume : « En fin de compte, je suis accusé d’avoir voulu faire tuer des gens que je ne connais absolument pas, pour des raisons qui n’existent pas, par des personnes que je connais peu, dans un lieu où je n’étais pas ! » Il est relaxé, le 30 mars. Jérémy Mourain est condamné à neuf ans de prison et peu après mis en examen pour les faits de la Deûle.

« On en a marre, se plaint Me Nicolas Brazy, l’avocat d’Ayoub joint par Mediapart. Mon client traîne ça comme un boulet : un non-lieu a été requis, une relaxe a été prononcée et voilà qu’on vient l’embêter pour d’autres faits. Serge Ayoub n’est pas concerné par l’affaire de la Deûle. Et par ailleurs, Mourain n’a pas agi en qualité de JNR. »

 

Jérémy Mourain était pourtant bien JNR au moment de la mort d’Hervé Rybarczyk. Tout comme Yohan Mutte. Ce dernier est aussi très proche d’un ancien hooligan de Lens, Antoine Denevi, responsable Nord-Pas-de-Calais de Troisième voie, interpellé en Espagne en mai 2016, et qui vient de faire un an de détention préventive dans l’affaire des armes slovaques obtenues par Amedy Coulibaly, le terroriste de l’Hyper Cacher. Une affaire trouble qui révèle les liens d’une figure identitaire lilloise, Claude Hermant, avec les services de police et de gendarmerie (lire ici et là nos enquêtes).

Entre les mains des juges, le décryptage des messages d’Antoine Denevi, alias « Antoine Flakos », sur Facebook dévoile ses nombreux échanges avec Yohan Mutte, inscrit sous le nom « Yohan Yo Wolf », entre 2011 et 2012. Il est question d’affrontements avec « les rouges », de combats avec des hooligans, des affichettes de Troisième voie, mais aussi de drogue et d’armes. Un message prouve que les deux hommes ont rendez-vous le soir de la disparition du musicien des Ashtones, le 11 novembre 2011, à Lille.

Le 28 novembre 2011, un messager envoyé par Claude Hermant, fondateur de la Maison flamande, que l’on sait en contact étroit avec la police, avertit Mutte qu’il doit « se calmer avant les élections ». « Il va vouloir te faire peur », résume Mutte à Denevi. Le message, dont on ne sait pas s’il est lié à l’affaire de la Deûle, passe très mal chez les JNR.

« Me battre dans les rues, j’arrêterai pas pour Claude ou les flics », réagit Mutte sur Facebook, qui ajoute curieusement : « Bah, 5 ou 10 ans de prison à notre âge ça va encore. »

« Mes couilles, répond Denevi, il faut couper les ponts avec ceux qui copinent avec les flics. Moi je suis pas skin, mais je suis avec vous, et on est underground, alors on s’en cale, on fera ce qu’on veut, où on veut, quand on veut… »

« Des kilos de poudre j’en ai passé, et des AK47 [fusil d’assaut kalachnikov – ndlr] j’en ai vendu…, poursuit-il. Mais c’est pas pour ça que j’ai copiné avec les flics. Cette semaine je ramène un AK, et on s’amuse tous dans une forêt ou quoi ? » lance-t-il encore.
Dans un échange du mois de décembre, Mutte évoque sa convocation par… Serge Ayoub. « Serge est au taquet sur moi
, annonce Yohan Mutte. Je vais me prendre un de ces fumant. » — « Bah shoote-le », rétorque Denevi. — « J’te le dis perso mais tu le dis à personne
, poursuit Mutte. Il parle que je rende mes couleurs… » — « Fallait te prévenir avant, que les JNR c’était un club de retraités », s’amuse Denevi. — « Convoc’ demain », conclut Mutte, qui s’apprête à recevoir sa « sanction ». Le sujet n’est pas précisé.
La sanction, si sanction il y a eu, n’a pas été très sévère. Puisqu’on l’a vu, Mourain et Mutte se sont retrouvés, cinq mois plus tard, au premier rang des cérémonies du 13 mai 2012…

La nouvelle du meurtre d’Hervé Rybarczyk par les skinheads tourne jusque dans les milieux antifas lillois. « On a su que c’était eux très vite, commente un antifa. Ils s’en vantaient… Pour nous, c’était impossible à prouver, mais on était au courant. Et si nous on l’était, les keufs le savaient aussi… »

« Mourain traînait avec Mutte, raconte un identitaire lillois. Leur truc c’était de casser la gueule à des étudiants à dix contre un. Ils s’amusaient à aller sur des événements – comme le festival de rock Béthune Rétro – ou dans certains quartiers pour chercher des “extrême gauche”, pour chasser. Ils sortaient pour défoncer les mecs. » Cette bande est repérable et connue. Il y a Mourain, dit « le Picard », Mutte, « le Grand », Denevi, alias « Mgb » ou « Main gros bis », mais aussi Thomasz S., dit « Gamin », parti depuis en Savoie animer l’antenne française du groupe néonazi « Blood and Honour ». Les skins conduisent souvent ces attaques, après s’être dopés à la cocaïne ou autre. « T’as vu que j’ai quand même des produits qui rendent plus fou que t’es déjà ah ah », se vante Denevi auprès de Mutte, au lendemain d’un affrontement.

Mourain était « capable de demander à un tiers sous la menace d’une arme de se jeter dans le canal »

Les 20 juin 2011 et le 30 novembre 2012, la bande attaque le Resto soleil, une pizzéria fréquentée par des antifas. Le 17 avril 2013, Mutte et Denevi s’en prennent aux employés d’un bar gay du Vieux Lille, le Vice & versa, après la dispersion de la Manif pour tous.

Denevi s’échappe. Mutte est interpellé avec deux autres identitaires lillois. Alors que le procureur demande six mois plus tard une peine « d’avertissement » face à ces « violences à caractère homophobe » – douze mois de prison dont six ferme –, Mutte, qui écope de six mois avec sursis, est relaxé par le tribunal du chef d’injures à caractère homophobe.

À Ham, dans la Somme, Mourain crée le White Wolf Klan en juillet 2013, à la suite de la dissolution de Troisième voie. Six mois après le guet-apens du garage. « Le Klan a été créé quelques jours après la dissolution, précise à Mediapart un ancien membre de la bande. Mourain voulait son indépendance, il voulait être seul à diriger. » Le WWK est un groupe calqué sur une organisation de motards, un pseudo-club de motos couvrant l’activité réelle du Klan, alors qu’aucun membre n’est titulaire du permis moto, ni même propriétaire d’une moto… Selon la définition d’un ancien membre, White était « un rappel de la race aryenne », Wolf, celui du « chien-loup qui gardait les camps de concentration » (sic) et le « k » de Klan « pour le rapport à la langue allemande »…

Le « Klan » devait être capable de vivre en autarcie, par le vol ou le racket. Très hiérarchisé et présidé par Mourain, le « Klan » se composait d’un vice-président, d’un sergent d’armes, chargé des conflits, d’un trésorier, des « street fighters » et des voleurs. À l’entrée officielle, des blousons noirs de style bombers sont distribués, portant les couleurs du « Klan », une tête de loup et le grade. Les futurs membres, baptisés « prospects », subissaient des violences et des brimades tout au long de leur intégration. Gifles, coups de battes de base-ball, coups de pied. Mourain était « capable de demander à un tiers sous la menace d’une arme de se jeter dans le canal », a expliqué Boris G., l’un des prévenus.

À Amiens, lors de l’audience du mois de mars, les faits de la Deûle n’ont pas été évoqués, pas plus qu’à l’instruction, puisqu’ils avaient été transmis à Lille. En revanche, plusieurs membres du « Klan » ont raconté qu’ils avaient été jetés dans le canal de la Somme, du côté de Ham, près du domicile de Mourain.

S’il a tourné le dos à Mourain, procès oblige, Serge Ayoub est resté lié à Yohan Mutte. Il y a peu, l’ancien chef de Troisième voie a intégré son ancien JNR au sein de son nouveau « club de moto », le Black Seven, anciennement dénommé Praetorians MC, qui réunit à Berzy-le-Sec, dans l’Aisne, d’anciens membres de son service d’ordre – le site antifa La Horde les a identifiés ici. « Ayoub a quitté Paris, mais il lui faut une garde rapprochée, explique un policier. Il a compris que ce qui compte, c’est d’avoir 15 gros bras près de lui, s’il veut rester actif. »

L’ancien chef de Troisième voie reste présent sur la scène politique de la droite radicale. En octobre dernier, il a pris la parole à la 10e journée de Synthèse nationale, une revue animée par Roland Hélie, un ancien du Parti des forces nouvelles (PFN) – son intervention est en ligne ici. Une journée placée sous le thème de l’offensive nationale et identitaire, et qui a vu défiler à sa tribune Carl Lang, du Parti de la France, et les représentants de Civitas, de la Ligue du Sud, et Jean-Marie Le Pen, lui-même.
Les membres du club de moto Black Seven, autour de Serge Ayoub. © DR
Les membres du club de moto Black Seven, autour de Serge Ayoub. © DR
Le dossier lillois renferme encore quelques zones d’ombre. Auteur d’un livre sur les noyés de la Deûle qui paraît en juin 2015, Gilles Durand, journaliste à la rédaction lilloise de 20 Minutes, constate que la piste de l’extrême droite est inconnue des enquêteurs. Mais il s’aperçoit surtout que la mort d’Hervé Rybarczyk n’a jamais été incluse dans le dossier. « Personne ne savait où était passé ce dossier, explique-t-il à Mediapart. La PJ ne l’avait pas. Le commissariat renvoyait sur la sûreté urbaine… Et l’on me disait : “Pourquoi vous intéresser à ça puisque c’est un suicide ?” Or, ses proches m’avaient dit : “C’est impossible qu’il se soit suicidé.” » On explique aussi au journaliste que la mort du guitariste n’a pas de lien avec les quatre noyés précédents. « Mais quel était le lien entre les quatre autres ? » demandait-il. Peu après la sortie de son livre – Noyés de la Deûle, la contre-enquête, aux éditions Les Lumières de Lille –, un informateur anonyme vient dire à Gilles Durand que « Rybarczyk n’est pas tombé tout seul » et lui donne quatre noms, qu’aucune source officielle ne confirme.

La version officielle, martelée par le procureur Frédéric Fèvre, restait l’abus d’alcool et la chute accidentelle. Alors adjoint au maire de Lille chargé de la sécurité, Roger Vicot, actuel maire de Lomme, abonde dans le même sens : « La rumeur se contente de dire “c’est très étrange”, et ne relève pas le vrai point commun : tous étaient complètement ivres. » Récemment questionnée par La Voix du Nord, Martine Aubry a fait savoir qu’elle n’avait pas été « vraiment convaincue par la thèse judiciaire d’une série de chutes accidentelles ». La maire de Lille aurait « toujours eu des doutes sur cette affaire », a indiqué son cabinet. Elle n’en avait rien dit publiquement à l’époque.

Une autre noyade intrigue désormais, celle de Lloyd Andrieu. « Il n’a pas d’eau dans les poumons, c’est une noyade blanche, résume le journaliste de 20 Minutes. Il est mort avant de tomber à l’eau, ou pendant qu’il tombait. Par ailleurs, son portable avait disparu et il a été remis en marche six mois plus tard. » Des inconnus aurait ramassé ce téléphone dans la rue. Deux indices sérieux qui plaident en faveur d’une agression ou d’un événement ayant touché le jeune étudiant de 19 ans avant sa noyade.

Karl Lakse, Mediapart : https://www.mediapart.fr/journal/france/050617/noye-dans-la-deule-le-meurtre-involontaire-des-neonazis-d-ayoub

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La Frite Rit Lille

Claude Hermant, fondateur du mouvement identitaire lillois, proche de la boutique néo-nazie Tribann, de Serge Ayoub et impliqué dans les affrontements autour de « La Frite Rit » (son commerce) en octobre a été placé en détention suite à un trafic d’armes de guerres.

La Voix du Nord et la presse belge indiquent que le clan Hermant aurait pu fournir les armes ayant servi au djihadiste Amedy Coulibaly lors de l’attaque de l’Hyper Cacher à Paris qui a causé la mort de 4 juifs.

D’autres membres des groupuscules néo-nazis et identitaires de Lille semblent impliqués dans le trafic, l’un des assayant du bar gay « Le Vice Versa » lors des mobilisations homophobes contre le mariage pour tous est également en détention.

Voici une compilations des différentes réactions des collectifs militants lillois suite à cette affaire. N’hésitez pas à nous envoyer ceux que nous aurions manqué.

 

Communiqué du collectif Pour la Fermeture de la Frite Rit (le commerce de Claude Hermant) :

Contrairement à l’avis des plus de 5 000 lillois ayant rejoins notre page, la mairie et la prefecture ont préféré fermer le bar « Le Resto Soleil » (toujours sous le coup d’une fermeture administrative) plutôt que la Frite Rit.

Dès octobre, nous alertions pourtant sur le fait que Claude Hermant de la Frite Rit était un homme dangereux. Hermant n’a eu aucun scrupule à utiliser des armes en pleine rue Solférino. Pire, il le faisait avec le complicité de la police : lors de la fameuse soirée du 25 octobre 2014, Hermant appellait les policiers par leurs prénoms et ceux-ci lui permettait de patrouiller équipé d’un flash-ball.
Autre fait troublant : des internautes nous ont envoyé des photos de policiers gradés attablés aux côtés de Hermant à la Frite Rit en d’autres occasions.
Une enquête avait déjà été ouverte en 2009 quand la police avait fourni de manière illégale une liste d’informations personnelles de militants anarchistes à Claude Hermant alors leader du local néo-nazi « La maison Flamande » : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Metropole_Lilloise/actualite/Secteur_Metropole_Lilloise/2009/07/17/article_affaire-de-la-video-de-la-maison-flamand.shtml

Difficile de croire que les activités de trafic d’armes d’un tel personnage étaient inconnues des forces de l’ordre alors qu’il détaillait lui même son CV jusque dans les colonnes de Libération : mercenariat en Afrique et dans les pays de l’Est, opérations de déstabilisation dans les banlieues pour le compte du FN, tentative d’infiltration et manipulation de groupes antiracistes… http://www.liberation.fr/societe/2001/06/06/confessions-d-un-fantome_367082

Comment expliquer qu’une ville et un gouvernement se réclamant de la gauche aient fait fermer un bar qui créait du lien et de la mixité sociale, qui permettait l’expression culturel et qui servait de lieu de réunion à un grand nombre d’associations afin de protéger le commerce d’une personne dangereuse pour la société et que les autorités savaient pertinement être un marchand de mort (La Voix du Nord révèle qu’une enquête pour trafic d’armes était en cours depuis mai 2014).

Comment expliquer que des membres du clan Hermant aient pu commettre une agression homophobe ultra-médiatisée en 2013 (info La Voix du Nord) sans que la police n’intervienne avant aujourd’hui pour les faire stopper leur trafic d’armes de guerres ? https://luttennord.wordpress.com/2013/04/23/portraits-et-relations-des-neo-nazis-de-troisieme-voie-ayant-attaque-le-bar-gay-du-vieux-lille/

Ces faits troublants et ces négligences ont peut-être eu pour conséquences d’avoir permis un massacre de juifs en plein Paris.
Les forces de l’ordre, la ville de Lille et la préfecture du Nord doivent maintenant rendre des comptes.

Les lieux et groupuscules extrêmistes dangereux qui préparent la guerre civile et assurent un soutien logistique (même indirect) aux djihadistes tel que La Frite Rit et Génération Identitaire doivent être interdits.

Le collectif « pour la fermeture de la frite rit » rèclame plus que jamais :

  • la fermeture de la Frite Rit
  • la dissolution du groupuscule fasciste Génération Identitaire
  • la levée de la fermeture administrative du Resto Soleil
  • l’abandon des poursuites contre ceux qui sont accusés de s’être opposé au marchand d’armes Hermant
  • une enquête afin de déterminer les responsabilités et éventuelles sympathies au sein des forces de l’ordre, de la préfecture du Nord et de la ville de Lille

https://www.facebook.com/pages/Contre-la-fermeture-du-Resto-Soleil/572393556225955

Réactions de l’Action Antifasciste NP2C :

Les dernières nouvelles divulguées par la presse quotidienne régionale nous informe que Claude Hermant, sa compagne et un troisième homme sont désormais en détention provisoire. Le 3ème homme serait semble t’il un des assaillants du bar gay le vice-versa, bar qui avait subi une violente agression homophobe en 2013, en marge d’une manifestation contre mariage pour tous. Il pourrait donc s’agir de Flavien Metgy, employé lui aussi de la Frite Rit, ancien membre du groupuscule fasciste Troisième Voie (dissout suite à la mort de notre camarade Clément Méric) et leader identitaire local.

Contre les ordures nazislamistes qui fourniraient des armes aux assassins tueurs de juifs, l’Action Antifa NP2C compte bien organiser des tournées de sécurisation devant La Frite Rit et tous les lieux de réunion identitaires. Si les autorités ne font rien contre les soutiens actifs des obscurantistes djihadistes, nous nous en chargerons.

Et pas en gilet fluo.

 

« Tribann, identitaires. Nazi et fiers »

Publié: 25 mai 2014 par luttennord dans Infos
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Tribann se présente comme une boutique « militante » et « alternative », pour militants nationalistes et identitaires. Et à première vue, on pourrait n’y voir qu’un simple business grossièrement politique et folklorique, discrètement installée au 104 rue du Port, à Lille.

La vérité est toute autre. Car au-delà de la vente de marques prisées de l’extrême droite, nous assistons récemment à un important rapprochement entre 2 figures de l’extrême droite locale : Luc Pécharman (tenancier de tribann et chef local du groupusculaire parti Nouvelle droite populaire) et Tomasz Szkatulski, skinhead nazi connu sous le pseudonyme de « Gamin« .

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Il y’a quelques temps, Luc Pécharman, annonçait en effet la vente de la marque « Pride France » (« Fabriqué par les blancs, pour les blancs »), au sein de la boutique Tribann, cette marque est la propriété de Tomasz – gamin – Szkatulski, néo-nazi abruti et violent incarcéré à de multiples reprises pour des faits d’armes peu glorieux : agression d’un sdf handicapé en 2008  ou exhibition d’insignes nazis en 2010 …

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Bien qu’il ne soit pas très fûté, ce dernier est convaincu de ses idées d’arrière garde : tatoué d’une croix gammée et du portrait de Rudolf Hess (leader du parti nazi et ami d’hitler), il arbore aussi fièrement le slogan « white power » dans le cou (« pouvoir au blanc »).

 

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Tomasz est également membre de l’organisation clandestine néo-nazie Blood & Honour Hexagone.

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Mais avant d’être une marque, « Pride France » était essentiellement une boutique en ligne vendant divers produits faisant l’apologie du 3ème reich, de la « supposée supériorité » blanche et de la haine raciste. La boutique a subi plusieurs coups d’arrêts avec la suppression de son site web ou de sa page facebook par ses hébergeurs mais n’a jamais réellement cessé son activité, vendant essentiellement sur les réseaux sociaux afin de remplir les poches de son gestionnaire. Le site faisait aussi également la promotion du Blood & Honour Hexagone.

Désormais sur la page d’accueil du site de Tribann figure aujourd’hui le logo « White Clothing 88 » ( L’adresse www.white-clothing88.com renvoie directement sur le site Tribann ), qui signifie simplement « habillement pour les blancs – et 88, pour Heil Hitler (8e lettre del’alphabet -> ‘HH’). C’est encore une fois Tomasz Szkatulski – gamin -qui se cache derrière ce nouveau sigle.

 

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Cette boutique vend également des couteaux, des gants plombés (avec une mention « good night left side » qu’on peut traduire par « bonne nuit gauchistes » ), des treillis militaires. ainsi que de la littérature sur Léon Degrelle, chef SS belge qui aimait se présenter comme « le fils qu’hitler n’a jamais eu ».

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Tomasz Szkatulski transfère vers la boutique tribann actuellement son ancien carnet d’adresse de marque néo-nazis, notamment la marque « black brain », qui produit par exemple ces t shirts à la gloire de la 33e division SS Charlemagne. Il présente lui même le produit sur le site, en ayant pris soin de flouter ses tatouages…

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Mais aussi d’autres marques nazies est-européennes au premier rang desquelles : white rex ou beloyar.

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Discrètement, Tribann fait aussi publicité sur son site pour « Nordic Diffusion 38 », une autre boutique affiliée pour sa part à la « Hammerskin Nation », une autre organisation néo-nazie internationale. On peut s’y procurer, par exemple, des badges à l’effigie d’Adolf Hitler ou des CDs de chants nazis. Histoire d’avoir la panoplie complète !

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Il faut constater clairement les faits : Tribann est un magasin qui a toujours été un repère et un point d’ancrage de l’extrême droite radicale lilloise, jonglant entre ses bonheads de clients et une vitrine quasi-apolitique pour le quidam, désormais elle s’allie bien plus franchement avec des marques étiquetées comme néo-nazies et des militants identifiés comme tel. Ne cachant plus ses amitiés avec la frange la plus arriérée du fascisme contemporain.

Cela n’empêche pas, ni la boutique et son partenaire « gamin » d’entretenir des amitiés de longue date avec un groupe tout autant ignoble mais bien moins sulfureux : les désormais célèbres K-ways jaunes de Génération Identitaire Flandres.

Sous couvert de lutte contre l’islamisation et contre la délinquance, le groupuscule génération identitaire cache en effet difficilement les amitiés avec les pires raclures de l’extrême droite néo-nazie : Entre petites frappes fascistes, nostalgiques du 3ème reich et autres racistes accros à la gonflette médicamenteuse.

Leur chef de file lillois est Aurélien Verhassel, un petit bourgeois élu suppléant au CROUS de Lille qui a profité notamment de l’effondrement de la Vlaams Huis (Maison Flammande – Claude Hermant) et de sa nébuleuse pour faire progresser un groupuscule identitaire : Insula, et en faire aujourd’hui la principale organisation de l’extrême droite radicale lilloise sous le nouveau nom de « génération identitaire ».

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Son travail militant n’y est pas pas pour grand chose. L’extrême droite dans la région s’est recomposée suite aux échecs de tous les projets menés par la maison flammande et son front populaire solidariste (l’alliance avec Troisième Voie de Serge Ayoub). Leurs assos fantômes,succursales régionales et magasins se sont tous successivement cassés la gueule.

Génération Identitaire est aujourd’hui le seul mouvement qui a survécu de cette époque. En gros : ils ont essentiellement profité du marasme politique pour sortir la tête de la merde…

Revenons à notre héros de la France blanche, Aurélien Verhassel se présente publiquement comme un militant politique propre sur lui et toujours prêt à soutenir les plus démunis.

En privé il en est tout autre. Ces quelques captures d’écran nous offrent un aperçu d’avec qui il passe ses week end.

Ainsi Aurélien Verhassel compte justement parmi ses proches amis le nazi Tomasz Szkatulski avec qui il compte participer à la Spartan Race, une espèce de parcours du combattant : Image

Les amitiés avec les nazis, ça dérange pas trop aurélien. Pas vraiment étonnant quand on voit qui annonce sa participation aux soirées de cohésion identitaire (SCI) organisée par ses soins

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Qui est cet individu qui annonce sa participation ? Ce fameux : « Ријсел Фигхт », n’est autre que monsieur Yohan Mutte, un skinhead nazi lui aussi connu pour ses frasques et ses démêlés avec la justice (les antifascistes lillois le connaissent aussi pour quelques rencontres où ses talents d’ancien athlète lui ont permis d’abandonner son pote bubsy sur le pavé, où de s’enfuir à plusieurs autres reprises).

Vous pouvez retrouver une courte présentation sur un ancien article de luttenord, où vous pourrez aussi voir des captures de l’ancien site pride france de gamin, et gamin himself 

Si vous voulez d’autres infos, n’hésitez pas à le googeliser, il s’est fait connaître essentiellement pour l’attaque homophobe du bar gay le vice-versa à lille l’année dernière en marge d’une manifestation de la manif pour tous.

Yohan a précédemment été membre de Troisième Voie et des JNR de Serge Ayoub, groupuscules nationaux-socialistes ultra violents et dissous l’été dernier après le meurtre de notre camarade Clément Méric. Esteban Morillo, l’assassin présumé de notre camarade était lui même membre de Troisième Voie.

Yohan s’amuse aujourd’hui a tagger des croix celtiques dans Lille avec sa petite bande de bras cassés, ils se font appelés les « garçons blancs de lille » (White rijsel boys). Leurs tags sont rapidement repassés par les antifascistes lillois, notamment ceux de l’Action Antifasciste NP2C, mais vous aurez peut être eu l’occasion d’en croiser une ou deux.

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Tag réalisé à proximité de la boutique Tribann la veille du défilé syndical du premier mai. Les fautes sont d'origine".

Tag réalisé à proximité de la boutique Tribann la veille du
défilé syndical du premier mai. Les fautes sont d’origine ».

 

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Sa participation – avec celles d’autres nombreux néo-nazis – aux soirées identitaires organisées par Aurélien Verhassel ne nous étonne bien sûr pas, ainsi que leur présence commune régulière à des évènements locaux comme dans la boutique Tribann par exemple mais aussi à Nieppe récemment lors de l’organisation par Luc Pécharman d’une « journée de synthèse nationale ».

Mais ces derniers, en premier lieu duquel Aurélien, cherchent globalement à taire ce militantisme commun, l’image polissée des identitaires a tout à perdre à s’afficher publiquement avec des militants clairement néo-nazis et condamnés à de multiples reprises pour des agressions racistes et homophobes.

Toutes ces raclures racistes ne sont qu’une seule et même nébuleuse qui participent aujourd’hui à la réaction raciste, islamophobe, homophobe et sexiste qui sévit dans le pays. C’est notre devoir de militants révolutionnaires de les connaître pour mieux les combattre.

Nous nous réunirons bientôt pour commémorer dans la lutte les un an de la mort de Clément, celà doit permettre à toutes les forces antifascistes de se réunir et de montrer que résister veut dire lutter !

Les Antifascistes parisiens chez Novotel !

Publié: 2 décembre 2010 par luttennord dans Infos, Rendez vous
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Si nous sommes intervenus le dimanche 28 novembre 2010 au Novotel de Sèvres, c’est que le 4 décembre prochain s’y tiendra un colloque organisé par divers groupuscules d’extrême droite, tous liés aux Identitaires (cf. ci-dessous).
Sous l’intitulé anodin «Localisme & identité», ce «colloque» sera en réalité pour ces néo-fascistes l’occasion de faire un meeting de la haine,  islamophobe et raciste.
Le public de ce genre de manifestation ne vaut en général guère mieux que les intervenants, souvent condamnés pour des actes de violence raciste, et il faut s’attendre à de possibles agressions à l’encontre de celles et ceux qui pourraient leur déplaire…
Leur stratégie : avancer masqués pour mieux banaliser leurs idées, et pouvoir les imposer ensuite.
Ne laissons l’extrême droite se sentir nulle part chez elle !
REFUSONS LA TENUE DE CE COLLOQUE !

Qui sont les identitaires ?
Les Identitaires sont la reconstitution d’Unité Radicale, une organisation interdite après que l’un de ses membres, Maxime Brunerie ait tenté de tuer le président Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Ils apparaissent sous divers noms : Bloc Identitaires, Jeunesses Identitaires, Autre Jeunesse, Projet Apache, Jeune Bretagne … Fabrice Robert, Philippe Vardon, Richard Roudier, sont les responsables des Identitaires.

Qui sont les intervenants du colloque ?

Fabrice Robert :
Ancien militant des groupes néo-fascistes Troisième Voie et Nouvelle Résistance, il milite en parallèle dès ses 16 ans au Front National, pour lequel il sera conseiller municipal à La Courneuve avant de rejoindre le MNR. Il fut arrêté et jugé pour avoir distribué des tracts antisémites et révisionnistes devant un Lycée. Il est également membre du groupe de rock nazi Fraction, inquiété par la justice en 1998 pour la chanson « une balle », dans laquelle le groupe promettait d’exécuter les juifs, les étrangers… Le groupe Fraction continue de jouer dans des concerts organisés par l’association terroriste néo-nazie Blood & Honour.

Richard Roudier :
Ancien d’Unité Radicale et fondateur des Identitaires, il est également le président du CEPE (Comité d’Entraine aux Prisonniers Européens), association qui vient en aide à des militants d’extrême droite en prison. L’un des prisonniers soutenu par le CEPE est Michel Lajoye, néo-nazi condamné pour avoir poser des bombes dans des lieux fréquentés par des travailleurs immigrés. En 2010, il fut tête de liste d’extrême droite sous l’étiquette Ligue du Midi.

Philippe Milliau :
Ancien membre de la Fédération des Etudiants Nationalistes et du mouvement racialiste le GRECE, il fut pendant longtemps conseiller régional d’Ile-de-France puis responsable MNR. Il rejoint le Bloc Identitaire en 2008 et en devient le responsable pour la Bretagne. La section prend alors le nom de Bloc Breton et son mouvement de Jeunesse Jeune Bretagne. Ils ouvrent un local d’extrême droite en Bretagne du nom de Ti-Breizh .

Arnaud Gouillon :
Président d’une association satellite des Identitaires Solidarité-Kosovo il fait parti de la première génération des Jeunesses Identitaires et est devenu très rapidement le responsable de la section grenobloise. Présent à la fête du 1er Mai 2005 des Identitaires à Nice, il a été  poursuivi pour des violences racistes commises la veille de la fête dans le vieux Nice.