Archives de novembre, 2008


Mercredi 03/12

apéro GDALE au CCL

Calais est une caricature de ville- frontière. Alors que sa vocation “naturelle” est de permettre de traverser la

Manche, elle est devenue le cul-de-sac des espérances de ceux et celles qui cherchent une vie meilleure en Grande-Bretagne. Le jeu des Etats et du capitalisme y ballotte des milliers de vies humaines. En témoigne la récente affaire du charter franco-anglais qu’une importante mobilisation a permis d’éviter. Pendant ce temps, c’est toujours la soupe populaire, les nuits dehors et la chasse policière à outrance. Comment s’organiser pour que tout cela cesse ? Comment faire le lien entre Lille, Calais et le reste du monde pour en finir avec ces frontières liberticides ? Venez en parler au prochain apéro GDALE !

La discussion sera précédée du film ‘Inch Allah’ (40’), réalisé pendant 3 semaines auprès des réfugié-e-s du Calaisis.

MERCREDI 3 DECEMBRE
Ouverture à 19h30, bar, auberge espagnole si vous ramenez à manger, table de presse…

au Centre Culturel Libertaire – 4 rue de Colmar – Lille – métro Pte des Postes.

Groupe D’Anarchistes de Lille et EnvironsContactez-nous


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Lettre ouverte des parents des neufs mis en examens du 11 novembre

 

Dimanche, 23 Novembre 2008

Lorsque la cacophonie s’accorde pour traîner dans la boue une poignée de jeunes emmurés, il est très difficile de trouver le ton juste qui fasse cesser le vacarme ; laisser place à plus de vérité.

Certains médias se sont empressés d’accréditer la thèse affirmée par la ministre de l’intérieur dans sa conférence de presse, alors que les perquisitions étaient en cours : Les personnes arrêtées étaient d’emblée condamnées.

Personne n’aura pu rater l’épisode de "police-réalité" que nous avons tous subi la semaine passée. L’angoisse, la peur, les pleurs nous ont submergé et continuent à le faire. Mais ce qui nous a le plus blessés, le plus anéanti, ce sont les marées de mensonges déversées. Aujourd’hui ce sont nos enfants, demain ce pourrait être les vôtres.

Abasourdis, nous le sommes encore, paralysés nous ne le sommes plus. Les quelques évidences qui suivent tentent de rétablir la vérité et de faire taire la vindicte.

Les interpellés ont à l’évidence bénéficié d’un traitement spécial, enfermés pendant 96 heures, cela devait faire d’eux des personnes hors normes. La police les suspecte d’être trop organisés, de vouloir localement subvenir à leurs besoins élémentaires, d’avoir dans un village repris une épicerie qui fermait, d’avoir cultivé des terres abandonnées, d’avoir organisé le ravitaillement en nourriture des personnes agées des alentours.

Nos enfants ont été qualifiés de radicaux. Radical, dans le dictionnaire, signifie prendre le problème à la racine. A Tarnac, ils plantaient des carottes sans chef ni leader. Ils pensent que la vie, l’intelligence et les décisions sont plus joyeuses lorsqu’elles sont collectives.

Nous sommes bien obligés de dire à Michelle Alliot Marie que si la simple lecture du livre "L’insurrection qui vient" du Comité Invisible fait d’une personne un terroriste, à force d’en parler elle risque de bientôt avoir à en dénombrer des milliers sur son territoire. Ce livre, pour qui prend le temps de le lire, n’est pas un "bréviaire terroriste", mais un essai politique qui tente d’ouvrir de nouvelles perspectives.

Aujourd’hui, des financiers responsables de la plus grosse crise économique mondiale de ces 80 dernières années gardent leur liberté de mouvement, ne manquant pas de plonger dans la misère des millions de personnes, alors que nos enfants, eux, uniquement soupçonnés d’avoir débranchés quelques trains, sont enfermés et encourent jusqu’ à 20 ans de prison.

L’opération policière la plus impressionnante n’aura pas été de braquer cagoulé un nourrisson de neuf mois en plein sommeil mais plutôt de parvenir à faire croire que la volonté de changer un monde si parfait ne pouvait émaner que de la tête de détraqués mentaux, assassins en puissance.

Lorsque les portes claquent, nous avons peur que ce soient les cagoules qui surgissent. Lorsque les portent s’ouvrent, nous rêvons de voir nos enfants revenir.

Que devient la présomption d’innocence ? Nous demandons qu’ils soient libérés durant le temps de l’enquête et que soient évidemment abandonnée toute qualification de terrorisme.

PS : Nous tenons à saluer et à remercier les habitants de Tarnac qui préfèrent croire ce qu’ils vivent que ce qu’ils voient à la télé.

http://www.comite-visible.infohttp://www.soutien11novembre.org


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[Violences faites aux femmes] à l’univers

Dans le cadre de la journée contre les violences faites aux femmes, la commission femmes de SUD éducation 59/62 vous propose le vendredi 28 novembre à 20h30 à l’Univers, 16 rue Danton à Lille (métro porte de Valenciennes) la projection de deux documentaires :

"La Femme seule" de Brahim Fritah (23 minutes, 2005)

Akosse Legba, une jeune femme Togolaise a été victime d’esclavage moderne. Un luxueux appartement parisien est le théâtre des réminiscences de son passé. Ainsi, dans les pièces vides résonne sa voix qui raconte les conditions de sa venue en France, ses souffrances et comment un fragile processus d’affranchissement s’est lentement mis en place, grâce aux objets qui constituaient son environnement quotidien.

En filmant ces objets, on découvrira la relation qui s’est nouée entre elle et son univers domestique, pendant les deux ans qu’ont duré son "emprisonnement". Et au fil du récit, à travers ces objets, des souvenirs lointains ressurgiront, dès lors nous plongerons dans les méandres de son passé, quelque part dans un petit village au Togo.

"Les Femmes machines" de Marie-Anne Thunissen (Belgique – 1996 – noir et blanc et couleur – Beta digital 16:9 – 52 min)

Le 16 février 1996, parce qu’elles ont appris que la Fédération des entreprises de Belgique refusait une nouvelle fois d’aligner les salaires féminins sur les salaires masculins, quelques ouvrières de la FN décident que c’en est trop. Elles circulent dans l’usine, appelant leurs collègues à arrêter le travail et elles organisent d’elles-mêmes une assemblée sur ce thème.

Le mouvement de grève démarrait, il allait durer onze semaines et susciter l’intérêt et la solidarité dans toute l’Europe. Il marque une date importante dans l’histoire du mouvement des femmes puisque c’est la première fois que des ouvrières entament un conflit pour un objectif social uniquement féminin.

Entrée libre, petite restauration prévue

Bénito, un prénom à 1500 Euros

Publié: 26 novembre 2008 par luttennord dans Infos

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Cinq maires d'extrême-droite italiens ont décidé d'offrir cette somme aux couples qui donneront à leurs enfants le prénom du dictateur fasciste Mussolini.

L’initiative a de quoi choquer : le petit parti d’extrême-droite Movimento Sociale-Fiamma Tricolore (MS-FT) a décidé d’offrir la somme de 1.500 euros aux parents qui nommeront leurs enfants Benito ou Rachele, prénoms du dictateur fasciste Mussolini et de sa femme.

Cette mesure, qui concerne les parents des bébés qui naîtront en 2009, est en vigueur dans cinq municipalités de la région de Basilicate, dans le sud de l’Italie : Calvera, Carbone, Cersosimo, Fardella et San Paolo Albanese.

Outre le fait d’appeler son enfant Bénito ou Rachele, les parents concernés doivent également s’engager à utiliser cette somme pour acheter le lit, les vêtements ou les aliments de l’enfant.

«De jolis prénoms»

«La région pourrait faire beaucoup plus», affirme Vincenzo Mancusi, secrétaire régional du parti néo-fasciste, en évoquant la possibilité de donner 1500 euros par an à tous les enfants nés dans le Basilicate jusqu’à l’âge de la majorité.

La «Flamme tricolore» n’est toutefois pas très claire sur ses objectifs : officiellement, il s’agit de venir en aide à des zones où le taux de natalité est très faible et de rendre hommage aux racines du parti.

Mais, sans être à une contradiction près, Vincenzo Mancusi assure que le choix de ces Benito ou Rachele s’est fait au hasard. «En plus, ce sont de jolis prénoms», ajoute-t-il. Pourtant, ces deux noms, directement associés au clan Mussolini, ne sont plus guère usités de l’autre côté des Alpes.

Le Ras-le bol de la dépanneuse…à flics

Publié: 26 novembre 2008 par luttennord dans Infos

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Anti-terrorisme : la dÉpanneuse raconte !

Après avoir essuyé le refus de plusieurs journaux (Paris Match, le Nouvel Obs’, l’Humanité…) de publier son poignant témoignage, la « saloperie de dépanneuse de flics », comme elle aime à se nommer, nous a expressément demandé de diffuser dans son intégralité le récit de sa vision de l’Affaire. Et, il faut le dire, nous n’avons pas su refréner son désir brûlant…


« Me voilà impliquée depuis dix longs mois dans une sale affaire où l’État – mon maître – ne parle que de "terrorisme" i tutti quanti alors que, personnellement, je n’y verrais qu’un peu de bon sens.

« Je m’explique. Trois jeunes gens, Isa, Juan et Damien, se retrouvent, un peu à cause de ma propre existence, mis en taule depuis trop de temps, et en attente d’un hypothétique procès sous mandat de dépôt anti-terroriste. La Justice les accuse d’avoir tenté de m’incendier, moi saleté de dépanneuse de flics, devant un commissariat du XVIIIème arrondissement de Paris, en mai 2007, pendant la période agitée des élections présidentielles. Ils auraient été confondus, selon les juges d’instruction, par leurs profils ADN pris sous la pression ou à leur insu. En fait, d’après ce que j’ai pu comprendre, ce que le pouvoir leur reproche tient plus à leur profil politique – "anarcho-autonome" selon lui – qu’à autre chose. Et tient plus aux intentions qu’il leur prête qu’à une « preuve adn » toujours présentée comme la vérité vraie, la couleuvre à avaler.

« Si je tiens, aujourd’hui, à prendre la parole publiquement et par voie de presse, c’est effectivement que je suis littéralement proche de péter une durite (et c’est peu dire) à l’idée que l’État m’utilise allègrement pour sa propagande. Aussi, par peur de représailles, j’ai longtemps hésité avant de briser le silence : je crains en effet, pour mes camarades à quatre roues et moi même, un regain de zèle quant à nos utilisations par nos maîtres. Et, pour en avoir discuté sur le parking avec quelques collègues – banalisés ou non –, je sais qu’un certain nombre d’entre nous souhaiterait ne plus fonctionner, ne plus servir.

« Ne plus servir l’État. Ne plus sentir nos maîtres, ces porcs en uniformes, écraser par le fondement ce qu’il y a de plus rembourré et moelleux en nous. Ne plus entendre ces petits rires suffisants de ces cow-boys de merde. Ne plus laisser ces assassins violenter l’accélérateur à en faire saigner le pare-choc avant. Ne plus entendre les leçons de morale de ces bouffons de « bons flics de gauche ». Ne plus trimballer ces larbins et ne plus les aider à traquer le pauvre à foutre en taule, l’arabe à tabasser. Ne plus transporter les troupes de gardes-mobiles sur les piquets de grève. Ne plus aider le Pouvoir à se remplir les fourrières et les poches. Ne plus convoyer les indésirables des centres de rétentions aux charters d’Air France… Ne plus déplacer les prisonniers de la démocratie de cellules en mitards jusqu’à ce qu’ils en crèvent. Ne plus servir les intérêts de la classe des exploiteurs et des mafieux, ne plus servir l’État. Je ne suis qu’une saloperie de voiture de flics et je ne veux plus servir ! Voilà, c’est dit !

« Dans cette optique, je ne peux envisager que deux possibilités. La première, ambition que je nourris depuis tant d’années, ne tiendrait qu’à l’erreur de celui qui me conduirait et au platane qui surgirait. Ce serait une fin assez esthétique et ça ne me déplairait pas. Mais, la seconde, l’idée d’un acte rageur mettant fin à ma fonction me réjouirait davantage. En effet, qui n’a jamais rêvé, au moins l’espace d’un instant, d’endommager, de crever les pneus, de détruire une saloperie de voiture de flics comme moi ? Qui n’a jamais songé à réduire à poussières caméras de vidéo-surveillance, parcmètres, radars, et autres automates du contrôle ? Qui n’a jamais souhaité l’arrêt cardiaque binaire de ces ordinateurs surprotégés abritant Edvige, Cristina, Stic, Fnaeg, et autres dizaines de fichiers policiers ? Qui n’a jamais eu le désir pressant de retourner la matraque contre la main qui habituellement frappe, frappe et frappe ?

« Pour autant, je ne veux pas qu’il puisse y avoir méprise. Si, pour moi, il y a une logique évidente d’un certain nombre d’entre vous à vouloir se débarrasser des armes – par destination ou non – des flics, c’est également évident que ça reste bien insuffisant. Non seulement nous sommes interchangeables : si quelqu’un parvenait à me saboter et à me mettre hors d’état de nuire, j’en serais la première ravie, je vous l’ai dit, mais je craindrais l’arrivée rapide de ma remplaçante. Nous détruire joyeusement par paquets de plusieurs centaines simultanément, ne suffirait pas, je le crains. Tant que ne sera pas détruit le pouvoir de ceux que le contrôle et la coercition protègent, notre raison d’être ne sera pas affectée.

« Des saloperies de voitures de flics, il en crame depuis des décennies. Et il en cramera encore. C’est ainsi et c’est tant mieux. Pour ma part, j’espère qu’une bonne âme voudra bien se décider à me saccager, à me caillasser, à me caraméliser le moteur, à me désosser et me revendre en pièces détachées, à me faire flamber, à m’épargner le terrible poids d’autres arrestations…

« En espérant cette fin prochaine, je finirai par ce que me disait encore hier mon pote Scénic bleu métallisé banalisé du commissariat du XVIIIème : "un peu de bon sens, un peu d’essence…" サ.

Les syndicats capitulent pas le personnel !

Publié: 25 novembre 2008 par luttennord dans Infos

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La CNT Éducation prend acte de la capitulation des centrales syndicales face aux mesures Darcos. Après une première journée de mobilisation le 20 novembre, l’heure est à la reconduction de la grève à Paris, Montpellier, Dijon, Vaulx-en-Velin…, dans le nord des Hauts de Seine, les Bouches du Rhône…

Pourtant, les organisations réunies en conclave intersyndical ce lundi 24/11, déposent les armes. Manifester un mercredi, c’est un recul inacceptable et un mépris pour tous les grévistes qui avaient au contraire insisté sur la nécessité de reconduire au plus vite le mouvement. Seule la grève permet de se rencontrer, de réfléchir, de débattre entre nous et de décider collectivement.

Les différentes AG prévues cette semaine sauront porter la colère des personnels face à cette décision qui ne peut se comprendre autrement que comme une désertion.

En ce qui la concerne, la fédération CNT des Travailleurs de l’éducation ne cèdera pas sur les revendications portées depuis la rentrée par un nombre croissant de collègues. Les militants de la CNT, impliqués dans cette mobilisation, loin des manœuvres d’appareils, porteront un message simple : pour gagner une bataille, encore faut-il la mener !

C’est tout le sens de notre syndicalisme de lutte et de notre soutien à tous les secteurs qui ont décidé ou qui décideront de reconduire la grève dès cette semaine.


C’est à ceux et celles qui travaillent et qui luttent de décider de leur mouvement !


CNT FTE

Paris, le 24/11/2008

Plus d’informations sur : htpp ://www.cnt-f.org/fte

Grêve chez Sieto-Faurecia à Somain

Publié: 25 novembre 2008 par luttennord dans Infos

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Sur fond de conflit social, quatorzes salariés Sieto-Faurecia Somain licenciés

La décision a été radicale. Vous faites grève : vous êtes virés. Quatorze salariés du site Sieto-Faurecia ont été licenciés manu militari, dans la nuit de vendredi à samedi, par le DRH Faurecia-France. Depuis, la grève s’est durcie.

PAR BERTRAND BUSSIERE ET ÉMILIE HERBAUT (CLP) douai@lavoixdunord.fr

PHOTOS « LA VOIX »

En tant que secrétaire générale du syndicat CFTC métallurgie du Nord, Lydie Librizzi en a vu des vertes et des pas mûres. Pourtant… « De ma vie de syndicaliste, je n’avais jamais vécu ça. » Dans la nuit de vendredi à samedi, en une heure montre en main, le DRH France de Faurecia, débarqué en urgence depuis Nanterre dans l’usine Sieto-Faurecia Somain sise dans la zone industrielle de la Renaissance, a licencié quatorze salariés grévistes (lire ci-contre). Et ce n’était qu’un début. « Les imprimés de licenciement ont été distribués à des salariés choisis au hasard. Son intention était semble-t-il de licencier tous les grévistes, c’est-à-dire l’ensemble du personnel en CDI du poste de nuit (65 salariés) », commente L. Librizzi. Depuis, c’est la guerre.

Réunis en intersyndicale, CFTC-CGT-FO-CFDT tentent par tous les moyens de renverser la vapeur. En pure perte. Le directeur départemental du travail et de l’emploi, Patrick Markey, n’a pas eu plus de chance. Vendredi, sa tentative de médiation entre grévistes (l’immense majorité des 245 salariés) et direction a été un échec. Les quatorze licenciements, abusifs, ne respectant pas la procédure de surcroît, courent toujours. De retour de week-end, les salariés ont remis la pression. Un camion devant livrer à Toyota Onnaing les sièges fabriqués dans l’usine somainoise a été bloqué. Résultat, l’équipe du matin du constructeur japonais a arrêté plus que tôt que prévu le travail. Pareil pour l’équipe de l’après-midi. Pas bon pour les affaires de Faurecia. Un équipementier automobile impliqué dans un arrêt de chaîne d’un constructeur donneur d’ordre se voit condamné à payer de lourdes pénalités financières. Le chiffre de 1 000 E par minute circule !

Le conflit n’est pas né du jour au lendemain. « Les conditions de travail sont déplorables. Une personne est affectée à deux, voire trois postes.

Cette réorganisation du travail a été élaborée sans consulter les délégués du personnel, souligne Abdelrani Benchabane, élu au CHSCT. Des employés se plaignent de harcèlement moral et physique. » La parole s’est libérée. Vendredi, il n’était encore question que de revendications salariales : d’une prime non payée de 75 E et d’une prime de production de 300 E. Jean-Claude Quenesson, maire de Somain, n’est pas tendre non plus à l’égard de la direction qui ne respecterait pas « la dignité humaine ». Exemple à l’appui : mercredi dernier, un cadre aurait tiré les oreilles d’un salarié en lui intimant de travailler plus. Autant dire que, lundi après-midi, les uns et les autres, de nouveau assis à la table des négos, ont eu des choses à se dire. Sans L. Librizzi et Jacques Leclercq, UL CGT du Douaisis, écartés par la direction. À 19 heures restait un point d’achoppement : la prime de 300 E. Pas question de la verser. La grève est reconduite aujourd’hui. À moins qu’au bout de la nuit la direction revoit sa copie et décide, de ce fait-là, ne pas aller en justice pour obtenir la levée dui piquet de grève. •

Révolte populaire à Amiens

Publié: 24 novembre 2008 par luttennord dans Infos

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http://rebellyon.info/article5694.html

Du nord au sud, la France brûle !

Publié samedi 22 novembre 2008

Deux nuits d’émeutes, dans deux quartiers différents de la capitale picarde.

Le scénario a l’air simple : vendredi 14 novembre vers 17h, « attroupement » dans le quartier sud-ouest (Etouvie), refus de se disperser, une voiture crame. Pompiers malmenés, les porcs ont l’occasion d’arriver en renfort. C’est parti. Bus caillassés, abris bus pétés, poubelles flambées, un bar-tabac pillé. Le Courrier Picard commente : « Les policiers ont été contraints d’utiliser le flash ball pour calmer les esprits. » Tellement bien calmés que 60 CRS sont obligés de ramener leurs gros culs picards depuis St Quentin (Aisne).

Témoignage d’habitants : Les CRS sont « venus provoquer les jeunes alors que le quartier était calme ». « Ils ont provoqué les jeunes avec des phrases du style "Je vais voir ta mère à minuit" et d’autres propos racistes. En plus, ils crachaient devant les jeunes. »

Difficile de savoir pourquoi ça claque à ce moment là. Il semble que ce soit à l’initiative du quartier, pas en réaction à une agression spécifique par la police. C’est peut-être contre une pression sur le business (une mise en pénurie du marché par la police comme ça arrive parfois). Ou tout simplement contre l’insupportable de tous les jours. Etouvie est un quartier dur, en « rénovation urbaine » : ce qui veut dire des centaines de personnes expulsées de la tour historique, dont la démolition (comme la construction à l’époque) a été décidée sans discussion avec la population. Totem ou mirador abandonné, dans l’attente d’imploser, la « tour bleue » continue de trôner, vide et violente comme un gyrophare sur les murs du quartier. Et en bas, ça brûle.

Le lendemain ça claque à Amiens nord. Phénomène intéressant, car les deux quartiers sont évidemment en concurrence, et c’est rare que la révolte se synchronise de façon aussi évidente. Toujours en fin d’aprèm, des jeunes auraient commencé en « dégradant des pylônes d’éclairage public » – dans le noir, les flammes sont plus belles. Ils ont surtout attaqué les patrouilles de police. Puis enchaînement. Territoire perdu de la République, le « pigeonnier », était classé en 2001 dans la vingtaine de quartiers dits « hyper-sensibles », c’est-à-dire où la police a peur.

Karim : « Ce soir-là, ils ont dit aux minots : on attend que les kebabs ferment et on va s’occuper de vous. Ils ont l’air de penser qu’on passe notre vie dans les kebabs. De toute façon, il y a eu le bordel la veille au soir dans un autre quartier, Étouvie, et plutôt que d’y retourner, ils viennent chez nous ».

Une femme enceinte, a été prise en charge pour des soins suite au gazage. Comme d’hab, ils ont arrosé les allées de lacrymos, les familles ont dû s’abriter, les jeunes ont résisté. « Il faut savoir qu’après le départ des CRS, nous avons eu encore 3 à 4 heures d’incidents. » (F-P Georgin, Préfet)

De fait, il y a solidarité entre les deux quartiers : mêmes ennemis deux nuits de suite, ça se sait, ça se sent.

Bilan approximatif pour le week-end : une quinzaine de caisses cramées, une dizaine d’arrestations.

Solidarité avec les enfermés, complicité avec ceux qui courent plus vite que les porcs !

Le dernier mot à un habitant :

« Pour l’instant, ce sont les petits qui se révoltent. Demain, si les grands comme moi s’y mettent, ça leur fera tout drôle aux CRS car nous leur tiendrons tête ».

L’antifascisme radical en Russie

Publié: 23 novembre 2008 par luttennord dans Infos

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L’ANTIFASCISME RADICAL EN RUSSIE

Après plus de 70 ans de communisme soviétique, la Russie a retrouvé son goût puant pour le nationalisme. Avec un Poutine qui ira « buter les terroristes (Tchétchènes) jusque dans les chiottes »(la Pravda), le mythe de la Grande Russie Blanche empeste le territoire.

Dans une Fédération de Russie comptant plus de 100 nationalités (du Caucase à la Tchoukotka en passant par le Tatarstan et la Bouriatie) les théories nationalistes les plus fascisantes ont envahi les institutions, les stades de football et la jeunesse.

Un appauvrissement généralisé de la population, la disparition des droits sociaux, la privatisation sauvage de lieux de travail ont cristallisé les peuples les uns contre les autres.

FOOTBALL, MUSIQUE ET POLITIQUE.

Dans ces quelques lignes, il ne s’agira pas de décrypter la montée du fascisme en ex-URSS, mais simplement de donner un petit aperçu de ce qu’est l’antifascisme radical russe. Pour mieux comprendre la culture antifasciste et son activité en Russie, il faut l’articuler autour de 3 axes plus ou moins liés les uns aux autres.

Tout d’abord le football. Les stades sont les premiers lieux d’actions des antifascistes. Se retrouvant autour du RASH (Red and Anarchist SkinHead), le SHARP (SkinHead Against Racial Prejudice) ou le simple hooligan antifa, ils et elles ont fait du stade un lieux de lutte. Nombreuses sont les descentes (Russie, Ukraine, Biélorussie…) des groupes antifas pour le contrôle idéologique et physique des stades. A l’heure actuelle, la grande majorité des clubs de foot sont tenus par les hooligans fascistes et néo-nazis. Regagner cet espace public qu’est le stade (tout comme la rue d’ailleurs) est pour tous les hooligans antifas, un leitmotiv.

Le deuxième lieu où s’exprime l’antifascisme est la musique. Allant du grind au hip-hop en passant par le punk et le crust, elle est l’élément fédératrice et constituant de la culture antifasciste. Celle-ci permettant aux individuEs et groupes de se rencontrer (constitution de réseau), les concerts sont également les premiers lieux de propagande politique (tracts, brochures, infos des actions à venir…)

Le troisième et dernier axe se constitue autour de groupes plus politisés, entre autres révolutionnaires. On y retrouve le RASH, mais aussi des groupes communistes libertaires (courant de la pensée anarchiste) tel que Action Autonome, mais encore et surtout des individuEs auto-organiséEs. Ce sont-elles et eux qui assurent la propagande sur l’ensemble du territoire, organisent des actions sur l’espace public et tentent de coordonner les luttes entre elles (que ce soit au niveau local, national ou international). La plupart de ces groupes sont nés au milieu des années 90. L’antifascisme radical quand à lui a pris son essor après les années 2000. Face à une recrudescence des ratonnades et autres crimes racistes menés par les néo-nazis et l’inefficacité voir la collaboration (1) de l’Etat, une jeunesse choquée et révoltée a décidé de s’organiser et de lutter radicalement contre cette « terreur blanche ».

Attacks fascists, FIGHT BACK !

Les populations visées par les attaques fascistes sont les musulmans (principalement issus des ex-républiques d’Asie centrale, du Caucase…), les étudiantEs etrangerEs, et depuis quelques années les russes apparentés au mouvement antifasciste (patchs, piercings coiffure, activité politique…). Pour ces derniers, ce sont principalement les forums nazis sur internet qui mettent en ligne photos, adresses, vie privée des activistes antifas et ainsi planifient leur mort. On peut compter plus de 450 assassinats racistes menés par les groupes nazis et fascistes ces deux dernières années. Allant de l’enlèvement à l’exécution filmée, en passant par les bastons de rues, les guet-apens, les attaques dans le métro ou aux alentours des concerts antifas, leurs activités meurtrières sont des plus diversifiées et efficaces.

En quelques années, le rapport de force antifa/fa a une tendance à se renverser. Il n’est pas rare que des nazis (Boneheads) changent de trottoirs à la vue d’antifascistes, chose totalement inconcevable il y a de ça 7 ou 8 ans. Pour cela les antifascistes radicaux ont décidé de s’organiser et de s’équiper afin de maintenir et développer leur force. Ils et elles ont décidé de regagner la rue et pour cela de s’armer pour la tenir et la protéger (gaz lacrymo, armes blanches, pistolet a plomb, entraînement au combat de rue…)

Mais s’engager en Russie dans l’antifascisme et/ou l’anticapitalisme radical augmente sérieusement le risque d’être derrière les barreaux (lourde répression étatique) ou entre 4 planches. La police russe étant d’ailleurs l’une des principale force active du fascisme en Russie. Nombre de flics revenant de la guerre en Tchétchénie ont fait de la purification ethnique un « way of life ». Agissant en uniforme (contrôle systématique et passage à tabac des populations non-blanches), ou en civil comme en a fait les frais un antifa de Saint-Pétersbourg, qui après avoir été agressé par deux nazis et ayant fait l’objet d’une légitime défense à l’aide d’un couteau, s’est retrouvé incarcéré puisque l’un des deux nazis était officier de police. Pour ce qui est des néo-nazis non-flics, Féodor a connu le prix de son engagement au sein du mouvement SHARP de Moscou. A la mi-octobre alors qu’il s’en allait de chez lui au petit matin, 4 néo-nazis l’attendaient sur le pas de sa porte pour lui ôter la vie à l’aide de canifs plutôt bien aiguisés. Une exception ? Quelques jours après, ce fut au tour d’Olga, une jeune sibérienne de 16 ans qui fut battue à mort dans une rue à Irkutsk.

Pour les militants les plus actifs, le plus gros problème du mouvement (si ce n’est le nombre) est sa politisation. La plupart des antifas évoluant dans le hooliganisme, leur approche du problème du racisme et de la montée du nationalisme ne va pas vraiment plus loin que la baston… le mouvement se retrouve donc très souvent en contradiction. La gay pride de Moscou et la répression qu’en a subit la communauté homosexuelle par les groupes nazis, ont posé les premières contradictions de ce tout jeune mouvement. Car en effet, bon nombre d’hooligans antifas sont bien connu pour leur homophobie latente et leur sexisme primaire, et de ce fait ne souhaite pas intervenir lors de ratonnades nazis contre la communauté homo, transexuelle et queer…

La Prison comme école.

Une chose importante à savoir pour comprendre ce tel déchaînement de violence dans la société russe, est la prison. En Russie, environ un homme sur trois passe par cette case. La prison et sa violence (par le fait même de son existence) a donné à toute une partie de la société et notamment à la jeunesse une approche différente de la vie. L’Etat donne a beaucoup de jeunes une immense chance de goûter aux joies de l’enfermement, conditionnant de ce fait tout une partie de la population à la violence. La vodka n’étant qu’un paramètre supplémentaire à sa propagation.

« Plutôt mourir debout que rester à genoux »… une phrase qui en Russie est taguée, chantée, crue et surtout vécue.

SOLIDARITE AVEC TOUS LES ANTIFASCISTES RUSSES !

LIBERTE POUR TOUS LES PRISONNIERS !

A Timour, Féodor, Olga, Alex…et tous les autres !

NO PASARAN !

L’U.E.A.A (L’Union des EtudiantEs Anarcho-Autonomes)

(1) La plupart des crimes racistes étant traités par la justice comme simple bagarre ou fait divers, rares sont les poursuites judiciaires des meurtriers néo-nazis.

Tournée des antifascistes russe en France : Tout le programme sur http://solidarite.samizdat.net/ Infos russe/anglais : http://www.avtonom.org http://www.ru.indymedia.org

Musique : Brigadir (groupe RASH st Petersbourg) http://profile.myspace.com/index.cfm ?fuseaction=user.viewprofile&friendID=299605385 Bystreet (groupe OI Moscou)http://www.myspace.com/bystreet Politzek (Anarcho chanson Moscou) http://profile.myspace.com/index.cfm ?fuseaction=user.viewprofile&friendid=189517659

CCL ce Lundi 24 Novembre : Concert rocks romantiks

Publié: 23 novembre 2008 par luttennord dans Rendez vous

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Communiqué Cnt santé-social : Terrorisme ou terreur d’état ?

Publié: 23 novembre 2008 par luttennord dans Infos

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Terrorisme ou terreur d’etat ?

Communiqué de presse

TERRORISME OU TERREUR D’ETAT ?

Le 11 novembre, 150 policiers, dont beaucoup appartenaient aux brigades antiterroristes, envahissaient un village de Corrèze pour arrêter neuf personnes, soupçonnées d’avoir provoqué des dégradations de lignes de chemins de fer SNCF. Suite à une garde à vue de 96 heures cinq d’entre elles ont été placées en détention provisoire. Julien Coupat, considéré par le procureur comme le « chef d’une structure à vocation terroriste », risque 20 ans de réclusion criminelle. Les quatre autres personnes soupçonnées « d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » risquent jusqu’à dix ans de réclusion criminelle.

Que peut justifier un tel déchaînement policier et judiciaire alors que le procureur de Paris a lui même indiqué ne pas disposer de suffisamment d’éléments pour les incriminer dans les dégradations. Nous ne connaissons pas les dessous de cette affaire. Par contre nous gardons à l’esprit que le mensonge ou le choix d’un bouc émissaire permettant de diviser et de semer la terreur est une arme privilégiée du pouvoir. Il s’agit aujourd’hui de l’ultra gauche et des anarcho- autonomes, ainsi dénommés par la ministre de l’intérieur.

Plus largement, le flou volontairement entretenu dans cette affaire autour du terme de terrorisme vise à criminaliser les moindres tentatives de contestation du système capitaliste. Les manifestations jugées violentes, le sabotage devenu acte de terrorisme, ce sont les moyens de lutte historique du mouvement ouvrier qui sont directement attaqués.

Nous sommes nombreux à avoir participé aux différents mouvements sociaux avec les étudiants contre le CPE, avec les lycéens contre les réformes Fillon, ou avec les sans-papiers contre les politiques migratoires indignes. Les souvenirs qui nous en restent sont surtout ceux d’une terrible répression qui n’a d’autres visées que de nous contraindre à ne plus lutter collectivement.

Nous n’oublions pas d’où vient réellement la terreur. Nous sommes nombreux à être particulièrement horrifiés des rafles que subissent régulièrement les sans-papiers, de la généralisation des fichiers et des systèmes de contrôle. De la crise financière orchestrée par les banques avec la complicité des Etats qui, elle, risque à n’en pas douter de mettre des millions de vie en jeu.

Malgré ces politiques répressives nous continuerons à être nombreux à combattre l’injustice sociale. Le comité de soutien qui s’est créé à Tarnac suite aux évènements ne dit pas autre chose. C’est pourquoi nous réclamons la libération immédiate des cinq personnes inculpées et l’arrêt des poursuites judiciaires pour toutes les personnes mises en examen.

Syndicat CNT santé-social et collectivités territoriales de la région parisienne

Paris, le 20 novembre 2008

Apéro Concert au ccl Dimanche 23 novembre ! à 19h00

Publié: 21 novembre 2008 par luttennord dans Rendez vous

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Du vide entre les oreilles…

Publié le 16 novembre 2008
par REFLExes

Depuis une petite semaine, l’État et ses affidés mènent une campagne de désinformation et criminalisation des milieux libertaires non-conformes, rebaptisés anarcho-autonomes, qui restera sans doute comme un cas d’école du genre, à l’instar des couveuses débranchées de Koweit City ou du charnier de Timisoara. Si Michèle Alliot-Marie ou le procureur Marin savent parfaitement qu’ils mentent dans leurs déclarations et pourquoi ils le font, il faut bien constater que les media de la presse écrite ou audiovisuelle, indépendamment d’un évident tropisme idéologique, ne relaient bien souvent la désinformation que par logique économique et par bêtise crasse [Point.fr du 12 novembre 2008, consultable à cette adresse : http://www.lepoint.fr/actualites-societe/interview-ultra-gauche…

L’article en lui-même n’est guère en cause puisqu’il s’agit d’une interview de Jean-Yves Camus sur la notion d’ultra-gauche. Par contre, le détail amusant qui démontre une fois de plus le bien-fondé de tout le mal qu’on peut penser de l’éthique et du professionalisme de certains salariés des média réside dans la photo. Il fallait en effet une photo-choc pour illustrer cette interview, une photo de violences urbaines. Imaginerait-on des militants d’ultra-gauche en train de tenir une épicerie dans une zone rurale fragile, donnant des cours de soutien scolaire et faisant pousser des légumes dans un potager bio ? Alors la personne chargée du site Le Point.fr a cherché la photo qui va bien et elle l’a trouvé. On y voit 4 ou 5 jeunes gens, masqués, en train de lancer des projectiles. Des méchants, madame Bouchemu, du genre de ceux qui ne vous tiennent pas la porte dans le métro. Oui, oui, oui. Puis, pour faire bonne mesure, notre petit(e) salarié(e) a rajouté le commentaire suivant : « L’ultra-gauche est constituée de quelques centaines d’individus à l’échelon national, le plus souvent issus de la bourgeoisie éduquée © OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP ». Bien, bien. Tout le fiel et le comique sont dans « bourgeoisie éduquée ». Car cette photo a en effet bien été prise lors d’un mouvement étudiant. Cette petite caractérisation est d’ailleurs sans doute la seule once de vérité dans le commentaire de cette photo puisqu’il s’agit de militants nationalistes, du Rassemblement des Étudiants de Droite et du Renouveau Français, « manifestant » contre le mouvement étudiant d’opposition au CPE de mars 2006 [Il y en a sans doute au moins un que cette photo aura bien fait rire (à part nous), c’est Jean L., que l’on peut voir s’entraînant avec quelques années de retard au lancer du marteau pour les JO de Berlin. C’est sans doute bien la première fois qu’il se retrouve ainsi placé sur l’échiquier politique. Il ne mérite pas ça.

[1] Lire à ce propos l’excellent texte de Claude Guillon consultable à cette adresse

[2] Plus de précisions ici

Lettre d’un camarade détenu à la prison de Rouen

Publié: 17 novembre 2008 par luttennord dans Infos

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Lettre de juan depuis la prison de rouen (octobre 2008)

Durant la période électorale qui a vu l’arrivée de Sarkozy à la présidence, l’ambiance est à la colère et à la révolte. De manifs sauvages à des bris de vitrines de permanences d’élus, de nombreux actes marquent cette période. Début mai, il y a eu aussi une tentative d’incendie d’une voiture de flics (dépanneuse) devant un commissariat de Paris. C’est pour cette tentative qu’Isa, Juan et Damien sont en détention préventive, au motif que leurs ADN, pris à leur insu ou de force, auraient été retrouvés sur l’engin incendiaire. Tous les trois sont sous le coup d’une instruction antiterroriste.

J’écris depuis la prison de Rouen, qui s’est une nouvelle fois illustrée le 10 septembre par la mort d’un détenu, victime de la folie… de l’Administration Pénitentiaire.

Ca fait maintenant quatre mois que je suis en détention provisoire pour terrorisme. Terrorisme ! Quel outil formidable pour l’Etat ! Le terrorisme vient aujourd’hui justifier des mesures de contrôle et de fichage de plus en plus poussées au nom de notre sécurité. On ne s’étonne même plus de croiser dans les gares des militaires, mitraillettes à la main. Démocratie ou pas, la peur reste le meilleur moyen pour soumettre et gouverner.

Dans l’imaginaire collectif, le terroriste, avec le pédophile, est devenu une des figures même du mal. D’un côté il a le visage de monsieur tout le monde, ce qui en fait une menace permanente et insidieuse qui ne peut se combattre que par un contôle généralisé de plus en plus strict. Et de l’autre, il a le visage repoussant d’un monstre sanguinaire, fasciné par la violence et n’ayant plus rien d’humain ni de commun avec nous pour éviter qu’on le comprenne et que de tels actes se propagent. Apposer l’étiquette de terroriste sur quelqu’un, c’est donc le condamner au bannissement. Qui soutiendrait des barbares pareils ?

C’est une habile manoeuvre politique pour isoler et affaiblir. On fait passer des amis, des camarades de lutte pour des illuminés en décrédibilisant les moyens considérés comme violents (sabotage, bris de vitrine, etc) autant que le sens politique de leur action. Diviser pour mieux régner, rien de nouveau. On fait le tri entre la contestation « raisonnable », que l’Etat tolère, voire intègre pour se renforcer ; et celle sauvage et non autorisée, plus difficilement récupérable. On frappe fort sur quelques-uns pour que tout le monde ferme sa gueule et sache à quoi s’en tenir. Evidemment pour être efficace, ça doit servir d’exemple, on ne peut pas faire de tout le monde des terroristes.

La Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne (MAAF), l’organisation terroriste à laquelle nous sommes supposés appartenir, rend bien compte de cette intention. Vous n’avez jamais vu de tract ou d’attentat au nom de la MAAF. Et pour cause : ce sexy sigle est une invention policière, le titre d’une catégorie de classification des RG (Renseignements Généraux). Le mot « mouvance » montre à quel point c’est flou. Il peut suffir d’un contrôle d’identité au cours d’un moment de contestation sauvage, de la fréquentation d’un lieu ou d’une personne, d’une lecture ou d’une opinion subversive. Certains thèmes aussi sont plus sensibles comme les prisons ou les sans-papiers ; RESF par exemple est qualifié de mouvement "quasi-terroriste".

Cette histoire de tentative d’incendie est loin d’être l’affaire du siècle. Et si le pouvoir, relayé par les médias, l’a gonflée au maximum, ce n’est pas que l’Etat craignait de ne pouvoir se relever de ce coup. Malheureusement, il faudra plus qu’un incendie – même réussi – pour mettre vraiment en danger le système. Si l’Etat est attentif et soucieux de ces "menaces" politiques et que cet affront devait être puni, il en a surtout profité pour faire de cette affaire un exemple, répondre à la contestation sociale, et remettre à jour quelques fichiers de renseignements et bases de données policières.

Nous nions tous les trois notre implication dans cette tentative d’incendie. Mais en vérité c’est un détail.

D’abord parce que face à la supposée irréfutabilité de la preuve par l’ADN des scientifiques, il est difficile d’expliquer la présence de poils qu’on a pu éventuellement semer, si tant est que ce soient les nôtres !

Ensuite parce que la Justice donne peu d’importance à ce qu’on a à dire. Elle n’a pas besoin de toi pour te juger. Qu’importe ce que tu as réellement fait. Si tu as le profil, et il peut suffir d’une garde-à-vue, de la participation à une manif ou d’opinions affichées, ça suffit à être condamné. Tout le reste est du théâtre.

En ce sens, la Justice ne s’est sans doute pas trompée. Je crois bien avoir le profil recherché. Non pas celui d’un fanatique qui veut semer la terreur dans la population pour arriver à ses fins – c’est plutôt l’apanage des gouvernements, qu’ils soient despotiques ou démocratiques -, mais plutôt celui d’un révolté parmi les autres.

Dans ce monde régi par le fric où la plupart des gens crèvent de faim pour soutenir le rythme de vie des riches ; où le seul horizon pour beaucoup est un travail de merde qu’on est réduit à pleurer au moment de perdre ; où l’ennui et la dépression sont la norme ; où ceux qui n’ont pas de papiers doivent raser les murs ; où la nature devient un luxe pour touristes ; où notre pouvoir sur nos vies se limite au choix de la chaîne télé, du bouffon qui nous gouverne, et de la marque de lessive ; où la police te rappelle à chaque instant de fermer ta gueule ; et où la prison t’accueille si tu déroges à la règle.

Dans ce monde moisi, il serait malvenu de pleurer la carcasse cramoisie d’une voiture de flics. Nous n’avons que trop de raisons de nous révolter.

Ce n’est pas la répression qui nous les enlèvera.

En taule comme dans la rue, que la lutte continue avec rage et joie ! Liens :: http://infokiosques.net/mauvaises_i…