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Appel à manifester En solidarité avec les exilés et contre les VIOLENCES Policières

A Calais, plus de 600 personnes migrantes sont à la rue sans aucun abri suite aux destructions de camps, aux expulsions de terrain et de squats qui se succèdent depuis plus d’un mois.

Le 28 mai, subissant l’expulsion des deux principaux camps de fortune, les personnes migrantes se sont réfugiées sur le lieu de distribution des repas. Le 02 juillet, les autorités préfectorales et municipales ont ordonné l’évacuation du lieu, opération qui s’est traduite par une véritable rafle organisée (arrestations au faciès, parfois violentes ; tri des personnes par nationalités ; placements en rétention, y compris des mineurs, etc…). Cette évacuation s’est faite sans témoin, journalistes et associations étant cantonnés loin du lieu de distribution.

Cette situation est le triste reflet de la façon dont la France traite les étrangers fuyant des pays où ils ne peuvent plus vivre. Les autorités les chassent et les rendent invisibles à force de mépris administratif et d’expulsions. Ces politiques ne font qu’aggraver la situation et intensifient la stigmatisation de ces personnes.

Un seuil a été franchi le 2 juillet à Calais. Réagissons !

VENEZ MANIFESTER EN SOLIDARITE AVEC LES EXILES ET CONTRE TOUTES LES VIOLENCES QUI LEUR SONT FAITES !

MANIFESTATION SAMEDI 12.07.2014 14h, place d’Armes à CALAIS

Si possible, merci de collecter et de ramener de quoi dormir dehors (tentes, duvets, couvertures, bâches, etc…), des vêtements (pulls, sweats, chaussures, etc…), de la nourriture, du matériel de cuisine…

Le collectif « Solidarité avec les Exilés de Calais »

 

Plus jamais ça ?!

Nous pensions avoir été témoins du pire avec la destruction de la jungle afghane en 2009 qui a conduit à la rafle de 278 de ses habitants et leur mise en rétention un peu partout en France, cependant, ce mercredi 2 juillet 2014, une nouvelle étape a été franchie. A 6 heures du matin, plusieurs compagnies de gendarmes mobiles, de CRS, la police nationale et la police aux frontières, se sont livrées à des rafles massives, simultanées et coordonnées de la population migrante de Calais.

Sous couvert d’une opération d’expulsion des lieux de vie dont la date a été maintenue secrète, 600 migrant-e-s ont été gazé-e-s, insult-é-e-s, humilié-e-s, terrorisé-e-s, arrêté-e-s, dans le silence et l’ombre puisque tous les témoins ont été violemment écartés des lieux d’arrestation. Ils-Elles ont été escorté-e-s dans des bus qui les ont éloignés de Calais sans avoir la moindre idée de leur destination finale. 200 d’entre eux et elles sont toujours en rétention et ceux et celles qui ont eu la chance d’être libéré-e-s ne s’en sont pas sorti-e-s indemnes.

Cette démonstration de force et de violence policière répond à une volonté d’éloigner, de décourager et de terroriser les migrant-e-s pour
qu’ils-elles renoncent à s’installer dans le pays de leur choix. Cette opération n’est pas sans rappeler des épisodes historiques fascistes que nos générations s’étaient promis de ne plus jamais accepter, il nous en reviens de remobiliser une résistance.

Aujourd’hui à Calais, les migrant-e-s ont à nouveau été chassé-e-s de la ville. La majorité d’entre eux et elles sont maintenu-e-s à la
périphérie, dans des espaces où le harcèlement policier peut donner sa pleine mesure, à l’abri des regards et en toute impunité. Cette situation nous ramène 10 ans en arrière et nous ne pouvons pas accepter que les acquis de nombreuses années de lutte soient balayées ainsi.

Nous appelons tout le monde à venir à Calais pour s’opposer à cette vague de répression sans précédent.

Venez, dès le samedi 12 juillet pour une manifestation anti-rafle et en solidarité avec les migrant-e-s arrêté-e-s et harcelé-e-s, à 14 heures départ place d’Armes

et pour construire ensemble dans les jours qui suivent une réponse collective pour que cette forme d’oppression ne redevienne pas la norme !

Calais migrant solidarity

Rafle de 600 migrants à Calais : photos et vidéos

Publié: 4 juillet 2014 par ironstack dans Infos
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Plus de photos et de vidéos sur la page Facebook Calais Ouverture et Humanité.

Au fur-et-à-mesure que les exilés reviennent à Calais et que les associations reprennent contact avec eux, nous avons de nouveaux éléments sur la situation. Il est par contre difficile d’évaluer le nombre de personnes concernées. Les uns et les autres sont en effet dispersés dans Calais et aux alentours, voire plus largement dans la région.

Une partie des exilés ont bien été emmenés en bus du lieu de distribution des repas dans différentes villes jusqu’à Paris, où les policiers leur simplement dit de descendre. À aucun moment ils n’ont été dans un commissariat. A priori aucun document ne leur été remis en lien avec la privation de liberté qui leur a été infligée.

D’autres ont été emmenés dans des commissariats à Coquelles, Lille, Dunkerque, Saint-Omer, Boulogne, et libérés hier en fin de journée. Certains sont porteurs d’un document en trois feuillets avec des cases à cocher correspondant à différentes questions, qui tient probablement lien d’examen de la situation individuelle. Des problèmes de traduction ont été rencontrés (des Érythréens confrontés à un traducteur en arabe) et des entraves à la demande d’asile (quelqu’un qui déclare au commissariat qu’il souhaite demander l’asile et à qui les policiers répondent que c’est impossible parce qu’il va être renvoyé dans son pays).

Des mineurs ont reparus, mais pas tous. Certains sont très jeunes, une douzaine d’année (le bel âge pour vivre à la rue). Comme les autorités ne se soucient d’eux que pour les arrêter, il faudra rapidement que nous réussissions à savoir où ils sont et à renouer le contact avec eux (spécial remerciement au président du conseil général, responsable de la protection de l’enfance, pour qui ces gosses ne sont pas des humains mais un problème migratoire).

Quelques femmes ont réapparu, mais là encore on ne sait où sont les autres. Certaines étaient enceintes et proches de l’accouchement, d’autres avaient des enfants de moins de six ans, on aimerait avoir de leurs nouvelles.

Il est plus facile de compter les gens lorsqu’ils sont en centre de rétention, on a donc les chiffres : 206 personnes, soient 37 au centre de rétention de Lille-Lesquin, 20 à Rennes, 20 à Metz, 30 à Oissel (près de Rouen), 17 à Palaiseau, 20 à Plaisir, 62 au Mesnil-Amelot (ces trois derniers en région parisienne). On a de premiers retours sur des décisions d’expulsion vers l’Afghanistan ou le Soudan. Ils doivent faire appel devant le tribunal administratif dans les 48h suivant leur arrivée au centre de rétention, souhaitons que les informations que nous avons données à Calais aient circulé et qu’ils aient les bons réflexes.

Les renforts de policiers et de gendarmes mobiles ont quitté Calais tôt ce matin. Il semble se confirmer que les policiers avaient pour consigne d’éloigner les militants et les journalistes au besoin par la violence, d’où l’usage important et immédiat de gaz lacrymogènes, et les arrestations à fin d’intimidation.

Passeurs d’hospitalités

A lire aussi l’analyse de Quartiers Libres.


Rafle de Calais

Une partie des exilés arrêtés ce matin ont été envoyés dans des centres de rétention, Coquelles (près de Calais) environ 40, Lille – Lesquin, le Mesnil – Amelot, près de Paris. Des personnes en rétention à Rennes auraient été transférées dans des centres de rétention du sud de la France pour libérer des places, et une vingtaine d’exilés arrêtés à Calais seraient attendus à Rennes. Des places (180 à 200) sont disponibles dans les centres de rétention de Plaisir, Palaiseau, Rouen, Rennes, Mesnil Amelot, Wassel.

Des mineurs (une cinquantaine, érythréens et soudanais) ont été transférée dans un camp à Boulogne/Mer, d’autre près de Béthune.

Des exilés ont été envoyés à Boulogne et Dunkerque, probablement dans des commissariats.

Une petite cinquantaine sont encore au lieu de distribution des repas, sans qu’on sache pourquoi ils sont encore retenus là.

Trois cent vingt exilés ont été arrêtés selon la préfecture.

Le président de Salam, un membre de l’Auberge des Migrants et un membre de No Border ont été arrêtés placés en garde-à-vue.

Appel à Solidarité pour Calais !

Plus de 900 personnes sont à Calais en attendant le passage en Angleterre. Une majorité d’hommes, mais aussi des femmes, qui fuient souvent des pays en guerre, et qui souhaitent rejoindre l’Angleterre. Afghans, syriens, erythréens, égyptiens, soudanais, albanais, etc.
Trois squats sont expulsables depuis le 30 mai, dont un espace mixte habitation/centre social (où ont lieu des cours de français, anglais, arabe, des réparations de vélos, et où vivent plus d’une cinquantaine de personnes) et deux squats abritant de nombreux demandeurs d’asile (qui devraient donc être hébergés par l’état).
La mairie a également évacué le 28 mai deux campements où vivaient plus de 500 migrants de toutes nationalités, dans des conditions de vie déplorable, venues se réfugier sous les tentes à la suite des expulsions incessantes de squats.
A la suite de ces expulsions, les migrants ont trouvés refuge a l’aire de distribution alimentaire rue de Moscou, en face d’un des camps expulsé. Quelques uns ont réussit à reconstruire des abris, mais la majorité d’entre eux dort à même le goudron, souvent sans même une couverture. D’autres ont trouvés refuge dans des buissons, des jungles improvisées. Suite à la plainte de la mairie, le tribunal a décidé l’expulsion de ce lieu sans délai.

Ainsi, dans quelques jours, ces centaines de personnes vont être chassées à nouveau, sans aucun endroit où aller.
Les migrant.e.s de Calais, en plus d’être à la rue, manquent de choses essentielles comme la nourriture, des couvertures, des vêtements chauds… Ils ne reçoivent qu’un seul repas par jour, les jours où il y a assez de nourriture pour tout le monde.

Les associations manquent cruellement de matériel, les tentes et vêtements disparaissent au fur et à mesure des expulsions. De nouvelles personnes arrivent chaque jour, sans rien.

Tout ce qui peut être utile :

  • De quoi dormir dehors : Tentes, duvets, couvertures, matelas de sol, bâches, palettes, etc.
  • De quoi s’habiller : Pulls, sweats, chaussures, t­shirt, chaussettes, joggings, coupe vents, etc.
  • De quoi manger : Tout ce qui se mange (sans porc pour la majorité), pates, riz, thé, sucre, etc.
  • De quoi se laver : Brosses à dents, dentifrice, savon, rasoirs, etc.
  • De quoi vivre dans les jungles/squats (s’il en reste) : Réchauds, poêles, casseroles, vaisselle, bougies, etc.
  • De quoi se déplacer : Vélos, roues de vélos, bouts de vélos, outils.
  • De quoi se changer les idées : Livres en toutes les langues, dictionnaires, maillots de football, ballons, crampons, des téléphones, des chargeurs de téléphones, appareils photos, etc.
  • Et surtout, plein de gens, plein d’énergie !

Nous pouvons récupérer vos dons dans le Nord – Pas­ de­ Calais, mais également à Paris, Dijon, Notre Dame des Landes, Rennes, etc.

Plus d’informations sur Calais Migrant Solidarity
et Passeurs d’hospitalités.
Contact sur Calais et ailleurs : 06 45 46 59 86
Dépôt possible au cinéma l’Alhambra (en précisant association « le réveil des voyageurs »)

Contact sur Lille : 07 53 26 34 30
Dépôt possible à l’Insoumise, au CCL.
calaisolidarity@gmail.com
Merci !