MAP à Marseille : annulation du concert et violences policières…

Publié: 23 juillet 2008 par luttennord dans Infos

:: On a perdu une bataille à Marseille…
(3 juillet 2008 concert du MAP au Balthasar de Marseille)

Chaque concert est pour nous un moyen, un espace, une tribune pour crier, dénoncer, proposer, jouer, et chanter la Liberté, l’Égalité et la Justice dans un pays qui discrimine, ostracise, emprisonne et exclu les pauvres, les noirs, les Arabes, les femmes, les handicapés les rebels, les anticonformistes, les marginaux et tous ceux qui sont aux antipodes de la pensée andividualo-reaco-capitalo-sarkozienne.

Nous sommes aussi sur scène pour très modestement donner, recevoir, partager et proposer la solidarité, la générosité, l’amour, la fraternité et le rassemblement dans une société ou la peur et l’individualisme prennent le pas sur tout le reste.

Nous n’avons pas et ne cherchons, ni le pouvoir, ni la richesse.
Nos ambitions ne dépassent pas nos rêves, qui sont ceux de nous voir prendre part à l’édification d’un mondes plus juste, ou tout homme et femme auraient les mêmes droits. Le droit de se loger, d’aller et venir, de voyager, le droit de manger à sa faim mais aussi le droit de contester, d’ouvrir sa gueule, le droit de rêver, de se divertir, de danser et de chanter.

Mais ce mercredi 3 juillet à Marseille, monsieur le commissaire n’était apparemment pas sur la même longueur d’onde que nous.
En ce jour de « Med Business Days » (grande messe du patronat) dans la cité phocéenne, l’heure était plutôt à la répression et à la neutralisation de tout agitateur ou militant trop bruyant ou trop voyant, et qui serait susceptible de gêner la machine ultra-capitaliste du président Sarkozy.
Et évidemment il y avait une manif unitaire de gauche sur la canebière, et le hasard du calendrier a fait qu’un concert du MAP était organisé au balthasar dans la soirée. La vermine islamo gauchiste était donc de sortie.

C’est alors entamée une longue journée de traque aux manifestants, une longue journée de contrôles en tout genre, de provocations et d’intimidations dans les rues de Marseille amenant ces messieurs assermentés jusqu’à l’entrée de la salle de concerts où nous devions nous produire sur scène.

Ce jeudi, le climat marseillais était donc oppressant et stressant, mais le Balthasar était archi comble, bondé de petites gens qui avaient envie de lâcher la pression, de jumper, de rire, de chanter, de s’évader pendant 2h avec le map.

Cela faisait plus d’un an que nous n’étions pas venu dans la région, le concert était donc très attendu.
Cinq minutes avant le concert, la température est montée d’un cran. Nous étions en plein rituel de préparation dans la loge qui est á l’arrière de la scène quand 3 officiers de police se sont invités dans notre espace pour soi-disant procéder á un simple contrôle de routine.

Nous avons appris plus tard que d’autres policiers (armés) avaient investis la salle et se sont mis à contrôler le dangereux public du MAP, et ce fut très vite le début d’une longue soirée de dérive sécuritaire ultra violente avec à la clé Gazage, matraquage…

Dans la confusion la plus totale, nous avons finalement décidé d’annuler le concert. Il était impossible pour nous de monter sur scène en sachant qu’il y avait une trentaine de flics énervés devant la porte et que 3 ou 4 personnes avaient été embarquées pour être placé en garde-vue. Les sarkos flics ont bien réussi leur coup, ils ont eu ce qu’ils voulaient, ILS ONT SABOTÉ NOTRE CONCERT, ils ont été cette fois beaucoup plus fort que nous.

Comment accepter cet abus de pouvoir ? Comment accepter ces méthodes dignes d’une dictature ? Cet épisode nous révèle clairement que notre liberté est en danger. Il nous prouve une fois de plus que nous vivons dans un état policier, qui s’arroge tous les pouvoirs, y compris celui de nous empêcher de faire la fête. Les spectacles de Sardou, de Bigard ou d’Enrico Macias ont-il droit au même traitement ? Les mêmes insultes, le même mépris, les mêmes coups de matraques?

Soyons vigilants, soyons exigeants, soyons résistants, n’abandonnons pas la lutte, préservons nos espaces, continuons à nous nous battre pour nos droits et nos idées.

Ils ont peut-être gagné une bataille, mais nous sommes toujours debout, et nous serons même très bientôt de retour chez nos frères et soeurs marseillais, parce que le MAP n’est pas près d’abdiquer!!!

 » Je suis atteint d’une maladie rare et incurable, « L’ESPOIR » » disait Mahmoud DARWICH.

La lutte continue camarades

Saidou Dias

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