Hortefeux dissout Jeunesse Kémi Séba : un coup d’épée dans l’eau

Publié: 16 juillet 2009 par luttennord dans Infos
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Hortefeux dissout Jeunesse Kémi Séba : un coup d’épée dans l’eau
Par Jean-Yves Camus | Chercheur en science politique | 15/07/2009 | Rue89

Le ministre de l’Intérieur a présenté en Conseil des ministres, le 13 juillet, le décret de dissolution de l’organisation Jeunesse Kémi Séba, qui, selon lui, « a pris sournoisement le relais de la Tribu Ka », dissoute en 2006 à la suite des incidents commis par le groupe, rue des Rosiers à Paris, très fréquentée par la communauté juive.

Jeunesses Kémi Séba (JKS) avait pris le relais, début 2007, de Génération Kémi Séba (GKS). JKS n’avait pas « sournoisement », mais au contraire très ouvertement, propagé l’idéologie du fondateur de la Tribu KA. La preuve : le groupe, dirigé depuis Evry par une femme, Soumaya Fall, avait posté sur son site Internet, toujours accessible le 14 juillet, des vidéos incitant les jeunes des quartiers à « prendre les armes » pour « éradiquer le sionisme ».

Le ministre de l’Intérieur a tenu des propos très fermes pour justifier son projet de décision :

« Depuis trois ans, Stellio Capo Chichi [le nom d’état-civil de Kémi Séba, ndlr] et ses sympathisants, en dépit de plusieurs condamnations judiciaires, ont continué à propager une idéologie raciste et antisémite et à se livrer à des actes intolérables de provocation et de violence.

Je n’accepterai aucun de ces groupuscules, aucun de ces actes, aucune de ces violences. Elles n’ont pas leur place dans notre République. »

Une ogranisation secondaire du Mouvement des damnés de l’impérialisme

Cependant, cette fermeté cache une réalité que connaissent tous les spécialistes des radicalités politiques : les mesures de dissolution, que beaucoup contestent au plan du principe, sont également inefficaces, les mouvements visés ayant en général anticipé la décision (qui est préalablement notifiée aux intéressés) et prévu leurs arrières.

Illustration pratique : Jeunesse Kémi Séba était une organisation secondaire des séparatistes raciaux et de leur gourou, la principale, le Mouvement des damnés de l’impérialisme (MDI), restant légalement actif.

D’alleurs, au moment même où le ministre de l’Intérieur prenait la décision de disssoudre JKS, Kémi Séba réalisait une opération politique assez intéressante : rallier à son organisation une partie des déçus de la mouvance Dieudonné.

En effet, le MDI vient de récupérer Ginette Skandrani, qui fut canddidate sur la Liste antisioniste aux élections européennes. Plus nouveau : l’arrivée au sein du mouvement de Serge Thion, qui participait en décembre 2006 à la conférence négationniste de Téhéran. Ancien chercheur au CNRS, exclu de cette institution en 2000, cet ancien militant d’ultra-gauche est considéré comme étant l’un des fondateurs du plus gros site francophone diffusant les idées négationnistes, l’AAARGH.

Selon la revue l’Arche, il aurait utilisé l’anagramme transparent de « Serge Noith » pour signer, sur le site islamiste radical Quibla, un texte republié ensuite sur dieudo.net/2007 et prétendant que « l’affaire du jeune homme enlevé, torturé et tué par des voyous, sent le Carpentras à plein nez ». Autrement dit, que le meurtre de Ilan Halimi serait une manipulation des « éléments les plus extrémistes de la droite hypersioniste à Paris ».

Prenant la précaution de préciser que « le Bureau Politique du MDI se trouve en désaccord avec ses travaux révisionnistes », le mouvement de Kémi Séba a affecté Serge Thion (qui émet également, en tant que spécialiste du Cambodge, des doutes sur les massacres des Khmers Rouges) au suivi de l’anti-impérialisme et de la question palestinienne. Sur laquelle son idée est connue : Thion est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Les crimes du sionisme ».
Uen branche vouée aux Français « de souche »

Enfin, le MDI ayant une branche spécifiquement vouée au militantisme vers les Français « de souche », pour promouvoir son programme de séparation raciale, celle-ci est prise en mains par Thomas Tribout, alias Thomas Demada.

Ancien militant du groupe d’extrême-droite, dirigé par Alain Soral, Egalité et Réconciliation, également passé par le groupe nationaliste-révolutionnaire Réseau Radical, Tribout avait collaboré en 2007 au site La Banlieue s’exprime, autre pilier du réseau Dieudonné.

Au final donc : un effet d’annonce qui laisse le groupuscule de Kémi Séba intact.

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