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10 mai. 14h 45. Vieux Lille.
Des jeunes font des allers-retours en motocross sur la plaine Winston Churchill. Churchill, c’est le nom de la résidence de 8 tours et de 400 foyers située à la périphérie nord du Vieux Lille. Là où vivait Hakim Djellassi, tué en toute impunité après son passage dans un fourgon de police en 2009. C’est là aussi où est retrouvé, ce mercredi 10 mai, Johnny, inanimé, la tête ensanglantée, suite à une intervention des forces de l’ordre. Johnny est toujours dans le coma à l’heure où l’on écrit ces lignes. Accident ? Violences policières ? On est allés à la rencontre des habitant.es du quartier pour comprendre ce qu’il s’est passé.
Chaque jour ici, les jeunes subissent humiliations et contrôles policiers. « Les keufs nous balancent souvent des  »vous inquiétez pas, on va bientôt débarquer et on vous aura tous » » nous résume-t-on. C’est que la cité dérange dans ce paysage en cours de revitalisation du vieux Lille. Ici sera implanté le palais de justice flambant neuf à l’horizon 2021. Pour l’instant, les résidences Churchill, Pont-Neuf et La Poterne sont les derniers endroits populaires résistants encore à l’embourgeoisement du Vieux-Lille. Ce n’est donc pas un hasard si la police et surtout les BST [1] viennent « sécuriser » le territoire, ou plus clairement, harceler et stigmatiser la population.
14h45, ce 10 mai, les keufs débarquent, bloquent les rues, et contrôlent illico, tasers et flingues à la main. Bac, motards, camion-béliers, gendarmes. Du monde. Beaucoup de monde. Du lourd pour seulement deux motocross circulant sur la plaine… La scène est confuse, tout va très vite, une motocross est saisie rue Paul Ramadier, tandis qu’une autre prend la fuite à travers la plaine. « Les flics braquaient tout le monde avec des guns » nous confie un jeune. Les renforts policiers sont appelés : contrôles, fouilles, pressions, etc. Quinze minutes plus tard, Johnny, le conducteur de la motocross en fuite, est retrouvé inanimé à l’angle de la rue du Pont Neuf et de la rue de Gand.
Johnny alias « Baguette » a 27 ans et travaille dans le quartier comme animateur. Il est descendu de chez lui au moment de l’arrivée des premiers fourgons. On nous raconte : un jeune était en train de pousser l’une des motocross, Johnny la récupère, démarre, et file en voyant la police le poursuivre. Au talkie, un flic indique à ses collègues la direction prise par la motocross. Peu après, un autre balance aux jeunes avec cynisme « vot’ pote là, il s’est bien crashé la gueule ! ». Personne n’y croit vraiment à ce moment-là, mais toutes les voitures de police se dirigent alors vers le lieu indiqué.
Que s’est-il passé ? Pour l’instant, peu d’éléments ont été fournis. Le conducteur aurait perdu le contrôle de la motocross alors qu’il sortait de la plaine. C’est en tout cas la version de la police que s’empresse de relayer la Voix du Nord sur son site internet. « Un véhicule des forces de l’ordre passant alors rue de Gand, avait trouvé le jeune homme inanimé et en sang, à côté d’une seconde moto-cross ». Et plus loin : « Déséquilibré par une série de terre-pleins, le motard a perdu le contrôle de son engin, et a violemment percuté un mur d’enceinte ». Pour la VDN, le conditionnel est en option et la police… hors de tout soupçon.
À ceci près que « Johnny savait conduire une motocross, et ces deux ou trois bordures, la moto les passe tranquille » assurent les jeunes. Très vite, le bruit court que la voiture de police a percuté la motocross pour la déstabiliser. Un flic lance à une personne présente sur les lieux du crash : « Viens voir sur la voiture, y’a rien, tu vois ». Ce qui est étrange, c’est que les prostituées du secteur assurent tout d’abord aux jeunes avoir vu la voiture percuter la motocross. Mais, dès le lendemain, elles se rétractent et affirment que Johnny aurait perdu le contrôle. Une procédure judiciaire est enclenchée en moins de 24 heures à l’initiative de la famille, des soutiens et de Maître Regley afin de demander à avoir accès aux motocross saisies et à toutes les caméras du quartier, notamment celles de la caserne militaire à proximité qui pointent vers le lieu de l’incident. Vaudrait mieux pour les bleus que les caméras corroborent leur version. En attendant, la famille et les habitant.es sont déterminé.es à connaître la vérité. Histoire à suivre !
La Brique et le CRIME (Contre la répression des individus et les mouvements d’émancipation)
[1] Brigades Spécialisées de Terrain créées en 2010 par Hortefeux, anciennement UTeQ.

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Bonjour à tous,

Notre association, l’Atelier Populaire d’Urbanisme du Vieux Lille passe au tribunal correctionnel le mardi 10 mai, à 14h, pour avoir protesté par voie de banderole et de tract contre l’attaque de l’élue Danielle CATTELIN.

Elle nous accuse de l’avoir injuriée. Au Conseil Municipal de juin 2010, c’est pourtant notre association qui était victime d’une attaque hallucinante, proférée par Mme CATTELIN, dans le cadre de notre demande annuelle de subvention.

L’APU Vieux Lille existe pourtant depuis 30 ans, avec comme objet: « La promotion individuelle et collective, le regroupement et l’éducation populaire des habitants de la métropole lilloise.

L’APU Vieux Lille a pour but de :

– promouvoir la solidarité des habitants

– promouvoir l’expression des habitants et leur prise de responsabilité en matière d’habitat et de cadre de vie

– œuvrer au maintient de la population sur place, à l’amélioration de l’habitat et du cadre de vie

– promouvoir le logement social

L’association mène des actions d’information, de formation, d’animation et de création pour une meilleure compréhension des phénomènes urbains et la maîtrise par les habitants de leur habitat et environnement. Par ces actions, elle contribue à un processus de développement éducatif et culturel basé sur les aspirations, besoins et moyens de la population du Vieux Lille et de la Métropole lilloise. »

Ce n’est pas la première fois que le mouvement militant d’éducation populaire dont nous faisons partie est la cible de la droite extrême et de ses défenseurs. Vous trouverez ci-dessous un article relatant l’incroyable histoire de l’attaque que nous avons subi en conseil municipal de juin 2010 et qui se poursuit aujourd’hui au tribunal correctionnel.

Mardi 10 mai, à 14h, on se donne rendez-vous devant le tribunal. Stand associatif, table de presse, musique et accueil convivial: rassemblons-nous afin d’affirmer que nos mouvements lutteront toujours contre les idées nauséabondes et le mépris de l’autre.

On compte sur votre présence, sur votre énergie, votre participation pour défendre la liberté d’expression et nos droits. Pour plus d’info, contactez-nous: Atelier Populaire d’Urbanisme (APU) du Vieux Lille 14 rue des Tours 59000 Lille Tél.: 03 20 15 04 96 Fax.: 03 20 06 93 00 Adresse courriel: apu-vieux-lille@nordnet.fr

A faire tourner sans modération!!

Quand on l’attaque, l’APU répond avec ses armes Quand Mme Danielle CATTELIN, une élue « non apparentée » est intervenue en juin dernier au conseil municipal de Lille pour demander l’annulation du vote de notre subvention annuelle, on est restés sans voix.

« L’APU Vieux Lille est en liquidation judiciaire. Les données comptables fournies à l’appui de la demande sont pour le moins discutables, sinon des plus fantaisistes… L’APU ne fonctionne pratiquement que par voie de subventions pour arriver au pitoyable résultat que l’on connaît … La réalité de l’activité de l’APU est discutable … » Contactés dès le lendemain par la presse régionale, on a réagi tout de suite. On a obtenu du tribunal un certificat de non liquidation judiciaire. Et puis on a demandé à la mairie de vérifier nos comptes. Conclusion : « Les documents comptables des exercices 2008 et 2009 témoignent d’une situation financière saine et pérenne de l’APU Vieux Lille ».

Et puis on a appris que c’était l’APU de l’Alma Gare à Roubaix qui devait passer en justice afin d’être liquidé. Alors, ce jour là, on est allé au Tribunal, d’abord pour soutenir nos camarades de Roubaix, de cette première APU mythique dont nos fondateurs se sont inspirés à la fin des années 70 pour créer l’APU Vieux Lille. Et puis ensuite pour proclamer à la Presse et à l’opinion publique que nous, on était toujours là, bien vivants. Qu’on n’avait pas l’intention de laisser les propriétaires pourris en paix, ni d’ailleurs nos élus qui décident des politiques du logement.

On croyait que c’était fini. Que Mme CATTELIN allait reconnaître son erreur. Qu’elle serait bien penaude. Qu’elle s’aplatirait en excuses …Et bien non ! « Il n’y a rien de net, je vais demander un bilan certifié. Je ne sais pas par quel tour de passe- passe ils ont réussi. Leur a-t-on suggéré de dissoudre l’association et d’en refaire une seconde ? … » Le délire complet. Elle doit encore en baver… D’abord, on a pensé la poursuivre en justice pour calomnie. Et puis on a réfléchi : on a le choix des armes ? OK ! Eh bien, ce sera l’humour, la dérision, le ridicule. On a attendu le conseil municipal suivant, le 20 septembre.

On a peint une banderole, rédigé des tracts. Et ce jour là on était près d’une quarantaine devant la mairie pour accueillir les conseillers, le public, la Presse. On s’est bien amusé ! Ensuite, on a repris le boulot. On avait presque oublié… Et puis le 2 décembre, on a sonné à l’APU. C’était un huissier. Il venait nous apporter une citation à comparaître en correctionnelle pour injure publique. Elle était adressée à Éric MARTIN, en tant que « Directeur de la publication de l’APU» et à « l’association APU du Vieux Lille, prise en la personne de son représentant légal », c’est-à-dire encore une fois Éric MARTIN puisqu’il est notre Président. Mme CATTELIN n’avait pas apprécié notre banderole.

Elle s’était identifiée à la caricature peinte sur la banderole qui représentait un chien enragé tenu en laisse par Jean Marie Le Pen. Cet animal furieux, figurait pour nous la calomnie, la rage de nuire, la frustration, toute la haine que répand l’extrême droite. Et c’est aux idées véhiculées par ce courant politique que nous font penser les prises de position de Mme CATTELIN. Cette façon de répondre par la dérision aux attaques nauséabondes de cette élue municipale, on l’a décidée et réalisée en collectif. On la revendique donc collectivement.

Si quelqu’un doit passer en justice, ce n’est pas Éric MARTIN, même si c’est notre Président élu, notre « représentant légal ».

C’est nous tous ! Le mardi 10 mai prochain, jour de notre procès, on sera nombreux au Tribunal. Alors, venez nous soutenir ! Mme CATTELIN nous réclame 8 000 € de dommages et intérêts plus 2 000 € de frais de justice. On lui laisse la responsabilité de l’estimation de la valeur de son image !