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Trouver le bon rythme, c’est être en grève jeudi 14 novembre contre la réforme Peillon.

Une réforme bâclée et inadaptée qui focalise l’échec scolaire sur un aspect majeur du rôle de l’école : la gestion du temps.

D’un point de vue économique, cette réforme ne résout en rien la question des inégalités scolaires et les aggrave même comme le démontrent certaines communes rurales qui l’ont stoppée dès cet automne, faute de moyens financiers et humains.

Chaque commune se trouve en effet à devoir faire avec ses propres ressources, le désengagement total de l’État n’assurant plus une certaine volonté – même mince – de répartir les richesses nationales. Ce désengagement révèle les vrais tenants et aboutissants de cette réforme : réduire le « déficit public », lobby capitaliste s’il en est !

D’un point de vue des rythmes, cette réforme qui prétendait alléger la semaine de classe l’a en réalité alourdie, augmentant le temps de collectivité subie et supprimant la pause en milieu de semaine, même pour les enfants fréquentant les centres de loisirs. La fatigue accrue est flagrante, aussi bien chez les enseignant-e-s, les personnels des écoles, les animateurs que chez les enfants.

D’un point de vue pédagogique, cette réforme repose sur une conception hiérarchisée des savoirs, des disciplines scolaires et de la culture. Elle met en péril les activités sociales et culturelles par le plus grand nombre, en les excluant des pratiques de classe, en réduisant l’offre des différentes structures, captées par la demande municipale, en réduisant le temps libre de tout le monde, enfants et adultes confondus.

C’est une réforme à marche forcée qui fait la part belle aux logiques libérales : temps éducatifs morcelés, enfants sur-occupés et compétition de tous contre tous ! Elle fait suite aux précédentes réformes (à chaque ministre la sienne) et réaffirme la connivence idéologique des différents gouvernements, quelle que soit l’alternance portée au pouvoir.

Alors oui, il faut une autre école, mais pas celle du « socle commun de connaissances et de compétences » consigné dans un « livret de compétences », cette école du capital qui, depuis ses origines, est une école contre le peuple.

Pour une révolution pédagogique et sociale, la CNT appelle à la grève le 14 novembre ! Et à voter la reconduction partout où ce sera possible, enseignants et personnels des écoles réunis.

CNT éducation 59/62
(à partir du communiqué http://www.cnt-f.org/fte/ publié ce jour)

Assemblée générale des enseignants du 1er degré, des personnels municipaux
(animateurs & agents de restauration scolaire) et des parents d’élèves :
à 10h30, mairie de Lille, salle sous le beffroi
(à l’initiative de l’intersyndicale CGT, FO, Solidaires, FAEN, SNE…)

 
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[CNT FTE] Le changement, ce sera…un jour

Publié: 4 septembre 2012 par durruticolumn dans Syndicalisme
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Communiqué de rentrée de la Fédération des Travailleurs-euses de l’Éducation

De la maternelle à l’université, défendre l’école telle que nous la concevons, c’est défendre les intérêts de ceux et celles qui y travaillent, mais c’est aussi construire une autre école, qui œuvre dans l’intérêt de toutes et tous, élèves comme parents.

Ce n’est pas la poignée de postes ouverts cette rentrée qui va changer le quotidien des élèves, ni les conditions de travail des collègues. Et en ce début septembre, la France pointe ainsi toujours aux plus mauvaises places des taux d’encadrement, sans même parler de la rémunération des personnels. Et le changement ?

Pourtant, avec l’accumulation de vacataires et de contractuels laissés par les anciens ministères, le gouvernement tenait là un vivier d’enseignants aptes à augmenter la présence auprès des élèves. La titularisation de ces personnels est bien sûr une priorité ! Mais pas de changement en vue.

En attendant, le ministre joue la diversion avec un nouvel aménagement des rythmes scolaires. S’il est évident que la situation actuelle n’est pas satisfaisante, il est illusoire de croire que cette simple réforme puisse être réellement déterminante. Quel sera son effet sur des enfants accueillis en garderie parfois dès 7h du matin et jusqu’à 19h ? Plus que le simple rythme scolaire c’est bien la question du rythme de vie de l’enfant et de sa famille qui se pose. D’ailleurs si le ministre veut s’attaquer aux rythmes scolaires, il nous paraît important qu’il clarifie ce que sera le rythme dans la classe même.
Pour l’instant, il ne semble pas vouloir remettre en cause le système de compétences construit par ses prédécesseurs. Pourtant celles-ci, en découpant chaque activité en micro-domaines, induisent le bachotage, empêchent la prise en compte de l’apprentissage dans sa globalité et ne permettent pas aux enfants d’apprendre en s’épanouissant. Alors que nombre de pays qui, il y a 20 ans, s’étaient engagés dans cette direction, en reviennent aujourd’hui, le nouveau ministre va-t-il continuer à réduire la notion d’éducation à des statistiques déconnectées de toute réalité ? Oser changer de pédagogie, ce serait bien là un véritable changement dans le rythme des enfants !

Malgré un constat d’échec, peu d’annonces concernant l’éducation prioritaire si ce n’est l’évocation d’une refondation ultérieure. En attendant, le dispositif Éclair, ayant simplement vocation à être « repensé », reste en place et ses règles actuelles sont maintenues à la rentrée ! La suppression de ce dispositif managérial et dérégulateur, reste pourtant un préalable incontournable. Le changement, ça viendra !

Du côté de la formation, le ministère ne semble pas non plus vouloir revenir sur la masterisation des concours de l’enseignement et on ne peut compter sur les quelques milliers d’emplois d’avenir promis pour réellement ouvrir, à tous, les possibilités de poursuites d’études jusqu’à bac + 4. Par ce statu quo, il entérine l’écrémage social dans le recrutement enseignant. Et ça, ça n’est pas près de changer !

Le flou est tout à fait artistique aussi sur l’accompagnement des élèves handicapés. Les EVS et AVS ne savent toujours pas quel sort leur sera réservé à moyen terme. Ces personnels qui, pour certains, ont développé leur savoir-faire pendant 5 ans, se retrouvent sans rien du jour au lendemain, laissant les élèves et les équipes enseignantes face au bon-vouloir des administrations locales. Là aussi, ces véritables besoins doivent donner lieu à des créations de postes statutaires. Le changement c’est pour quand ?

Et si on parlait des changements attendus par les AED, victimes d’une hiérarchie omnipotente ? Ou de l’arrêt du fichage généralisé des élèves et des personnels ? Et même, soyons réalistes, exigeons une école qui enseigne des savoirs polytechniques dans un esprit de coopération ! Une école ouverte sur les familles et les quartiers !

Nous avons dû trop souvent combattre l’an passé dans nos établissements, en réunion syndicale ou ailleurs, un attentisme bienveillant de nombreux collègues vis à vis de cette alternance électorale. Désormais, les choses sont claires, nous n’obtiendrons rien sans efforts ni rapport de force. Et ça, ça ne changera jamais !

CNT — Fédération des Travailleurs-euses de l’Éducation


Vendredi 16 mars à 19h, Brigitte Monfroy, sociologue à l’IUFM Nord Pas-de-Calais, sera présente à la Maison des syndicats CNT, 32 rue d’Arras à Lille, pour un débat sur le thème de la sélection et de reproduction des inégalités organisé par le STERC-CNT 59/62 du 27 janvier au 15 juin 2012 dans le cadre du cycle « Éduquer pour émanciper » (entrée gratuite et petite restauration à prix libre).

T’avais qu’à mieux travailler à l’école !
Certaines inégalités sociales sont parfois présentées comme «normales » puisque nous aurions toutes et tous les mêmes chances de réussite, en particulier à l’école : c’est le principe même de la méritocratie. Cette idéologie est contredite, depuis plus de trente ans, par des recherches montrant une corrélation forte entre l’origine sociale des élèves et leur réussite scolaire. La France est d’ailleurs aujourd’hui un des pays où le poids de l’origine sociale est le plus fort dans l’explication des niveaux de réussite scolaire.

La reproduction sociale est-elle une fatalité ?
Il y a une quarantaine d’année, les sociologues Bourdieu et Passeron faisaient de la « reproduction sociale » la fonction première de l’école. Cette analyse est-elle encore, voire plus que jamais, d’actualité ? L’école ne fait-elle que « reproduire », au sens d’enregistrer de manière « passive », les inégalités sociales ou participe-t-elle « activement » à leur (re)production ? Une « n’autre école » est-elle possible ? Quoi qu’il en soit, comprendre la genèse des inégalités sociales à l’école semble bien constituer aujourd’hui un enjeu d’importance, enjeu indissociablement scientifique et politique…


Plus d’infos sur le site de la CNT NP2C.


Le budget 2011 pour l’Éducation Nationale prévoit la suppression de 16 000 emplois et n’affiche d’autre ambition pour le système éducatif que la recherche d’économies à partir du dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite. Pourtant, les effectifs d’élèves vont continuer d’augmenter et la part du PIB français destinée aux enseignements primaires et secondaires a diminué dans la période récente en passant de 4,5% en 1995 à 3,9% en 2006.

Dans l’académie de Lille, la situation devient catastrophique et inacceptable : fermeture d’au moins 13 CIO, 59 suppressions de postes chez les personnels administratifs, 336 suppressions dans le premier degré, 470 dans le second degré, et ceci malgré une hausse des effectifs élèves de 990 dans les collèges, de 20 en LP et de 602 élèves dans le premier degré.

Refusons les fermetures de classes, les fusions et  suppressions de collèges, lycées et LP, la fusion des zones de remplacement dans le second degré, la disparition des RASED, les suppressions de places en maternelle, la baisse des dotations des collèges et lycées, le manque d’ambition du plan Licence à l’université, les réductions de postes et d’options, les hausses d’effectifs dans les classes, la disparition de la formation des jeunes enseignants, stagiaires et CPE…

Syndicat CNT éducation 59/62 : ssec5962@cnt-f.org
Fédération des syndicats CNT éducation : http://www.cnt-f.org/fte/