Solidarité avec les Rroms de Lille Fives

Chers concitoyens européens,

Pour la première fois en France, nous, Rroms, voulons montrer à tous les citoyens européens que nous sommes capables de faire des choses qui n’ont jamais été accomplies jusqu’à maintenant, et ce parce que nos situations ne sont pas prises en considération, car nous les Rroms sommes considérés comme des chiens vagabonds et sans maîtres. C’est normal, puisque les problèmes auxquels nous devons faire face n’ont jamais été résolus, c’est pourquoi nous sommes discriminés comme étant des VOLEURS.

Premièrement, nous voudrions parler des problèmes familiaux : nous sommes un groupe de 120 personne expulsées lundi 28 octobre 2013 à 06h00 par la police nationale française en collaboration avec les CRS. Les caravanes (pour nous, nos maisons), ont été prises par la préfecture et déposées à la fourrière, avec pour motif que nous n’avons pas notre place ici. Nous sommes restés devant la station de métro ligne 1 à 4 Cantons jusqu’à 17h jusqu’à ce que les militants, bénévoles et associations présents sur place et discutant avec nous nous ont proposé un lieu provisoire pour dormir. Nous avons été d’accord étant donné la situation de crise et étant donné que nous n’avions aucune solution. Arrivés à 18h à Fives à la Bourse du Travail, les syndicats nous ont reçus avec chaleur et bienveillance, pour une nuit, ne sachant pas à ce moment-là qu’ils nous accueilleraient aussi longtemps.

Nos problèmes de santé sont les suivants :

  • Une personne atteinte du cancer (en phase métastasique), la fille de cette dernière, née ici et malade vient d’être opérée à cœur ouvert.
  • Une personne avec une insuffisance rénale ayant été opérée et n’ayant plus qu’un rein, et qui doit à ce jour faire des dialyses 3 fois par semaine.
  • Un jeune garçon de 14 ans qui lui aussi n’a plus qu’un rein.
  • Une personne avec des crises d’épilepsie.
  • Une personne atteinte d’arthrite chronique en phase terminale.
  • Une personne avec des problèmes psychiatriques.

Nos problèmes d’éducation sont les suivants :

  • De nombreux enfants sont dans l’impossibilité d’être scolarisés
  • Les dossiers de scolarité sont bloqués par la mairie de Villeneuve d’Ascq

Nos problèmes de Sécurité Sociale :

  • Dossiers CAF non-résolus
  • Les dossiers des personnes en incapacité non-résolus (la personne sous dialyses et celle avec des problèmes psychiatriques)

Etant donné que nous sommes arrivés à vos portes. Avec tous nos problèmes, nous demandons que tous nos droits soient pris en considération claire et visible… Nous vous remercions !

Merci à ceux qui ont été, qui sont et qui seront près de nous, spécialement ceux de la CFDT, CGT, FSU, Union Syndicale Solidaires, le collectif Solidarité Roms, et tous les militants et volontaires.

Aujourd’hui, il nous est très difficile de nous intégrer, étant donné les barrières. Toutes les étapes de l’intégration nous sont refusées partout.

Nous voulons  démontrer que nous sommes capables de travailler, d’éduquer nos enfants, d’être comme les autres, si vous enlevez les barrières qui sont devant nous depuis des années.

Pour tout cela, pour qu’on puisse vous prouver qu’on est capables, alors que depuis des années on est cachés, personne ne nous connaît, il faut que nos droits soient respectés.
De toutes façons, nous allons continuer les manifestations jusqu’à ce que ceux qui nous ont expulsés nous acceptent !!!

RROMS sans Liberté, égalité, fraternité !

Pour le collectif RROM : ANA MARIA SAINEA et LAZAR SECRET

Source : Solidarité Rroms Fives


Rroms à la Bourse du Travail

L’intersyndicale de la Bourse du travail de Lille, après avoir rencontré la préfecture du Nord, le Conseil général du Nord, la Ville de Lille pour tenter de résoudre la situation des familles ayant trouvé refuge à la Bourse du travail, réaffirme 2 exigences immédiates pour mettre fin à la crise humanitaire causée par l’évacuation du parking P4 de l’Université de Lille 1 de Villeneuve d’Ascq sur décision du Préfet du Nord :

  1. La réunion immédiate d’une table ronde réunissant tous les acteurs concernés : intersyndicale, Conseil général du Nord, Procureur de la République, Ville de Lille sous l’égide de la Préfecture du Nord,
  2. Une évaluation globale de la situation sanitaire et sociale des 50 enfants et de leur famille actuellement accueillis à la Bourse du travail, par les services de l’aide sociale à l’enfance du Conseil Général du Nord.

L’intersyndicale rappelle aux autorités que le conseil d’état a placé le droit à l’hébergement d’Urgence au rang d’une liberté fondamentale au terme d’une ordonnance du 12 février 2012. Cette ordonnance a été le support d’une décision du juge des référés de Lyon du 4 avril 2013 sur le fondement de l’article L 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles qui édicte que : « toute personne en situation de détresse médicale, psychique et sociale a accès, à tout moment à un dispositif d’hébergement d’urgence ». L’intersyndicale estime en effet que l’expulsion, accompagnée de la confiscation des biens constitue une violation de la loi, des circulaires, des conventions européennes et qu’il convient de rétablir le cadre légal adapté et respectueux des droits fondamentaux comme résolution unique de l’actuel conflit avec la Préfecture et les autorités de l’état.

Les organisations syndicales réaffirment l’absolue nécessité de trouver une solution de relogement au plus vite.

L’intersyndicale exige une table ronde immédiate sous l’égide du Préfet du Nord et appelle à une manifestation ce mardi 5 novembre 2013 à 11h30 – Porte de Paris à Lille – en même temps que la manifestation lycéenne et étudiante en soutien aux élèves et étudiants expulsés et des sans papiers.


Solidarité avec les Rroms

Les familles Rroms expulsées du parking P4 des 4 Cantons sont toujours à la Bourse du Travail, boulevard de l’Usine à Lille-Fives. Les militant-e-s présent-e-s (dont de nombreux étudiant-e-s solidaires) assurent le travail d’intendance mais ils/elles sont fatigué-e-s et tout soutien à ce sujet est le bienvenu (appel aux volontaires).

A part ça, une délégation des organisations syndicales résidant à la Bourse du Travail a été reçue en préfecture le 31 octobre. Mais c’est toujours les mêmes réponses. Concernant le retour au pays : prise en
charge par l’État. Concernant le problèmes d’hébergement : d’accord pour que les Rroms récupèrent leurs caravanes mais c’est à eux de se débrouiller pour les sortir de la fourrière et trouver un lieu où les
installer * (en attendant, qu’ils cherchent des places dans les centres d’hébergement du 115 **).

* ?!
** déjà pleins à craquer !

Source : CNT Lille

Les besoins urgents pour Les 100 réfugiés à la Bourse du travail de Lille :

  • coups de main tout au long de la journée et la nuit – le mieux est de venir pour de petites périodes pour pouvoir revenir sans s’épuiser ;
  • sous vêtements : chaussettes, slips, soutiens-gorges…
  • vêtement pour des nourrissons (0 ou 3 mois)
  • hygiène : brosses à dent, dentifrice, couches, peigne, serviettes hygiéniques, tampons, … (pour l’instant on a assez de gel douche ! – d’ailleurs on n’a pas de douche…)
  • biberons et tétines
  • nourriture : fruits et légumes frais
  • médecine : pansement, désinfectant

Merci à tous ceux qui se sont déjà mobilisés !

A lire également, le communiqué de presse de la CGT, de la CFDT, de FSU et de Solidaires ainsi que le récit paru sur Lille 4300.


Génération Identitaire

Antifa 62

Image  —  Publié: 22 octobre 2013 par durruticolumn dans Antifascisme, Infos
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Vendredi 29 novembre 2013, le syndicat CNT éducation du Nord Pas-de-Calais (ssec5962@cnt-f.org) organise une rencontre-débat avec Charlotte Artois, membre du comité de rédaction de « N’Autre école », la revue de la fédération CNT des travailleuses et travailleurs de l’Éducation.

La rencontre portera sur le contenu du dernier numéro de cette revue (cf. l’éditorial ci-dessous). Rendez-vous à la Maison des syndicats CNT de Lille, 32 rue d’Arras. Apéro à 19h30 et rencontre-débat à 20h30.

Entrée gratuite.

Éditorial du n° 36 (automne 2013) de « N’Autre école » :

Pourquoi un nouveau numéro sur le sexisme * ?

Les thèmes du genre, du sexisme et du féminisme fleurissent actuellement dans les débats publics (manuels de SVT, Femen, affaire DSK, développement des études « genre » dans le monde universitaire, 2013 année de l’égalité filles/garçons, etc.). Un renouveau du féminisme ? L’emballement médiatique et institutionnel pourrait le laisser penser.

Mais depuis quand N’Autre école se fait-elle le relais des débats médiatiques et des politiques publiques ?

Ces débats se limitent le plus souvent à des déclarations de principe ou d’intention comme il y en a des dizaines dans les circulaires ministérielles, les directives académiques ou les lois.

Pire, ces débats prennent parfois des tournures inquiétantes : la focalisation sur l’échec scolaire des garçons véhicule des présupposés essentialistes (les garçons auraient « naturellement » des besoins différents des filles, et seraient insuffisamment pris en compte dans une institution majoritairement investie par les femmes…) ; ou encore les confrontations autour du mariage pour tou-te-s qui voient le retour en force de positions hétérosexistes et profondément réactionnaires. Dans ce numéro, nous avons voulu montrer des pratiques et des outils du quotidien, des expériences menées dans et hors des classes… toutes permettant d’apprendre à penser hors des cases genrées et des stéréotypes. Voir aussi comment ces pratiques peuvent permettre de transformer les logiques inégalitaires du milieu scolaire, participer activement à l’émancipation des élèves et des personnels, sur le plan des identités sexuées comme du rapport à l’autorité et aux savoirs. Car comme tous les rapports de domination, le sexisme participe largement à la reproduction des hiérarchies, à la soumission aux normes dominantes, à un ordre social qu’il contribue à naturaliser. Si les filles ont statistiquement de meilleurs résultats scolaires, n’est-ce pas parce qu’elles ont tendance à mieux se conformer aux injonctions scolaires (être calmes, travailleuses, attentives, etc.) ? Qu’est-ce que ça nous dit des critères de réussite à l’école ? Est-ce vraiment ce type d’école que nous voulons ? Celle qui oblige des jeunes à rester calmement assis sur le banc, réceptacles passifs de savoirs « légitimes » ? Cette construction du rapport à l’autorité ne joue-t-elle pas justement un rôle crucial dans le fait que de nombreuses femmes restent victimes de violence, d’injustices, dans leur vie professionnelle comme personnelle, sociale, militante ? Impulsé par le travail de militantes féministes (notamment lors de week-end, organisés en non-mixité), sur les pratiques pédagogiques féministes et anti-sexistes, nous avons voulu faire de ce numéro une boîte à outils, à idées, un support de pratiques et de réflexions où chaque travailleur/euse de l’éducation pourrait venir puiser.

Élise Requilé & Charlotte Artois, coordinatrices du numéro

* Le précédent date de l’été 2004 : « Filles et femmes à l’école… mauvais genre ? »

Pour feuilleter en ligne ce nouveau numéro de la revue : http://www.calameo.com/read/000062740185562144940

Pour le commander : http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Edito-no-36

Pour l’acheter à la Maison des syndicats CNT de Lille : le jour de la rencontre-débat ou lors des permanences organisées tous les mardis de 18h30 à 19h30


Festival de Calais censuré

Communiqué de l’équipe d’organisation du festival :

Quand la censure devient la règle…

Depuis plusieurs mois, des bénévoles engagés auprès des personnes migrantes travaillent en partenariat avec la Maison pour Tous (MPT) de Calais sur l’organisation d’un festival interculturel, intitulé « A l’uni son, united people festival » initialement prévu du 14 au 20 octobre. Une exposition de 6 artistes était prévue, un « Cabaret du peuple » concernant les migrations dans le Nord Pas-de-Calais, ainsi que deux soirées de concerts avec plus de 10 groupes de musique. L’idée était de faire du lien entre des populations de cultures différentes présentes à Calais, rassembler, soutenir et sensibiliser par le biais d’un événement festif.

Vendredi 11 octobre, soit quelques jours avant le début du festival, la mairie de Calais a adressé un courrier à la MPT dans lequel elle exprime son « refus absolu » que le festival ait lieu. Selon elle, cet événement ne rentre pas dans le cadre de la convention qu’elle a signée avec la MPT. De plus, elle prétend que ce festival constitue une sous-location et que, par conséquent, elle n’a pas été informée dans les délais impartis. Pourtant, il ne s’agit pas là d’une sous-location puisque la MPT est, de fait, co-organisatrice de cet événement. La mairie prétexte que ce festival est militant et politique, ce qui ne rentre pas dans le cadre de la convention signé avec la MPT, alors qu’il est avant tout culturel, et il s’agit bien là d’une des missions de la MPT. Finalement, la mairie menaçant de résilier la convention qui la lie à la MPT, cette dernière décide d’annuler le festival, pliant sous la pression. Ainsi, la mairie interdit et censure ce festival, qui est organisé depuis le début dans un souci de neutralité, afin de permettre une large sensibilisation. La maire cherche à diviser quand notre volonté était de rassembler, elle met l’accent sur les clivages, effraye la population et les partis politiques qui ont peur de perdre des voix en prenant partie… Les exilés et les associations subissent une fois de plus les dommages collatéraux de ces querelles politiciennes.

Plus généralement, il est plus que difficile pour les associations calaisiennes d’aide aux migrants de se réunir dans un lieu public ou d’organiser un évènement « civique » ou « social ». Impossible d’avoir une salle à disposition, impossible de se réunir dans l’espace public. Quelles que soient les circonstances, l’actuelle municipalité de Calais fait valoir son veto et empêche ainsi la solidarité de s’exprimer au détriment des droits fondamentaux. Nous dénonçons cet abus de pouvoir et espérons que cette censure municipale ne restera pas sans autre réaction que celle des associations. Au-delà de la remise en cause des libertés d’expression et de réunion, nous espérons que soit dénoncé le sort réservé aux personnes migrantes et refusons que celles-ci soient instrumentalisées dans la perspective des prochaines élections municipales. Le silence, le délaissement ou le harcèlement ne sont pas des réponses à ce que vivent les personnes migrantes présentes à Calais. La stigmatisation et la division ne sont pas des réponses à la souffrance des calaisiens et calaisiennes.

Pour dénoncer ce coup de force, nous appelons à manifester pacifiquementsamedi 19 octobre2013 à Calais à partir de 14h. Symboliquement, nous défilerons bâillonnés (par un foulard ou du scotch) de la Place d’Armes jusqu’à la Maison pour Tous (MPT).

Voir la page Facebook de soutien