Décès de notre camarade Chris

Publié: 19 février 2015 par ironstack dans Infos
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Chris CNT

C’est avec une immense tristesse que nous vous faisons part du décès de notre camarade Christian Somerlinck survenu le 14 février 2015 à quelques mois d’une retraite bien méritée. Chris militait depuis de longues années au sein du syndicat CNT éducation du Nord Pas-de-Calais (SSEC 59/62) et de l’union locale CNT de Béthune.

Ci-dessous quelques messages de militant.es CNT :

Miette (STT 59) :

« Morne plaine » est le titre d’un courriel écrit par Chris le 20 décembre dernier. Courriel dans lequel, fidèle aux témoignages de ses camarades, il encourageait les militants anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires à militer joyeusement malgré la morosité générale et la contre-offensive capitaliste. Chris proposait également de réactiver une « saine » tradition et invitait les nouveaux et nouvelles syndiquéEs du STT 59 à offrir un coup à boire aux camarades. Quand la contre-révolution bat son plein se pose de façon décisive la question révolutionnaire comme est décisive, alors, la rencontre d’un frère de lutte, d’un homme de bien ! Nous n’avons pas eu le temps de rencontrer Chris, nous en sommes pour toujours appauvriEs. Condoléances AS-SR à ses proches, à ses amiEs et à ses potes-ses.

Philippe D. (SSEC 59/62) :

Tu as été si chaleureux que ton rire faisait du bien ! Salut à toi, mon frère humain.
Ma sincère sympathie à sa famille et à ses amis.
https://www.youtube.com/watch?v=ebeibrd0J58

Keyes (STICS 59) :

C’était l’un des premiers militants CNT que j’ai connu et également l’un des plus actifs, que ce soit dans ou en dehors des luttes. Sa perte va laisser un vide.

Jean-Luc (SSEC 59/62) :

Tu es parti mon pote… La vie ne passe pas pour être particulièrement juste… Et quelques saloperies peuvent l’emporter sans prévenir, du jour au lendemain… Mais ce qui ne peut être emporté reste partagé dans nos souvenirs et nos cœurs. Parmi, toutes les images qui me viennent à présent, j’ai celle du camarade de toutes les grèves et de toutes les manifestations, car c’était pour toi un principe de faire grève quand grève il y a. Je crois même que tu en avais fait un art de vivre. J’ai encore l’image du camarade des « after » car, comme tu le disais, « jamais on ne termine une réunion, une manif sans boire un pot ensemble ». Comme si rester encore ensemble, c’était faire encore durer l’esprit qui nous avait réuni pour atténuer l’attente de la prochaine fois. Et cette image aussi, quand autour d’une tablée ou en réunion, tu tirais de ton inséparable gilet multi-poches, une antique boite métallique de laquelle tu sortais un appareil photo qui fixait la scène des copains présents avec toi. Et aussi ces images du camarade en savates qui avait fait tomber les bottes du motard pour assurer les permanences syndicales de l’UL-CNT de Béthune, dont tu as été le secrétaire plusieurs années de suite et qui par ton engagement sans faille et fraternel te doit beaucoup. Et j’ai encore à l’oreille ce que tu disais de l’engagement militant. Le militantisme ne devait pas être un chemin de croix, mais l’un des sens que l’on peut donner à sa vie et duquel on doit retirer du plaisir. On retrouve là un esprit « 68 » que tu portais toujours très haut. « La révolution est une fête » disais-tu souvent. Mais, désolé, mon pote, aujourd’hui, je n’ai pas d’images de fête en tête. Et je ne suis pas le seul.

Kadé (STICS 59) :

Un des premiers militants CNT que j’ai rencontré à l’époque où j’étais à Béthune, les discussions sur la sérigraphie époque « 68 », la récupération et le nombre de vieux PC au local rue de Lille, le drapeau rouge & noir continuellement planté dans la poche de son blouson (en manie), sa combinaison de moto toujours dans un coin du local, accoudé au zinc d’un bistrot, les paquets de clopes « Che » qu’il laissait trainer ou qui trônait au dessus du tableau (promis, le dernier, s’il y est encore, je le laisserai), la réalisation du DVD sur Mai 68 à mon époque béthunoise. Pis quand on t’engueulait pour pas que tu repartes sur ta bécane après des soirées arrosées. Allez tchao poto, fais un bécot aux copains et copines là-haut, passe le bonjour à Philippe. Au revoir camarade, fier chevalier de l’anarcho-syndicalisme, défendant la justice sociale, grimpé sur ton cheval mécanique dans ton armure de cuir, brandissant ton étendard rouge & noir frappé du chat hérissé. La Leffe n’aurait pus vraiment la même saveur dorénavant.

Olivier S. (SSEC 59/62) :

La faucheuse, cette garce, aura donc eu brutalement raison de toi, Chris, notre pote. Ce soir, les mots me manquent et les souvenirs se bousculent, difficiles à démêler. Nous sommes nombreux à avoir du chagrin, camarade. Tu es l’un des premiers à m’avoir accueilli, lorsqu’il y a déjà quelques années de cela, j’ai poussé pour la première fois la porte de la CNT à Béthune, à l’époque où notre QG se trouvait rue de Lille. Dès ce moment là, j’ai tout de suite su que je me sentirais bien en ta compagnie. Tu étais toujours là pour les copains, donnais sans compter. Toujours prêt pour une manif, une grève, et surtout pour partager un bon moment avec tous les camarades. Tu mettais un point d’honneur à être toujours jovial, même lorsque la vie n’était pas facile. Pour toi, la révolution serait festive ou ne serait pas, comme tu aimais à nous le rappeler souvent. Tu cultivais l’esprit révolutionnaire et libertaire de 68, celui des Diggers et des Yippies, qui donnait du sens à ton combat. C’était toujours rassurant de voir ta haute silhouette dans une manif ou un rassemblement, de t’avoir à nos côtés et de profiter de tes conseils éclairés. J’ai du mal à organiser mes pensées, les anecdotes se mêlent aux images. Motard, tu aimais aussi le bon rock et notamment celui des 70’s. Et et je me rappelle la fois où tu m’as dit, les yeux pétillants, que tu avais pu voir Hawkwind à Lille à la grande époque, celle où Lemmy y faisait gronder sa basse. Mais ce soir, Chris, je peux te dire que je traîne un putain de blues bien sombre qui ne me lâche pas… One more fucking time… Ce sont toujours les plus gentils qui partent en premier. Putain de logique…

Séb (STICS 62) :

Des gentils, il n’y en a pas beaucoup. Et quand on a la chance d’en connaitre un, on nous l’enlève… C’est injuste, je suis triste.

Cédric & Sophie (SSEC 59/62) :

Chris, tu faisais partie des militants cénétistes qui nous ont accueillis à notre arrivée sur Lille il y a 10 ans maintenant. Et si notre investissement s’est réduit depuis quelques années à quelques manifestations, c’est toujours avec un grand plaisir que nous te retrouvions. Toujours présent, toujours souriant, toujours chaleureux et bienveillant, tu vas beaucoup nous manquer. Bien fraternellement, Cédric et Sophie.

Romain (STT 59) :

C’est triste. Un type qui redonnait la patate pour militer à chaque fois que je le croisais au local de la CNT ou à Wazemmes.

Sébastien (SSEC 59/62) :

Mes sincères condoléances à toute la famille et ami-e-s de Chris, la mort ne prévient jamais quand elle arrive et elle vient toujours trop tôt…

Aldo (SSEC 59/62) :

À Chris, souvenirs indéterminés mais récurrents : « Mort aux vaches ! » et mèche folle ! C’est Chris qui pénètre à reculons dans un improbable café ! Il apostrophe un quidam qui détale dans la rue. Suivi d’un de ses frères apaches, il se fraie un passage magnétique et s’arrime au comptoir, entre deux ventrus résignés. Commande deux bières. Enfant de la nuit. N’autre nuit. Trompe la mort. Il a survécu à plusieurs révolutions, une grande et mémorable manquée mais pas pour tout le monde et tant d’autres méconnues ou oubliées. Colonne des zincs. Il sermonne provoque les prolos « sobres du ciboulot et désintoxiqués de la braguette ». Et balance, chopes après chopes, des barbarismes, des lapsus incendiaires sur tout ce qui bouge entre les parenthèses de ses rêves. Chaque semaine en franc tireur salarié, retraité hebdomadaire, il rameute au hasard de ses bordées des lascars de fortune. Il les saoule de paroles et les invite à réinvestir avec lui l’espace public nocturne. Pédagogie des zincs. Ils trinquent, trinquent à la Sociale, à la maison du peuple, à Bakounine, et puis s’en vont chargés pour la nuit affronter les bourgeois et leurs milices. Pour célébrer, perpétuer, toujours indemne, sa guerre civile permanente en sifflant quelques bières amères.

Luc S. (STICS 62) :

Un esprit aussi sain est forcement une cible de choix pour les bactéries. On va maintenant devoir faire sans ta discrète, joviale, motivante, bienveillante, rassurante et indéfectible présence. J’espère que t’as pu mettre la cravate avant de montrer ton cul à la mort !

André (SSEC 59/62) :

Chris est parti et grande est notre peine. Mais l’esprit qui était le sien est encore en nous : jamais soumis, toujours debout.

Laurent (STICS 59 / STT 59) :

Chris est décédé. Mes pensées vont à ses proches, ses copains. Je suis triste de voir partir quelqu’un avec lequel je militais depuis une quinzaine d’année. La mort est dégueulasse !!!

Guillaume (STT 59) :

Je ne suis adhérent que depuis peu de temps de la CNT, et je n’ai encore quasi rencontré personne… Mais de voir cet élan massif de solidarité et de compassion envers votre camarade Chris m’indique que j’ai rejoint plus qu’un syndicat : j’ai l’impression de voir une grande famille en deuil. Sincères condoléances à la famille et aux proches de ce militant.

Éric (SSEC 59/62) :

Christian, mon frère, tu es parti trop tôt. Du haut de ta haute silhouette, tel un Don Quichotte rouge et noir, tu ne craignais ni les politiciens qui peuplent les beffrois, ni les patrons, ni les fachos ! De la cité de Buridan à celle de Gayant, du marché de Wazemmes aux troquets de Moulins, des pavés que tu foulais par tous les temps dans l’espoir d’un monde nouveau aux réunions où tu nous faisais partager tes réflexions et ton savoir, des pots de l’amitié que tu nous offrais sans compter à ton engagement syndical opiniâtre, ouvert, constructif et réfléchi… camarade, tu vas nous manquer !

D’autres hommages à Chris sont publiés sur le site de la CNT Lille.

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris hier dans la soirée le décès de Christian. Il était un camarade proche que beaucoup d’entre nous avions côtoyé lors de nombreuses luttes dans la région.
Nous adressons à sa famille et à ses proches toutes nos amitiés. Chris était de tous les combats révolutionnaires, toujours présent lors des mobilisations et dans les mouvements sociaux. Militant de la CNT, Christian était aussi bien connu pour son éternelle joie de vivre et sa sympathie.
Il avait pour ses proches et ses amis une générosité et une amitié que nous lui apprécions tant.

Nous avons perdu là un camarade et un ami.

Salut à toi Chris,
La lucha sigue !

Action Antifasciste NP2C.

 

À nos camarades de la CNT SSEC 59/62, à la famille et aux proches de Christian :
Chères et chers camarades, c’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Christian Somerlinck, collègue, camarade de la CNT et ami avec qui nous avons partagé bien des indignations et bien des luttes. Les militant-es de SUD éducation Nord Pas-de-Calais et notre syndicat s’associent pour présenter leurs sincères condoléances à la famille de Christian, à ses ami-es et proches, et à toute-s les camarades aujourd’hui peiné-es de cette nouvelle. Salut à toi, camarade. Salutations révolutionnaires à tou-te-s.

SUD éducation Nord / Pas-de-Calais

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