Jeudi à Lille : rencontre-débat contre la criminalisation du mouvement social

Publié: 16 juin 2014 par ironstack dans Infos, Rendez vous, Syndicalisme
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Rencontre débat contre la criminalisation du mouvement social

Salariés de Continental licenciés, enseignant-e-s refusant les mutations forcées, inculpés de Tarnac, manifestant-e-s contre le CPE et contre la privatisation des universités (LMD, LRU…), faucheurs d’OGM, personnes refusant le fichage ADN, grévistes opposés aux réformes de retraites en 2010 et 2013, militant-e-s pour la gratuité des transports en commun… nous sommes nombreux et nombreuses à avoir combattu les politiques de démolition sociale, d’austérité et de précarisation. Ces dix dernières années, aux justes revendications du mouvement social se sont opposés la matraque et le harcèlement judiciaire comme seules réponses.

Un syndicaliste de Metz condamné pour l’exemple à 40 000 euros :

Le 23 mars 2013, Fouad Harjane, un militant de la CNT Moselle, a été condamné à 40 000 euros de dommages et intérêts pour avoir bloqué la gare de Metz lors d’une manifestation durant le mouvement anti-CPE de 2006, dont des militant-e-s socialistes aujourd’hui élus. Cette condamnation, au-delà d’être injuste dans la mesure où elle fait porter à un seul individu (peut-être pas si pioché au hasard !?) la responsabilité d’une décision collective mise en œuvre par 800 personnes, est également un signal fort envoyé au mouvement social. Malgré les interventions syndicales, le président de la SNCF s’entête à vouloir faire condamner notre camarade. L’aberration de vouloir faire payer à une seule personne les pertes occasionnées par l’ensemble de ce mouvement social à la SNCF est un non sens. A moins qu’il s’agisse tout simplement de faire un exemple (comme à d’autres époques) ou d’une manière détournée de trouver un bouc émissaire à tous les retards de la SNCF (que ce soit par le manque d’entretien des voies ou du matériel vétuste). Dans ce contexte, la cour d’appel de Metz a été saisie. L’audience devant juger de la recevabilité de cet appel est fixée au 12 septembre 2014. Ce jour-là, un rassemblement sera organisé devant le palais de justice de Metz et, pour ceux et celles qui ne pourraient pas s’y rendre, des rassemblements auront lieu dans plusieurs villes de France devant les sièges sociaux de la SNCF.

Quelques exemples de répression anti-syndicale et anti-sociale dans la région (liste non exhaustive) :

Le 19 avril 2014, le porte parole de la Confédération paysanne du Nord Pas-de-Calais a été convoqué à la gendarmerie suite à l’action menée le 12 septembre 2013 sur le chantier de la ferme-usine des 1000 vaches.

Le 16 avril 2014, deux membres de la mutuelle des fraudeurs de Lille (un collectif qui milite pour la gratuité des transports en commun) ont été mis en garde à vue et leur domicile perquisitionné. Le 14 mai, le procureur de la République de Lille a annoncé par voie de presse qu’il avait décidé de poursuivre ces deux personnes pour « provocation au délit non suivie d’effet », qu’il souhaitait voir la procédure bouclée d’ici juillet 2014 afin de renvoyer l’affaire devant le tribunal correctionnel. Les deux personnes visées encourent 5 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Le 24 mars 2014, cinq salariés de l’usine Bridgestone de Béthune ont été menacés de sanctions disciplinaires par leur employeur. Leur faute ? Avoir manifesté devant les portes de l’usine de fabrication de pneumatiques en février dernier.

Le 26 mars 2014, cinq élus CGT de l’usine Goodyear d’Amiens Nord ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte suite à une plainte de la CFE-CGC. « On est venu chez nous, on a perquisitionné nos domiciles, on a été traités comme de vulgaires bandits alors que notre boulot a été de défendre des ouvriers (…), on a été mis en garde à vue pour des faits complètement farfelus » a déclaré à sa sortie Mickaël Wamen au journal « Le Monde ».

Et ailleurs (exemple parmi d’autres) :

Le 5 novembre 2014, des camarades de la CGT Roanne sont convoqués par le parquet de Lyon pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN suite à une action syndicale. Lors d’une première audience, le tribunal avait pourtant décidé leur relaxe…

Face à cette situation, la CNT exige une loi d’amnistie civile et pénale pour tou-te-s les militant-e-s condamné-e-s depuis le 1er janvier 2002 en raison de leur participation au mouvement social et/ou syndical.

Pour débattre de tout ça, échanger nos expériences respectives,
tisser des liens de solidarité et préparer les mobilisations à venir,
l’union locale des syndicats CNT de Lille vous invite à une
rencontre-débat avec Fouad Harjane
jeudi 19 juin 2014 à 19h30, 32 rue d’Arras, Lille.

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