Manifestation à Norrent Fontes en soutien aux réfugiés

Publié: 31 janvier 2011 par luttennord dans Infos
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Ce samedi 29 janvier était le dernier jour de l’ultimatum posé au maire de Norrent fontes pour déposer plainte.

 

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Rappel : le 24 décembre 2010, le préfet du Pas-de-Calais enjoignait le maire de Norrent Fontes de profiter de l’absence des réfugiés érythréens pour détruire leur minuscule camp installé sur un terrain communal. En fait une bordure de route.

Les services spéciaux du préfet Bousquet en action, des arrestations eurent lieu sur la zone de passage où l’on désigna au hasard un passeur dans le groupe, puis quatre, lors de la deuxième arrestation.

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Une trentaine de réfugiés érythréens, soutenue par Terre d’Errance, défendent leur copain de cette accusation.

Souvenons-nous des actes organisés par les services Bousquet lorsqu’il fallait justifier la destruction de la jungle de Calais, la police et spécialement la PAF étant sous les ordres et les consignes non écrites des préfet et sous-préfet.

Suite à l’intervention d’Hélène Flautre, une réunion avait eu lieu le 10 janvier 2011 entre la mairie et la préfecture. Le préfet De Bousquet, ce grand ignorant, expliquait que les érythréens n’étaient que des déserteurs et des migrants économiques, sous-entendant que l’Erythrée était un pays démocratique dont on n’avait aucune raison de vouloir s’échapper.

A la réponse des soutiens parlant d’accueil et de solutions à chercher ensemble, les services de la préfecture fréquentant le camp, évoquaient comme à leur habitude les 3 impasses : demander l’asile en France, demander le retour volontaire ou solliciter l’hébergement d’urgence.

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Marche de 7km : 300 personnes

Plusieurs élus et représentants de groupes s’étaient joints à la marche qui démarra de la gare d’Isbergues jusqu’à la salle de Norrent Fontes, symbolisant la marche des réfugiés jusqu’au camp.

Pendant ce temps, diverses associations et d’autres élus tenaient réunion à Norrent Fontes pour réfléchir à une contre-offensive commune.

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Comparaison de situations

Le « débat » qui suivit cette marche permit aux élus concernés par la présence de réfugiés sur leur territoire communal d’exposer quelle nationalité était concernée, les problèmes de leur pays, leur situation matérielle en France, les solutions adoptées par les bénévoles qui ont sollicité l’aide des élus et parfois l’attitude étrange des forces de police.

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Sur ce dernier point, une bénévole racontait comment des policiers, sur consigne, lacéraient les bâches de plastique et versaient de l’eau sur les couvertures pour les rendre inutilisables alors que le froid sévissait. Une attitude policière déjà maintes fois remarquée à Calais. (Attention, ça vaut 3000 euros d’écrire qui donne la consigne.)

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Droit international contre législation européenne : le retour du bouc émissaire

Jean-Pierre Alaux du Gisti rappela la contradiction entre le droit d’asile reconnu à toute personne fuyant son pays et les différentes lois des pays européens qui aboutissent à rendre le voyage plus long, plus meurtrier et qui finit dans des pays frontaliers ne menant aucune politique d’asile telle la Grèce.

Il expliqua les possibilités juridiques d’assurer un hébergement aux demandeurs d’asile et aux futurs transférés par le biais de référés qui contraindraient les préfectures à agir ou à payer.

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Hélène Flautre, députée Europe Ecologie, exposa tous les bienfaits de l’arrivée de migrants pour les caisses des Etats et notre économie capitaliste. Alors pourquoi fermer les frontières et criminaliser les migrants ? Selon la députée, il s’agit de façonner un bouc émissaire « étranger » pour voiler la responsabilité des gouvernants dans la situation économique de leur pays.

Un « Tous ensemble » gagnant ?

Terre d’Errance et le maire de Norrent Fontes ont réuni un éventail très large de participants : bénévoles catholiques, maires de différents partis, Amnesty International, Sud solidaires, NPA, Europe Ecologie, le MRAP de Dunkerque, la Belle Etoile de Calais et des No Border ainsi que des lillois.

Pour beaucoup d’élus municipaux, la situation des migrants doit être constamment expliquée à la population française. Il faudrait faire preuve de pédagogie.

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Les associations et les élus demandent « simplement »au préfet de ne pas détruire les camps et laisser les organisations de bénévoles et les élus de la République trouver des solutions humaines aux conséquences des politiques migratoires européennes.

Engagement du Conseil Régional à Norrent Fontes

La vice-présidente du conseil régional, présente lors des débats, assura du soutien de son instance, Marc Boulnois, maire de Norrent Fontes qui risque un dépôt de plainte de la part du préfet Bousquet.

Rappelons tout de même que Calais ne bénéficia pas de toute la sollicitude de M.Percheron, président du Conseil Régional, à l’époque où il fut sollicité (ouverture du BCMO par exemple) et que ce dernier ne sembla pas s’opposer aux destructions des biens du port appartenant au Conseil régional (maison des éclusiers, squat des érythréens, 2009). A contrario, le Conseil régional octroie une aide aux associations humanitaires.

A la lumière des propos des uns et des autres, à ce compte-là, on pourrait croire que Mme Bouchart, maire de Calais, fait partie de la lutte, que grâce à elle, la situation des réfugiés a changé. Mais c’est en oubliant qu’elle a participé activement à la destruction de tous les squats, que sa police a participé aussi au harcèlement. Elle a rendu invisible les réfugiés en chassant toute l’aide humanitaire aux limites de la ville et parfois au-delà et elle a quantifié à 200, le nombre de réfugiés tolérables sur Calais.

Comment peut-on quantifier un nombre de réfugiés sur une commune ? En les triant ? En acceptant que la police arrête le surplus ? Doit-on répartir équitablement les réfugiés sur les zones des stations services disponibles ?

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Si la stratégie du bouc émissaire fonctionne dans cette période qualifiée de crise par ceux qui en ont créé les conditions, n’est-elle pas due à l’absence de réponse politique des partis qui sont censés défendre la classe ouvrière, quelque soit sa nationalité, au niveau national comme au niveau européen ? Une faille dans laquelle l’extrême-droite de Marine Le Pen, l’alliée historique du capitalisme, se glisse aisément en reprenant la stratégie de Sarkozy pour séduire les salariés avant d’en détruire tous les droits.

Beaucoup de choses reste à dire sur la politique politicienne dont nous, les réfugiés et les français, sommes les victimes. La stratégie de rassembler d’abord sur des bases humanitaires peut ouvrir un espace aux positions politiques. Un espace qui se retrouve souvent vite refermé dès que l’on aborde la liberté de circulation.

Alors aidons les maires de n’importe quelle tendance à résister aux dicktats préfectoraux contraires aux droits de l’Homme.

Sans pour autant oublier qu’il ne s’agit pas d’admettre les réfugiés sur le sol français parce que cela coûte cher aux contribuables de les harceler, de les enfermer et de les renvoyer ou parce que les capitalistes et les Etats ont besoin de leur main d’oeuvre et de leurs cotisations pour nos caisses de retraite ou de prétendre que les réfugiés réussissent tout de même à venir.

Zetkin

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