Nuit agîtée devant le ccl : témoignage pour éviter l’intox

Publié: 16 janvier 2011 par luttennord dans Infos
Tags:, , ,

Ceux qui n’y étaient pas ne savent même pas exactement ce qu’il s’est passé cette nuit au CCL et pourtant, les rumeurs courent. La presse, dont on n’attend pas grand chose, fait son habituel travail de désinformation. Un article lapidaire dans le torchon local, et on parle déjà d’islamophobie. Les fachos et les idiots se délectent sur les forums, font des amalgames, contents de voir que leurs ennemis en prennent pour leur grade. Alors, comme on était présents et qu’on ne voit aucune explication émerger après 24 heures, on va essayer de rétablir au mieux possible les faits :

La Brique organisait hier sa soirée de soutien. Bonne ambiance, bonne musique, beaucoup de monde. Ca se passe au Centre Culturel Libertaire, mais tout le monde n’est pas libertaire. Tout le monde n’est pas même militant. On ne vient pas tous pour les mêmes raisons de toute façon. Une soirée en somme.

Autour de 4 heures du mat, dans la rue des Postes, un gars tague « cochon » sur un mur. « Cochon », c’est son blaze de tagueur qu’il colle un peu partout sur les murs de la ville. Et comme il l’écrit près d’un kebab, certains y voient un acte islamophobe. Tout le reste va très vite, et avec l’alcool personne ne maîtrise vraiment la situation. Quelqu’un appelle les keuf. Deux flics de police-secours débarquent et veulent chopper le tagueur, qui se réfugie à deux pas de là, au CCL.

Concours de circonstances : les keufs sont pas trop bienvenus dans les espaces autogérés, alors on n’apprécie pas trop l’arrivée des deux bleus. Accrochage, altercation, bousculade, et peut-être même un petit coup dans le nez d’un des flics. Rien de plus, mais là ça prend des proportions ubuesques : une blinde de keufs débarque à grand renfort de véhicules (la maison poulaga est à deux pas) et commence à assiéger le CCL. Ils pètent les vitres, balancent du gaz à l’intérieur, arrêtent les copains et copines qui trainent alentour (une vingtaine ?)

A 6h du mat, la trentaine de personnes qui sont encore dedans sont sortis, menottés et embarqués dans les paniers à salade. Quand il n’y a plus personne, un mec de la police scientifique (qu’on appelle entre nous « Gros Luc ») vient faire des photos de la « scène du crime ». Les flics affirment que leur collègue aurait été « tabassé », version reprise très vite par les journaleux.

La suite : les flics reviennent faire une perquiz l’aprem, en présence du grand manitoo de la SDIG, le dénommé Patisson. Les copains et copines arrêté.e.s, au nombre de 53, sont relâchés vers 19h. Des soutiens sont là pour eux.

Détail notable : Il ne semble pas que le fameux tagueur était parmi les arrêté.e.s. Dans les auditions,il n’a aucunement été question de tag, mais uniquement de violence sur flic. Les flics ont juste trouvé là une justification pour mettre un coup de pied dans un lieu où ils ne sont jamais invités. Et c’est à se demander si la SDIG n’a pas trouvé là une occasion de nous déstabiliser en faisant un amalgame douteux entre un blaze maladroit, un espace de lutte et des accusations qui restent à prouver…

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s