Généraliser les pratiques de lutte, aujourd’hui et demain…

Publié: 26 octobre 2010 par durruticolumn dans Syndicalisme
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Malgré huit journées d’action particulièrement suivies, il apparaît que même avec 3,5 millions de personnes dans les rues, les défilés ne permettent pas d’être correctement entendus. Ce n’est pas vraiment une surprise, mais beaucoup d’entre nous l’avaient un peu oublié.

Partout en France, les blocages dans les raffineries, dans les centres de traitement des ordures et dans bien d’autres sites se multiplient. Incontestablement, l’obstination de l’État et du patronat a imposer leur réforme des retraites aura poussé la lutte à retrouver des pratiques syndicales disparues depuis trop longtemps.

L’unité à la base

Le mouvement social actuel a permis de retrouver des pratiques intersyndicales à la base, fondées sur une représentativité de terrain. Malgré les divergences entre syndicats, les travailleurs et travailleuses ont su privilégier leurs intérêts et développer une mobilisation commune, loin des défilés par cortèges syndicaux cloisonnés.

L’interprofessionnalisme

Alors que depuis plusieurs années, l’heure était plutôt au repli sur soi et à la lutte catégorielle ou par entreprise, la mobilisation contre la réforme des retraites a permis de retrouver des actions où se mêlent tous les corps de métiers et d’industrie, chacun soutenant l’autre avec un même objectif.

L’action directe des travailleurs

Souvent montrée du doigt, l’action directe des travailleurs s’est largement développée depuis quelques semaines, dans son sens premier : loin de la violence individuelle ou d’une avant-garde éclairée, qui reste sans effet, il s’agit de mettre en avant l’action collective des travailleurs et travailleuses sans passer par des intermédiaires ni procuration. Plus concrètement, organiser des actions syndicales à la base sans attendre le feu vert des dirigeants syndicaux ni déléguer à des représentants qui négocient et décident sans tenir compte de l’avis des travailleurs et travailleuses.

L’autogestion des luttes

Les assemblées générales souveraines se sont multipliées, dans le public comme le privé, sectorielles ou interprofessionnelles, pour décider collectivement de la grève, de sa reconduction ou non, ainsi que des actions syndicales à mener. Avec, en outre, un respect des décisions prises par chacun, vers une réelle autonomie des travailleurs et de leurs collectifs de travail.

La solidarité de classe

Tous les salariés ne pouvant faire grève en même temps – notamment les précaires et/ou isolés –, les syndicats ont repris à leur compte les idées de caisse de grève, de blocage par des camarades extérieurs à l’entreprise, pour éviter les sanctions pour les travailleurs de l’entreprise elle-même. La réforme des retraites a renforcé la conscience de classe de tous : face au patronat et à l’État, nous avons tous les mêmes intérêts, et nous devons être solidaires pour gagner.

Le blocage de l’économie

Contrairement à ce qu’affirme la propagande d’État, les grève reconductibles et les blocages ne sont pas un choix mais une nécessité ! Comment penser sérieusement que des grèves peuvent se résumer à des défilés dans les rues, encadrés par les forces de l’ordre ? L’histoire, notamment en juin 1936, a souvent montré que nos droits, nos acquis sociaux ont été arrachés (et pas demandés poliment) à l’issue de luttes très dures et généralement en utilisant le seul moyen à la disposition des travailleurs et des travailleuses : la grève et le blocage de la production sur le lieu de travail. C’est ce que nous redécouvrons dans le mouvement actuel !

Généraliser, aujourd’hui et demain…

Ce sont ces pratiques de lutte, intergénérationnelles, fondées sur l’action collective et la solidarité de classe, qui peuvent nous permettre de gagner aujourd’hui et de forcer le gouvernement et les patrons à reculer. Cette lutte doit nous servir de base pour renforcer les réflexes et pratiques nécessaires à nos victoires actuelles et futures. Soyons sûrs de notre force, car c’est bien nous qui travaillons et qui produisons les richesses : unis nous pouvons tout, isolés nous ne pouvons rien.

Ne lâchons rien ; continuons de développer, dans le mouvement actuel, comme dans ceux qui suivront :

  • l’unité syndicale à la base ;
  • les prises de décisions collectives en assemblées générales souveraines pour permettre à tous les grévistes de s’approprier la lutte ;
  • les actions collectives de blocage d’entreprises et voies d’accès aux zones où sont produites les richesses ;
  • le partage des informations sur les luttes et initiatives ;
  • la solidarité interprofessionnelle ;
  • les caisses de grève pour nous permettre de tenir et de gagner ;
  • les grèves reconductibles ou tournantes, qui bloquent la production de richesse et donc des profits…

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons ! C’est tous ensemble qu’il faut lutter, c’est tous ensemble qu’on va gagner !

Et si nous arrivons au retrait de la réforme ?

Rien ne sera gagné car les luttes défensives sont toujours un aveu de faiblesse. Il nous faut porter des perspectives nouvelles. À la CNT, nous pensons que la gestion des caisses d’assurances doit être assurée par les travailleurs eux-mêmes comme ce fut le cas dans le passé avec les sociétés de secours mutuels. Utopique ? Non, car il ne s’agit que d’étendre les pratiques de lutte aujourd’hui en place. Que les patrons paient leurs cotisations sociales sans exonérations, nous saurons très bien les redistribuer égalitairement par nous-mêmes !

L’unité face aux provocations policières

L’État sait bien que quand les intérêts de ses maîtres financiers sont menacés, il faut utiliser la répression. Fermetures administratives d’universités, police devant (voire dans) les établissements scolaires, CRS envoyés sur les piquets de grève ou les opérations de blocage, réquisition des travailleurs par décrets, utilisation de l’armée pour nettoyer les rues, terrorisation par l’utilisation du Flash-Ball ou de gaz lacrymogènes, harcèlement des jeunes des quartiers populaires, instrumentalisation de l’extrême droite, et surtout vrais policiers déguisés en faux « casseurs » pour faire dégénérer les manifestations. Ne cédons pas aux rumeurs et aux différentes provocations étatiques. La seule réponse à ces provocations est le maintien de la prise de décisions à la base par les travailleurs eux-mêmes et la construction d’un rapport de force collectif et solidaire.

Tract confédérale de la CNT du 28 octobre 2010

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