La police ment !

Publié: 28 août 2010 par luttennord dans Infos

Les faits racontés par Nord Littoral

Au petit matin du samedi 24 juillet, deux jeunes calaisiens de la ZUP, « connus des services judiciaires etc. », agressent deux CRS en civil, dans la rue Royale, à Calais Nord. Circonstance aggravante : ils auraient monté une embuscade.

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La police de Calais les aurait retrouvés et arrêtés. Garde à vue, confrontation, comparution immédiate, le 30 juillet au TGI de Boulogne-sur-Mer. Une trentaine de CRS 7 sont là, provoquent les soutiens des deux jeunes. Ils sont aidés par le représentant syndical Alliance qui donne sa version paranoïaque des évènements.

L’avocate de la défense absente, l’audience est reportée au 27 août. Ce qui ne retient pas la journaliste, Brigitte Gouret, célèbre pour ses leçons de morale respectant l’ordre bourgeois et policier. Elle reproduit tout ce que dit la présidente de la séance alors qu’aucun des deux prévenus ne peut s’expliquer et intitule son article : « Vous aviez bu ? La belle excuse ! »

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Procès du 27 août

les faits selon l’enquête de la police :

Dans la boîte de nuit 555, située à Calais Nord, les deux jeunes calaisiens ont une altercation avec deux autres clients. Le videur intervient et demande aux jeunes de partir : « Ils sont plus nombreux que vous et ce sont des CRS en repos. » Arrivés dehors, les deux jeunes auraient insulté les CRS et s’en seraient pris à deux autres personnes, puis se seraient enfuis à bord d’une voiture au moment où une patrouille de policiers arrivait. Les policiers ont vu un homme à terre, la tête en sang et ont noté le numéro d’immatriculation puis ont trouvé un couple de témoins qui racontera l’acharnement à coup de pied sur la tête de l’homme au sol. 4 jours d’ITT pour l’un et 0 jour pour l’autre.

Pour parfaire la scène sordide, la Présidente nous récite la liste des blessures établie par l’hôpital et tient à montrer les photos de la tête d’une des deux victimes. Le mauvais ton était donné.

Coup de théâtre : le substitut du procureur sait lire

Dès le départ de son intervention, le substitut du procureur a remis en cause les versions données au commissariat par les CRS agressés, sur leur présence étrange aux portes de la boîte, justement au même moment où les jeunes sortaient.

Il s’est étonné du travail de l’enquête : pourquoi les CRS à l’intérieur n’ont-ils pas été questionnés ? Pourquoi le videur refuse de témoigner ? Pourquoi le gérant n’a pas été interrogé sur les faits de violence devant ses portes ? Et les autres témoins ?

« Les blessures sont incontestables mais le contexte est contestable. »

Le substitut a laissé le soin à la présidente de juger.

Une cellule spécialisée dans la production de faux témoins ?

Lors d’une affaire personnelle, la police de Calais avait trouvé une tenancière de bistrot.

Cette fois, pour les deux jeunes calaisiens, elle a trouvé une autre femme, anonyme (à moins que ce ne soit la même), qui a témoigné avoir vu les jeunes frapper à coups de pieds sur la tête d’une des deux victimes au sol.

Or, l’hôpital de Calais n’a pas mentionné trace de blessures correspondant à des coups de pieds sur le crâne. C’est ce qu’a démontré l’avocate de Lille qui nous a débité chacune des blessures pour en expliquer l’origine technique.

Les deux CRS 7 étaient ivres. L’un d’eux aurait refusé la prise de sang quand l’autre avait encore 1 gramme.

L’avocate a imaginé la forte probabilité que les deux CRS en repos, dans la boîte de nuit, ont téléphoné à des collègues dans le même état de repos pour provoquer les deux jeunes calaisiens qui avaient accepté de sortir.

Dans les faits, une fois dehors, les deux jeunes ont entendu sur le trottoir d’en face, des personnes qui leur ont crié « CRS ! Contrôle d’identité ! » tout en traversant la rue. Les CRS enivrés ont commencé à les palper, ce qui a provoqué la bagarre.

L’avocate a parlé d’arrestations arbitraires et d’infraction de la part des policiers et a demandé la relaxe sur les chefs d’inculpation mais a reconnu les violences provoquées par des individus qui ne pouvaient se réclamer de leur fonction, ni d’une reconnaissance par les deux calaisiens.

La présidente a requalifié l’inculpation et a condamné les deux jeunes de la ZUP à 250 euros d’amendes au pénal, 200 et 50 euros à verser solidairement aux CRS et 200 euros de frais d’avocat.

Les deux jeunes sont normalement libérés à cette heure, après avoir passé plus d’un mois en prison.

A l’issue de l’audience, la mère de l’un d’entre eux a expliqué le refus du commissariat de Calais de prendre son témoignage alors qu’elle était présente à la sortie de la boîte de nuit. En l’occurrence, ils ne font pas que produire des témoins, ils en effacent aussi.


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