N-SA, quésako ? Les nouveaux amis de la Vlaams huis…

Publié: 4 novembre 2009 par luttennord dans Infos

 

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Nieuw-Solidaristisch Alternatief : Nouvelle zizanie au Vlaams Belang

Le 11 octobre, s’est déroulé le congrès fondateur de la Nieuw-Solidaristisch Alternatief (N-SA). Ce nouveau mouvement prône le « solidarisme » comme doctrine sociale alternative au libéralisme et au marxisme, récupérée et adaptée par l’extrême droite. La N-SA s’inspire du succès des néonazis allemands du NPD.

 

A sept mois des élections régionales et européennes, un nouveau mouvement d’inspiration néonazie pourrait affaiblir le Vlaams Belang. Et c’est tant mieux.

Le 11 octobre, s’est déroulé le congrès fondateur de la Nieuw-Solidaristisch Alternatief (N-SA). Ce nouveau mouvement prône le « solidarisme » comme doctrine sociale alternative au libéralisme et au marxisme, récupérée et adaptée par l’extrême droite. La N-SA s’inspire du succès des néonazis allemands du NPD. Ce groupe se présente comme national-révolutionnaire et affiche clairement ses sympathies pour les différents mouvements identitaires, tant néerlandophones qu’européens. Il en a d’ailleurs repris plusieurs symboles : le rat noir, la croix celtique…

Plusieurs membres de la N-SA sont des « collabos » flamands notoires, d’autres appartiennent au groupe nazi Blood and Honor, à Euro-Rus, aux écofascistes de Groen Rechts ou aux Vlaamse Jongeren Westland, qui ont récemment organisé une commémoration pour Hitler. Que du beau linge brun… Dans les rangs des « amis de la N-SA », on compte entre autres Nation, Jeune Nation, les étudiants flamingants du Katholiek Vlaams Hoogstudenten Verbond (KVHV) ainsi que ceux du Nationalistische Studenten Verbond (NSV).


Logo de la N-SA. Un trident sur fond noir et vert

Edouard Hermy, leader musclé

Le leader principal de la N-SA, Edouard Hermy, a déjà navigué dans pas mal d’eaux troubles. Cet ancien paracommando a déjà été condamné pour violences et racisme. Sa carrière politique a débuté chez AMADA (Alle Macht Aan De Arbeiders, Tout le pouvoir aux ouvriers), un ancêtre des marxistes-léninistes du Parti du travail de Belgique. Sur ordre du parti, il infiltrera le syndicat socialiste FGTB et organisera des grèves… avant d’être exclu d’AMADA pour « crypto-fascisme ».

Edouard Hermy rejoint alors le Vlaams Militante Orde (VMO), milice d’extrême droite ; il y participera à différentes actions violentes dont l’attaque de la librairie progressiste Rode Mol à Malines en 1980. Action pour laquelle il a été condamné.

En 1988, il participe à la fondation du Nationaal Front (NF), composé en grande partie d’ex-militants du VMO et du Front de la Jeunesse. Au programme du NF figurent notamment la peine de mort pour les grands criminels tels que les dealers de drogue, l’interdiction de l’avortement et l’expulsion des travailleurs étrangers. Des classiques de l’extrême droite… Le NF disparaîtra néanmoins après le flop rencontré aux élections de 1998.

Il adhère ensuite au Vlaams Belang. Un an plus tard, en 1999, il en est exclu suite à la diffusion d’un tract raciste à Ostende, tract signé par l’asbl Burgerinitiatief. Et est d’ailleurs condamné pour ce texte en 2002 par le tribunal de Bruges. Fin 1998, début 1999, la Burgerinitiatief, dirigée entre autres par Hermy, a publié ainsi une série de tracts contre le centre d’asile d’Ostende.

Nouveau solidarisme ?

L’idéologie de la N-SA n’est pas réellement « neuve ». La N-SA, comme les Vlaamse Jongeren Westland, base son discours sur le national-solidarisme, l’idéologie du Verbond van Dietsche Nationaal Solidaristen (Verdinaso) de Joris van Severen. Le solidarisme s’appuie sur le national-socialisme et accentue son aspect nationaliste, combiné avec un programme « social ».

La « solidarité »-version N-SA consiste à unir les forts et les faibles, les patrons et les travailleurs. Aussi, le solidarisme s’oppose-t-il à la lutte de classe, au socialisme et au communisme, aux syndicats, en bref : il est contre la lutte pour l’égalité économique et sociale. La N-SA plaide au contraire pour la direction de la société par une « élite ». Mais le solidarisme s’oppose également au capitalisme, au « grand capital ». D’où une « résistance » contre la mondialisation et l’« impérialisme américain ».

Quant à l’« alternative » défendue par la N-SA, il s’agit d’une sorte de troisième voie entre le capitalisme et le socialisme : une société corporatiste, une collaboration spontanée et organique entre les différents groupes de population, entre les patrons et les travailleurs.

Les visions libérales et individualistes de la société sont écartées. Selon le solidarisme, l’individu doit s’effacer derrière le « peuple » et ce dernier doit être un corps vivant, d’où les éléments « pathogènes » (comprenez les migrants) doivent être exclus. Ces xénophobes convaincus perçoivent également les migrants comme la menace la plus sérieuse sur le plan économique.

En résumé, l’alternative solidariste reste très vague. Les publications de la N-SA présentent surtout une réthorique anti-ci-anti-ça, mais clairement xénophobe.

Nationaux-révolutionnaires ?

La N-SA se déclare favorable à l’« Europe des peuples », ce qu’il faut comprendre par « peuples homogènes ». Derrière cette notion de peuples purs, on perçoit tout le potentiel de violence raciste… Dans cette logique, la N-SA veut bien entendu l’indépendance de la Flandre, qui amènerait — dit-elle — la Wallonie à défendre sa propre identité et à mettre sur pied une « vraie solidarité » « en se débarassant la caste capitaliste belge ».

Comme leur nom l’indique, les nationaux-révolutionnaires luttent pour une révolution nationaliste. Ils s’opposent par conséquent aux partis politiques traditionnels et à la démocratie parlementaire. Que feraient-ils, d’ailleurs dans un système démocratique, eux qui ont opté une fois pour toute pour un pouvoir aux mains de fer ? C’est tout dire : ils estiment que le Vlaams Belang n’est pas assez radical.

Dans ce sens, il faut voir la N-SA comme une énième tentative de rassembler les groupes de l’extrême droite extraparlementaire.

Zizanie au Vlaams Belang

Certains élus du Vlaams Belang provoquent leur propre parti en faisant ouvertement part de leur adhésion à ce nouveau mouvement. Mais, en coulisse, la N-SA compte encore plus de sympathisants du VB, y compris des parlementaires flamands et fédéraux. En particulier, parmi les (anciens) membres du Voorpost — pilier idéologique de l’extrême droite flamande nostalgique de l’ordre nouveau nazi —, beaucoup s’intéressent à l’« alternative économique » que leur offre la N-SA.

Il y a trois ans, la « flat tax » — impôt à taux unique — figurait encore dans les textes originaux de la nouvelle orientation économique du Vlaams Belang. Par cette mesure, la direction du parti voulait s’attirer les faveurs des milieux d’affaires flamands. Ce point a fini par être supprimé du programme sous la pression de l’aile solidariste du parti, mais la vision ultralibérale demeure et a provoqué un certain malaise pour la base pronazie de l’extrême droite flamande. Le malaise s’est même aggravé avec les positions « projuives » adoptées par Filip Dewinter dans le but de décrocher la mairie d’Anvers lors des élections de 2006.

Jan De Beule, conseiller communal à Hamme, est l’un des élus du VB qui a pris ses distances avec les tendances libérales du parti. Avec son mouvement Jongeren Aktief, la première section jeunesse du Vlaams Belang, il est allé se réfugier dans les rangs de la N-SA.

Filip Dewinter affirme qu’il déconseille aux membres du Vlaams Belang d’adhérer à la N-SA, mais qu’il ne l’interdit pas. Du moins jusqu’à ce que la N-SA devienne un vrai parti.

Si le profil de la N-SA, sa réthorique, ses symboles sont sans doute trop radicaux pour attirer une large couche de l’électorat du Vlaams Belang, sa seule existence semble suffire pour semer la zizanie.

Sources :
- « Alert ! », magazine de l’Antifascistiche Aktie, juillet 2008
- « Le Courrier international » du 21/10/08
- le site internet de la Nieuw-Solidaristisch Alternatief

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