SITUATION ALARMANTE DE JEAN-MARC ROUILLAN POURSUITE DE L’ACHARNEMENT JUDICIAIRE CONTRE GEORGES CIPRIANI

Publié: 8 mars 2009 par luttennord dans Infos

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Le 4 février 2009, le tribunal de l’application des peines de Paris rejetait la demande de libération conditionnelle de Jean-Marc Rouillan, jugeant cette requête « illégale » sous prétexte qu’il n’avait pas effectué une année complète de semi-liberté. Alors que c’est cette même justice « antiterroriste » qui avait décidé le 16 octobre dernier d’interrompre sa semi-liberté pour le remettre en prison à temps complet.

De fait, Jean-Marc Rouillan a été une fois de plus l’objet d’une décision d’exception rendue par une justice d’exception, « la dernière création de la justice antiterroriste : le juge d’application des peines antiterroriste » (communiqué du Syndicat de la magistrature du 27 novembre 2008). Et pourquoi ? Pour une interprétation tendancieuse de trois lignes extraites d’une interview à L’Express.

Il a ainsi entamé sa vingt-deuxième année de prison et les délais avant d’obtenir un nouvel aménagement de peine sont des plus aléatoires, à la lumière de ce que subissent aujourd’hui les prisonniers politiques : ils peuvent se compter en années de prison supplémentaires.

Cela témoigne de l’acharnement de l’État contre un militant révolutionnaire qui, avec ses camarades, a résisté à l’anéantissement durant ces longues années d’emprisonnement, marquées par l’isolement et des conditions très dures de détention. En dépit du chantage au reniement, il n’a jamais accepté de trahir son engagement. C’est ainsi qu’il a pu préserver son identité de militant. Et au moment où Jean-Marc Rouillan devait selon la loi retrouver la liberté, l’État prétend lui interdire de s’exprimer publiquement et de s’engager dans un parti politique légal.

Il n’y a en réalité aucun fondement juridique à lui imposer aujourd’hui un chantage aux regrets, alors que ceux-ci n’ont pu être exigés de lui pour le placer en semi-liberté. La notion de repentance n’existe pas en droit français. Mais un dispositif légal exceptionnel, mis en place au nom d’une idéologie sécuritaire qui connaît un développement sans précédent, a entraîné ces derniers temps un net durcissement de la situation des prisonniers politiques révolutionnaires. Ils sont les premiers visés par ces mesures préventives à l’égard des conflits sociaux qui surgiront inévitablement au cours de la crise économique.

Aujourd’hui, Jean-Marc Rouillan subit des conditions de détention d’une grande violence : dans une incertitude totale sur son sort, il n’a toujours pas été transféré en centrale, mais reste enfermé à la maison d’arrêt des Baumettes, où les parloirs et la communication avec l’extérieur sont très limités. Il n’a plus d’ordinateur, comme si l’administration pénitentiaire tentait de le briser en lui interdisant l’écriture, son instrument de résistance à la destruction carcérale. Et de récentes nouvelles nous alarment : depuis la mi-février, Jean-Marc a vu son état de santé se dégrader, sans que la direction de la prison ne prenne en compte l’urgence de sa situation. Des pressions de l’extérieur ont été nécessaires pour que celle-ci commence à apporter les réponses médicales exigées par ses douleurs et ses troubles.

Jean-Marc Rouillan ne doit pas rester otage de l’État. Il doit être libéré !

La vengeance infinie de l’État, la mort lente en prison, est-ce le sort réservé à un autre prisonnier révolutionnaire, Georges Cipriani ?

À Ensisheim, en effet, Georges Cipriani vient d’entrer dans sa vingt-deuxième année d’incarcération. Condamné lui aussi à perpétuité par une cour d’assise spéciale pour des actions armées revendiquées par son organisation, Action directe, il est libérable depuis quatre ans, puisque sa peine de sûreté de dix-huit ans s’est terminée en 2005.

Georges Cipriani avait déposé une demande de libération conditionnelle en novembre 2007. Il vient enfin d’apprendre qu’elle sera examinée le 7 avril, alors qu’elle aurait dû l’être au plus tard en mai 2008. Il aura ainsi subi une année supplémentaire en prison, alors que son dossier répond à toutes les exigences d’une décision favorable et aurait déjà dû lui permettre d’obtenir un aménagement de peine, sous la forme d’un placement en semi-liberté.

Mais la loi Dati, dite « sur la rétention de sûreté », a encore allongé la procédure spéciale jusqu’alors en vigueur. Adoptée le 25 février 2008, s’appliquant de manière rétroactive aux condamnés à perpétuité en dépit de la censure partielle du Conseil constitutionnel, c’est une nouvelle loi d’exception, utilisée en premier lieu, comme les autres lois d’exception avant elle, contre les militants révolutionnaires, comme Régis Schleicher, Georges Abdallah, des prisonniers politiques basques et Georges Cipriani.

En juillet-août 2008, celui-ci a donc été transféré pendant six semaines au Centre national d’observation (CNO) de la maison d’arrêt de Fresnes, dans des conditions très éprouvantes. Il y a été soumis à toute une série d’entretiens et a dû subir deux expertises psychiatriques afin notamment « d’analyser les dispositions de la personnalité du condamné dans les registres de l’intelligence, l’affectivité et la sociabilité et d’apprécier les dimensions pathologiques éventuelles, [ou] apprécier l’état de dangerosité actuelle du détenu ».

L’avis de la Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté, dont le juge d’application des peines antiterroriste devra tenir compte dans sa décision pour la libération conditionnelle, vient tout juste d’être notifié à Georges Cipriani. Il est négatif. En fait, les arguments des experts se contredisent entre eux, s’appuient sur une chronologie erronée et visent à déconsidérer le combat que mène Georges Cipriani avec tous les moyens à sa disposition et toute sa force de militant pour sa libération.

Cet avis négatif révèle que l’État instrumentalise le CNO et la Commission pour durcir encore plus sa logique répressive. Il les utilise pour vider de son contenu politique toute activité militante de lutte, pour individualiser la répression d’actions collectives et psychiatriser l’opposition au pouvoir. Or, les prisonniers révolutionnaires ont toujours refusé la psychiatrisation de leurs actes politiques et collectivement assumé – contre toute individualisation – la responsabilité des actions revendiquées par leur organisation.

Georges Cipriani ne doit pas rester otage de l’État. Il doit être libéré !
Le Collectif « Ne laissons pas faire ! »
Paris, le 7 mars 2009
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Liberation des prisonniers d’Action directe !

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