Clément, assassiné une deuxième fois

Publié: 26 juin 2013 par durruticolumn dans Antifascisme, Infos
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Clément : NI OUBLI NI PARDON

Il n’aura pas fallu trois semaines pour que Clément Méric, militant engagé contre l’extrême droite, soit assassiné une deuxième fois. Depuis ce matin, tous les médias reprennent en coeur une information dont l’exclusivité revient à RTL. Une exclusivité dont on pourrait se passer volontiers. C’est le destin cruel mais, semble-t-il, tout naturel pour une presse qui cherche à savoir, pour sans doute ensuite départager, qui a commencé le premier à frappé sur l’autre. Voilà, Clément Méric est assassiné une deuxième fois, accusé d’un comportement « agressif » – selon Le Figaro – envers de simples skinheads, à qui l’on n’enlève pas le fait d’être d’extrême droite, mais qui en tout état de cause, faisaient bien gentiment leurs courses – comme tout un chacun finalement.

C’est ce « jeune gauchiste » qui a porté le premier coup à Esteban Morillo, de plus frappant « par derrière ». La vidéo ne dure que quelques secondes. Elle ne permet pas de savoir si l’auteur des coups mortels était armé d’un poing américain ou non. Mais selon RTL qui a eu l’exclusivité de la visionnée, elle est une preuve irréfutable pour savoir ce qu’il s’est vraiment passé cette fin d’après midi du 5 juin. Non, il n’y a pas de paradoxe, enfin en tout cas pas au yeux des journalistes, sans doute peu scrupuleux, qui n’ont pas hésité à en tirer une conclusion qui risque de peser sur l’opinion publique. Non, malgré la brièveté des images et le manque de visibilité, toute l’affaire s’éclaircit d’un coup. Seulement la vérité reste seule immuable, ce 5 juin, l’extrême droite a versé le sang, a été jusqu’à tuer un militant qui avait pour engagement de lutter contre une idéologie de violence et de haine.

Les faits sont là, seulement les choses semblent avoir changé aujourd’hui. Après plusieurs années de sarkozysme, ce n’est pas, comme aiment à le penser certaines personnes, une parole de droite qui se serait décomplexée, mais bien une justification de l’injustifiable. En jouant sur la peur, les idées sécuritaires et xénophobes, la droite a laissé s’installer en France une opinion réactionnaire. Il y a deux jours une simple information relayée en toute pudeur par la presse nous apprenait que le « Front Républicain » n’existait plus, enterré dans la ville de Villeneuve-sur-Lot. Celui-ci a disparu dans une quasi indifférence générale. Une indifférence que Clément Méric n’aurait peut être pas partagé, non pas parce qu’il affectionnait ou se sentait proche des partis dits républicains mais parce que, sans doute, comme quelques uns, il ne pouvait concevoir le Front National ou tout autre parti d’extrême droite comme des partis classiques ayant leur créneau d’expression libre pour distiller des idées mortifères.

La publication par RTL et par leurs confrères d’articles décrivant l’affaire comme une simple rixe qui aurait mal tourné est l’exemple parfait de cette digue brisée par les assauts répétés d’une droite coupable et d’une certaine gauche, qui, parce qu’inactive et préférant expulser des Rroms plutôt que de lutter contre la misère sociale, est rendu partiellement complice. Le problème n’est plus de savoir si une personne comme Esteban a le droit de distiller sa haine et son aversion pour tout ce qui ne pense et n’est pas comme lui, mais de savoir si c’est bien lui qui a agressé Clément Méric et ses camarades en premier. Pourtant les journalistes semblent avoir oublié une chose: les idéologies totalitaires qu’Esteban glorifie ont tué, et les coups qu’elles continuent à porter sont faits pour tuer. Les idées que Clément, lui, défendait n’ont jamais eu cette finalité.

Sans doute Esteban n’avait pas prévu de tuer ce jour là, mais parce qu’idolâtre des idées fascistes, la mort était dans son camp.

Alors oui ! Vous avez raison messieurs les journalistes, Clément n’a pas été assassiné par Esteban, Clément a été assassiné par le fascisme. Oui vous avez aussi raison, la responsabilité de la mort n’est qu’en partie imputable à Esteban, c’est aussi celle de politiciens charognards n’hésitant pas à reprendre les idées les plus rétrogrades pour obtenir quelques voix de plus.

Mais non, messieurs les journalistes, Clément Méric n’a pas porté le premier coup contre les néo-nazis. Non Clément Méric n’est pas un agresseur au même titre que ces individus, qui, se sentant légitimés par des propos nauséeux, peuvent impunément agresser dans la rue des immigrés, des femmes voilées, des homosexuels ou des militants progressistes. Clément Méric défendait des idéaux qui vont à l’encontre de la haine, ceux portés par les militants antifascistes et les militants progressistes, des idées anti-autoritaires qu’ils continueront à porter bon gré mal gré. Cette lutte anti-fasciste nous n’avons pas attendu que vous la validiez ou non, à l’avenir il en sera de même.

Un camarade antifasciste.

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Meurtre de Clément Méric : halte aux mensonges !

Publié: 25 juin 2013 par durruticolumn dans Antifascisme, Infos
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Clément

Communiqué de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue et de Solidaires Etudiant-e-s

Meurtre de Clément : halte aux mensonges !

Depuis ce matin, l’ensemble de la presse en ligne reprend une information de RTL, au sujet d’une vidéo de la mort de notre camarade et ami Clément, sans la vérifier. A l’instar des journalistes qui diffusent ces calomnies nous n’avons pu visionner cette vidéo. Nous rejetons toutefois formellement l’interprétation qui en est faite. Les camarades présents avec Clément le 05 juin maintiennent leur version :

-oui il y a eu des échanges verbaux à l’intérieur du magasin devant les
messages ouvertement racistes et tombant sous le coup de la loi arborés
par les skinheads

-l’agression physique survenue à l’extérieur du magasin est le fait des
skinheads qui se sont approchés, ont encerclé nos camarades puis les ont agressés. Les militants néonazis étaient armés de coups de poing américains et ont tué Clément Méric.

Il est donc impossible que des images montrent Clément se précipiter vers
son agresseur pour lui porter un coup dans le dos. C’est au contraire
Esteban qui a quitté le centre de la rue pour se diriger vers Clément. Les militants d’extrême droite eux-mêmes n’ont jamais prétendu que Clément se soit précipité vers eux pour les frapper par derrière.

Les mensonges relayés dans la presse ne font qu’ajouter à la douleur de
ses proches.

Paris, le 25/06/13


Islamophobie

MANIFESTATION DE PROTESTATION CONTRE L’ASSASSINAT D’UN BEBE D’UNE FEMME VOILEE : LA POLICE EN CIVIL ENTRE DANS LA MANIFESTATION ET PROCEDE A UN CONTRÔLE D’IDENTITE DE DEUX FEMMES VOILEES

A l’appel du Front Uni de l’immigration et des Quartiers populaires (FUIQP) et du CSP59, la manifestation de ce mercredi 19 juin protestait contre l’assassinat par des fascistes Français du bébé d’une femme voilée.

Les slogans de la manifestation laïque étaient : « Avec ou sans voile, égalité des droits », « Nous sommes tous noirs, arabes, rroms, bouddhistes, siks, musulmans et athées », « le racisme se combat, le fascisme s’écrase ».

Dès le départ de la manifestation, un énergumène « défenseur du racisme anti-blanc » est venu provoquer en voulant s’attaquer « aux femmes voilées ».

Puis voilà que la police en civil entre soudainement dans la manifestation pour arrêter deux femmes voilées qui scandaient ces mots d’ordre pour disent-ils « vérification d’identité ».

On ne peut comprendre cette action policière que comme clairement une provocation policière délibérée dans l’intention de pousser à une réaction violente afin de dénaturer et réprimer la manifestation contre les crimes fascistes islamophobes, rromophobes et racistes.

C’est fou d’oser procéder à un contrôle policier de « femmes voilées » dans une manifestation laïque, celle notamment du CSP59, contre l’agression fasciste d’une « femme voilée » dont le bébé est tué. Nous dénonçons par avance une telle forfaiture si elle devait déboucher sur une amende à payer par les « femmes voilées ».

Quelle signification donnée à une telle provocation policière alors que la même police est incapable d’arrêter les agresseurs d’un bar gay à Lille, les auteurs de l’attentat terroriste à coups de cocktails molotovs contre des familles de Rroms, etc. ?

Quel sens donné au silence des médias sur des attaques fascistes criminogènes, la justice à deux vitesses concernant les crimes racistes, notamment les dites « bavures » policières dont sont trop souvent victimes les « enfants issus de l’immigration » et la banalisation médiatique et politique du parti fasciste Français : le Front National (FN) ?

Le meurtre de Clément, les cocktails molotovs sur des Rroms, le bébé tué ne suffisent pas pour ouvrir les yeux sur l’engrenage dangereux dans lequel les activités de la médaille à double face du fascisme français est
entrain d’entraîner le pays :

  • les groupuscules fascistes créent un climat de terreur comme le faisaient les sections d’assaut (SA) de Roehm avant la prise de pouvoir des Nazis et le parti National Socialiste de Hitler se présentait aux élections tout comme le Front National de la fille du père Marine Le Pen ;
  • les uns servent les autres et vice versa, chacun dans son rôle même si pour tromper on fait semblant d’avoir des divergences ;
  • les partis de gouvernements – UMP et PS – jouent avec le feu tant qu’ils croient que cela peut servir à diviser « ceux que tout uni » (les travailleurs et le peuple) au plus grand profit des patrons exploiteurs.

Nous disons et appelons à dire ensemble STOP AU FASCISME, car comme le disait fort justement Saint Just : PAS DE LIBERTE POUR LES ENNEMIS DE LA LIBERTE ! Sarkozy a été chassé par le peuple parce qu’il était allé trop loin dans la complicité avec les paroles et les actes fascisants.

Hollande et Vals doivent clairement choisir leur camp et STOPPER LE RACISME D’ETAT DONT UNE DES MANIFESTATIONS EST CETTE ARRESTATION PROVOCATRICE DANS UNE MANIFESTATION DE PROTESTATION CONTRE UNE CRIME FASCISTE.

Comité des Sans Papiers 59 (CSP59)
42 rue Bernos
59800 Lille Fives
tél : 0680575061
e-mail : csp59@wanadoo.fr

Note de Lutte En Nord : le terme approprié est la perte d’un foetus, ce qui n’enlève rien au caractère horrible de l’agression.


Moins de deux semaines après que notre ami et camarade Clément nous ai été arraché nous venons d’apprendre que la jeune femme enceinte agressée dont il est question dans cette vidéo a perdu son enfant. Il y aurait bien des choses à dire sur ce nouveau drame, sur le contexte dans lequel il intervient et sur la nécessité de donner une réponse sociale et politique forte à ces violences, mais pour l’heure toutes nos pensées vont à elle, à sa famille et à ses proches.
Action Antifasciste Paris-Banlieue

Couverture Hazem

Une rencontre-débat avec Hazem El Moukaddem, auteur du livre Panorama des groupes révolutionnaires armés français de 1968 à 2000, aura lieu jeudi 20 juin 2013 à 19h à la Maison des syndicats CNT, 32 rue d’Arras, Lille.

Présentation du livre :

La France semble atteinte d’un étrange syndrome qui fait que ses frontières semblent la protéger de tous les maux. Il en a été ainsi du nuage radioactif de Tchernobyl qui a survolé tous les pays voisins mais qui a eu le bon goût de contourner l’Hexagone. De même, la crise qui touche nos amis grecs, italiens, espagnols et anglais nous épargne étrangement malgré quelques remous ici et là. Mais on sait que nos chômeurs sont des fainéants, nos ouvriers de mauvais coucheurs, nos amis étrangers et Rroms des égoïstes qui n’ont aucune reconnaissance pour les gouvernants, et nos taulards des gens de mauvaise foi.

Ainsi, d’après ce qu’on nous affirme ici et là, pendant les « années de plomb », si des mouvements révolutionnaires armés se sont exprimés en Allemagne, en Italie et un peu partout en Europe, il n’y aurait rien eu de particulier en France. Enfin, rien de réellement notable. Même pas de quoi en écrire l’histoire. Dixit les July, Glucksmann, Castro, BHL et tant d’autres aujourd’hui occupant tous des postes de pouvoir, tant dans la presse, la culture, la politique que dans l’économie. Toutes les politiques institutionnelles de ce pays semblent fonctionner désormais avec, comme base affirmée, la négation du mouvement armé. Une des tâches de l’antiterrorisme est d’ailleurs de fabriquer de l’unanimité autour de la dépolitisation et de la criminalisation des résistances du mouvement révolutionnaire. Et force est de constater qu’en France, l’extrême gauche, pour l’essentiel, a participé à ce large consensus. Alors quoi, renégats, repentis ou simplement amnésiques ? Pourtant, si nous nous bornons à comparer le nombre d’attentats entre 1968 et 1976 en Italie et en Allemagne, désignés pour être le creuset de la lutte armée européenne, avec ceux perpétrés pendant la même période en France, nous sommes en droit de remettre en question cette négation. On constate en effet que, durant ces huit années, trois fois plus d’actions politiques violentes sont commises sur ce territoire que dans les deux autres pays réunis. Alors qu’en est-il vraiment ?

Ce livre propose une chronologie commentée des mouvements révolutionnaires armés français de 1968 à 2000 et retrace une histoire qui, de la Gauche Prolétarienne à Action Directe en passant par les Groupes d’Action Révolutionnaire Internationaliste, les Brigades Internationales, les Noyaux Armés pour l’Autonomie Populaire et la guérilla diffuse du mouvement autonome, a existé, fait partie de la réalité politique de ce pays et a sa logique. Ce panorama du mouvement armé en France, loin de vouloir clore le débat, cherche au contraire à l’ouvrir en rompant avec les vulgates et les critiques préfabriquées de la psalmodie anti-terroriste, qu’elles soient prononcées par les historiens, les journalistes ou certains militants eux-mêmes.


Sionisme

Hier soir, aux alen­tours de 19h, à l’entrée de la Gare Saint-​​Lazare, Clément Méric, militant anti­fas­ciste de 19 ans a été passé à tabac par un groupe de skin­heads affilié, selon diverses sources, au groupe des Jeunes Natio­na­listes Révo­lu­tion­naires (JNR). Il est depuis hier soir en état de mort céré­brale à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière.

L’Association France Palestine Soli­darité tient à condamner fer­mement cet acte abject. Le retour des grou­pus­cules d’extrême droite dans diverses régions fran­çaises est plus qu’inquiétant. Qu’ils se nomment JNR ou LDJ, et quelles que soient leurs moti­va­tions, nous ne pouvons détourner le regard de ces indi­vidus qui pro­pagent le racisme en toute impunité, en usant de dis­cours de haine et de vio­lence phy­sique contre des mili­tants. De son côté la ligue de défense juive (LDJ), une milice interdite aux Etats-​​Unis et en Israël, mais tolérée en France, a reven­diqué publi­quement, avant de se rétracter, une agression en bande orga­nisée contre le jeune Mounir à Saint-​​Mandé dimanche 2 Juin. Le Jeune Mounir était dans un premier temps tombé dans le coma. Les consé­quences de cette agression auraient pu être dra­ma­tiques comme dans le cas de Clément.

Nous appelons le ministère de l’Intérieur à prendre les mesures d’interdiction qui s’imposent, pour que ces groupes cessent de nuire et que soit pré­servé notre cadre démocratique.

[…]

Association France Palestine Solidarité (AFPS)


Photo La Voix du Nord

Photo La Voix du Nord

Plus d’un millier de personnes ont à nouveau défilé hier à Lille pour honorer la mémoire de Clément Méric, syndicaliste à Solidaires étudiant-es et militant à l’Action Antifasciste Paris-Banlieue, tué par les fascistes de Troisième Voie pour ses idées. De la place de la République à la Grand Place en passant par la rue du Molinel et la rue de Béthune, les nombreux manifestant-e-s – sans drapeaux ni signes d’appartenance partisane – ont chanté des slogans antifascistes, ont déclenchés des fumigènes et se sont recueillis pour rappeler que l’extrême-droite et que, si nous ne l’arrêtons pas, elle tuera encore. Non-blancs, homosexuel-le-s, musulman-e-s, juif-ve-s, militant-e-s progressistes, tous sont dans la ligne de mire.

Après quelques lectures de textes, la police, toujours prompte à protéger les fascistes, a bloqué certains manifestant-e-s afin qu’ils ne puissent pas se rendre au rassemblement d’opposition aux « veilleurs » homophobes place de l’Opéra. Une personne a été interpellée sans aucune raison apparente et un groupe de militant-e-s s’est retrouvé bloqué pendant plus d’une heure par la « Brigade Anti Criminalité ».

Une centaine de militant-e-s pour l’égalité, accompagnés des Sambaktivistes, a tout de même réussi à passer entre les mailles du filet et a bruyamment rappelé aux homophobes, comme les deux semaines précédentes, que la rue appartient à ceux qui sont pour le progrès social et la fin des discriminations sexuelles. Pendant ce temps-là, une dizaine de gros bras des JNR et de Troisième Voie (groupes qui sont pourtant en passe d’interdiction) pavanaient autour du magasin néo-nazi Tribann, rue du Port, et dans le centre ville, sans que la police ne trouve rien à y redire…

Photo La Voix Du Nord

Photo La Voix Du Nord