Archives de mai, 2011




Parce-que jamais nous ne laisserons la rue aux fascistes ! Parce-que face à la répression notre arme est la solidarité ! Venez nombreux soutenir les antifascistes Lillois condamnés. Au programme  :

21h. Prix libre. Au Centre Culturel Libertaire (4 rue de Colmar, Lille).

A lire : l’article de l’un de nos camarades récemment condamné.

Orga : Turbulences Sociales


Appel national contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers par Collectif d’ailleurs nous sommes d’ici

MANIFESTATION REGIONALE SAMEDI 28 MAI A14 h A LILLE PLACE DE LA REPUBLIQUE/PARVIS DES DROITS DE L’HOMME

Au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007 était créé, pour la première fois dans l’histoire de la République, un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement. Depuis, des dizaines de milliers d’étrangers en situation irrégulière, hommes, femmes, enfants, sont traqués, arrêtés et expulsés, y compris dans un pays en guerre comme l’Afghanistan.

Voulue par le chef de l’Etat, mise en œuvre par ses gouvernements successifs, le ministère de l’Intérieur aujourd’hui, et soutenue par l’UMP et ses alliés à l’Assemblée, cette politique est inacceptable car elle viole des principes humanitaires élémentaires et des dispositions internationales ratifiées par la France. A cela se sont ajoutés les effets désastreux du pseudo-débat sur l’identité nationale puis la chasse aux Roms.

Pour que cesse cette situation qui porte atteinte à des droits fondamentaux, menace gravement le droit d’asile et ruine l’existence des personnes étrangères visées, nous appelons à une manifestation nationale et unitaire au mois de mai 2011, à la date anniversaire de la création du ministère de l’Immigration qui perdure aujourd’hui sous une autre forme.

Nous exigeons sa suppression, l’arrêt immédiat de cette politique et la régularisation des sans-papiers.

Appel pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers !

Premiers signataires : CSP59, Ldh, Mrap, Cimade, Collectif Afrique,


à 14h-16h : L’identité blanche et sa critique

Conférence suivi d’une discussion avec Maxime Cervulle, sociologue, directeur de publication de la revue Poli – Politique de l’image. et auteur de : « Dans le blanc des yeux : diversité, visibilité et représentation raciale », revue Tausend Augen. co-auteur : Homo Exoticus. Race, classe et critique queer

à 16h30-18h*30: *Réflexions sur « l’homonationalisme ».

La politique LGBT au prisme des rapports sociaux de « race »* Conférence suivi d’une discussion avec Maxime Cervulle. *journée dans le cadre d’un cycle sur * *"Les gauches blanches anti-racistes face à la complexité du racisme. Les effets du racisme sur les Blanc-he-s ?"

* http://idees.a.coudre.over-blog.com idees.a.coudre@gmail.com

PROGRAMMATION COMPLETE ci dessous

* Samedi 28 mai 2011 * *L’identité blanche et sa critique* 14h-16h: conférence, Maxime Cervulle, sociologue et directeur de publication de la revue *Poli – Politique de l’image*. * * *Réflexions sur « l’homonationalisme »* *La politique LGBT au prisme des rapports sociaux de « race »* 16h30 -18h30 : conférence, Maxime Cervulle.

*Lundi 06 juin 2011 * *Comment penser la lutte **anti-raciste et anti-capitaliste* *à partir d’une position sociale de Blanc-he et/ou de « classe » moyenne ?** * 20h30 : conférence, Saïd Bouamama, sociologue et militant pour l’égalité.

*Mercredi 15 juin 2011* *L’autonomie des luttes de « l’immigration ».* *Histoire et actualité (MIB, Indigènes de la république, CRAN)* 20h30 : conférence, Cheikh Adramé Diagne, sociologue

*Vendredi 24 juin 2011* *Racisme, blanchité et système de « privilèges »* 20h30 : conférence, Horia Kebabza, sociologue. * (lieu à définir)*


Chronique d’une répression judiciaire annoncée

Jeudi 12 mai 2011, 08h00, je suis convoqué à la 8ème chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Lille. On me reproche des violences en réunion à l’encontre de deux militants du Front National de la Jeunesse du Nord, à savoir Kevin Sorret et Nicolas Reynes.

Petit retour en arrière…

Octobre 2010, le mouvement contre la réforme des retraites bat son plein ; à Lille 3 une Assemblée Générale d’étudiant-es rassemble un peu plus d’un millier de personnes et les débats vont bon train. Présent dans l’assistance, je suis les prises de parole qui se succèdent les unes aux autres, lorsque se présente face aux étudiants le responsable de la fédération du FNJ du Nord, Nicolas Reynes.

Une fois l’effet de surprise dissipé, quelques camarades et moi dénonçons publiquement le personnage, son appartenance politique et ses buts inavoués. Le ton monte, les échanges sont virulents, et à mon grand étonnement ce sont de jeunes syndicalistes de l’UNEF qui s’interposent et évitent à cet individu de se faire jeter dehors manu militari, à grands coups de pompe dans le cul !

Signe des temps, une grande partie de l’assemblée conspue mon intervention, prétextant la sacrosainte liberté d’expression démocratique… Une fois son discours terminé, le militant frontiste sera lui aussi conspué par la même assemblée… mais elle voulait entendre ce qu’il avait à dire…

Petit aparté, nous sommes là confrontés à l’extrême banalisation du Parti « Front National », à l’acceptation de ce parti sur l’échiquier politique démocratique et à la normalisation de la pensée réactionnaire. On écoute le Front National, on dialogue, on s’en inspire…

Revenons-en aux faits,  une quinzaine de jours plus tard, les militants fascistes (le terme n’est ici pas galvaudé) reviennent sur le campus, cette fois-ci à quatre, les deux individus précédemment nommés et un autre frontiste qui accompagne l’élue régionale Stéphanie Koca.  Dans un premier temps ils restent en haut de l’amphithéâtre, qui est cette fois plutôt désert, la fin du mouvement est proche. C’est à ce moment qu’a lieu notre première altercation, elle sera verbale, et suffisamment dissuasive pour qu’ils quittent le campus universitaire.

Seulement voilà, avec quelques camarades nous les accompagnons vers la sortie et là, ils comprennent très vite que notre tolérance aux fascistes est égale à zéro. Contrairement à ce qu’ils ont écrit ici et là, il ne s’agit en rien d’un « lynchage », juste deux, trois coups donnés histoire de faire rentrer les rats sous terre, là où est leur place.

Trois semaines plus tard me voilà convoqué au commissariat de Villeneuve d’Ascq après avoir été reconnu par les renseignements généraux sur la vidéo-surveillance de Lille 3. Les anti-systèmes de pacotille sont allés déposer une plainte à notre encontre et la police a fait son boulot.

J’ai reconnu et assumé les faits. L’utilisation de la violence comme outil révolutionnaire ne m’a jamais posé problème. L’état sous sa forme démocratique est bien plus violent que moi dans mon quotidien, et les fascistes qui ici jouent les victimes n’en seront pas moins les bourreaux demain.

Il ne s’agit pas de faire l’apologie de la violence, juste la respecter comme une tactique politique quand on la juge appropriée. Face à l’extrême droite, au patronat et autres réactionnaires  elle est une technique de lutte aussi légitime que les manifestations ou la propagande.

Monsieur le procureur et Madame la juge ne l’ont pas entendu de cette oreille et mon condamné à 3 mois de prison avec sursis, une amende de 500 euros pour le tribunal et 1000 euros pour chaque fasciste agressé… Je n’attendais rien d’autre de leur part, la justice bourgeoise défend les intérêts de sa classe, je n’en fais pas partie et c’est tant mieux. Les tribunaux jugent au quotidien des gens du peuple et très rarement les puissants. L’état me juge « hors la loi », tant mieux, vos lois et vos règles ne sont pas les miennes, oui je suis illégaliste.

La période politique actuelle est inquiétante à plusieurs titres, la démocratie que l’on nous vend sent  le moisie, à tel point que le fascisme y devient soluble et que les idées les plus réactionnaires en sont parties intégrantes.

Aujourd’hui nous ne nous battons plus pour avancer vers notre idéal mais pour défendre le peu d’acquis qu’il nous reste… A nous de reprendre l’offensive, de proposer, de s’organiser collectivement pour continuer de lutter ensemble.

La répression ne nous arrêtera jamais, la lucha sigue ! Manu 


APPEL DES CENTRES SOCIAUX DU NORD : CONTRE LA POLITIQUE DE L’INDIGNITE !

RENDEZ-VOUS LE SAMEDI 21 MAI 2011, à 14H00, à la porte de Paris, à Lille, pour une manifestation historique qui nous conduira à la Préfecture du Nord – pas de Calais.

Cet appel s’appuie sur une motion votée à l’unanimité lors de l’Assemblée Générale de la Fédération des centres sociaux du Nord du 26 mars 2011.

Le département du Nord, fort de ses 2 millions et demi d’habitants, est le département le plus peuplé de France. C’est aussi un département qui a été fortement marqué par la crise industrielle mais qui a depuis une vingtaine d’années réussi à relever la tête et à montrer aux yeux de tous son infinie richesse. Pourtant, les séquelles de la crise perdurent encore aujourd’hui et augmentent significativement à mesure que les politiques sociales et familiales ne sont plus une priorité pour nos dirigeants. Ainsi, c’est dans le Nord que les effets de la crise économique sont les plus visibles : le taux de chômage est nettement supérieur à la moyenne nationale et la précarité augmente, qu’il s’agisse de l’emploi, du logement ou de la santé. L’espérance de vie y est aussi plus faible en raison des conditions de vie et d’un accès inégal aux soins.

Les habitants acteurs des Politiques sociales

140 centres sociaux sont implantés dans le département pour faire rempart au glissement des habitants les plus fragiles dans l’exclusion et l’extrême précarité, tout en préservant la possibilité d’une mixité sociale essentielle à la cohésion sociale. Nous, les représentants des centres sociaux du Nord – usagers, administrateurs, bénévoles et salariés –nous nous battons quotidiennement pour le respect de la dignité humaine et pour plus de solidarité, pour que chacun accède à ses droits et puisse voir ses qualités reconnues, quel que soit son genre, son âge, son origine ou encore son histoire. Pour cela, nos projets de centres sont construits pour et par les habitants, dans un respect et une écoute commune et sous le mode de la démocratie participative.

Les centres sociaux mis en danger

Pour pouvoir perpétuer nos valeurs et nos actions, les centres sociaux comptent sur le soutien financier, technique et politique des Caisses d’Allocations Familiales (CAF) qui ont toujours su être à l’écoute et répondre aux spécificités des différents territoires du Nord. En effet, les problématiques auxquelles doivent faire face les habitants de Roubaix ne sont pas les mêmes qu’à Dunkerque, à Valenciennes ou à Fourmies. Par conséquent, 8 CAF sont implantées dans différents territoires du département pour qu’une politique sociale de proximité et sur mesure soit mise en œuvre. Or, l’Etat, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) souhaite qu’une seule CAF gère toutes les spécificités du Nord, ce qui risque d’induire une uniformisation de la politique sociale, la fin d’un travail coopératif entre les CAF et les centres sociaux et une baisse importante des moyens financiers qui sont déjà réduits à peau de chagrin !

Nous subissons depuis des années le désengagement financier de l’Etat et nous avons ainsi de plus en plus de difficultés à répondre à nos missions tandis que la pauvreté dans le département augmente ! Nous sommes de plus en plus contraints de mettre en place des actions avec des moyens de plus en plus limités !

Un Etat paradoxal : De la RGPP soit disant orientée vers l’amélioration des services à l’usager à la réduction aveugle des moyens dédiés aux habitants les plus précarisés

Nous constatons que l’Etat délaisse de plus en plus les territoires fragilisés et ses acteurs associatifs : Division par deux des financements des postes FONJEP, division par deux des financements d’Etat du dispositif « Quartiers d’été », réduction rapide des fonds CUCS. Par ailleurs, le développement insidieux du mode de financement des centres sociaux par « appels d’offre » fait que les actions menées dans nos équipements ne sont plus l’émanation des habitants mais d’institutionnels éloignés du terrain ! L’obligation de démultiplier les sources de financements pour survivre fait que nous passons plus de temps à remplir des dossiers de demande de subventions qu’à répondre aux besoins de nos usagers ! Et Maintenant l’Etat voudrait contraindre encore plus la mise en œuvre de politiques sociales et familiales de proximité déjà fragilisées ?

Les centres sociaux et les habitants en colère… !

Nous, les représentants des centres sociaux du Nord – usagers, administrateurs, bénévoles, salariés – sommes résolument engagés dans une démarche d’Education Populaire et sommes déterminés à défendre la dimension citoyenne du projet centre social indispensable à la vie en société ! Nous rejoignons en cela le récent rapport du médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye qui affirme : « Il nous faut retrouver le sens de la responsabilité et de l’intérêt général. Les français sont en train d’imploser sous une pression trop forte, un trop mal vivre ensemble dans la vie de tous les jours et au travail. Ils souhaitent que l’administration s’occupe d’eux comme des personnes et non comme des dossiers ». Avec beaucoup d’autres nous constatons au quotidien sur le terrain les méfaits des politiques antisociales, à observer les effets du chômage dans les familles, à voir les conséquences de l’illettrisme et de l’inégal accès aux soins en termes de dignité humaine, nous demandons à l’Etat :

? Que la CAF du Nord puisse développer un mode de gestion très décentralisé de ses Politiques d’action sociale et familiale à partir de Commissions Territoriales dotées d’un réel pouvoir Politique, technique et financier.

? D’augmenter très significativement son soutien financier à l’action sociale et familiale collective de la future CAF du Nord en territoire.

? Que le montant des financements des postes FONJEP soit doublé et non pas divisé par deux, afin d’assurer leur véritable rôle de soutien à l’emploi associatif.

? Que les financements d’Etat dédiés au dispositif « Quartiers d’été », existant depuis maintenant 20 années soient maintenus. Ce dispositif propre à la Région Nord – Pas de Calais et piloté par le Conseil Régional a montré toute son efficacité.

? Que les financements CUCS, indispensables aux territoires déjà très fragilisés, soient maintenus.

L’existence d’un centre social, dans la proximité avec les habitants, est la garantie du maintien d’une vie sociale riche et diversifiée. Nous appelons nos usagers, nos partenaires, celles et ceux qui soutiennent cette action à signer cet appel et à nous rejoindre le samedi 21 mai pour défendre les valeurs qui animent notre réseau : Dignité Humaine, Démocratie, Solidarité !