Archives de mars, 2009


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Conférence – Débat sur les lieux de vie avec Claude SIGALA

Les lieux de vie apparaissent dans les années 70 dans la mouvance de l’anti-psychiatrie et prônent une approche différente, communautaire, hors des murs de l’asile. Ils s’inscrivent de plein droit dans la cité. Ce courant de pensée refuse de réduire la personne à son symptôme qu’il s’agirait d’isoler et de traiter.

Les lieux de vie s’appuient notamment sur trois principes fondateurs : l’hétérogénéité des problématiques des personnes accueillies, le vivre avec et l’ouverture sur la cité. Ces principes entraînent des pratiques alternatives à celles mises en place habituellement dans les institutions. Il est à noter que ces concepts fondateurs se perdent à l’heure actuelle à travers une institutionnalisation rampante.

Claude SIGALA, éducateur de formation, est le fondateur en 1975 du lieu de vie « Le Coral », situé à Aimargues dans le Gard. Il a été amené à travailler avec Maud MANONNI et Fernand DELIGNY et a contribué à la création du Collectif Réseau Alternatif à la Psychiatrie en 1977.

Ces structures alternatives ont émergé face aux conséquences du morcellement, de la spécialisation et de la hiérarchisation de la prise en charge qui avaient cours dans le secteur social.

De nos jours, où en sommes-nous par rapport à ces constats ? Quelle place pour des pratiques alternatives ? Quelles seront les conséquences de la réforme actuelle de la psychiatrie, de la sécurisation massive des établissements ?

Durant la conférence, seront abordés l’historique, les principes fondateurs des lieux de vie et la pertinence de l’existence de telles structures puis ouverture aux débats.

Mercredi 1er Avril à 18h30 à l’EES

22 rue Halevy à Lille (métro Cormontaigne) – Entrée Libre

Boissons et petite restauration sur place (prix libre )

http://collectif-permanent.over-blog.com


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Court-métrages « Cinéma et mémoire » avec l’association Etouchane Mardi 31 mars 2009 (20 h 00), prix libre Centre culturel Libertaire, 04 rue de Colmar, métro porte des postes

L’association Etouchane présente six court-métrages documentaires réalisés dans le cadre d’un atelier de de films « Cinéma et mémoire » à Béjaia en Algérie. Ces films présentent un véritable éventail de situations, de thèmes et de personnages de milieux divers, reflet de la diversité algérienne.

Discussion avec les réalisateurs à l’issue de la projection.

LES FILMS

« Yaranegh (entre nous) » de Amine Ait Ouaret (19mn)

Lors de la commémoration des événement du 20 Avril 2001 en Khabylie (appelé aussi « Printemps Noir »), je retourne à mon village d’origine ou vivent encore certain membre de ma famille et des amis d’enfance. A travers ce film, je souhaite rendre hommage aux jeunes villageois de mon âge qui ont compris que eux seuls peuvent décider du devenir de la vie commune de leur localité, qui ont compris qu’eux seuls peuvent s’offrir une bouffée d’air dans un monde étouffé par les traditions et la hiérarchie des aînés .

« Fateh » de Abdenour Ziani (13 mn)

Fatah, portrait d’un poète de notre temps.

« Harguine Harguine de Mériem Bouakaz , (24 mn). « Harguin » de « harragas »,expression utilisée au Maghreb et en particulier en Algérie pour désigner les personnes, en particulier les jeunes, qui fuient leur pays coûte que coûte en traverssant la mer. Pourquoi veulent-ils tous partir coûte que coûte, acceptant tous les risques, malgré les dangers qu’ils savent terribles ? Qu’est ce qui les pousse à fuir leur pays ? Pourquoi sont-ils toujours plus nombreux à choisir cette voie ? Que cherchent-ils Qu’espèrent-ils y trouver ? Quel est donc ce rêve pour lequel ils sont prêts à mourir ?

« C’est à Constantine » de Bahia Bencheikh-Elfeggoun (30 mn)

Je suis Constantinoise, je vis à Alger depuis 7 ans. A 30 ans je retourne dans ma ville natale dans un but professionnel et m’aperçois de l‘ignorance que j’ai de Constantine ma ville, son histoire, mon histoire… A travers l’histoire de ma famille, le film pose le questionnement de toute une génération par rapport a ses racines et dresse un état des lieux identitaire de l’Algérie aujourd’hui.

« Mémoire d’un boycott » de Chérif Messaouden (28 mn)

Lors du boycott scolaire qui avait été lancé par le mouvement culturel berbère (MCB) pour la reconnaissance officielle de la langue tamazight et son introduction dans l’enseignement de l’école à l’université , j’ai participé à plusieurs manifestations pendant cette période de « dissidence scolaire » de l’année 1994/1995 . Beaucoup d’encre a coulé .C’est pour mieux comprendre cette épopée à inscrire à l’actif du long combat à l’amazighité que j’ai décidé de porter un regard critique de la réalité vécue de cette période avec toute la liberté et tout le recul nécessaire à travers l’image .

« Gaâda » ou le retour des enfants prodiges de Smaïl Selkh (16mn)

Les membres fondateurs Gaâda Diwane , groupe de musique de renomée internationale est de retour à la Ville natale. Bechar, Oasis au milieu du désert, non loin de Timimoun ou je vis actuellement.

L’association Etouchane, regards croisés, s’est lancée dans un projet d’atelier de réalisation de films documentaires en Algérie, en partenariat avec les Ateliers Varan, l’association franco-algérienne Kaina Cinéma et enfin les structures locales dont principalement : l’association locale « Cinéma et Mémoire » et la cinémathèque Algérienne à Béjaia.

Présentation du projet

Si la décennie noire n’a eu que des effets néfastes sur l’économie et dans la société algérienne, cette crise n’a fait qu’empirer la situation chaotique de la création artistique et de la production cinématographique et audiovisuelle en particulier. Cette situation est liée à une quasi-absence de structures indépendantes capables de donner une réelle assise à la production cinématographique et de porter de véritables projets pour faire exister une cinématographie indépendante. Pour l’Algérie, ce type de démarche nous semble essentiel, au regard du traitement journalistique dont ce pays a fait l’objet durant cette dernière décennie.

Cet atelier de réalisation documentaire a permis d’explorer avec les stagiaires les facettes multiples du cinéma du réel et aussi celles de la société algérienne dans sa complexité qui peuvent aider à répondre à une question qui nous semble importante : Qui sont ces femmes et ces hommes d’Algérie ? De ce point de vue, il peut devenir un instrument de connaissance et de réflexion sur la société algérienne. Au final, les six films documentaires réalisés racontent un pays, une ville ou tout au moins font sentir quelques-uns de ces visages d’algériens à travers le croisement de regards de réalisateurs d’origine sociale et culturelle différentes Ces films réalisés (entre octobre 2007 et novembre 2008) représentent un véritable éventail de situations, de thèmes et de personnages de milieux divers,reflet de la diversité algérienne.

Les Six court-métrages documentaires présentés ont été réalisés dans ce cadre.

Mauvaises intensions…Isa, Juan, Damien, Ivan

Publié: 30 mars 2009 par luttennord dans Infos

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Vendredi 27 mars , la Chambre de l’instruction a ordonné la mise en liberté sous contrôle judiciaire de Damien .

Aujourd’hui, Juan est encore emprisonné à la prison de bois d’Arcy. Et, Farid est à la prison de la Santé pour violation de son contrôle judiciaire.

Notre lutte pour les arracher de la prison, instrument de l’isolement, et contre ce monde d’exploitation et de contrôle continue. On lâche rien.

CONTRE TOUS LES ENFERMEMENTS. LIBERTE POUR JUAN, FARID ET TOUS LES AUTRES.

Pour plus d’infos: http://infokiosques.net/mauvaises_intentions

Yvan quant à lui à décidé de ne pas se rendre à une convocation pour un interrogatoire qui l’aurais directement mené en prison, voici son message :

Message d’Ivan

Rappel des faits : Depuis janvier 2008, sept personnes sont mises en examen dans le cadre d’une instruction antiterroriste. Bruno, Ivan, Isa*, Farid*, Juan* (*surnoms) et Damien ont été successivement arrêté-e-s, mis-es en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », réunie au sein d’un groupe inventé par la police : la MAAF (Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne.) Certains d’entre neux sont accusés de « transport et détention de produits incendiaires ou explosifs », d’autres de « tentative de destruction de bien ». Bruno et Ivan ont fait quatre mois et demi de prison (en préventive de mi-janvier à début juin 2008.) Farid a fait un peu plus de quatre mois de prison (en préventive également de mi-janvier à fin mai 2008) Tous trois ont été placés à leur sortie sous contrôle judiciaire. Bruno a décidé, début juillet 2008, de se soustraire à ce contrôle et est toujours en fuite. Isa, également incarcérée en janvier 2008, a été libérée sous contrôle judiciaire le 10 février 2009, plus d’un an après… Son frère, Juan, a été incarcéré en juin 2008. Il se trouve actuellement à la prison de Bois d’Arcy. Damien est emprisonné à Villepinte depuis le mois d’août 2008. Tous deux sont en préventive et aucune date de procès n’est fixée.

Aux camarades et amis,
J’étais convoqué mercredi avec la prison garantie à la fin de l’interrogatoire.
Je veux vous adresser quelques mots au moment où je suis contraint de disparaître, à chavirer le cours de ma vie, engluée au TGI de Paris.
C’est la veille du jours où je pensais voir mon CJ descendre d’un cran, important, celui de l’assignation à résidence, que j’ai appris que des rapports de police bidonnés me signalaient à des manifs et rassemblements de solidarité avec Farid (surnom), réincarcéré depuis hier mercredi 11 à la Santé. Les procureurs voulaient nous voir enfermés tout comme la juge d’instruction qui nous avait promis la taule à la prochaine infraction de CJ. J’ai choisi de leur échapper.

Que dire de cet acharnement, sinon que le CJ au-delà de tenir à disposition de la Justice, leur permet de sanctionner bien au-delà des faits jusqu’à nos attitudes. Et les juges d’argumenter sur la base de commentaires psychanalysant d’une assistante sociale à la fonction de contrôle ainsi explicitée.
Que c’est de ne pas avoir renoncé à participer aux luttes qui nous traversent que la Justice se venge.
Qu’aussi, les juges antiterro cherchent à tout prix des éléments pour justifier que nous figurions, avec mes co-mis en examen, dans une même association de malfaiteurs malgré l’absence de faits à nous reprocher en commun, et faire exister la figure de « l’anarcho-autonome ».
Et faire peser la menace d’une répression sans frein sur tous ceux qui se battent.

C’est avec autant de joie que de douleur que je me soustrais à la fois à leur décision et à la vie que je menais. Je ne compte pas me cacher trop longtemps, ni même trop me cacher.

A bientôt.

Tarnac : pseudo-rebondissement pour un dossier vide…

Publié: 28 mars 2009 par luttennord dans Infos

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La journée d’hier a été l’occasion de pseudos rebondissements dans l’affaire dite de Tarnac.

Dans un premier temps, un article du journal Le Monde revient à nouveau sur l’enquête judiciaire : une journaliste ayant visiblement eu accès à l’intégralité du dossier d’instruction. Décrivant sur toute une page ce qu’elle y a découvert, elle en arrive à cette conclusion (la même que tous ceux qui ont pu accéder à ces informations) : la justice ne dispose d’aucun élément matériel permettant d’étayer l’accusation « d’association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste ». L’article détaille par ailleurs les mesures toujours plus délirantes qui furent mises en oeuvre pour surveiller Julien pendant plusieurs mois : écoutes, caméras dans les arbres, intervention des services financiers, courrier ouvert, filatures, enquêtes de voisinage, etc.

Quelques heures après la sortie de cet article, l’accusation s’est fendue d’une brève contre-attaque. « Non non le dossier n’est pas vide » : la police prétend avoir « découvert » plusieurs documents informatiques permettant de légitimer l’accusation de terrorisme : des textes évoquant l’ouvrage « l’Insurrection qui vient », une quittance EDF (« qui aurait pu servir à d’éventuelles falsification »), et un « manuel » de 60 pages (!) expliquant la fabrication de bombes artisanales. La police et le parquet sont visiblement à la peine pour tenter de relancer l’intérêt pour cette affaire. Personne ne croira sérieusement à la « découverte », sur des ordinateurs saisis il y a 4 mois déjà, de « nouveaux » documents accablants. Il ne faut pas plus de quelques heures pour faire le tour d’un disque dur. Une partie du matériel informatique a d’ailleurs été inspectée durant les gardes à vues. Ces documents sont-ils si crédibles qu’il n’a même pas été nécessaire de les évoquer plus tôt dans l’enquête ? Où découlent-ils de pures falsifications ? Ces basses manoeuvres sont celles d’une accusation visiblement en perte d’arguments.

Malgré la grossièreté de telles opérations, il n’en a pas fallu beaucoup plus à certains médias pour relayer cette information « croustillante », participant (encore une fois) pleinement à cette nouvelle opération de propagande (qui vise à faire oublier la faiblesse du dossier d’instruction). La police se délecte : elle a non seulement réussi à réactiver l’imaginaire terroriste (grâce au simple mot « bombe »), mais elle prétend à partir de ces « nouveaux éléments » pouvoir user de cette spécificité française qu’est l’accusation d’ »association de malfaiteur en relation avec une entreprise terroriste » – qui permet des condamnations préventives sur des présomptions d’intention, même quand aucun acte ne peut être imputé aux inculpés. Gageons que ces pseudo révélations feront long feu, comme nombre d’éléments dans cette affaire qui, avant d’être totalement décridiblisés, furent brandis victorieusement par les fins limiers de la SDAT. Il serait d’ailleurs temps que l’accusation cesse de se ridiculiser jour après jour.

Rappelons enfin que cette offensive intervient alors que les inculpés ont publié il y a peu une lettre ouverte à leurs juges, et tandis que le pouvoir accentue les opérations répressives dans la crainte de troubles sociaux (poursuites judiciaires à la suite de la manif du 19 mars, lois anti-bandes, réincarcération de Farid, sommet de l’OTAN).

Manifestation antifasciste à Louvain sous haute tension…

Publié: 27 mars 2009 par luttennord dans Infos

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une vidéo est disponible ici :

http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/229720/–Choc+des+extr%C3%AAmes+%C3%A0+Louvain%3A+la+police+charge

Jeudi soir, 400 personnes environ ont manifesté dans le centre de Louvain à l’initiative de l’association des étudiants nationalistes flamands d’extrême droite pour une Flandre indépendante. Une contre-manifestation de gauche était également organisée, rassemblant environ 600 personnes.

A l’approche de la gare, la police qui barrait l’accès à la manifestation fasciste a été la cible d’attaque de manifestant antifasciste.

Très vite, les canons à eau ont été utilisés à l’encontre des antifascistes qui se sont dispersés en brisant quelques vitrines de banques et autres agences d’intérim !

Qu’ importe nous y étions, nous  avons résistés et c’est là l’essentiel !

Facho casse toi, la belgique n’est pas à toi !


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Novelli attaque France 3 pour avoir évoqué son passé politique
Par David Servenay | Rue89 | 22/03/2009 | 12H46

Le ministre des PME poursuit France 3 Centre, qui a consacré un long reportage à sa jeunesse de militant d’extrême-droite.

Cinquante ans est-il l’âge des regrets ? En tout cas, comme le révèle le blog LibéOrléans, Hervé Novelli a lâché son avocat contre France3 Centre, attaquant la chaîne en diffamation suite à un reportage où était évoqué la jeunesse militante du secrétaire d’Etat chargé du Commerce. Il a même obtenu de la chaîne qu’elle retire le JT du 18 mars de son site Internet. Une charge étonnante, car le militantisme passé de Novelli est bien connu…

On n’est jamais si bien poignardé que par les siens… En l’occurence, par Serge Lepeltier, maire UMP de Bourges, et candidat à l’investiture de son parti pour les régionales de 2010 dans le Centre. Face à lui : Hervé Novelli, qui a refusé de tenir un débat devant chaque fédération départementale pour savoir qui serait investi. Dans les premières images d’un long sujet (8 minutes) diffusé mercredi 18 mars sur France 3 Centre, Serge Lepeltier ouvre les hostilités :

« S’il refuse les débats, dans les départements, est-ce qu’il refuse justement ce positionnement ? Est-ce qu’il a peur que l’on parle de cet ultra-libéralisme ? Est-ce qu’il a peur que l’on parle de son histoire politique ? Je pose simplement la question.

- Quand vous parlez de son histoire politique, vous faites référence à quoi ?

- A son histoire politique, à chacun de regarder ce qu’elle est. »

L’attaque est (un peu) hypocrite, mais elle est limpide pour le premier assistant parlementaire venu. Né le 6 mars 1949, d’après sa bio officielle, Hervé Novelli a versé dans l’activisme politique dès l’adolescence. En balayant tout le spectre de ce que l’extrême-droite compte alors de mouvements : Fédération des étudiants nationalistes, Ordre nouveau, Parti des forces nouvelles… et surtout Occident, creuset de radicaux, où il milite de 1964 à 1968. Le mouvement sera dissout en novembre 68, après des heurts avec les groupuscules gauchistes.

De ce passé, Hervé Novelli ne regrettait rien en 2005, à l’image de ses anciens camarades, Alain Madelin, Patrick Devedjian ou Claude Goasguen. Il disait alors au Monde :

« J’étais plus jeune que les autres, mais j’étais spontanément du côté de l’ordre. A l’époque, il n’y avait rien entre l’extrême droite et l’extrême gauche. Je n’ai pas un regret, Occident, c’était un engagement anticommuniste dans lequel je me reconnais toujours.

« C’est une époque révolue, il en reste une sorte d’amitié liée à l’adolescence. Ne tombons pas dans le piège de la béatification de l’extrême gauche et de la diabolisation de l’extrême droite. »

Chargé de mission des « métallos » de l’UIMM

Moins connu est le parcours professionnel du secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme et des Services. Comme le rappelle dans le reportage de France 3 Centre Guillaume Delacroix, journaliste aux Echos et auteur d’une riche histoire de l’UIMM, Novelli a frayé très tôt avec les caciques de la métallurgie.

Encore étudiant à Dauphine, il se voit confier la gestion de la bibliothèque de l’Institut supérieur du travail (IST), fondé par Guy Lemonnier en 1969. Guy Lemonnier, alias Claude Harmel, a été pendant la guerre membre du Rassemblement national populaire de Marcel Déat, un parti collaborationniste. Par anti-communisme farouche, il devient ensuite l’un des meilleurs spécialistes du monde syndical, notamment de la CGT. Journaliste, Claude Harmel met son savoir au service des officines de l’UIMM.

Dans l’après-68, il est un des premiers à engager une vaste offensive visant à promouvoir les idées libérales contre le raz-de-marée gauchiste de l’époque. C’est comme cela qu’il a aussi l’idée de récupérer les brebis égarées de l’extrême-droite… Alain Madelin, Hervé Novelli, Gérard Longuet ou encore Anne Méaux, ancienne d’Occident qui devient en 1976 attachée de presse de Giscard à l’Elysée.

Le premier travail d’Hervé Novelli est donc un poste de chargé de mission à la Chambre syndicale de la sidérurgie française. Il y reste dix ans, de 1977 à 1986, en étant conseiller du président de cette instance de lobbying patronal. Pour quoi faire ? En dehors du classique travail d’influence de ce genre d’organisation, l’enquête de France 3 Centre pose la question du financement politique.

L’UIMM et le financement des politiques

C’est un secret de Polichinelle, mais visiblement, il embarrasse aujourd’hui Hervé Novelli. Sans doute parce que la « marque UIMM » est désormais entâchée d’une peu flatteuse réputation. Pourtant, c’est un fait : l’UIMM a toujours financé les politiques favorables à ses idées. Yves Bertrand, l’ancien patron des RG, le rappelle dans sa biographie à propos de la présidentielle de 1974, où la métallurgie soutient ouvertement Giscard, le candidat des Républicains indépendants :

« La logistique, le service d’ordre, ce sont les ‘petits gars’ d’Ordre nouveau (…) qui les ont assurés, grâce aux enveloppes en liquide de l’Union des industries métallurgiques et minières, la fameuse UIMM, dont la gauche ne s’est jamais privée de rappeler qu’elle descendait de l’ancien Comité des forges, le bastion des 200 familles. »

Evidemment, les « enveloppes » ne laissent pas de traces. Contrairement aux nombreux journaux éphémères de l’époque qui, fleurissant à chaque élection, viennent appuyer les campagnes de la droite contre les candidats de gauche. En 1974, France Matin, tiré à 2 millions d’exemplaires, annonce la mise en place du « rationnement » si François Mitterrand est élu.

Qui finance ? L’UIMM. Qui est le directeur de publication ? Claude Harmel, que Madelin et Novelli décrivent comme leur « père spirituel » lors des 40 ans de l’Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS).

L’entrisme politique de la « génération Occident »

Prochaine étape ? L’entrisme de cette « génération Occident » en politique. En 1986, Novelli devient chef de cabinet du jeune ministre de l’Industrie, des PTT et du Tourisme, un certain Alain Madelin. Sous l’étiquette désormais très convenable de l’UDF… il est élu député de l’Indre-et-Loire en 1993. Et là encore, sa bio officielle est limpide :

« Son mandat parlementaire sera particulièrement remarqué pour son action auprès des entreprises. Il fondera ainsi le groupe “Audace pour l’emploi”, réunissant une cinquantaine de députés issus de la branche entrepreneuriale. »

On ne saurait mieux dire. Dans l’enquête menée par la brigade financière sur les versements en liquide de l’UIMM, l’ancien responsable des relations extérieures, Jacques Gagliardi, est formel :

L’argent allait « en direction de toutes organisations qui pouvaient faire l’opinion : bureaux d’études, journalistes, sociologues. (…) Cela consistait en de la distribution d’argent en espèces à des hommes politiques de tout bord, hormis le parti communiste ».

Les policiers ont dressé un constat accablant : juste avant les échéances électorales (présidentielle et législatives) de 2002 et 2007, les retraits d’espèces se multiplient sur les comptes de l’UIMM. Comme par enchantement.

Diffamation, estime aujourd’hui le secrétaire d’Etat aux PME. Etre ultra-libéral à l’heure de la crise n’est pas le meilleur positionnement politique. Compte tenu de son statut, sa plainte va être relayée par la ministre de la Justice, Rachida Dati. Le procès sera certainement instructif.