Rien de nouveau sous le verglas…

Posted in Infos avec des tags on 17 décembre 2009 by luttennord

Rien de nouveau sous le verglas

«Et v’la l’temps ousque dans la Presse
Entre un ou deux lanc’ments d’putains,
On va r’découvrir la Détresse,
La Purée et les Purotains !

C’qui va s’en évader des larmes !
C’qui va en couler d’la pitié !
Plaind’ les Pauvr’s c’est comm’ vendr’ ses charmes
C”est un vrai commerce, un méquier !»

Les soliloques du pauvre, Jehan Rictus, 1897.

En cent dix ans, rien de bien nouveau sous le verglas. Dès les premiers sans-abris ramassés canés sur un trottoir ou dans un parking, c’est la foire aux bons sentiments qui s’enclenche,  le sempiternel marronnier qui va faire glouglouter les dindons de la farce télévisuelle pendant toute la durée des frimas.  L’intègre Poivre et sa moumoute vont, jusqu’à la nausée, exhorter les bons citoyens à faire preuve de civisme entre dinde et livarot, en appelant le 115 pour que personne ne reste dehors. Sauf que le 115, quoiqu’en dise la dame Boutin, est déja plein ras la gueule  et qu’un bon nombre de SDF passent des heures à composer le numéro magique  en se pelant dans la cabine avant de s’entendre répondre que désolé y a plus de place.

Et quand il y en a de la place —un veilleur pour 42 personnes à Perpignan en 2004—, comment peut-on espérer éviter racket et violence, comment s’étonner qu’un bon nombre d’errants, les plus vieux souvent, préfèrent crever de froid que de se faire dépouilller dans ces jungles. Etre au chaud pour une, deux, trois nuits, dans la plus infecte des promiscuités, clodos, jeunes racailles en rupture de ban, routards, teufeurs, fous furieux ou non, immigrés clandestins, Polacks, Roumains, Russkofs, tout ce beau monde regroupé par clans, malheur à l’homme seul, au nouveau pauvre qui vient de déchoir, au petit vieux les lendemains de RMI, au pédé, au bouffon, à l’intello.

Quand j’y bossais, seul avec vingt personnes, dont pas mal de branques et de poivrasses agressives, j’avais déja bien du mal certains soirs à sauver mon cul, alors assurer la sécurité des plus faibles dans ce pandémonium, faire régner un minimum d’équité, grosse rigolade…
Que les lecteurs de mon bouquin me pardonnent pour les redites, mais y a vraiment pas grand’chose qui change. Quoique…

L’absolu triomphe des camelots du rien qui nous gouvernent, leur morgue et leur mépris offrent un boulevard à l’écrivaillon taquin. Pourtant, il me répugne de tartiner sur les aventures de Mickey, Mickey et le pape, Mickey et sa meuf, Bolufer et son HLM pas cher, les Don Quichotte à la baille, ou le clodo frigorifié place de la Concorde à deux pas de l’Elysée… Le journaleux indigné devient à la longue presque aussi vilain que les affreux qu’il fait mine de dénoncer.

Thierry pelletier, retrouver l’intégralité ici :

http://recits.blogs.liberation.fr/thierry_pelletier/2007/12/rien-de-nouveau.html#more

Charters : Comment combattre l’avatar Besson ?

Posted in Infos avec des tags , on 17 décembre 2009 by luttennord

charters : comment combattre l’avatar besson ?

A nous d’investir plusieurs espaces de lutte. Chaque acte, qu’il soit purement humanitaire ou non, deviendra désormais un acte politique contre l’Etat Sarkozy et ses alliés.

Avant d’en arriver à la dénonciation de faits graves, il faut absolument analyser et combattre comme eux, bout par bout, les démarches d’un Etat aux mains d’une puissance étrangère aux droits humains.

Maison Besson : une fabrique de faux papiers

Appel gagnant à la cour de Douai : -1 afghan

L’ambassade d’Afghanistan avait refusé délivrer les visas de retour.

Qu’à cela ne tienne, Besson en digne avatar d’une République dont il ne respecte pas les lois, a passé outre. Le voilà qu’il fabrique lui-même des laissez-passer “européens” !

Après le TGI de Boulogne-sur-Mer, le 12 décembre, la Cour d’Appel de Douai, saisi pour le cas d’un seul afghan, a annulé la prolongation de 5 jours supplémentaires d’emprisonnement, présentée comme nécessaires à l’obtemption d’un laissez-passer que l’ambassade avait déjà refusé.

Raffinements juridiques

Entre détournements de la loi par le préfet Bousquet…

9 afghans au CRA de Coquelles subissent actuellement deux arrêtés différents du préfet du Pas-de-Calais, De Bousquet.

Un arrêté en vue de les faire réadmettre par la Grèce où ils ont leurs empreintes.

Un deuxième arrêté de reconduite dans le pays d’origine, en l’occurence l’Afghanistan. Les afghans ont été présentés à leur ambassade !

Ce qui est complètement illégal !

On ne peut pas agir sur des personnes que l’on considère comme des réfugiés susceptibles d’être ramenés dans le premier pays d’entrée et dans le même temps, considérer ces derniers comme des personnes qui n’ont aucune raison de craindre un retour dans leur pays.

…et suppression de la convention de Genève par Besson

Accords d’Evian France/Royaume Uni, juillet 2008 :

“Il s’agit d’”envoyer un signal fort aux passeurs que la frontière ne peut plus être franchie”. Les deux parties sont convenues que ces retours forcés “seront mis en oeuvre lorsque les individus concernés ne demandent pas l’asile ou ne sont pas éligibles à l’asile sur le territoire respectif de la France et du Royaume-Uni où ils se trouvent, et lorsqu’ils refusent une offre de retour volontaire”. Aussi, ces retours seront conduits “en tenant compte de la situation dans les pays concernés”.

Donc, quelqu’un qui a ses empreintes de demandeurs d’asile dans un autre pays européen et qui se trouvent sur notre territoire calaisien, peut subir une expulsion forcée dans son pays d’origine, malgré la preuve qu’il a de ses craintes.

Du contrôle au faciès à l’expulsion de masse

Retard dangereux à l’allumage

Du contrôles au faciès sans motif à la garde à vue sans avocat, puis la mise en rétention, le passage devant le juge, la cour d’appel, le tribunal administratif et parfois la demande d’asile sous la forme prioritaire, les afghans sont saoûlés de démarches qui leur échappent et qui les conduisent à confondre la CEDH avec un tribunal français.

Certaines personnes leur récitent qu’ils doivent demander l’asile en France en liant cette démarche à celle de la requête auprès de la Cour Européenne. Grave erreur.

Résultat : 9 afghans ont refusé demander l’asile, puis ont changé d’avis, puis à la faveur de la lenteur étrange à établir une requête qui devait être faite le lundi, le doute est revenu pour 8 d’entre eux. A nouveau, ils ont refusé établir une requête qui leur a été présenté vraiment trop tard, ce mardi après-midi, juste avant que les policiers confisquent le droit de répondre au téléphone à quelqu’un qui voulait les convaincre.

Selon la CIMADE, les afghans de Coquelles ont été emmenés menottés. A l’aéroport de Roissy, un avion de la compagnie britannique BMI, aurait été vu jusqu’à 23h, entouré de cars de police. 1 afghan du CRA de Lyon faisait partie du convoi.

Pour les militants présents à Roissy, les afghans ont été expulsés.

Prochaine arrivée de France Terre D’Asile

Le 1er janvier, France Terre D’Asile devrait remplacer la CIMADE à Coquelles.

France Terre D’Asile partageait ses locaux avec le HCR, en plein centre-ville.

zetkin

Présentation et programme du Chat crevé

Posted in Infos, Rendez vous on 16 décembre 2009 by luttennord

Soirée débat “Rachel” de Simone Bitton au Kino-ciné de Villeneuve d’ascq

Posted in Infos on 14 décembre 2009 by luttennord

soirée-débat “rachel” de simone bitton au kino-ciné de villeneuve d’ascq

Lundi 14 décembre à 20h : Projection de “Rachel” suivie d’un débat avec Louisette Faréniaux

Rachel Film documentaire de Simone Bitton – France – 2008 – 1h40 – 35mm – VOSTF

Enquête sur la mort de Rachel Corrie, 22 ans, écrasée par un bulldozer israélien en 2003 alors qu’elle tentait d’empêcher la destruction de maisons palestiniennes, le film médite sur les thèmes de l’idéalisme, de l’engagement, de l’utopie politique.

« Simone Bitton poursuit une oeuvre placée sous le double signe du cinéma et du militantisme (…) qu’elle conjugue avec intelligence et inspiration. (…) Rachel interroge la légitimité de la raison ou de la déraison d’Etat, le droit voire le devoir de désobéissance (…). Les réponses appartiennent à la réflexion de chaque spectateur de ce film beau et puissant. » Les Inrockuptibles

Autres Séances du 9 au 15 décembre :

Mercredi 9 Décembre à 20h45 Jeudi 10 Décembre à 15h Samedi 12 Décembre à 18h Lundi 14 Décembre à 20h * Mardi 15 Décembre à 18h

*Lundi 14.12 à 20h00 : Soirée-débat avec Louisette Faréniaux, enseignante en filmologie, et des membres de l’Association France Palestine Solidarité

Mobilisation contre un nouveau Charter d’Afghans

Posted in Infos avec des tags , on 14 décembre 2009 by luttennord

charter d’afghans mardi 15 décembre

Vendredi la CIMADE annonçait l’expulsion pour mardi de 12 afghans : 9 de Coquelles et 3 de Lille lesquins.

Selon SOS Soutien aux Sans Papiers, l’expulsion se fera à partir de Roissy Charles de Gaulle.

Les afghans ont de la peine à croire que la France peut les renvoyer. Ils pensent ne plus avoir aucune autre solution.

Le groupe Salam appelle à un rassemblement devant le CRA de Coquelles, ce dimanche et lundi, à 19h.

SOS Soutien aux Sans Papiers appelle à se rendre aux terminaux de Roissy Charles de Gaulle.

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l’Association SALAM Nord/Pas-de-Calais appelle à se rassembler devant le CRA de Coquelles dimanche 13 décembre et lundi 14 décembre à 19h pour dénoncer l’organisation d’un charter vers l’Afghanistan.

9 Migrants Afghans détenus à Coquelles et 3 autres détenus à Lesquin sont concernés par ce CHARTER DE LA HONTE.

Soyons nombreux à manifester notre écoeurement face à cette politique dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas. Interpellons les élus afin qu’ils dénoncent avec force et sans ambiguité ce charter indigne de notre pays.

L’association SALAM Nord/Pas-de-Calais

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COMMUNIQUE DE SOS SOUTIEN Ô SANS PAPIERS

UN NOUVEAU CHARTER VERS LA MORT !

Ce bourbier AFGHAN , ne suffit plus à l’Occident, et à un des ses prix Nobel de la paix, il faut un geste fort de l’Europe forteresse “un charter vers la mort”.

” Geste” criminel poser pour dissuader “les dégâts collatéraux “ : ces exilés qui fuient les frappes meurtrières de l’OTAN, nos ventes d’armes et soutien au gouvernement corrompu Afghan.

Nous EXPULSONS les “dégâts collatéraux” de NOS guerres : chair à canon pour les talibans !

DES AFGHANS SERONT EXPULSES MARDI !

BESSON , le menteur et parjure ,ministre populiste de l’Identité et de l’immigration, ose, alors qu’il s’était engagé à ne plus renvoyer d’Afghans à continuer à les expulser.

BESSON ne s’en tient pas à son premier coup d’éclat en expulsant 3 Afghans, dans l’avion affrété par les Anglais alors qu’il avait déclaré le 25 octobre qu’il n’y aurait pas de nouveaux retours d’Afghans dans leur pays “si la situation continue à se dégrader en Afghanistan”

M. BESSON ET M. KOUCHNER menteurs et corrompu porteur de sac de riz ; vous avez tous les deux déclaré officiellement ne plus expulser les AFGHANS vers la mort. Vous persistez ! mais fait criminel ; vous outrepassez vos droits en obligeant le consulat à signer un laissez passer, qui vous est refusé et

VOUS OSEZ DEMANDER MAINTENANT UN LAISSEZ -PASSER EUROPEEN …PAR LE MINISTERE DE L’IDENTITE ET DU DRAPEAU.

Bien sale tout cela !, aussi sale que vos mensonges, parjures, et injure aux Accords de Genève à notre Constitution , et la Déclaration Universelle des Droits de L’homme.

Avant que l’Histoire , ne vous juge , sur ces actes abjects , nous serons là mardi, et refusons ces viols répétés des droits humains les plus élémentaires : vous devrez tôt ou tard en rendre compte.

MARDI SOIR , OCCUPONS ET PERTURBONS LES TERMINAUX DE ROISSY CH.DE GAULLE

RESISTANCE !

Arrêt immédiat des expulsions et fermeture de tous les centres de rétention.

Arrêt des charters européens de la mort , et des politiques criminelles de l’Europe forteresse.

Les maçons journalistes : 19ème brique

Posted in Infos avec des tags on 12 décembre 2009 by luttennord

La Brique 19 est dans les bacs !

À l’attaque de Noël, on a rencontré ce mois-ci pas mal de conflits, toujours, parmi « les Hommes de bonne volonté ». En bons petits reporters de la guerre sociale qui fait rage, on vous rapporte dans notre hotte les dernières nouvelles du front : la cantine c’est plus comme avant, on l’a revendue aux ogres du pouvoir. Les femmes s’ennuient, parmi les hommes, elles reprennent les choses en main pour qu’enfin, chez Violette et ailleurs, les choses changent. Pendant ce temps là, la Mairie « rose », Bonduelle et la police, les alliés du froid froid, s’arrangent bien de ce que certains ne passent pas l’hiver au chaud … les pauvres, en fait, et tous de préférence. Les pauvres mioches, dans les ZEP, les pauvres gens, pressés dans les queues du bonheur consommable, les pauvres gars, qui meurent en silence, les pauvres esseulés d’un Facebook, les pauvres hères, qui sont tous au rendez-vous…

Y aura-t-il de la neige à noël ? Pas sûr. Mais sous tous les temps, il y aura seize pages d’infos, de contre-infos, de dessins, de photos, de coups de sang, et…

Noël attaque… mais on va riposter.

Rendez vous dans un an… le mois prochain !

La liste des dealers

On voudrait pas crever

Édito :

La Ville de Lille TM

La Brique y consacre souvent de nombreuses pages. C’est pas par mauvaise volonté… Mais la liste de griefs à adresser à ses pères fouettards, par trop prioritaire, est aussi interminable qu’une crise financière. Qu’on décline les formes de sa nature bourgeoise, policière et bureaucratique ; que nos plumes pointent les « élites », ces ploucs, qui s’y complaisent… Dur de se retenir. On s’acharne, c’est vrai, mais non sans quelques raisons qu’on ne peut raisonnablement, et très « civiquement » pas garder pour nous. C’est cadeau : on vous les offre, sur un plateau. Bonne digestion.

Des balles… pour la politique municipale

Vieux ou plus jeunes, ils sont déjà vieux. Des croûtons, Kanner, Frémeaux, Aubry, Cacheux, ou des patrons-amis, Tiberghien, Mulliez, Bonduelle… Des parades publiques, des mécènes de Lille3000, leurs torchons-tapis roses, La Voix, Nord Eclair, aujourd’hui NordWay, ou Wéo… La misère qu’on expulse des lieux trop visibles, partout, vers nulle part… Le hold-up des privatisations de l’espace public, des rues, ces supports publicitaires, des murs « dé-maculés » par la brigade anti-tag, tout aseptisés au lieu de pacifiés… La pressurisation des employés des cantines scolaires… Des a-ménagements, véritables idéologies anti-pauvres, du Grand Pipeau Urbain et ses réunions de concertation bidons… La laideur des galeries d’Euralille, celles des boucheries Lafayette, et le silence, autour de la mort d’Hakim… Le constant durcissement des effectifs policiers… et ces opérations de pseudo-solidarité. Qu’est-ce qui peut encore échapper à la violence de ce parti d’Ordre, de netteté, qui sacrifie peu à peu sa population, son environnement.

Contre les ogres, des caries !

Les grains de sable, pourtant se répandent, au vent de la révolte. Des organisations, des collectifs, des comités, des associations, des groupes, des groupuscules, des individu-es… qu’ils soient rouges, roses, violets, noirs, grimés… Des manifs de sans-pap’, des grèves, des facs et des lycées en ébullition, bloqués… Des mangeur-es de sucettes publicitaires, des ouvrier-es dans l’étau, des travailleurs de l’ordinaire, des chômeur-euses volontaires… La liste est longue, aussi, dans notre camp. Chaque mois, La Brique relève, estime et dé-colle ces initiatives, à Lille ou ailleurs, quand les unes ouvrent un lieu d’accueil pour les femmes, quand les autres s’activent à faire vivre leur utopie où l’ordre assoit sa morale… Ici pour les homos et les trans’, là pour « arrêter de se faire chier »… Avec l’utopie de semer plus qu’ « à tous vents », comme la dame Larousse.

Un journal sous pression

À l’heure de boucler, on veut toujours pas la boucler ! Nos finances font à peine moins la gueule, mais nous gardons ferme notre cap. Pour renflouer nos caisses, on a failli aller miser avec les salairiés de la CUDL, à leur fête annuelle… « casino ». Finalement, on a opté pour une solution qui nous ressemble plus : se faire artisans brasseurs. Le résultat (espérons-le !) sera buvable en mars. Pour les trois ans du canard, un jeune, vigoureux, et increvable canard !

Chausser des bottes de sept lieues en se disant que rien ne presse voilà ce que c’est qu’être vieux… L. Aragon

Le collectif de rédaction

Opposition à Bernard Thibault :Delannoy : “La Cgt accompagne le système”

Posted in Infos avec des tags on 10 décembre 2009 by luttennord

INTERVIEW – OPPOSITION À BERNARD THIBAULT
Delannoy : “La CGT accompagne le système”
http://www.lepoint.fr/actualites-societ … 0/0/402873

Jean-Pierre Delannoix s’oppose à l’orientation politique choisie par Bernard Thibault pour la CGT © VALMSG / MAXPPP

Animateur du collectif national Front de classe, créé par des militants CGT et FSU, Jean-Pierre Delannoy, un métallurgiste du Nord, a annoncé mardi devant les délégués du 49e congrès à Nantes sa “candidature individuelle” au poste de secrétaire général, face à Bernard Thibault.

Vous ne portez pas Bernard Thibault et la direction confédérale dans votre coeur. Pourquoi ?

C’est l’orientation qui est en cause. On a une confédération et notamment une direction sortante qui est sur une base de renoncement et d’accompagnement au système, contrairement à un discours un petit peu plus offensif de Bernard Thibault lundi, où il a cherché à se justifier. L’orientation, la stratégie de lutte, la restructuration interne de la CGT, voilà les trois raisons essentielles de notre désaccord. Le congrès étant une instance souveraine, ma candidature a toute sa légitimité. Il appartient au congrès d’en débattre.

Quelles devraient être les revendications de la CGT aujourd’hui, selon vous ?

Celles des salariés, et non pas celles définies au sommet par les directions confédérales. Au nom d’un consensus, on s’éloigne des revendications des salariés. Deux exemples très précis :

- les salaires. Le “salaire décent”, les gars savent pas ce que ça veut dire, par contre ce qui monte très fort en ce moment, c’est 200 à 300 euros mensuels pour rattraper la perte de pouvoir d’achat ;

- l’arrêt total de tous les licenciements et suppressions d’emplois, dans le public comme dans le privé, et pas simplement s’opposer aux licenciements boursiers. Là-dessus, la confédération est totalement absente.

Comment interprétez-vous le vote sur le rapport d’activité, approuvé par 77,3 % des délégués ?

R : Alors que 90 % du congrès était formaté, on s’aperçoit aujourd’hui, si on tient compte des abstentions, qu’il y a plus de 30 % des congressistes qui ne partagent pas l’orientation de la confédération. On l’avait senti venir dans le débat de mardi matin, pour nous c’est un excellent résultat. Ca nous donne confiance. C’est un point d’appui important, et nous aurons des ambitions plus importantes au prochain congrès. Cela dit, cela ne signifie pas que ces 30 % sont d’accord avec la candidature Delannoy. Mais elle a permis aux langues de se délier au congrès. Il faut maintenant attendre de connaître le résultat du vote sur le document d’orientation, qui sera extrêmement important.

(Propos recueillis par Thierry MASURE)

Rretrouver le film “la domination masculine” au cinéma métropole de Lille

Posted in Infos avec des tags on 9 décembre 2009 by luttennord

Tous les jours au cinéma “le métropole” de Lille à 21h40 (sauf vendredi)

Le film “La domination masculine”
Comme une odeur de misogynie

par Nathalie Petrowski, La Presse
Image
L’intelligence des femmes, c’est dans les ovaires, a déjà dit Léo Ferré en fixant la caméra avant d’ajouter que les pires femmes de toutes, les plus grandes salopes, étaient les femmes cultivées. « Celles-là, je ne les laisse plus rentrer chez moi ! », a-t-il tonné.

Ce morceau d’anthologie misogyne est ce qui m’a le plus édifiée en voyant le documentaire La domination masculine* du Belge Patric Jean, présenté aujourd’hui au Musée de la civilisation à Québec et peut-être en supplémentaire aux Rendez-vous du documentaire de Montréal. En principe, j’aurais dû être davantage choquée par les propos misogynes d’une poignée de vieux masculinistes québécois piégés par le réalisateur qui s’est fait passer pour un des leurs afin d’obtenir leurs « touchants » témoignages sur les grandes castratrices que sont les Québécoises. Mais on dirait que je connais tellement leur discours que je ne l’entends plus.

J’ai probablement tort. Car ces messieurs, qui sont les seuls à ne pas être identifiés au générique de fin du film, n’ont pas disparu de la carte comme leur ami et amateur de chimpanzés Léo Ferré. Ils continuent de sévir chez nous et à distiller des propos toujours aussi nauséabonds sur « ces féministes pourries » qui leur empoisonnent la vie et qu’ils tiennent responsables de tous les maux de la Terre, y compris sans doute de leurs problèmes érectiles.

Reste que la tentation de ne voir en eux qu’une bande de pauvres types probablement plaqués par leurs femmes est grande. Sans compter qu’ils ne sont pas nombreux et que ce sont des marginaux dont l’influence sur le consensus social est nul. Tant qu’ils broient du noir dans l’usine de leur ressentiment privé, ils ne sont pas dangereux, non ?

À une autre époque, peut-être. Mais on observe en ce moment un peu partout dans le monde la résurgence d’une hostilité à peine larvée contre les femmes, qui donne froid dans le dos et va tout à fait dans le sens des masculinistes québécois. La montée des intégrismes religieux qui encouragent les femmes à se voiler ou à disparaître sous la burqa et à s’effacer de la sphère publique, en est l’exemple le plus visible, mais certainement pas le seul.

Ainsi, qu’un intellectuel aussi brillant que Tariq Ramadan, professeur à Oxford de surcroît, préfère demander un moratoire sur la lapidation des femmes, plutôt que de s’opposer violemment à sa pratique, a de quoi inquiéter.

Et ce qui inquiète encore davantage, c’est que le mouvement de ressentiment contre les femmes n’est pas que religieux. Lentement mais sûrement, il contamine la culture populaire, aussi bien sur les ondes de la radio poubelle, dans les vidéoclips des rappeurs qui jouent aux grosses brutes épaisses que sur des sites à la gloire de Marc Lépine, qui donnent même un numéro de téléphone pour devenir membre d’une milice pour combattre la terreur que font régner les « féminazies ».

Et quand ce n’est pas de la culture trash qu’émane cette forte odeur de misogynie, c’est du septième art et d’un grand cinéaste palmé à Cannes qui a profité d’une dépression pour accoucher d’un film violent et misogyne. Je parle bien entendu de Lars von Trier et de son Antichrist qui a pris l’affiche hier au Québec.

Le Danois dépressif, dont la mère était une féministe invétérée, se défend bien d’être un misogyne. Fasciné par la chasse aux sorcières, il prétend que pour ce film, il a simplement laissé libre cours à ses fantasmes et à son inconscient. Mais conscient ou pas, le résultat c’est que la femme (magnifique Charlotte Gainsbourg) de ce sanglant cauchemar est une folle dangereuse qui a sciemment tenté d’empêcher son jeune fils de marcher et qui finit par mutiler et castrer son mari. Que le cinéaste l’admette ou non, ce film-là ressemble beaucoup au cri d’un misogyne qui règle ses comptes avec sa mère.

On a longtemps cru que les misogynes étaient une espèce en voie d’extinction. Espérons que ce qui se passe en ce moment un peu partout dans le monde n’est qu’un dernier râlement avant leur disparition.

* Voir la bande-annonce.

Source : La Presse, le 14 novembre 2009.
© Sisyphe 2002-2009

Qui se cache derrière les bailleulois en colère ?

Posted in Infos avec des tags , on 8 décembre 2009 by luttennord

Pour faire suite au précedent article de luttennord, voici un article de la voix du nord qui vient corroborer nos propos.

Qui se cache réellement derrière le collectif des Bailleulois en colère ?

samedi 05.12.2009, 05:03 - La Voix du Nord

 Dimanche, le collectif a bloqué l'entrée du terrain destiné à accueillir le camp. PHOTO PATRICK DELECROIX Dimanche, le collectif a bloqué l’entrée du terrain destiné à accueillir le camp. PHOTO PATRICK DELECROIX

|  ON EN PARLE |

Des Bailleulois en colère à l’approche de l’installation d’un camp de migrants dans leur ville, cela peut éventuellement s’entendre. La France reste un pays de droit et de liberté d’expression. Seulement, qui se cache réellement derrière le collectif des Bailleulois en colère – en passe de devenir une association – créé il y a deux semaines ? Riverains inquiets ou extrémistes de droite ?

PAR VIRGINIE DUBOIS
hazebrouck@lavoixdunord.fr

Cela commence par l’intrusion d’une vingtaine de perturbateurs à une réunion de bénévoles le 19 novembre, dix jours avant l’ouverture du camp d’accueil sanitaire des migrants. Ce soir-là, Claire Cleenewerck, présidente de Flandre terre solidaire (FTS), tente de nouer le dialogue. En vain.

Le groupe quitte la salle Yourcenar, à Bailleul, en hissant un drapeau flamand. Un geste lourd de sens : ce détournement régionaliste d’un symbole des Flandres marque les esprits et provoque déjà des questions. Qui sont ces gens ? Une mouvance politique ? Si c’est le cas, qui téléguide ces prétendus Bailleulois ?

« Prétendus » car en réalité, ce groupe très vite devenu collectif des Bailleulois en colère ne compte pas tant d’habitants de Bailleul que ça… Des Bailleulois pur souche ne reconnaissent pas grand monde parmi les membres du collectif bloquant l’entrée du camp, dimanche, jour de l’ouverture (retardée d’une dizaine d’heures par trente à cinquante personnes selon les moments de la journée). En réalité, ces opposants viennent surtout de communes alentour, de la métropole lilloise aussi. Et portent tous ou presque l’image du skinhead. Cheveux courts ou très courts, blousons noirs ou vestes militaires…
La Maison du peuple flamand à Lambersart

Autre bizarrerie : c’est précisément vers Lambersart que renvoie la « pétition pour un référendum local » du collectif.

Un bulletin distribué depuis une quinzaine de jours en porte-à-porte, sur le marché… et à retourner à l’adresse suivante : CBC (collectif des Bailleulois en colère, on présume), 144, rue Flament-Rebout à Lambersart. Une adresse pas anodine. C’est celle de la Maison du peuple flamand (Vlaams Huis). Une association et un lieu de rencontres clairement identitaires, régionalistes. Sur le site Internet de la Vlaams Huis, étonnamment, pas l’ombre d’une allusion au collectif. Aux camps de migrants en Flandre, oui, mais pas aux Bailleulois en colère… C’est pourtant leur adresse !

Il suffit de quelques clics pour faire le lien avec l’extrême droite. Le site de la Maison du peuple flamand, comme certains communiqués du collectif – qui inonde les boîtes mail des médias – propose des liens sans équivoque. Vers l’Association de lutte contre l’émigration clandestine (ALCEC) par exemple. Ne reste plus qu’à dérouler le fil… « Vlaams Belang – ALCEC, même combat ! », prône l’ALCEC sur le Web. Le Vlaams Belang ? Le parti nationaliste flamand d’extrême droite surtout connu en Belgique.

Sur le site de la Vlaams Huis toujours, des vidéos prônant « la démystification de la violence », des élans de soutien aux Serbes du Kosovo…

En marge du FN ?

Des liens troublants avec l’extrême droite donc. Mais lorsque Marine Le Pen annonce sa venue à Bailleul le 27 novembre pour dénoncer le camp – à quatre mois des élections régionales -, le collectif insiste dans ses communiqués : il veut se démarquer du FN, « le Front national et Marine Le Pen viennent semer le trouble en s’invitant dans le débat deux jours avant (l’ouverture du camp) ». Le 27 novembre, pas l’ombre d’un membre du collectif dans les rues de Bailleul.

Les Bailleulois en colère en marge du FN, peut-être. Mais leurs communiqués sont allégrement diffusés par d’autres mouvances, extrémistes de droite, identitaires ou régionalistes. Cela se passe notamment sur Internet. On citera par exemple le site de la prétendue agence de presse Novopress ou le blog de la conseillère régionale Marie-Paule Darchicourt (ex-FN aujourd’hui membre du groupe de Carl Lang, le Rassemblement des élus pour l’unité nationale et l’intérêt régional).

Malgré tout, le collectif continue de nier tout lien avec l’extrême droite. Malgré l’image qui lui colle à la peau, malgré ces mails aux argumentaires venimeux : « Les personnes accueillies sont loin d’être en détresse sanitaire » « Les migrants amènent de l’insécurité »… Les idées de ce collectif ne font en tout cas plus aucune équivoque. « Je suis parfaitement informé de la situation, indique Ludovic Duprey, procureur de la République au tribunal d’Hazebrouck. Et je ne suis pas dupe du caractère idéologique de l’intervention de ce collectif de Bailleulois en colère. Je serai donc particulièrement attentif à donner une réponse pénale à chacun de leurs éventuels dérapages. » Mais, et il est essentiel de le préciser, rien n’est reproché au collectif sur le plan légal : « La situation est calme. J’ai confiance dans la police de Bailleul pour garantir l’ordre public », souligne le procureur. •

Hier, le collectif a mis en ligne un site Internet

Les provinces Françaises se rebiffent contre l’émission Sept a Huit de TF1 !

Posted in Infos avec des tags , on 7 décembre 2009 by luttennord

http://leplanb.org/La-cite-de-la-peur-se-rebiffe.html

Critique des médias dans une cité de Maubeuge
La « cité de la peur » se rebiffe contre TF1

jeudi 3 décembre 2009

La chaîne du groupe Bouygues avait racolé 6 millions de téléspectateurs en présentant un quartier HLM de Maubeuge comme un coupe-gorge tropical. Les habitants ont modérément apprécié.

De l’autre côté de la rocade, au pied des tours, les briques rouges du centre social couvent un foyer d’insurrection. « Ils nous ont salis, ils nous ont trompés, gronde Fatima. Tout ce qu’ils ont dit dans le reportage, c’est faux. Les Provinces-Françaises, c’est le paradis, le pa-ra-dis je vous dis ! » Les Provinces-Françaises, comme le nom ne l’indique guère, c’est la plus grosse cité HLM de Maubeuge. L’une des plus pauvres, aussi. Ce 18 novembre, une soixantaine de ses habitants se réunissent pour préparer la contre-attaque. Trois jours plus tôt, « Sept à huit », l’émission dominicale phare de TF1, a consacré à leur quartier un sujet dont le titre, Peur dans la cité, indiquait en revanche assez fidèlement le propos : des voitures qui brûlent, des « jeunes » qui cassent, trafiquent et « squattent les entrées », des « vieux » qui se terrent dans leurs murs, apeurés, fulminant à visage flouté contre « ces Sénégalais qui viennent nous faire chier »… L’auteur de ce film d’épouvante, Emmanuel Reitz, est un baroudeur de métier. Après ses reportages de guerre sur « les enfants maudits du Congo » et « les femmes immolées par leurs familles » en Afghanistan, il était manifestement mûr pour sauter sur les Provinces-Françaises.
Crocodile Dundee dans l’enfer du Nord

Pourquoi cette cité-là plutôt qu’une autre ? Parce que les limiers d’Éléphant & Cie, la société de production d’Emmanuel Chain à laquelle TF1 soustraite la production de « Sept à huit », ont vu passer un article qui leur a mis l’eau à la bouche : paru dans l’hebdomadaire local La Sambre, il narrait la découverte d’un bébé crocodile de 15 centimètres enfermé dans un vivarium au fond d’une cave [1]… Il n’en fallait pas plus pour parachuter sur place le corps d’élite du journalisme télévisuel. Mission réussie, comme l’atteste le lancement du sujet par Harry Roselmack : « Vous allez voir maintenant le cauchemar que vivent de nombreux habitants. Insultes, menaces, vandalisme. […] Ils vivent dans leur quartier comme s’ils en étaient devenus otages et ne rêvent que d’en partir. » Celui que Le Journal du dimanche a intronisé « journaliste préféré des Français » (6.11.09) désignait à ses 6 millions de téléspectateurs – record d’audience annuel de l’émission – le « cauchemar » dans lequel ils seraient soulagés de ne pas vivre : la « cité sensible » de Maubeuge, le « Chicago du Nord », avec ses reptiles et ses voyous.
Coproduction municipale

Habituellement, pareille caricature ne produit que des agacements isolés. Pas à Maubeuge. Dans cette ancienne ville sidérurgique ravagée par les délocalisations (26 % de chômeurs officiellement, 45 % dans le quartier des Provinces françaises), la colère fait bloc. Dans la salle du centre social, on se repasse en boucle les dix-sept minutes du reportage honni. « S’il faut affréter un minibus pour aller au siège de la chaîne, on le fera », lance Fatima qui, en trente-quatre ans de vie dans la cité, a élevé « 8 enfants et 22 petits-enfants ».

Certains s’en veulent amèrement d’avoir rendu des services pour faciliter les deux semaines de tournage d’Emmanuel Reitz et de son commando. « Au final, on se retrouve avec un montage qui présente notre cité comme une zone de nondroit, alors que, pendant les émeutes de 2005, les journalistes venaient nous demander pourquoi la cité ne s’embrasait pas », fait remarquer Abdelkader, un travailleur social. Le maire socialiste de Maubeuge, Rémi Pauvros, a protesté auprès du CSA et envoyé un droit de réponse à TF1. Mais, dans son émission du 22 novembre, le journaliste préféré des Français n’en dira pas un mot.

Les édiles avaient pourtant déroulé le tapis rouge à la chaîne de Martin Bouygues. Lorsque le reporter de choc d’Éléphant & Cie a appelé la mairie de Maubeuge pour tâter le terrain, il est tombé sur un adjoint à la jeunesse particulièrement coopératif, Thomas Depardieu. Lequel ne s’en cache pas au Plan B : « Ce reportage a même été coopté par nous et le centre social. » On s’étonne : d’où les dirigeants de la ville tirent-ils ces trésors de confiance envers une chaîne de télévision peu réputée pour le caractère nuancé de son travail ? « Le journaliste nous a dit qu’il voulait faire une photographie globale du quartier, on ne s’est pas méfiés, répond l’adjoint à voix pas trop haute. Vous savez, quand il y a une demande d’interview, a priori on a confiance dans les journalistes. À l’arrivée, c’est vraiment une tromperie… On a été dupés sur un montage journalistique. »

Les gens de la mairie flairaient surtout un énorme coup de publicité. Maubeuge au « Sept à huit », c’était, croyaient-ils, la promesse d’une pluie de retombées délicieuses. Alléchés par les images d’Emmanuel Reitz en tenue safari, touristes et investisseurs ne tarderaient pas à déferler sur la ville, des bonbons et des emplois plein les poches… À présent, Thomas Depardieu et ses collègues se précipitent au centre social pour signer des deux mains la pétition anti-TF1 des habitants. Les plus audacieux parlent même de créer une association de promotion de l’image du quartier…

Preuve que la critique des médias se banalise, La Voix du Nord a titré en « une » sur « La colère des habitants » contre TF1 (18.11.09). « Pourquoi on nous prend toujours en grippe ? Ici ce n’est pas pire qu’ailleurs, il faut arrêter », proteste une mère de famille citée dans l’article. Quelques mois plus tôt, la Pravda régionale avait choisi un gros titre similaire – « Des locataires des Provinces-Françaises en colère à Maubeuge » – pour signaler l’irruption chez leur bailleur social d’« une vingtaine d’habitants de l’immeuble le Bretagne », exaspérés par ces jeunes qui « taggent, pissent sur les portes, laissent leur bouffe, leurs bouteilles » (1.4.09). Grâce à TF1, la presse locale peut enfin jouer l’union sacrée avec un quartier qui lui délivre sa pitance régulière de faits divers. Et la mairie, faire les yeux doux à 1 800 habitants qui vivent pour la plupart en dessous du seuil de pauvreté.

Dans le hall d’une tour des Provinces -Françaises, Farid, 22 ans, apostrophe Le Plan B : « Vous, les journalistes, on vous connaît : on vous dit quelque chose et vous ne gardez que ce qui vous intéresse. Maintenant, c’est fini ! » Avant de s’engouffrer dans la cage d’escalier, il esquisse une analyse assez largement partagée dans la cité : « Qu’est-ce qui se passe dans quelques semaines ? Des élections régionales, non ? Ce reportage, c’est tout simplement pour remettre l’insécurité à la télé, pour que Sarkozy et la droite gagnent les élections. C’est politique, on les connaît, TF1 ! »
Chain se déchaîne

Six jours plus tard, Emmanuel Chain adressait un courrier au maire, lequel le faisait aussitôt circuler dans la presse locale. « Le désarroi et la peur qu’expriment de très nombreux habitants de cette cité est un fait incontestable, et ses causes sont clairement expliquées, sans concession ni parti pris, s’offusque le producteur. Je peux enfin vous assurer que les équipes de “Sept à huit” travaillent toujours avec un souci de distance et une indépendance qui ont bâti la réputation de ce magazine. » Refus des concessions, indépendance, distance… l’ancien présentateur du magazine « Capital » sur M6, qui a notoirement censuré nombre de sujets sur instructions des annonceurs [2], est à deux doigts de convoquer Albert Londres et Ernest Hemingway. « Forcément, ils jouent la politique de l’autruche », rouspète le directeur du centre social, Thomas Gueydan.

Le même jour, Harry Roselmack expliquait à TV Magazine, le supplément hebdomadaire de la presse régionale Hersant : « La banlieue est le milieu dont le traitement médiatique est le plus connoté parce qu’on ne s’y rend que lorsque se produisent des violences… Cela en donne une image fausse. Notre idée est de nous approcher le plus près de la vérité » (21.11.09).

Notes

[1] « Drôle de découverte dans une cave des Provinces-Françaises », La Sambre, 25.9.09. Selon cet article, « l’identification a livré son verdict : c’est un crocodile du Nil. Long de 23 cm, il a été récupéré dans un état de santé jugé convenable (il était apparemment nourri de poissons rouges vivants) ». Contre toute attente, TF1 n’a pas recueilli les commentaires scandalisés de la Société protectrice des poissons rouges.

[2] En février 2006, par exemple, la Société des journalistes de M6 dénonçait un coup de ciseaux d’Emmanuel Chain dans un sujet sur les jeux de grattage afin de « préserver les intérêts de la Française des jeux ».

Réforme du lycées : La colère monte dans les lycées de la métropole !

Posted in Infos on 7 décembre 2009 by luttennord

Des lycéens de Kernanec, à Marcq-en-Baroeul, ont en effet voté en assemblée générale le blocage de leur établissement. C’était chose faite hier matin, avec un barrage de poubelles improvisé devant les grilles du lycée

Les élèves du lycée Kernanec de Marcq-en-Baroeul ont poursuivi ce matin le mouvement de grogne débuté vendredi. A 8 h, ils ont entrepris un blocus de l’entrée de l’établissement, n’empêchant personne d’entrer mais incitant tous les lycéens à ne pas se rendre en classe.

Environ 400 d’entre eux étaient ainsi réunis devant les grilles du lycée.

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C’est une réforme pour supprimer des postes d’enseignants, les effectifs vont encore augmenter dans les classes », ajoutent-ils en regrettant « de ne pas avoir été écoutés » par le ministre. La suppression des maths en 1ère L ne fait ainsi pas le bonheur des lycéens, y compris parmi les littéraires qui s’indignent : « Comment fera-t-on pour passer les concours où des épreuves de maths seront maintenues ? »

Une des revendication des lycéens est plus inhabituelle : stopper les mesures de sécurité. Les portillons détecteurs de métaux et les « équipes mobiles de sécurité » ne sont pas les bienvenus dans les établissements scolaires.Les Marcquois espèrent que d’autres établissements rejoignent leur mouvemement.

Ce matin, ils évoquaient les lycées Montebello et Baggio à Lille, ainsi que Queneau à Villeneuve-d’Ascq.

Amplifions la révolte Antifasciste !

Posted in Infos on 7 décembre 2009 by luttennord

Bonjour à tou-te-s §

Il y a de ça à peu près 2 semaines (20/11) des jeunes ont tagué dans Soissons (02) des slogans libertaires et antifa.

Mais la soirée a mal tournée et l’un d’eux s’est fait attraper par des personnes qui habitaient dans les environs qui se sont empressées d’appeler la police.

Une des personnes présente ce soir là est allée faire une déposition au commissariat afin de ne pas laisser son camarade seul face aux conséquences.

Au comico un flic a déclaré que taguer un A cerclé est aussi grave que de taguer une croix gammée, que l’anarchie est démodée et est assimilée à des mouvements extrêmes donc mal perçus par les magistrats, il a donc conseillé au jeune qui s’est présenté de lui même de faire profil bas pendant l’audience. De plus il a tenu des propos déplacés ouvertement lepenistes et anti-jeunes, il a parlé de “cas sociaux” qui profitaient de la société, … Il est évident que l’attitude du policier est innacceptable, mais il importe aujourd’hui de soutenir ces jeunes qui se retrouvent seuls face à la “justice”.

Nous en appelons donc à la solidarité antifasciste pour briser> l’isolement . Et nous vous tiendrons au courant, si vous le souhaitez, des différentes actions prévues et envisageables.

Merci de me répondre assez rapidement sur la position que vous prendrez à l’égard de nos camarades. En attendant merci de faire circuler l’info le plus largement possible !

Alterko.

PS : des tags ont été fait par la suite ( croix celtique et FAF ), l’extreme droite grimpe en flèche à Chauny , les flics et les fachos sont main dans la main à Lille, des raffles ont lieu à Calais, tous les jours des expulsions, au début de l’année un concert antifa s’est fait attaqué par des fafounets à reims, ……

L’heure est à la riposte !

pour nous contacter : desoresistance.free.fr

Chauny : La crise, l’extrême droite, le chomâge…

Posted in Infos avec des tags on 4 décembre 2009 by luttennord

La France en crise, modèle réduit: bienvenue à Chauny (2/3)
Gérald Andrieu – Marianne | Mardi 1 Décembre 2009 |

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Dans la France en crise version modèle réduit qu’est Chauny, c’est le règne du « c-est-pas-nous-les-responsables-c-est-les-autres ». À commencer du côté des responsables locaux du Front national vers lesquels tous les regards convergent. L’équation est simple : parmi les jeunes « nationalistes » prenant part aux échauffourées, deux personnalités se détachent, celles de Mario et Lucie Luisetti, deux adhérents du FNJ pas comme les autres puisqu’ils sont aussi les enfants du « patron » du FN chaunois, Jean-Jacques Luisetti.

Pour lui, tout ça n’est qu’amalgame : « Je suis le responsable du coin du Front, mon fils et ma fille sont au FNJ, alors le raccourci est vite fait. Mais le FN n’a rien à voir là-dedans. » D’ailleurs, selon lui, si certains pointent du doigt l’organisation frontiste, « c’est normal, explique-t-il, parce qu’on a essayé de faire une liste aux municipales et ça, ça ne plaît pas. » Des propos auxquels adhère Didier Petitjean, responsable du FNJ dans l’Aisne et qui, début septembre, évoquait dans la presse la création à Chauny d’une « association contre le racisme anti-blanc ». Wallerand de Saint-Just, responsable départemental du Front, avocat de Jean-Marie Le Pen mais aussi des Luisetti, tient peu ou prou le même discours, mais assure que « le FN ne cherche pas à faire de Chauny un nouvel Hénin-Beaumont. »

«Il s’agit en vérité d’autodéfense»
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Il n’empêche. Même si le FN nie vouloir instrumentaliser les jeunes « nationalistes », un tract intitulé « Halte aux agressions » (voir ci-contre) et se proposant de rétablir la « vérité » sur les événements qui agitent la petite commune de l’Aisne peut laisser entendre le contraire. Ledit tract se termine par un « coupon » que peuvent remplir ceux qui souhaiteraient rejoindre les rangs du Front national. « Tous les soirs, à Jean Macé ou à Gay-Lussac, explique le texte, les jeunes filles sont systématiquement insultées, provoquées, agressées par une racaille nombreuse, toujours les mêmes, stationnant aux portes des lycées après avoir zoné toute la journée en ville. Tous les soirs, il faut venir protéger ces filles et leur permettre de rentrer chez elles sans trop d’encombre. Ce sont leurs frères, leurs amis qui s’en chargent. (…) Il s’agit en vérité d’autodéfense, toutefois, comment faire autrement lorsque les crapules sont aussi nombreuses et lorsque les autorités ont autant baissé les bras. »

Même si les chiffres de la délinquance (en baisse sur les premiers mois de 2009) plaident en faveur de l’équipe municipale en place, même si cette dernière estime avoir fait sa part du boulot en investissant en masse dans ce qu’elle tient à appeler la « vidéoprotection », elle semble en effet un peu dépassée et bien incapable de venir à bout des rixes entre jeunes. C’est un fait.

Et de son côté aussi, c’est le règne du « c-est-pas-nous-les-responsables-c-est-les-autres » : « Les parents d’élèves se demandent ce que fait la Ville ?, explique Jean-Pierre Liefhooghe, premier adjoint au maire divers droite de Chauny, Mais on ne demande pas à une collectivité de faire ce qu’elle ne peut pas : la sécurité d’une commune est de la compétence de l’Etat. » Et pour Jean-Pierre Cazé, l’adjoint à la sécurité, de rebondir : « C’est d’abord aux parents de prendre en charge leurs enfants. D’autant plus que la plupart de ceux qui sèment le désordre ne sont pas des enfants de Chauny. Ils ne sont même pas scolarisés ! »

«Dans cette histoire, nous sommes victimes»

Mais les élus ne se contentent pas de renvoyer la balle — assez justement d’ailleurs – aux parents. Pour le premier adjoint au maire, la justice a sa part de responsabilité : « Quand certains prennent 100 heures de Travail d’intérêt général en 18 mois, ça fait quoi ? 5 heures 30 par mois. C’est ridicule ! » La faute aussi, d’après lui, aux « autorités éducatives » : « Elles doivent faire leur boulot. Mais où sont-elles les équipes éducatives ? »

Elles semblent en effet quelque peu gênées aux entournures et préfèrent se faire discrètes : « Nous n’avons pas de commentaires à faire. Ce n’est pas que nous fassions obstruction, explique Cédric Cardoso, proviseur adjoint de Gay-Lussac, mais c’est que nous nous sommes déjà assez exprimés dans la presse locale. » Et la réponse du maître des lieux, le proviseur Jacques Tabary, dans les colonnes du journal L’Union, peut finalement se résumer en deux phrases : « Il n’y a aucun règlement de compte au sein du lycée » et « dans cette histoire, nous sommes victimes ». Bref, encore et toujours le fameux « C-est-pas-nous-les-responsables-c-est-les-autres »…

Un discours que Karim Chafi estime avoir trop entendu de la part des autorités. Pendant quelques années, ce père de famille de 31 ans a dirigé l’association AJIR, une association née du désir de faire bouger la Résidence, le quartier « mal réputé » de Chauny. Jusqu’à ce qu’il finisse par la dissoudre : « On a voulu faire de moi le représentant d’une communauté que je ne suis pas. On m’a accusé de faire de la politique avec cette association, de mettre de l’huile sur le feu. »

Aujourd’hui, l’association AJIR, n’est plus. Mais Karim Chafi garde en mémoire tous les actes racistes commis depuis près de deux ans. Certains plus que d’autres. Comme lorsqu’« une mère de famille s’est fait arracher son voile » ou que « des tags avec des croix gammées ont été faits sur le mur de la mosquée » qu’il fréquente, une bâtisse anodine du quartier de la gare, aménagée en lieu de culte. Ou bien encore lorsqu’un ami s’est fait agressé lors d’un jogging : « Les gendarmes ont perquisitionné et ont trouvé chez un des agresseurs un drapeau avec une croix gammée… » Lui explique s’être tourné vers la mairie, avoir écrit aux ministres de la Justice et de l’Intérieur de l’époque (Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie), au MRAP, à la LICRA, à SOS-Racisme et au Collectif contre l’islamophobie en France. À l’en croire, seul ce dernier interlocuteur aurait réagi. « Je sais, ça fait un peu communautariste », confesse gêné Karim Chafi…

«La crise explique, mais n’excuse pas tout»

Désormais, il en est à se dire qu’il est « trop tard pour que les autorités réagissent ». Et, sans y croire vraiment, explique « songer, avec sa femme, à quitter Chauny » même s’ils viennent tout juste de construire. Il sait, dit-il, que la « montée de l’extrême droite et du néo-nazisme en Picardie comme ailleurs » se nourrit de la « misère sociale » : « Derrière les petits, il y a des adultes. Ils prennent des jeunes en difficulté, issus de familles très pauvres. La crise, ça explique certaines choses… Ça explique, mais ça n’excuse pas tout… »

La crise explique en effet certaines choses. Et dans ce petit concentré de France qu’est Chauny, les premières conséquences vraiment visibles de la crise commencent tout juste à faire leur apparition. L’entreprise Nexans, « la Thomson » comme l’appellent certains anciens, une institution à Chauny depuis 1922, est en passe de fermer ses portes, laissant sur le carreau 220 employés et presque autant de famille… Jean-Jacques Luisetti leur a rendu visite. D’après lui, cinq à six salariés auraient pris ou seraient en passe de prendre leurs cartes au FN. « On ne cherche pas la misère des gens pour faire des cartons », se défend le responsable du FN chaunois.

Avant la crise, ici, le FN était au point mort mais se portait déjà très bien dans les urnes : 17,43% pour Jean-Marie Le Pen à la présidentielle de 2007, soit 2 points de plus que sur l’ensemble de la région picarde, 7 points de plus qu’au niveau national. Maintenant, il y a la crise, il y a Nexans et les autres entreprises qui peut-être suivront. Bienvenue à Chauny, bienvenue dans une France en crise, modèle réduit…

Tarnac : “Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires”

Posted in Infos avec des tags on 4 décembre 2009 by luttennord

“Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires”
Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Mathieu et Yildune sont les dix personnes mises en examen dans l’affaire dite “de Tarnac”.

L’arrestation de Christophe, le 27 novembre, marque un palier dans la bouffée délirante d’Etat que l’on nomme pudiquement “affaire de Tarnac”. Sa mise en examen situe le point où une procédure ne se poursuit qu’afin de se sauver elle-même, où l’on inculpe une personne de plus dans le seul espoir de maintenir le reste des inculpations.

En fait de “premier cercle”, Christophe appartient surtout au petit nombre de ceux avec qui nous discutons de notre défense. Le contrôle judiciaire qui voudrait, pour l’avenir, lui interdire de nous voir est l’aberration de trop ; c’est une mesure consciente de désorganisation de la défense, aussi. A ce point de torsion de toutes les notions du droit, qui pourrait encore exiger de nous que nous respections ces contrôles judiciaires et cette procédure démente ? A l’absurde nul n’est tenu. Il n’y a pas besoin de se croire au-dessus de la justice pour constater qu’elle est en dessous de tout. Au reste, une société qui se maintient par des moyens si évidemment criminels n’a de procès à intenter à personne.

La liberté sous contrôle judiciaire est le nom d’une sorte d’expérience mystique que chacun peut se figurer. Imaginez que vous ayez le droit de voir qui vous voulez, sauf ceux que vous aimez, que vous puissiez habiter n’importe où, sauf chez vous, que vous puissiez parler librement, au téléphone ou devant des inconnus, mais que tout ce que vous dites puisse être, un jour ou l’autre, retenu contre vous. Imaginez que vous puissiez faire tout ce que vous voulez, sauf ce qui vous tient à coeur. Un couteau sans manche auquel on a retiré la lame ressemble davantage à un couteau que la liberté sous contrôle judiciaire ne ressemble à la liberté.

Vous flânez sur un boulevard avec trois amis ; sous la plume des flics qui vous filochent, cela se dit : “Les quatre objectifs se déplacent en direction de…” Vous retrouvez après des mois de séparation un être qui vous est cher ; dans le jargon judiciaire, cela devient une “concertation frauduleuse”. Vous ne renoncez pas, même dans l’adversité, à ce que toute amitié suppose de fidélité ; c’est évidemment une “association de malfaiteurs”.

La police et sa justice n’ont pas leur pareil pour travestir ce qui tombe sous leur regard. Peut-être ne sont-elles finalement que cette entreprise de rendre monstrueux ce qui, aimable ou détestable, se comprend sans peine.

S’il suffit de ne se reconnaître dans aucune des organisations politiques existantes pour être “autonome”, alors il faut bien admettre que nous sommes une majorité d’autonomes dans ce pays. S’il suffit de regarder les directions syndicales comme des traîtres avérés à la classe ouvrière pour être d’”ultragauche”, alors la base de la CGT est présentement composée d’une série de dangereux noyaux d’ultragauchistes.

Nous désertons. Nous ne pointerons plus et nous comptons bien nous retrouver, comme nous l’avons fait, déjà, pour écrire ce texte. Nous ne chercherons pas à nous cacher. Simplement, nous désertons le juge Fragnoli et les cent petites rumeurs, les mille aigreurs misérables qu’il répand sur notre compte devant tel ou tel journaliste. Nous désertons la sorte de guerre privée dans laquelle la sous-direction antiterroriste voudrait nous engager à force de nous coller aux basques, de “sonoriser” nos appartements, d’épier nos conversations, de fouiller nos poubelles, de retranscrire tout ce que nous avons pu dire à notre famille durant nos parloirs en prison.

S’ils sont fascinés par nous, nous ne sommes pas fascinés par eux – eux que nos enfants appellent désormais, non sans humour, les “voleurs de brosses à dents” parce que, à chaque fois qu’ils déboulent avec leurs 9 mm, ils raflent au passage toutes les brosses à dents pour leurs précieuses expertises ADN. Ils ont besoin de nous pour justifier leur existence et leurs crédits, nous pas. Ils doivent nous constituer, par toutes sortes de surveillances et d’actes de procédure, en groupuscule paranoïaque, nous, nous aspirons à nous dissoudre dans un mouvement de masse, qui, parmi tant d’autres choses, les dissoudra, eux.

Mais ce que nous désertons d’abord, c’est le rôle d’ennemi public, c’est-à-dire, au fond, de victime, que l’on a voulu nous faire jouer. Et, si nous le désertons, c’est pour pouvoir reprendre la lutte. “Il faut substituer au sentiment du gibier traqué l’allant du combattant”, disait, dans des circonstances somme toute assez semblables, le résistant communiste Georges Guingouin.

Partout dans la machine sociale, cela explose à bas bruit, et parfois à si bas bruit que cela prend la forme d’un suicide. Il n’y a pas un secteur de cette machine qui ait été épargné dans les années passées par ce genre d’explosion : agriculture, énergie, transports, école, communications, recherche, université, hôpitaux, psychiatrie. Et chacun de ces craquements ne donne, hélas, rien, sinon un surplus de dépression ou de cynisme vital – choses qui se valent bien, en fin de compte.

Comme le plus grand nombre aujourd’hui, nous sommes déchirés par le paradoxe de la situation : d’un côté, nous ne pouvons pas continuer à vivre comme cela, ni laisser le monde courir à sa perte entre les mains d’une oligarchie d’imbéciles, de l’autre, toute forme de perspective plus désirable que le désastre présent, toute idée de chemin praticable pour échapper à ce désastre se sont dérobées. Et nul ne se révolte sans perspective d’une vie meilleure, hormis quelques âmes sympathiquement désespérées.

L’époque ne manque pas de richesse, c’est plutôt la longueur du souffle qui lui fait défaut. Il nous faut le temps, il nous faut la durée – des menées au long cours. Un des effets principaux de ce qu’on appelle répression, comme du travail salarié d’ailleurs, c’est de nous ôter le temps. Pas seulement en nous ôtant matériellement du temps – le temps passé en prison, le temps passé à chercher à faire sortir ceux qui y sont -, mais aussi et d’abord en imposant sa propre cadence. L’existence de ceux qui font face à la répression, pour eux-mêmes comme pour leur entourage, est perpétuellement obnubilée par des événements immédiats. Tout la ramène au temps court, et à l’actualité. Toute durée se morcelle. Les contrôles judiciaires sont de cette nature, les contrôles judiciaires ont ce genre d’effets. Cela va bien ainsi.

Ce qui nous est arrivé n’était pas centralement destiné à nous neutraliser nous, en tant que groupe, mais bien à impressionner le plus grand nombre ; notamment ceux, nombreux, qui ne parviennent plus à dissimuler tout le mal qu’ils pensent du monde tel qu’il va. On ne nous a pas neutralisés. Mieux, on n’a rien neutralisé du tout en nous utilisant de la sorte.

Et rien ne doit plus nous empêcher de reprendre, et plus largement sans doute, qu’auparavant, notre tâche : réélaborer une perspective capable de nous arracher à l’état d’impuissance collective qui nous frappe tous. Non pas exactement une perspective politique, non pas un programme, mais la possibilité technique, matérielle, d’un chemin praticable vers d’autres rapports au monde, vers d’autres rapports sociaux ; et ce en partant des contraintes existantes, de l’organisation effective de cette société, de ses subjectivités comme de ses infrastructures.

Car c’est seulement à partir d’une connaissance fine des obstacles au bouleversement que nous parviendrons à désencombrer l’horizon. Voilà bien une tâche de longue haleine, et qu’il n’y a pas de sens à mener seuls. Ceci est une invitation.

Aria, Benjamin, Bertrand, Christophe, Elsa, Gabrielle, Julien, Manon, Mathieu et Yildune sont les dix personnes mises en examen dans l’affaire dite “de Tarnac”.

PJJ : Des vigiles dans les foyers

Posted in Infos avec des tags , on 4 décembre 2009 by luttennord


Déclaration de la section CNT PJJ 93

Des vigiles dans les foyers ! Et pourquoi pas des foyers dans les commissariats ?

Lors du dernier collège de direction de la protection judiciaire de la jeunesse de Seine Saint-Denis (lundi 23 novembre 2009), le directeur départemental a informé les directeurs de service de son intention de placer des vigiles dans les structures d’hébergements qui rencontrent des difficultés.
Personne ne pourra nier l’existence de ces difficultés : les postes ne sont pas remplacés, il y a de plus en plus de personnels précaires et les moyens sont mis en priorité vers les structures d’enfermement. Il n’y aurait donc pas de moyens pour maintenir les personnels en nombre suffisant pour un bon fonctionnement par contre, la direction départementale trouverait des budgets pour financer des vigiles. Pour quel projet éducatif ?
Sans parler du discrédit porté sur les équipes qui prennent en charge les adolescents. Il a aussi annoncé son intention de financer des séjours de rupture dans les Pyrénées Atlantiques pour les jeunes posant des problèmes dans les structures d’hébergement.
Le soleil du Sud Ouest taperait-il si fort au point qu’il modifierait le comportement des adolescents ? Nous pouvons nous interroger sur le projet porté pour le département de Seine-Saint-Denis. Car en effet, cette annonce vient s’ajouter à celle de la disparition des services d’insertion au profit de « plateaux techniques d’offre » d’activités, la disparition d’Espace Vie Adolescence, qui mettra un terme à la prise en charge anonyme de jeunes filles en difficulté. Un anonymat qui est aussi un moyen de protection.
La mutualisation des moyens et le respect des dernières circulaires (notamment pour l’insertion) ne ne sont qu’un prétexte pour justifier de telles orientations qui pourraient balayer en quelques mois la richesse de projets portés depuis des années sur ce département. Si nous voulons préserver la qualité d’un travail d’accompagnement au profit des jeunes pris en charge, il est temps d’arrêter le dialogue social et de passer à l’action !

Le 29 novembre 2009